A part JUNE WORLD, pas un seul rescapé du trio de tête. Les membres d’ENCORE HEUREUX ont annulé leur venue, jugeant subitement que les conditions n’étaient plus convenables, et un malheur n’arrivant jamais seul, les vainqueurs, DAMON RA, ont splitté moins de deux semaines avant le concert. Autant dire que l’organisation de cette date fut particulièrement chaotique, ce qui explique le peu de communication, l’affiche n’ayant été finalisée que quelques jours avant le concert. Car si les POST TRAUMA MARIACHIS, arrivés 4e, ont immédiatement accepté avec enthousiasme de venir jouer en remplacement des 3e, trouver un remplaçant à DAMON RA ne fut pas chose aisée, peut-être en raison du manque de temps de préparation. Mais quand même, quand vous participez à un tremplin dont le but est de gagner l’occasion de venir jouer, le but c’est de jouer, non ? Passons sur cette situation assez incompréhensible, pour nous attarder plus longuement sur le concert qui eut finalement lieu.

C’est le groupe FIDDLE, arrivé 15e du TNT, qui ouvre finalement cette 6e édition de l’année. Surprise, ce sont vraiment des petits jeunes ! Faut croire que ces gars-là n’ont pas plus de 17 ans ! Mais comme l’écrivait Corneille, la valeur n’attend pas (toujours) le nombre des années. Est-ce le cas ici ? Pas complètement. Certes, les gars ont l’excuse de la jeunesse, mais on sent qu’ils sont encore un peu tendres. Le groupe pratique un pop-rock punchy qui renvoie notamment aux BEATLES et à des groupes plus récents de la scène anglaise, ARCTIC MONKEYS et THE LIBERTINES en tête. Malgré leur envie de bien faire, on sent que ces jeunes gens manquent d’expérience et ne maîtrisent pas encore leur sujet. Ainsi, si certains de leurs compos se laissent agréablement écouter et laissent présager d’une bonne marge de progression pour le futur, les reprises interprétées ce soir ont plus de mal à convaincre, comme celle des BEATLES sur laquelle le chanteur, Vincent, est globalement faux. On retrouve tous les défauts et toutes les qualités des groupes débutants, enthousiasme, envie de bien faire, bonne humeur, et malheureusement, mise en place approximative et son pas toujours maîtrisé. Sur leur dernier morceau, leur chanson « goodbye mum » avec laquelle ils participaient au TNT, le solo de guitare d’Edwin est difficilement audible (pour ne pas dire faux), tandis que le solo de batterie est trop léger. On pourra me rétorquer que je suis dur, mais après tout, leur jeune âge leur laisse le temps de travailler et de progresser. L’avenir nous dira si FIDDLE évoluera dans le bon sens, mais au vu de la prestation au final sympathique qu’ils nous ont délivré, il n’y a pas de raison que ce ne soit pas le cas. A revoir avec un peu plus d’expérience pour se faire une véritable opinion.

C’est ensuite au tour de POST TRAUMA MARIACHIS de prendre la scène d’assaut. « Prendre la scène d’assaut » est d’ailleurs l’expression qui convient le mieux, car ce soir, les mariachis sont là pour mettre la guerre. Le chanteur, ST, après avoir salué l’assistance, balance direct le couplet du premier morceau a capella, dans un style très slam, avant d’être rejoint par ses petits camarades dans un déluge sonore. Le groupe pratique la fusion rap/métal dans un style tout droit hérité de la scène des années 90 (non, rien à voir avec PLEYMO). Les influences hip-hop sont bien présentes, réhaussées par l’utilisation de samples qui reproduisent des scratchs et autres effets sonores qui complètent la dynamique du quatuor (basse slappante/batterie musclée/guitare+chÅ“urs/chant). Quid de l’aspect métal/hardcore ? On retrouve donc du SEPULTURA, et au final, certains passages m’ont un peu fait penser à BIOHAZARD. La musique et l’attitude du combo est on ne peut plus sincère, et les gars se donnent à fond, malgré leur nuit blanche pour arriver jusqu’à Paris (ben oui, ils viennent d’Arles quand même). ST, véritable pile électrique, enchaîne des textes furieux et engagés, aidé par MOMSS, son acolyte guitariste, qui vient compléter l’ambiance en rajoutant des hurlements bestiaux de ci de là. Car en dehors de certains passages vraiment hardcore, la musique du combo est tout sauf bruitiste. Le chant d’ST est bien plus nuancé qu’on ne pourrait l’imaginer, ce dernier vivant ses textes, visiblement directement inspirés du vécu au quotidien des 4 amis. Le groupe n’en oublie pas de jouer des morceaux plus calmes qui permettent de reprendre son souffle et de ne pas tomber dans le répétitif, comme « ici bas », une chanson mélancolique sur laquelle le chanteur se met à nu. Les boys recueillent un bon accueil du public, même s’il est vrai qu’après la musique sucrée des FIDDLE, la transition a dû être difficile pour certains ! Rien à foutre, les mariachis sont là pour faire leur truc, que ça plaise ou non. Le groupe est visiblement heureux d’être là et de jouer, ST remercie l’organisation et le public plusieurs fois entre les morceaux (et sans se la jouer démago, sa sincérité crève les yeux), et le groupe, avant de partir, nous balance une bonne reprise du « roots bloody roots » de SEPULTURA. Le meilleur concert de la soirée, pas de doute.

Car derrière, après cette déflagration, le public est visiblement rassasié et une partie quitte la salle, laissant JUNE monter sur scène devant un public clairsemé. Quand d’autres auraient fait contre mauvaise fortune bon cÅ“ur, le combo affiche ici clairement un côté désabusé. Ou plutôt, le chanteur et frontman du groupe, Sebastien, apparaît clairement désabusé et peu enthousiaste, les bassiste et batteur affichant quant à eux des mines bien plus décontractées (quand ils n’ont pas franchement la banane). Faut dire, la musique du groupe n’invite pas non plus à un optimisme béat, très planante, tout en ambiances délicates et mélancoliques. Et leur son est indéniablement de qualité, l’ambiance est envoûtante et atmosphérique, même si un peu répétitive à la longue. Pourtant, on sent tout le travail de composition et d’arrangement qu’il y a derrière ces chansons, fort réussi d’ailleurs. La rythmique assure un tempo délicat, mais la musique du groupe repose principalement sur les interventions tout en finesse des deux guitaristes, l’éventail de sons qu’ils proposent étant très riche et très bien trouvé. Néanmoins, la mayonnaise a du mal à prendre. En effet, le rendu scénique de ce type de musique n’est pas particulièrement impressionnant, les musiciens sont très statiques, et surtout, Sebastien, le chanteur guitariste, passera la quasi totalité du concert à regarder ses pieds, de sorte que l’interactivité avec la salle est quasiment nulle. Pour ne rien arranger, alors que les groupes précédents n’hésitaient pas à communiquer entre les morceaux, nous n’aurons droit qu’au même commentaire laconique entre chaque morceau (« merci beaucoup ! »), ce malgré l’enthousiasme des personnes présentes qui ne tardent pas à applaudir à tout rompre le groupe. Au final, si la musique de JUNE est de qualité et que ses musiciens continueront, à n’en pas douter, à progresser, il leur faudra sans doute trouver une solution pour améliorer le rendu scénique de leurs prestations, et que Sebastien se décide à assumer pleinement son rôle de frontman et à se montrer plus chaleureux, afin de rendre l’ensemble plus vivant.

Voilà, c’était le dernier TNT de la saison, rendez-vous cet été pour voter lors du festival éTNTé, avant de venir applaudir les gagnants pour le concert de la rentrée. Le TNT recommencera alors, avec une nouvelle formule. Encore une bonne soirée, malgré les problèmes d’organisation, et l’absence remarquée de quelques « gros » qui ont visiblement préféré lever le coude que se bouger les fesses :p. Bonnes vacances, bon éTNTé, et à la rentrée prochaine !

Edgecrusher

Laissez vos commentaires sur le Forum