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Alexxx, de l'équipe du Hellfest

« [...] ça sera un très bon line-up, je suis plutôt content, [ce que j'ai vu] m’a bien chatouillé. J’ai trouvé que sur les programmations Altar et Temple, il y avait de belles choses. [...] Avec des exclusivités, et je pense que ça va faire parler. »



Alors que le Hellfest affiche déjà complet à huit mois de son édition 2017, nous avons pu nous entretenir avec Alexxx, chargé de communication du festival. Au menu, les évolutions à venir pour cette nouvelle édition, l'agrandissement du site, des indices sur la programmation à venir, et des réflexions sur la croissance de la concurrence, et les impacts des fuites concernant le line-up.

 


Salut Alexxx ! Tout d’abord merci de m’accorder un peu de temps. Je te propose de parler de bonnes nouvelles, avec le Hellfest qui affiche déjà complet et a vendu ses 54000 billets en à peine quatre jours : félicitations ! On a depuis pu lire pas mal de critiques concernant le fait de vendre des billets sans avoir annoncé de groupe. Je ne suis personnellement pas d’accord avec ces reproches, mais comment sont-ils perçus par l’équipe organisatrice ?

Alexxx : Déjà, on a été surpris : on ne s’attendait pas à battre le record de l’an dernier en vendant si vite. L’année dernière était remarquable, et on ne pensait pas faire encore mieux cette année. Après, nous, en tant que producteurs de spectacles et de festival… déjà, on ne force pas la main : on ne fait qu’ouvrir la billetterie, et on l’ouvre parce qu’on a besoin de trésorerie. Maintenant, si les festivaliers s’empressent de prendre leurs places, j’ai envie de dire que ce n’est pas notre faute. On est quelque part victime de notre succès, il n’est écrit nulle part qu’on est obligé d’acheter maintenant. Après, il faut savoir un truc, c’est que comme je le disais, en tant que producteurs de spectacle, une fois le problème de la billetterie résolu, ça nous permet de nous concentrer uniquement sur les améliorations, la programmation, et sur les services. Il faut savoir que les gens, quand ils critiquent, ne pensent que dans un sens : ils disent "Moi, en tant que festivalier, je veux ci, ou je veux ça". Mais ils ne se mettent pas à la place du producteur qu’il y a derrière, et c’est vrai qu’en tant que producteur, si tu as l’opportunité de fonder ton budget très rapidement… alors que d’autres festivals galèrent, tu vois, jusqu’au dernier moment, il y a encore des places en vente… donc nous, ça nous permet de pouvoir accentuer les négociations avec certains groupes, ça nous permet de mieux pouvoir travailler la programmation, il y a plein d’avantages. Le fait de faire ça, c’est aussi dans l’intérêt des festivaliers, c’est aussi à leur avantage de nous laisser plus de temps pour travailler le contenu du festival.

Je pense que c’est bien que les gens puisse le lire effectivement, et que ça apaisera certain mécontents.

A : Tu sais, l’événement brasse maintenant beaucoup de monde, donc il y aura toujours des mécontents. C’est impossible de satisfaire tout le monde, quoiqu’on fasse.

On a remarqué que la jauge du festival avait très légèrement augmenté [54000 pass 3 jours contre 52000 l’an passé, NDLR], mais Ben a tenu a rassuré tout le monde dans son communiqué, en expliquant que l’espace faisant face aux Mainstages serait agrandi de 50%. Tu peux nous en dire un peu plus ?

A : On va ajouter l’équivalent d’un terrain de foot devant les Mainstages, oui. Les travaux ont commencé là, les arbres ont été arrachés, la pelouse retirée, tout a été rasé. On avait quand même ce sentiment, quand Rammstein était là, qu’il y avait bien trop de monde.

C’est clair.

A : Donc il n’est pas dans l’intérêt du festival d’augmenter l’espace disponible pour augmenter la jauge. Ce serait se tirer une balle dans le pied. Donc un point d’honneur y a été mis cette année. Cette année, comme après chaque édition, on a fait un bilan des impressions à chaud. Comme on l’avait fait pour la Warzone d’ailleurs : on avait changé la Warzone parce qu’à chaud on s’était dit "Oulala, cet endroit devient trop petit pour les gens", donc on l’a revue. On a maintenant constaté ça pour les Mainstages, dont tu sais que la configuration n’a pas changé depuis 2012. Les groupes eux, ont changé, et le public devant les Mainstages aussi, donc l’idée c’était d’agrandir l’espace. Sans augmenter la jauge comme je l’ai dit, on souhaite juste amener plus de confort.

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Justement, en parlant du terrain face aux Mainstages, vous avez pensé à le terrasser en pente, pour améliorer la visibilité ? Jusque-là, la zone au pied de la terrasse VIP était très appréciée pour cette raison.

A : En fait, il y a déjà eu pas mal de terrassement qui a été fait, même si les gens ne s’en rendent pas trop compte d’une année sur l’autre. Par exemple, je pourrais aussi te dire qu’on a enterré des lignes haute tension il y a quelques années, et personne ne l’a vu, mais il fallait bien le faire [rires]. On fait donc du terrassement, mais le terrain est tellement grand... c’est des budgets colossaux ! On fait donc ce qu’on peut pour améliorer les choses, mais de là à rendre impeccable le terrain vague qu’on a récupéré au début, ça reste trop important. Et avec la nouvelle zone qui va arriver, ça va quand même pas mal changer la donne !

Tu évoquais la Warzone, qui a complètement été revisitée cette année, et a été très appréciée, il y a aussi le nouveau coin restauration très réussi autour de la statue de Lemmy… On peut s’attendre à d’autres changements de cette ampleur cette année ?

A : Tu sais, c’est pas notre genre de nous reposer sur nos lauriers, chaque année on essaie d’apporter un peu plus de sucre sur le gâteau. Bien sûr, il y aura du neuf, des petits aménagements, des grands, mais là il est encore trop tôt. Pour l’instant on se focalise sur le gros œuvre. On travaille par exemple sur les accès de la cathédrale, puisqu’on a vu qu’il y avait de l’attente l’année dernière, en plus avec l’état d’urgence c’était un peu plus compliqué. Donc on est en train d’y travailler, ça prend du temps, parce qu’il s’agit de contrôles et de sécurité, donc c’est assez difficile à mettre en place. Et puis après, il y aura bien sûr quelques autres petites pépites qu’on ne va évidemment pas encore révéler. En ce moment, il y a beaucoup d’études qui sont faites : on a beaucoup d’idées, mais ensuite il y a des études de faisabilité, et ça a aussi un coût, et il faut qu’on voit ce qui est faisable et ce qui ne l’est pas. Mais ne t’inquiète pas, il y aura plein de belles choses !

Un autre élément du site qui n’a pas beaucoup bougé ces dernières années, c’est le Metal Corner : on peut imaginer de gros changements, avec peut-être plus de concerts pendant le week-end, ou autre chose ?

A : Ecoute, le Metal Corner est très vivant le jeudi, surtout. L’an dernier, Deezer avait mis en place un tremplin sur le Metal Corner, et malheureusement certains groupes ont joué devant de toutes petites affluences, puisque pendant les concerts, les gens sont surtout concentrés sur le festival. Mais tu sais - et on en parle chaque année - il arrivera un jour où le Metal Corner aura une rénovation ou un changement. Pour des questions de terrain, c’est encore un peu difficile d’y faire un aménagement en dur, mais chaque année on se dit qu’on pourrait y faire ci ou ça, met finalement, on a tellement d’investissements qui sont faits sur le site lui-même qu’on ne peut pas travailler sur cette zone. En plus, le Metal Corner, c’est la zone qu’on ouvre en premier, et qu’on ferme en dernier, donc dans le timing c’est toujours un peu compliqué.

Au sujet de l’agencement des groupes, je sais que pas mal de monde attendait de voir un set de Metal Allegiance, vu que beaucoup de membres étaient présents avec leurs groupes respectifs, ou bien on pensait à voir King Diamond rejoindre Volbeat pour jouer "Room 24". L’organisation a une influence sur tout ça, ou bien ces apparitions de guests se font spontanément ?

A : Pas du tout. A part Phil Anselmo qui vient toujours faire le con avec ses potes, il est chez lui, donc il ne nous demande pas l’autorisation, il s’arrange avec les groupes. Après, si c’est de gros shows exclusifs qui sont préparés en amont, c’est négocié : les agents préparent ça avec mes collègues de la programmation. Le seul truc qui a vraiment été spontané, c’était en 2013 je crois, quand Clutch a dû annuler, et qu’on a organisé une sorte de reformation de Corrosion Of Conformity avec Anselmo et compagnie. Sinon, tout est travaillé. Tu sais, quand un ancien groupe dit on va faire un show exclusif en rejouant avec un tel ou un tel, pour eux c’est une revalorisation de cachet, donc c’est dans leur intérêt de créer ces petits événements.

Une dernière question sur les sujets qui fâchent : on a eu pas mal de soucis de son l’an dernier, en particulier sous les tentes, où les balances étaient plutôt excellentes auparavant. Vous savez maintenant ce qui s’est passé et ce que vous allez faire pour essayer d’améliorer les choses ?

A : Déjà, j’ai envie de te dire que la plupart des groupes viennent avec leur sondier. Donc on n'a pas beaucoup de latitude. Parfois, tu te dis que tel groupe a un super son, et le suivant est horrible. Parfois, ça a à voir avec des qualités de jeu en soi, puisque parfois il y a des zicos qui sont moins à l’aise sur scène. Mais surtout, c’est une question de qui est derrière la régie. Tout ce qu’on peut justifier en fait, c’est quand en extérieur, devant les Mainstages, quand il y a beaucoup de monde, il y a de grosses variations, et on ne peut pas faire grand-chose. Et puis c’est vraiment très subjectif cette histoire de son : si tu veux avoir la meilleure qualité, il faudrait être à la place du sondier. Certains sont au premier rang et vont se dire qu’on entend que les basses, et pas le chanteur. Donc certains trouvent le son super, d’autres horrible, comme ils peuvent trouver le show super ou à chier. On ne rentre donc pas trop là-dedans. On choisit un groupe parce qu’on sait ce qu’il sait faire, et ensuite il faut qu’il s’entoure d’une bonne équipe. Si le groupe n’a pas de technicien en revanche, le Hellfest lui en fournit bien sûr un, et qui lui connait bien les manettes.

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D’un point de vue communication, on voit certain fests comme le Wacken, qui proposent chaque année un DVD. Pourquoi pas le Hellfest ?

A : Alors nous, on l’avait fait il y a quelques années. C’était une boîte de prod’ qui nous avait contactés, et ça s’était monté en parallèle, ainsi qu’avec Metallian. Et au final ça ne nous intéressait pas trop : déjà parce qu’on trouvait que les captations n'étaient pas forcément bien réalisées. Et puis je pense aussi que l’ère du DVD est un peu obsolète. On a l’opportunité de faire de la diffusion live sur Internet, donc monter ça sur un support pour le revendre derrière, je pense que c’est dépassé. Je préfère faire de la diffusion dynamique sur les réseaux, je préfère continuer à travailler avec Arte Concerts, ça reste qualitatif, tout le monde peut en profiter, et re-regarder les concerts ensuite. Donc non, je pense que le produit DVD n’est plus du tout d’actualité.

Le travail avec Arte est donc la version moderne du DVD.

A : Oui. Et puis eux sont contents, parce que c’est quand même leur pic de de vues : pour Arte, le Hellfest, ça marche très très bien. Et après, la captation faite par l’équipe Sombrero et Arte est de qualité. C’est vraiment cool pour ceux qui veulent voir les concerts. Et j’ai envie de dire moi le premier, et tous ceux dans l’équipe, puisqu’on ne peut pas voir les concerts pendant le festival. Donc c’est une bonne occasion de se rattraper !

2016, ça a bien sûr été l’année de l’arrivée d’un gros concurrent du Hellfest, en l’occurrence le Download et ses gros moyens. A quel point cette nouveauté a impacté le Hellfest, par exemple pour booker des groupes ou faire sa promotion ?

A : Alors c’est particulier, parce que l’arrivée du Download n’a pas le même timing que l’an dernier. L'an dernier, ils sont arrivés alors qu’on était déjà complets, et là ils sont réapparus d’eux-mêmes, et ont annoncé System Of A Down juste après l’annonce de notre billetterie, pour nous couper l’herbe sous le pied – mais c’est de bonne guerre ! [rires]

C’était assez évident aux yeux de tout le monde, oui !

A : Oui ! Mais malgré tout, on arrive à annoncer complet en quelques jours. Donc ça nous impacte pas trop, en fait. Après, en termes de négociations, ça reste entre les deux directions, donc Ben et Live Nation. Le Download c’est très particulier, c’est donc Live Nation, qui faisait le Sonisphere, Rock En France, ils produisent des Beyoncé, etc… Ils ne se limitent pas à la caste metal. Ca se passe donc plutôt dans les stratégies de négociations de Benjamin. On va pas dire que c’est la guerre, ce serait un grand mot, mais les négociations vont bon train. Et tu sais, tous les festivals s’appellent, pour savoir qui fait quoi. Il faut aussi savoir qu’avant, on avait le monopole du gros festival metal français, et le fait d’avoir un challenger qui arrive à notre niveau, c’est pas plus mal. Ça permet au public de comparer. Et puis si quelqu’un n’a pas pu avoir sa place pour le Hellfest, il peut toujours aller au Download et profiter d’un gros festival. L’an dernier, ceux qui ne pouvait pas voir Rammstein chez l’un pouvaient en profiter chez l’autre. Il faut penser à tout le monde quand même !

Au niveau de la programmation, le Hellfest continue à proposer chaque année plein de petits groupes de niche. Je me demandais comment ils sont découverts par l’équipe. Avec la croissance du festival, vous avez toujours le temps de découvrir les nouveautés par vous-mêmes, ou bien vous vous reposez plus sur les agences de promotion ?

A : C’est un peu de tout en fait. On travaille avec un parc d’agents qui nous propose des groupes. C’est aussi de la discussion en interne, on se dit "Tiens, tu as écouté ci ou ça ? ". On écoute tous de la musique, donc on suit les réseaux, les groupes émergents… C’est de l’écoute, de l’actualité, des coups de cœur, parfois des contrats, puisqu’on peut nous dire "Pour avoir tel groupe il faut aussi signer celui-ci". Et on suit pas mal l’actualité oui : si on voit qu’un groupe fait beaucoup parler de lui, on va l’écouter… C’est de l’investigation, en fait. Et il y a un gros travail à ce niveau, comme pour la répartition par scène : c’est un gros travail de Tetris pour arriver à donner une couleur à une scène. C’est pas évident, quand je vois comme il se prennent la tête à la programmation, j’aimerais pas être à leur place ! [rires] Qui plus est, quand tu arrives à monter ton plateau, il y a ensuite la prise de tête des running orders : un tel veut jouer en même qu’un autre, on se dit que quelqu’un qui est fan de tel groupe va aussi voir celui-là, donc on le décale… C’est une espèce de casse-tête infernal : tout le monde a des revendications, et dès que tu tires à droite, ça bouge à gauche…

Il y a donc toujours ce côté artisanal de la recherche de groupe, qui a fait la réputation du Hellfest.

A : Ah bah ouais ! C’est ce qui a fait notre succès, tous ces petits groupes, ces coups de cœurs. C’est aussi ce qui nous fait plaisir. Je pense que l’orientation de la programmation n’a jamais vraiment changé en 10 ans, mis à part le fait qu’on a accueilli plus de groupes, ou des plus gros. Mais on a toujours cette stratégie qui fait qu’on a les petits, les moyens, les gros, les très gros et les géants.

Justement, puisqu’on parle des géants, des têtes d’affiche, j’ai l’impression qu’il est difficile de ne pas commencer à tourner en rond après quelques années, tout simplement parce qu’il n’y a pas cent groupes qui ont l’envergure d’une tête d’affiche. C’est un souci pour la programmation ?

A : Déjà, on a conscience du fait que beaucoup de gens font un focus sur ce qu’on appelle aujourd’hui les têtes d’affiches, et tu n’as pas forcément l’occasion de toutes les voir, parce qu’on a plusieurs concerts en même temps. Donc si tu loupes une tête d’affiche une année, tu as la possibilité de la voir deux ou trois ans après. Après, il est vrai que tous ces groupes appartiennent à une scène vieillissante, et on a conscience qu’ils finiront par disparaître dans quelques années. Mais c’est tout à notre avantage, ça nous donne l’opportunité de proposer plus une expérience qu’une simple liste de groupes, contrairement à ce que faisait un Sonisphere, tu vois. Et après, d’après ce que je vois sur les réseaux, il y a beaucoup de gens que ça ne dérangerait pas de voir chaque année les mêmes groupes. C’est assez curieux, parce que par exemple, tu peux très bien te trouver devant quelqu’un qui ne connait pas un groupe et qui dira que ça ne lui plait pas, justement parce qu’il ne connait pas. Et si il a l’opportunité d’avoir une belle expérience avec ce groupe en festival, il dira "J’ai découvert ce groupe, c’était génial, j’ai encore envie de le revoir !". Finalement, la redite ou la répétition, c’est pas très dérangeant, déjà parce que ce n’est pas d’une année sur l’autre, on avait fait ça juste pour Korn. Et ça permet un turn-over. Et il faut savoir un truc, c’est que si tu avais que des groupes que tu veux voir au Hellfest, si tu étais amoureux des 160 groupes…

Ça serait le drame…

A : Voilà, ce serait impossible pour toi de tous les voir. Donc la redite n’a pas que du négatif.

Et puis il faut reconnaître que tous les ans au global, on a énormément de nouveautés.

A : Voilà, on est toujours à 50% de renouvellement. Sur ces scènes là en tous cas, c’est sûr que les gros… Et on ne les a pas tous faits ! Il y en a d’autres, et certains proposent des shows différents, c’est pas trop un souci. Et puis je sais pas, j’aime par exemple beaucoup Maiden, j’ai été heureux de les voir plein de fois, ça ne m’a pas dérangé ! Donc s’ils reviennent un jour au Hellfest, ça me posera pas de problème !

Je risque pas de te contredire à ce sujet, c’est le genre de show dont on ne se lasse pas.

A : Exactement. Surtout quand ils font des tournées à thème comme Somewhere Back In Time… Et ils ont tendance à faire ça, et tant mieux, parce que ça cartonne.

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La mi-novembre a été évoquée pour la première annonce, tu n’as pas encore plus de précision ?

A : Alors non. Il faut savoir que nous, dans l’industrie du festival, on ne fait pas de rétro planning. On ne peut pas dire "Dans un mois et dix jours, à telle date, on dévoilera ça". On travaille toujours avec une espèce d’insight, en disant qu’il faut être prêt, et la date tombe dans des délais très courts. Donc en l’occurrence, on a fait une estimation à la mi-novembre, mais on n’a pas de date. On me dira peut-être le 15 "C’est bon, on peut annoncer, on fait ça dans trois jours !" Mais il n’y a pas de rétro planning, et beaucoup de gens ne comprennent pas pourquoi on fonctionne comme ça. Il peut se passer plein de choses. Il peut y avoir un groupe qui demande de ne finalement pas annoncer, qui peut ne plus donner son autorisation, ou même annuler. Donc c’est pour ça qu’il faut toujours se prémunir de ça.

Des indices sur le contenu de cette première annonce, peut-être ? Même si j’imagine ta réponse ! [rires]

A : [rires] Eh bien écoute, ça sera un très bon line-up, je suis plutôt content. Alors attention, j’ai pas eu l’œil sur toute la programmation, j’ai vu que les premières ébauches, et ça m’a bien chatouillé. J’ai trouvé que sur les programmations Altar et Temple, il y avait de belles choses. Tu le sais, il y a pas mal de gens qui se sont un peu sentis perdus sous ces tentes, et là il va y avoir de belles surprises. Avec des exclusivités, et je pense que ça va faire parler.

On parlait tout à l’heure de la fuite organisée concernant la venue de System au Download, il y a aussi souvent Francis Zégut qui révèle quelques bruits de couloir sur la programmation du Hellfest. Comment c’est perçu par l’équipe du festival ?

A : Bah déjà, je me demande comment il fait ce monsieur ! [rires] Il est très gentil, et il faut savoir qu’il joue un personnage. Il fait beaucoup de spéculation, il a ce flair qui lui permet de se dire "Machin va tourner, et là il y a un trou donc ça devrait coller". Il spécule comme à la Bourse. Et il faut savoir qu’il a pas toujours fait mouche, mais forcément, comme on accueille 160 groupes, quand il sort une liste, il y en a forcément qui tombent juste. Il doit avoir aussi quelques contacts, et un peu de pifomètre, et ça tombe juste, ce qui lui permet de jouer sur son personnage. Nous on accepte le truc, de toute façon on travaille aussi avec RTL2, et ce monsieur Zégut, c’est quand même une personne respectée. Même s’il est sur RTL2 qui est une radio pop/rock, c’est quand même une personne respectée de notre public. Maintenant il faut savoir une chose, c’est que nous ça nous gêne, parce que par exemple, s’il annonce un groupe au Hellfest… Si c’est vrai, ça peut faire des déçus, si c’est vrai et que le groupe annule, ça fait des déçus, si c’est faux ça fait des faux espoirs et des déçus, donc c’est toujours des déçus. Mais bon, tu sais, dans toutes ces annonces – lui est gérant d’une émission – c’est la guerre aux clics, comme sur tous les médias. Il y a donc l’intérêt de capturer de l’audience. Si ce n’était pas lui, quelqu’un d’autre le ferait. Moi, ça me fait un peu chier, mais comme c’est un personnage, on l’accepte.

C’est vrai que ça fait un peu de pub au festival, mais c’est à double tranchant…

A : Oui, complètement. Après, lui il s’en moque, et ça ne nous empêche pas d’inviter monsieur Zégut au Hellfest. Et même si on lui demander d’arrêter de dévoiler des groupes, il fait ce qu’il veut, et je pense qu’on a rien à lui apprendre. C’est pas moi, du haut de mes 36 ans, qui vais lui apprendre la vie du rock, c’est clair et net.

Une interview au sujet du Hellfest n’en serait pas vraiment une sans le mot en M… Tu vois de quoi je parle ? [rires]

A : [il éclate de rire] Je sais pas, mois de mai ? Mythologie ? Tarte aux mûres ? [rires] Bon j’imagine que tu veux dire Metallica, bien sûr !

Voilà. Je pense qu’il est clair que ce ne sera pas pour cette année vu que le groupe ne viendra pas en Europe avant l’automne, mais c’est un de vos objectifs pour 2018 ? Ou bien il faut que les fans oublient ce fantasme définitivement parce que c’est trop cher ?

A : Il est encore un peu trop tôt pour le dire. Et puis oui, c’est une question de budget, et c’est donc plutôt Benjamin qui pourra voir si on peut se permettre de prendre ce genre de groupe. Metallica, ils font 60000 personnes à eux tous seuls. Et d’ailleurs, si tu annonces un Metallica au Hellfest, tous les fans prendront leurs billets, et même les gens qui ne viennent d’habitude pas au Hellfest viendront quand même. Donc c’est pour ça que le procédé d’ouvrir cette billetterie à l’aveuglette, ça pourrait récompenser les festivaliers et non pas les fans de Metallica. Evidemment, c’est un groupe qu’on aimerait avoir, mais ça va forcément être une petite guerre entre les festivals pour savoir qui l’aura. Est-ce qu’ils accepteraient de tout faire ? Est-ce qu’ils voudront tout simplement faire des festivals ? Parce que c’est plutôt dans leur intérêt de faire des stades… Et tu sais, quand on a eu Maiden, c’était pas la première année qu’on les voulait, ça a été des années de négociation. Mais j’espère vraiment qu’on pourra un jour avoir Metallica au Hellfest. Mais si c’est pour chambouler toute notre programmation ou notre concept, ou supprimer 50 groupes, c’est non.

Encore merci pour ton temps Alexxx, je te laisse le mot de la fin.

A : Eh bien je suis content d’avoir pu prendre le temps d’expliquer toutes ces choses, parce que beaucoup de gens ne comprennent pas forcément nos démarches. On parle de stratégie par exemple, mais il faut se mettre à la place des organisateurs. Et on remercie pour ça ceux qui nous suivent et qui nous ont soutenus, par exemple avec ce record de la billetterie cette année, et maintenant la pression repose sur nos épaules, c’est à nous d’être dignes de cette confiance. A nous de travailler pour émerveiller les gens, et de faire le maximum pour que les gens ne regrettent pas de nous avoir fait confiance. La balle est dans notre camp, et on a huit mois pour avancer.






La Grosse Radio Metal tient à remercier Replica Promotion pour avoir permis cette interview.

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