Bon, cette chronique arrive en retard, l’album des dry can étant sorti il y a quelques mois, et le nom du groupe ne vous est certainement pas inconnu. DRY CAN, c’est un quartet parisien formé sur les cendres d’un autre groupe qui aura permis la rencontre d’Anne et Antoine, 2 guitaristes vocalistes qui ont décidé de continuer l’aventure ensemble. Après avoir dégotté la section rythmique qu’il leur fallait et s’être rôdés sur scène, ils ont sorti leur premier album « something like that ».
Pas la peine de tourner autour du pot très longtemps, que du bonheur à l’écoute de ces 8 titrres, qui mêlent efficacité et finesse d’écriture. Les influences du combo sont à chercher dans la scène rock des années 90, notamment autour de la scène de Seattle (SOUNDGARDEN, PEARL JAM et consorts), mais pas seulement. Le son du groupe s’inspire surtout de cette excellente mentalité des années 90 qui ne s’embarrasse pas de barrières à respecter et mêle joyeusement influences de tous bords et de toutes époques au sein d’un rock décomplexé et énergique. Si on n’a pas affaire à un groupe de fusion, on retrouve des éléments très variés, d’où une personnalité riche et marquée.
Antoine a une voix incroyable et ne se gêne pas pour nous le montrer, passant dès le premier titre (« wherever I stand ») avec une aisance déconcertante d’un chant aigu planant qui n’est pas sans évoquer Jeff Buckley, avant de retomber sur ses pattes 2 octaves en dessous sur des passages plus rageurs. La section rythmique est toute en finesse et se régale à distiller de nombreux contretemps qui enrichissent la dynamique des morceaux sans l’alourdir. « Wild » évoque furieusement la scène de Seattle et est tout aussi tubesque.
Mais là où le groupe fait fort, c’est qu’il peut compter sur Anne pour assurer de très bons chœurs qui se mêlent parfaitement aux lignes de chant d’Antoine. La complicité entre ces deux-là est étonnante et donne une ambiance très douce au spleen d’ « unreal », sur laquelle Anne s’empare des dernières phrases, ou sur « Leader », plus fun, où elle assure des chœurs excellents pas si éloignés de Nirvana (sur un morceau qui se paye le luxe de mixer chanson, grunge et métal). La complicité entre les deux vocalistes est à son paroxysme sur « see what you’re in », magnifique ballade chantée principalement par la belle qui nous rappelle les STONE TEMPLE PILOTS.
Bon, est-il besoin d’en rajouter une couche ? Remarquez que c’est avec plaisir. Un acoustique impeccable (october 19th) où la complicité Anne/Antoine est une fois de plus impressionnante (le groupe est excellent en acoustique, allez écouter leurs versions sur la page lastFM du gros label), « Ring », qui fait remonter la pression avec des bons gros riffs bien gras et une rythmique ravageuse, et tout se termine avec « Fake », excellente montée en puissance grungy qui se conclut par un putain de solo. Eh ben merde, si vous saviez à quel point ça fait du bien d’entendre des musiciens aussi bons ! Vous trouvez que la scène musicale est fade et vous ne les connaissez pas encore ? Vous attendez quoi, le déluge ?
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