On peut d’ores et déjà saluer la belle motivation des zicos qui n’ont pas hésité à se taper des sacrées distances pour ce seul concert ! Arrivée à 17h15, les DIVAS finissent leur balance. Ils sont arrivés plus tard que les autres, retenus par quelques obligations, et auront finalement la lourde tâche d’ouvrir le bal devant un public clairsemé. Eh oui, honte à vous, on ne dénombre pas plus d’une quarantaine de personnes dans la salle. C’est bien dommage, d’autant que les groupes présents vont s’employer à démontrer la justesse du vieil adage selon lequel les absents ont toujours tort.

C’est donc DIVAS (pour Deadly International Viper Assassination Squad, en référence à KILL BILL) qui ouvre les hostilités, dans des conditions quelque peu délicates, l’ambiance dans la salle n’étant pas, comme on peut s’en douter, particulièrement bouillante. Qu’à cela ne tienne, les musiciens vont faire preuve de beaucoup de professionnalisme et rentrent directement dans le vif du sujet, sans complexes. Ils sont là pour envoyer la purée et nous le font savoir en balançant d’entrée de jeu plusieurs brûlots rock’n roll (dont Jinx, la chanson qu’ils présentaient au TNT) dans nos esgourdes, qui ne tardent pas à se mettre au garde-à vous devant une telle déferlante sonore. Pas à dire, ça dépote. Le quatuor évolue dans un registre purement rock’n roll attitude. Si les influences stoner, queens of the stone age en tête, sont bien présentes, l’esprit est davantage à chercher du côté de quelques glorieux aînés, parmi lesquels Elvis Presley, Jerry Lewis et autres Eddie Cochran, ainsi, il faut le reconnaître, que de l’univers musical de Tarantino. La musique du combo invite furieusement à remuer son popotin en sirotant sa bière. Malgré la petite taille de la scène, le groupe est très présent physiquement, tout en restant carré. Pas de doute, c’est du solide, et les missiles s’enchaînent. Mention spéciale au chanteur qui se démène comme un beau diable malgré un accident survenu quelques jours plus tôt qui le prive d’une partie de ses moyens. En tous cas, on ne peut pas dire que le bougre en profite pour s’économiser ! C’est d’ailleurs la seule remarque que l’on peut faire à cette prestation, les titres rockabilly/pop/punky ne laissant finalement que peu de temps morts pour reprendre ses esprits. Mais l’enthousiasme des musiciens emporte largement la mise, et le public leur réserve un bon accueil. Pas à dire, ça fait réellement plaisir de voir des zicos aussi motivés et heureux de jouer.

C’est ensuite à YIADA de prendre la relève. Après avoir changé plusieurs fois de line-up, le groupe évolue désormais en formation power-trio. Musicalement, il est assez difficile de savoir dans quel registre précis évolue le groupe, ce qui est assurément une bonne chose. On trouve de tout chez YIADA, aussi bien du hard-rock qui n’est pas sans rappeler les groupes des années 80 (trust, vulcain, motörhead), que des sonorités plus modernes, avec des passages mélodiques plus proches de la scène néo et alternative des années 90. Les musiciens débordent d’enthousiasme et font plaisir à voir, soutenus par des amis qui ont fait le déplacement. On ne peut que rester scotché devant la performance très « visuelle » de Pipol, le batteur fou, qui massacre allègrement sa batterie dans l’extase la plus totale. Le bassiste et le guitariste-chanteur complètent efficacement l’espace sonore, qui est bien rempli, tâche pourtant ardue quand on évolue en trio. On peut cela étant regretter une mise en place parfois approximative, la performance physique l’emportant parfois sur la performance musicale. Rien de catastrophique cependant, et le plaisir visuel est tel qu’il compense les quelques imprécisions. En revanche, je dois avouer avoir un problème avec la musique du groupe, et surtout avec ses textes. Le chanteur principal, Kptain, s’exprime en français, choix courageux, surtout dans ce type de musique. Nous autre public français avons toujours été habitués à entendre le rock et le hard-rock anglo-saxon, et donc chanté en anglais (après tout, c’est de là que ça vient, en France on avait Johnny Hallyday avec mon p’tit loup). Que les paroles ne soient pas d’un très haut niveau en anglais, passe encore, on comprend rien et on s’en fout, au moins dans un premier temps. En revanche, on est tout de suite plus exigeants avec les paroles en français, que l’on comprend. Bien utilisé, le chant français peut parfaitement contribuer à créer un lien plus fort avec le public (après tout, c’est agréable de savoir ce que les chanteurs racontent), mais ici, force est de reconnaître que les textes sont encore trop naïfs et ne font pas mouche. Au final, une bonne prestation, mais les YIADA, qui étaient les benjamins du TNT, ont encore du boulot avant d’être parfaitement au point.

Il est temps d’assister à la performance de MEPHISTO, et même si personne ne le sait encore (moi y compris), ça va faire mal. Ca va même faire vraiment mal. Autant le dire franchement, je me suis pris une claque. Je n’étais pourtant pas spécialement enthousiaste à l’idée de voir ce groupe dont je n’avais pas spécialement apprécié le titre chemicals, joué au TNT. Et boum, ça commence. Je suis d’entrée bluffé par le son du groupe. Les titres énergiques et plus intimistes s’enchaînent parfaitement, réhaussés par la superbe voix de Laurent (mention spéciale à view et son excellent brak au piano), aussi à l’aise dans un registre couillu que mélodique. Car on a à faire à un chanteur, un VRAI chanteur. Et derrière, ça assure. Un bassiste carré et efficace, stetson vissé sur la tête, un batteur au jeu presque aussi visuel que Pipol de YIADA, mais monstrueusement en place (sa frappe est telle qu’il envoie valser ses cymbales à plusieurs reprises), et qui passera tout le concert avec la banane aux lèvres, un deuxième gratteux pas mauvais du tout (même si j’ai trouvé que les solos pourraient être plus fournis), et un claviériste qui apporte beaucoup à l’ensemble. Franchement, musicalement, les influences sont très vastes. Pour vous faire une idée, je ne peux que vous conseiller d’aller faire un tour sur leur myspace ou de vous procurer leur excellent CD (ben oui, jsuis allé l’acheter à la fin de leur concert), mais les groupes qui me viennent d’entrée à l’esprit sont led zeppelin et pearl jam, soit des groupes qui, tout en restant foncièrement rock voire hard-rock, ne se sont jamais pris la tête avec des histoires d’étiquette et qui se sont contentés de laisser parler leur amour pour la musique au sens large. Du bonheur pur. Les interventions de Dominique, le clavier, permettent au groupe de se frotter à des répertoires inattendus et de partir à la recherche de terrains d’expérimentations originaux, d’avoir leur propre son. Après s’être mis le public dans la poche (dieu, que ça passe vite), les zicos nous gratifient d’une reprise de hughway star de deep purple qui colle à merveille à leur style. Le groupe n’a plus qu’à dérouler, ce qu’il fait parfaitement, sans oublier de balancer quelques vannes bien senties entre les titres (« faites gaffe si vous prenez le volant, surtout ici à Paris, ils sont fous les gens, venez faire un tour chez nous vous verrez »). Au moment de conclure, le public réserve une belle ovation au groupe qui ne l’a pas volée. Avant de partir, Mephisto nous gratifie d’une reprise inattendue de small town boy, de jimmy sommerville, qui résume à merveille l’esprit du groupe : musique irréprochable, attitude généreuse et bon enfant.

Après Blue Paranoia, on a la confirmation qu’il se passe des choses dans le sud de la France. Pas à dire, une bonne soirée et une belle découverte. Reste à espérer que le public parisien daignera se déplacer plus massivement la prochaine fois que des provinciaux aussi talentueux feront le déplacement.

Pierre / Arachnorock

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