Bienvenue invité ( Connexion | Inscription ) Recevoir à nouveau l'email de validation


Bienvenue en Basquie

L'artiste, cet être incompris

Jeudi 17 Juillet 2008 à 08:42 par Ellan

(Je me suis dit qu'au bout d'une trentaine d'articles, il serait peut-être temps que j'en écrive un à peu près sérieux).

L'artiste. Ce mot doit faire rêver depuis qu'il existe.

Qui n'a pas secrètement rêver un jour d'en être un. Qui n'a pas chanté sous la douche, avec pour seul micro le flacon de gel douche, et pour guitare, la brosse à gratter le dos, en s'imaginant jouer devant un parterre sans fin de fans conquis... le tout en s'étalant au fond de la baignoire de manière totalement ridicule en tentant un petit saut, comme le font les guitaristes de rock n roll. Qui n'a pas rêver de pouvoir peindre le paysage qu'il contemplait, et s'y est quand même essayé, avec pour seuls outils un caillou pointu, de l'herbe et un mouchoir en guise de toile, tout en sachant que sa moyenne en dessin au collège n'excédait pas six sur vingt.

Le mot "artiste" déclenche dans la conscience populaire rêves, admiration et envie. Je me rappelle avoir croisé il y a peu une connaissance de lycée qui, après s'être étalée sur sa vie durant dix minutes, me demande ce que je fais de la mienne. Je lui réponds que je suis artiste (j'aime bien faire cette blague, quand les gens se regardent le nombril, pour voir leur réaction): je n'aurais pu dénombrer toutes les constellations d'étoiles qui se sont allumées au fond de ses yeux.

Pourtant, dans le même temps, l'artiste provoque une répulsion à la bonne conscience de masse vis-à-vis des sacro-saintes conventions sociales dans lesquelles nous avons toutes et tous été élevés. Ce dernier ayant réussi l'exploit de s'en affranchir un minimum, il se retrouve mis au ban d'une société qui ne veut plus de lui: il est devenu marginal. L'artiste se singularise de la masse, de part les objectifs qu'il a dans son existence: il est en effet rare d'entendre un déclarer: "D'abord, trouver un bon boulot. Ensuite, devenir propriétaire d'une petite maison. Faire des enfants. Et enfin, assurer tout leur confort matériel.". Et cela dérange les gens. Car inconsciemment, ceci remet en cause leur petite vie réglée comme une horloge.

Et les questions existentielles, au jour d'aujourd'hui, les gens n'aiment pas. On veut bien se remettre en question de manière professionnelle, sentimentale, mais rarement d'un point de vue personnel. L'artiste inspire la bohème, les lendemains incertains, une vie faite d'aléatoire. Cela ne cadre plus avec l'existence quasiment réglée au millimètre de la plupart des gens vivant de nos jours. Combien de fois n'ai-je pas entendu que les artistes étaient, je cite, "d'innommables branleurs infoutus de gagner convenablement leur vie et dépendants des autres. De la vermine, en somme!".

Aujourd'hui, de manière générale, on n'a d'audace que professionnellement, afin d'obtenir une meilleure situation. Les gens semblent s'être accrochés à ce format fleuve, "Boulot, Maison, Enfants". Et croiser des personnes qui avouent vivre pour autre chose choque. "Comment fait cet homme pour ne pas avoir de situation stable à 30 ans, et toujours pas d'enfants?!".

L'artiste a peut-être deviné que le bonheur et les buts d'une vie étaient ailleurs que dans ce qu'on lui proposait.

Alors, je vous enjoins à toutes et tous vous essayer à l'Art, avec le niveau technique qui est le vôtre: composer une symphonie pour kazoos, faites une aquarelle sur du papier sopalin, sculpter un castor en pneu et accrocher le au rétroviseur de votre voiture, jouer le Malade Imaginaire devant un parterre de fourchettes et de cuillères, peignez les murs de votre cuisine avec vos mains, imiter la posture d'un chêne centenaire en sifflotant la Chevauchée des Walkyries.

Toute personne devrait un jour s'essayer à l'Art (les cours de musique et de flûte au collège ne rentrent pas dans ce cadre-là). Ainsi, tout le monde aurait eu un jour la chance de pouvoir changer un peu son existence.

(En me relisant, je me dis qu'il est grand temps que je retourne écrire de la merde rigolote. Rendez-vous dans trente articles pour de nouvelles divagations).



Ellan

Dimanche 20 Juillet 2008 à 15:39

J'ai pleuré à la lecture de vos posts: cela fait-il de moi un artiste, torturé qui plus est? :)

(Je précise que je ne suis ni grand, ni blond).

cosmos

Vendredi 18 Juillet 2008 à 21:58

Rémi Delort:


"en résumé celui qui se prétend artiste m'emmerde, les vrais artistes sont peut-être ceux qui n'en n'ont même pas conscience du coup ils ne sont pas insupportablement casse-burnes"


Moi:

Je suis un vrai artiste et en effet, je t'emmerde.

rémy delort

Vendredi 18 Juillet 2008 à 19:23

bien évidemment hors de question pour moi de faire l'apologie du "boulot", je ne tomberai pas dans ce piège cela dit pour répondre à la question, je dirai que si le manche de pioche est manié avec dextérité, c'est aussi passionnant que se branler des heures sur une réverb ou une appoggiature...

totocaca

Vendredi 18 Juillet 2008 à 18:50

Faire du vélo avec un manche de pioche à la main droite pour dézinguer les chiens débiles qui viennent vous bouffer les mollets relève t-il d'une démarche artistique ?

rémy delort

Vendredi 18 Juillet 2008 à 15:58

en résumé celui qui se prétend artiste m'emmerde, les vrais artistes sont peut-être ceux qui n'en n'ont même pas conscience du coup ils ne sont pas insupportablement casse-burnes

rémy delort

Vendredi 18 Juillet 2008 à 15:39

l'artiste me fait fuir, son activité, en revanche non ; 99% des gens qui se prétendent artistes s'ils ne sont pas tous indignes d'intétèt pratiquent un "art" censé les placer en situation de supériorité vis à vis des autres plus que de marginalité; le regard envieux que le pôvre péquin moyen portera sur eux devenant presque essentiel à leurs yeux; être tino rossi ou mick jagger sous sa douche est vachement humain et bien + drôle à mon sens car accessible à tout le monde en toute simplicité; j'ai une nana, 2 grandes filles, une maison, un p'tit boulôt qui nous nourrit depuis des lustres aidé en cela par celui de la nana précédemment citée, pas de chien mais une chatte parce qu'elle ne me demande pas l'autorisation comme mirza d'aller pisser ( ah!! l'indépendance du chat...)et nos jobs sont pratiqués à 80% afin de dégager du temps libre; pourquoi il raconte sa vie ce con vous dites-vous à coup sur??? Eh ben parce que je me considère comme un péquin moyen qui pratique une passion en toute simplicité avec comme but de se faire plaisir et de tenter de partager ce plaisir avec des pôtes dans un 1er temps, et avec un public volontaire et motivé si affinités dans un 2ème; cette passion, c'est la musique et je ne me considère que comme musicien en toute normalité et j'ajoute que si je préfèrerais être + souvent sur la route avec mes amis zicos, je ne culpabilise en rien d'être un commun des mortels dans ma vie de tous les jours, la difficulté étant de trouver le temps de tout faire mais c'est la banalité du quotidien des "artistes" ou plutôt ceux qui prétendent en être; pour finir je dirai que les vrais artistes sont à mon sens ceux qui ont le génie mais mais ne cherchent pas à pèter + haut que leur cul...euh, je sais pas si ils existent sur cette planète mais je suis peut-être excessif...

officialRedLight

Jeudi 17 Juillet 2008 à 13:45

belle divagation, merci pour ce texte!

Katmandu

Jeudi 17 Juillet 2008 à 09:45

:)

Ellan

Jeudi 17 Juillet 2008 à 09:21

Je ne parlais pas de moi, voyons, mais de Martin. :)

Katmandu

Jeudi 17 Juillet 2008 à 09:20

La merde rigolote c´est bien mais là ca change ton article est très intéressant. On sent bien l´ampleur des préjugés qui te touchent cependant j´irais plus loin que toi sur le thème "de l´admiration et l`envie" qui est une formulation trop positive,il s´agit surtout de jalousie à mon humble avis. Donc continue sur ta route et ne te laisse pas freiner par des commentaires à deux francs six sioux :)

Vous pouvez réagir ou donner vos impressions sur cet article.
Pour pouvoir écrire votre commentaire vous devez être connecté au site.
Connectez-vous | Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Bienvenue en Basquie

J'ai crée un blog, parce que mon ami Totocaca m'a dit que cela permettait d'avoir accès à des réductions sans communes mesures dans mon hypermarché de proximité.