A l'écoute de ce tube parfaitement remis au goût du jour tout en gardant intactes les traces du passé, on pourrait se demander si le quatuor fraîchement constitué n'a pas fait un petit stage de moto sur la Route 66. L'hommage semble flagrant et sans concession, jusqu'à ce clip ci-dessus qui se passe de commentaire.
Du feu et de l'eau, comme l'annonce sa première piste résonnant comme une déclaration d'amour à la musique rock et metal. L'opus s'amuse ainsi à nous balader entre agressivité pernicieuse ("Roll the Dice", "Yellow Blaze", "Sweet Devil's Kiss" ou "Room 66/64" : autant de brûlots frôlant la perfection dans le genre et qui restent en tête quasi instantanément) et douceur quasi romantique mais toujours éraillée (les ballades "Forever" et "The Answers" font mouche, même si cette dernière déçoit un peu dans son texte plutôt simpliste et bourrés d'imprécisions linguistiques plutôt surprenantes). Le rythme global ne déçoit pas et les 37 minutes de l'album défilent ainsi à la vitesse d'un TGV (bien à l'heure et sans panne imprévue).
Techniquement, c'est du grand art. Rien de bien compliqué à effectuer certes, vous pensez bien, mais c'est en place et cela respire l'expérience à plein nez. Plus important encore, le feeling ne décroche jamais et les mélodies en ressortent ainsi peaufinées à l'extrême. Le doublement éponyme "Devil's Train" n'aurait ainsi pas été renié par le Whitesnake de la grande heure (entre autres), il y a du David Coverdale survitaminé et plus brut de décoffrage chez l'ami Liapakis.
Ce disque nous donne envie de prendre le dernier train pour l'enfer et ce sans ticket retour. Il est évident que la durée de vie d'une telle offrande peut s'avérer limitée dans le temps mais elle a au moins le mérite de chasser les doutes de nos esprits le temps d'une écoute à l'échapée belle. Parfait pour s'évader et se vider la tête, au volant de sa voiture les cheveux (ou non) au vent. Un CD à emporter sur les routes du soleil pour attirer de la minette en chaleur, qu'on se le dise !

"Roll the dice, pay the price, rock 'n' roll will never die... yeah!"
