Le syndrome des équipes de France
Vendredi 22 Août 2008 Ã 16:42 par Ellan
Ca y est : nous avons pu assister en direct, avec huit minutes de décalage, au lancement des énièmes Olympiades, en direct de Pékin. Belle cérémonie, quoique je me demande comment on peut rester trois heures à regarder ce genre de soi-disant démonstration de ce que l’Homme peut faire de plus beau… encore une de ces inepties humanistes qu’on nous inculque depuis l’école maternelle, comme quoi l’Homme peut être bon, solidaire, etc... Mais là n’est pas le propos.
Car, le plus important dans tout cela, c’est l’équipe de France. La délégation française qui, comme tous les quatre ans, part en croisade à la médaille. Un sabre ou une épée en guise de fusil, un bonnet de bain en guise de fleur, et l’on peut dire que la France part la fleur au fusil. Nous pourrions aussi écrire qu’elle part au devant de grandes déceptions, mais cela n’est pas un proverbe. Et en placer un dans un texte, ca donne toujours l’impression d’être un érudit.
Bref. Comme d’habitude, la France va tenter de briller dans trois grandes disciplines : l’escrime, la natation, et le canoë-kayak. A croire qu’en France, nous n’avons pas les infrastructures nécessaires pour tenter l’exploit dans d’autres domaines.
Et comme d’habitude, encore une fois, les membres de l’équipe de France vont se distinguer durant les qualifications, faisant preuve de maitrise, de confiance et de sérénité, pour s’effondrer en phase finale, et venir mourir à quelques marches, voire une seule, du podium. Oui, parce qu’en France, nous n’avons vraisemblablement toujours pas compris que la quatrième place n’est pas la résultante honorifique du discours post-épreuve habituel suivant : « Ben, j’avais des jambes (ou des bras), j’avais un bon feeling, et puis, le blackout. Plus rien. J’avais plus de jambes (ou de bras), j’avais un mauvais feeling. Mais, je sais relativiser (là, généralement, l’athlète s’étonne lui-même d’avoir pu employer un tel terme… s’il ne semble pas s’étonner, c’est que cela est le fruit d’un pari entre collègues), et je reviendrai bientôt, plus fort. » Non, la quatrième place n’est pas une belle place : c’est peut-être pour cela que les athlètes des autres nations pleurent quand ils voient leur nom en face du chiffre 4. Il y a un travail à faire à ce niveau dans notre pays : il serait bon qu’Isabelle Tessier et Laurent Cabrol se penchent sur le problème.
Venons-en à l’essentiel : ce mécanisme national qui consiste à perdre tous ses moyens, et donc toute chance de podium, en phase finale d’une compétition sportive est la résultante d’un syndrome. Son nom : le Syndrome de Trouabal.
Non, ne souriez pas : ceci n’est pas un jeu de mot. Nous devons l’appellation de ce syndrome à un grand sportif français, en la personne de Jean-Charles Trouabal. Pour celles et ceux qui n’ont pas connu la douce époque où il écumait les stades d’athlétisme, je vais tenter de vous dépeindre ce qui a entrainé cette corrélation entre un sportif de haut niveau, et la nomination d’un mécanisme collectif inconscient.
La discipline phare de Jean-Charles Trouabal était le relais 4x100 mètres. Jean-Charles était toujours au dernier relais, résultante d’une pointe de vitesse considérable. Pour le téléspectateur lambda, cette course est physiquement et mentalement éreintante : en effet, le témoin peut tomber à chaque relais, disqualifiant ainsi l’équipe. Chaque passage de témoin est donc un moment d’apnée pour l’amateur de sport enfoncé dans son canapé. Sans parler des faux-départs qui, au bout de deux, disqualifient l’équipe fautive.
La course est lancée. Aucun faux départ pour l’équipe de France hommes de relais 4x100m. Le premier relayeur se maintient dans les trois premières équipes. De même pour le second homme de l’équipe. Au second passage du témoin, lançant dans la course le troisième relayeur, vous êtes déjà cramponné aux accoudoirs de votre siège, haletant, et vous n’avez pas cligné des yeux depuis 30 secondes déjà. Passage du témoin impeccable du troisième relayeur pour Jean-Charles, qui se lance dans le dernier tour de piste. A ce stade, vous avez les motifs en forme de fleurs hawaiennes du fauteuil imprimés sur les paumes de vos mains, la télécommande dans la bouche et le vase de mémère en miettes sur le parquet. Jean-Charles entame le dernier virage en tête, et comme il est dans un des couloirs les plus près de la corde, c’est une évidence : il va sortir du virage et entamer les 80 derniers mètres avec une avance confortable. Vous entendez déjà la Marseillaise, votre rythme cardiaque monte jusqu’à 200 pulsations/minute, la veine qui court sur votre front n’en finit plus de gonfler, un toréador pourrait attirer un taureau de 600 kilos avec votre tête tellement vous êtes écarlate. Vous vous voyez déjà sabrer la bouteille de bière qui résiste tant bien que mal sur la table basse à l’assaut répété de vos jambes en furie avec le grand couteau de cuisine quand, tout à coup, il se produit l’impensable. La stupeur s’empare en trois millisecondes de vous, vous paralysant complètement. Le temps semble s’être arrêté. La télécommande glisse de votre bouche baveuse avec une lenteur irréaliste. Vous clignez enfin des yeux depuis une minute, comme pour vous convaincre que ce que vous venez de voir à l’écran n’est pas réel… lorsque vous ouvrez à nouveau votre œil gauche, le droit ne voulant pas faire face à la réalité, vous apercevez Jean-Charles allongé par terre, à la sortie du dernier virage. Il se tient le genou, et semble souffrir le martyr. Et pour cause. Il s’est affaissé sur la piste, avec une déchirure les ligaments croisés du genou. Tout espoir de médaille s’envole. C’est la bérézina.
Et c’est là que le syndrome de Trouabal prend sa source : à la montagne de l’échec final. On aurait très bien ou nommer ce mécanisme syndrome de Moreau (en référence à notre meilleur cycliste actuel), ou encore syndrome de Moresmo, mais là où Jean-Charles a fait la différence, c’est qu’il a eu le panache de nous faire le coup plusieurs fois : et c’est là que l’on voit les grands athlètes.
Alors, à l’avenir, ne vous énervez plus devant votre récepteur télé en regardant les contre-performances de l’équipe de France. Car, vous saurez que ceci est indépendant de leur volonté… comme de la vôtre.
Mardi 26 Août 2008 Ã 13:32
"Bref. Comme d’habitude, la France va tenter de briller dans trois grandes disciplines : l’escrime, la natation, et le canoë-kayak. A croire qu’en France, nous n’avons pas les infrastructures nécessaires pour tenter l’exploit dans d’autres domaines."
N'est ce pas cela le vrai olympisme...
L'athletisme c'est pour les cons.
Lundi 25 Août 2008 Ã 22:57
Le hand est toujours la tête de pont du sport collectif français... que le foot se demande pourquoi...
Lundi 25 Août 2008 Ã 12:31
en attendant l'equipe de france de handball est championne olympique :d
Samedi 23 Août 2008 Ã 00:04
Cet article est une ode, un manifeste à la gloire de la chute lamentable. Et une véritable révélation ! Je découvre enfin le nom de ma pathologie...
Vendredi 22 Août 2008 Ã 17:47
NB, tu ne comprends rien à la beauté de la défaite.
Vendredi 22 Août 2008 Ã 17:13
Pour finir dans les trois premiers il faut prendre beaucoup d'ellan!
cet article est aussi chiant que la tronche d'un premier secretaire du PC chinois
Vendredi 22 Août 2008 Ã 17:04
Cet article est aussi chiant que la cérémonie d'ouverture ! Désolé je n'ai pas pu le lire jusqu'au bout...
Vendredi 22 Août 2008 Ã 16:54
En France, on a des valeurs. Le syndrome Trouabal, c'est beau.
Vendredi 22 Août 2008 Ã 16:50
Je vois que tu nous reviens en grande forme. Par ailleurs, je ne regarde pas cette mascarade qu'on appelle les JO.
Vendredi 22 Août 2008 Ã 16:48
Le syndrome Trouabal est donc une métaphore pour dire que les français sont des trous du cul.