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Jerry (guitare) & Tony (batterie) de Papa Roach

S'entretenir avec Jerry Horton (guitare) est toujours un plaisir : très "posé", prolixe, et réfléchi, l'homme offre une nuance intéressante d'avec un Jacoby (chant) bien plus exubérant, et véritable écorché vif. A l'occasion de la sortie de leur nouvel album, F.E.A.R., Jerry, épaulé par son comparse Tony (batterie), tout aussi agréable et profond, nous a présenté le travail de Papa Roach. Et il fut fort intéressant de constater la dynamique de soutien qui sous-tend le groupe, et comment trois personnalités parviennent à se mettre au service d'une quatrième en proie à une psychomachie constante, pour finalement parvenir à s'épanouir et à trouver leur équilibre dans cette équation.

Carmyn : Bonjour Jerry & Tony ! La dernière fois que nous nous sommes vus, Jerry, c’était il y a un an et demi, à l’occasion de l’édition 2013 du Hellfest (notre interview ici), et de votre tournée pour promouvoir The Connection (2012). Tu venais tout juste d’en revenir, et me confiais ta surprise quant à deux points : à l’accueil du public, tout d’abord, qui fut triomphal ; mais aussi au paradoxe de l’affiche proposée en 2009, la fois précédente où vous y aviez joué. En effet, l’affiche était très heavy, plus heavy que rock / hard rock –  votre style à vous. Je me souviens que tu m’avais dit que vous aviez joué juste après Cannibal Corpse !

Jerry : Ah c’était énorme, ça ! Nous dénotions clairement en 2009, à se demander ce qu’on faisait là ! L’édition 2013 fut, en effet, bien plus dans notre créneau.

Carmyn : Depuis, vous avez donné un concert à Paris, le 28 novembre 2013 (cf. notre live report), qui fut une réussite totale, en plus d’être sold out rapidement.

Jerry : Ce fut un show génial. Je me rappelle de l’énergie de tous ces gens … Ça sautait et transpirait de partout ! Mais nous avons toujours connu de très bons shows ici, c’est juste que les problèmes relatifs à notre maison de disques ont fini par prendre le dessus, à une période. Universal ne nous soutenait plus, il y a 5-6 ans, et n’assurait plus notre promotion. Nous avons énormément perdu en visibilité, à ce moment-là. Mais, à présent, avec Olivier Garnier & Seven Eleven (le label actuel du groupe), nous avons beaucoup œuvré en faveur de cette visibilité perdue, justement. Nous avons produit des shows un peu plus petits, afin de regagner progressivement notre fan-base délestée. Nous aimerions beaucoup nous produire à d’autres endroits que Paris. Que nos fans hors capitale le sachent !

Tony : Aujourd’hui, en plus de la journée promo, nous travaillons conjointement à ça. Nous tentons d’infiltrer le réseau !


Les teasers furent nombreux ces derniers temps, sur les réseaux sociaux du groupe


Carmyn : J’ai eu grand plaisir à découvrir vos deux derniers albums ; je n’étais pas une fan de Papa Roach, initialement. Je vous voyais - je vais être honnête avec vous – comme un groupe fashion, le genre "neo metal à minettes". Mais j’ai été bluffée ces dernières années, et puis en rencontrant Jerry également, car j’ai alors découvert un groupe au propos mur et que l’on peut qualifier, outre-atlantique, de « class act ».

Tony : Waouh, merci ! (ndlr : aux US, cette expression est un sacré compliment)

Carmyn : J’aime beaucoup votre dernier album, F.E .A.R., sur lequel la production et les lignes directrices sont assez différentes d’à l’accoutumée. On peut entendre beaucoup d’éléments synthétiques, et des lignes mélodiques surprenantes. C’est assez futuriste. Or, c’est étrange, car, Jerry, je te sais pourtant grand fan de ZZ Top et de ce genre de rock "roots".

Jerry : Nous avions instauré cette ligne artistique sur l’album précédent. En revanche, tu as pu remarquer que, par le passé, nous avions une ligne de guitare lead, puis un enchevêtrement d'harmonies jouées à la guitare, par-dessus le tout. Ici, nous avons choisi de jouer ces lignes harmoniques au synthé, par exemple. Je trouve que ça donne plus de texture, de profondeur, et que ça sépare les sonorités de manière plus drastique. Mais nous n’essayons pas de remplacer la guitare, loin de là !

Tony : Jamais de la vie ! (ironique)

Jerry : Mais juste de la renforcer avec quelque chose de différent. Voyons, qu’est-ce que je deviendrais, après ?!

Tony : Tu serais perché derrière le synthé. Tu jouerais de la key-tare ! (ndlr : en anglais, synthétiseur se dit « keyboards »).

Carmyn : Parlons du titre, et de la trame lyrique de votre album. Jacoby déclare dans une des chansons : "every pain is a blessing in disguise" ("chaque douleur est en réalité une bénédiction cachée"). Sur l’album précédent, Jerry me disait que vous aviez tenté d’exhorter Jacoby à parler des souffrances dans sa vie personnelle, pour en extirper quelque chose de positif. Il semblerait qu’ici, le parti-pris soit plutôt : "ok, j’ai tiré des leçons de mes erreurs" Ce n’était pas aussi évident à l’époque de The Connection

Jerry : Sur F.E.A.R., les thèmes sont similaires, à cela près qu’ils ont une fin positive.

Tony : Tout est bien plus dans l’apaisement.

Jerry : Il s’agit du premier album sur lequel Jacoby a écrit en étant, en permanence, entièrement sobre. Je ne pense pas qu’il écrive jamais de paroles positives et heureuses à proprement parler, car ça n’est pas dans sa personnalité. Il semblerait qu’il soit constamment en proie à un combat interne.



Carmyn : Il y a des gens comme ça… Et puis quand bien même ses paroles pourraient sembler heureuses, il y a toujours une notion d’ambivalence. Le titre reflète bien ça, d’ailleurs : vous avez pris le mot "fear" ("la peur") et l’avez distordu pour en sortir quelque chose de positif : "face everything and rise" ("affrontes tout et élève-toi"). Je me souviens qu’une artiste metal avait fait ça récemment : il s’agit de Maria Brinks, la chanteuse du groupe In This Moment, et elle est sur votre disque aujourd’hui ! Elle avait pris le mot "whore" ("pute") et lui avait donné un tout autre sens, nettement plus positif : "omen honoring one another rising eternally"("femmes s'honorant entre elles, et s'élevant éternellement").

Tony : Je n’avais même pas fait attention à ça ! Pourtant, nous tournons tout le temps avec eux… C’est très bon !

Jerry : Jacoby est très similaire à Maria, comme individu. Il a des émotions honnêtes, et affiche clairement son cœur et ses états d’âme. Et je pense que c’est en grande partie la raison du succès de Papa Roach. Car les gens peuvent s’identifier à cela, il peuvent se connecter, littéralement, à un niveau de conscience bien plus profond que de se dire : "ah le riff de ce groupe est cool, là".

Carmyn : Et bien je pense que c’est pour cela que vous êtes encore là à l’heure actuelle … Avez-vous eu une part dans le procédé d’écriture des paroles, ou elles ne sont que de la plume de Jacoby ?

Tony : Elles ne sont que de sa plume. Ses paroles sont sincères, et nous le supportons à fond. Tu peux entendre sa conviction, ce n’est pas du cinéma. C’est quelque chose de profond, et si tu n’arrives pas à sentir cette vibration, en tant qu'auditeur, tu le reconnais et tu dis direct : "next !"

Carmyn : Comment avez-vous écrit ces musiques, alors ?

Jerry : Nous résidions à Las Vegas, et avons commencé à écrire ensemble. Puis nous apportions régulièrement notre matériel musical au studio, afin d’avoir le recul de nos producteurs, ainsi que de Jacoby. S'ils adhéraient, alors nous gardions. Ca a duré deux mois. Là où tout a différé cette fois-ci, est que nous n’avons pas vraiment eu le temps de réaliser des jams. Il n’y a qu’une chanson, "Skeletons", qui soit issue d’une jam entre nous.

Tony : Nous composions sur ordinateur, puis chacun bossait dessus. J’ai enregistré mes parties de batterie en dernier, ce qui n’est absolument pas conforme à la norme ! Mais ça offre une dynamique très intéressante, du coup, car j’ai eu la chance de pouvoir jouer pour Jacoby, et d’être ainsi porté par sa hargne et ses émotions au chant. Je jouais en fonction d’où la musique m’emmenait, de ce qu’elle dictait, et mon écriture et mon jeu à la batterie s’en trouvent ainsi enrichis.

Carmyn : Je trouve, en effet, que c’est plus intense au niveau de la batterie. Plus agressif, peut-être, que par le passé ?

Tony : The Connection nous a pris six mois d’enregistrement, en tout. Et puis je me rappelle avoir enregistré mes parties de batterie en 2 ou 3 jours. Le processus fut différent : j’ai suivi pas-à-pas la progression des chansons, à l’époque, et ai eu le temps de les faire mûrir, qu’elles « grandissent » en moi, en quelque sorte. Ici, pour F.E.A.R., l’angle fut le suivant : j’ai eu le résultat fini des chansons, et ai dû composer dessus, mon jeu relevant ainsi de la réaction spontanée à ce que j’entendais.

Carmyn : Plus punk rock dans l’esprit ?

Tony : Absolument ! Et j’ai aimé, je peux te dire. Ca ne me dérangerait pas du tout de refaire ça, à l’avenir !

Jerry : Je pense que tu peux également mettre plus d’accentuations dans ton jeu, ainsi.

Tony : Et puis surtout, on réalise que l’on peut réellement construire quelque chose à la batterie.



Carmyn : Ma chanson préférée sur ce disque est « Gravity ». J’adore ce duo, et ses paroles superbes : "I fell in love with the ways of the world ; money, the fame, the booze, the girls. But I couldn’t stay faithful if I tried ; I turned into a devil, you could see it in my eyes” ("Je suis tombée amoureux des manières de la vie ; l'argent, la célébrité, l'alcool, les filles. Mais je ne pouvais pas rester fidèle, même si j'essayais ; Je me suis transformé en démon, tu pouvais le voir dans mes yeux") ; puis “you’re not a husband, not a father, just a pig” ("tu n'es pas un mari, pas même un père de famille, mais juste un porc"). Ça me fait beaucoup réfléchir à la condition de musicien international ; vous autres êtes tout le temps sur les routes, finalement … Ce n’est pas dur de construire un foyer dans ces conditions ?

Jerry : Si, c’est très dur… "Gravity" aborde le sujet de l’infidélité de Jacoby à sa femme. Pour ma part, je n’ai jamais vraiment connu ce problème.

Carmyn : Tu es un peu plus feutré, derrière ta guitare !

Jerry : Certes, tandis que Jacoby est le frontman. Mais au-delà de ça, j’ai eu des opportunités aussi, seulement ça ne m’a jamais vraiment attiré. Ca n’est pas dans ma personnalité. Le plus dur, c’est certainement d’être loin, en permanence, de ta famille, et de maintenir cette relation longue-distance. Mais la famille est tellement importante pour nous, que nous nous débrouillons pour que ça marche.

Tony : Tu ne peux pas durer dans ce métier de musicien international si tu n’es pas profondément passionné par ce que tu fais, je pense. J’adore jouer de la batterie, et donner des concerts est pour moi l’ultime récompense. Ca rend la distance plus tolérable, mais c’est vrai que c’est dur de dire à ton gamin : "bon, je repars sur les routes. Il faut que je travaille pour maintenir cette maisonnée !". Au-delà de ces banales vicissitudes, la batterie et la musique sont réellement mes passions, au sens propre du terme.

Carmyn : Nous devons tous faire des sacrifices…

Tony : Oui, mais l’amour de ce que tu crées est un bon moteur pour digérer cela. Et puis, que Dieu bénisse Skype et Facetime ! La technologie aura beaucoup aidé les musiciens, ces dernières années.
 


Carmyn : Parlons un peu guitare, Jerry, mon créneau habituel ! Tu utilises un son vintage très sympa sur "Gravity" justement.

Jerry : J’ai utilisé un équipement assez standard, à l’enregistrement. C’est au niveau de la production que la donne a été changée. Nous n’avons pas utilisé d’amplis, mais plutôt un programme informatique qui s’appelle "The Camper" : il génère des sons d’amplis, travaillés ensuite sur le logiciel Pro Tools. Tous les effets que tu entends à la guitare proviennent de l’ordinateur et du choix de production. Le son vintage dont tu parles vient d’une guitare acoustique très imparfaite, que nous avions à disposition au studio. J’aime ce grain imparfait et brut, justement.

Carmyn : Tony, au niveau de la batterie, tu as quelque chose à ajouter ?

Tony : Je jouais tout à la batterie "acoustique", initialement, puis nos producteurs ont progressivement incorporé des éléments comme le trig. Je n’étais pas dans la pièce quand ils faisaient leur tambouille. Ils ont leurs outils et leurs secrets. Je les ai laissé faire.

Jerry : L’approche de la batterie sur ce disque est bien plus directe. Elle sonne juste énorme, ici.

Carmyn : Pour finir, quel petit conseil prodigueriez-vous à nos amis musiciens qui nous lisent, et qui aspirent à une jolie carrière comme la vôtre ?

Jerry : Je pense qu’avoir, et maintenir, la passion de la musique est crucial. Savoir conserver sa motivation est très important. En outre, je recommanderais de tenter de se produire en live le plus possible, afin d’être vu, et de gagner de l’expérience, aussi. Bien-sûr, les choses ont bien changé ces dernières années, avec notamment l’avènement d’internet qui rend les choses plus faciles, plus accessibles. En même temps, il y a aussi le contrecoup suivant : il y a trop ! Trop de personnes exposent leurs créations, et l’auditeur est perdu dans ce capharnaüm. (ndlr : c’est exactement ce que nous disait Marty Friedman dans notre interview de mai 2014) Mais le live show est le niveleur absolu : il te permet de faire impression sur les autres, de la manière la plus adéquate qui soit. C’est ce qui nous permet de rester dans les parages depuis tout ce temps. Nous nous sommes toujours concentrés sur le live, sur le fait de bâtir une réelle énergie et une connexion avec l’auditoire. Ca va au-delà du simple fait de jouer de nos instruments. Les gens apprécient et reviennent, c’est aussi simple que ça.

Tony : Je suis d’accord. A un moment, à mes débuts, je faisais même partie de cinq groupes différents en même temps ! Tous les soirs, je donnais un concert ou travaillais dans un environnement de musique live. Pendant deux-trois ans d’affilée. J’avais en-tête une grosse liste de chansons. Mais plus jeune que cela encore, je bossais sur ma batterie sans arrêt. Après l’école, et avant que mes parents ne rentrent du travail, je bossais au moins deux-trois heures sur mon kit. Le meilleur conseil que je puisse donc donner est ainsi le suivant. Et puis aussi de tenter de jouer avec autant de personnes différentes que possible, cela aide dans ton développement de musicien. Chacun possède une sensibilité différente et tu t’enrichis beaucoup du contact et de l’interaction.

Carmyn : Certes. Tu peux être le meilleur batteur au monde, par exemple, mais si tu joues dans ta chambre exclusivement, alors tu es voué à l’échec.

Tony : Personne n’est auto-suffisant. Et puis personne ne peut décemment arriver à un point où il peut se dire un jour : « c’est bon, je suis parfait ». Tu apprends constamment… C’est à ça que servent tes influences, dans un premier temps. Et tu puis tu te fixes sans arrêt des challenges pour tenter d’apprendre de nouvelles choses. Les enfants, il y a tellement de distractions possibles par les temps qui courent, il faut que vous appreniez à rester concentrés ! Si c’est votre vocation que de devenir musicien ou artiste, alors vous le sentirez, de toute manière. Ce sera dans vos tripes. Et dites-vous que si une maison de disque ou un label vous signe, ce n’est pas une fin en soi : ce n’est que le strict début de votre aventure !
 

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Papa Roach est un groupe californien formé en 1993, dans la petite ville nord-américaine de Vacaville. Après avoir multiplié les concerts dans les cafés, la ...
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