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Blaze Bayley, entretien sur son album Russian Holiday


En 2014, Blaze Bayley s'apprête à fêter ses 30 ans de carrière. Au fil d'une histoire ayant connu des très-hauts et des très-bas, le chanteur Anglais n'a cessé de se démener pour proposer quelque chose de toujours plus authentique, tout en privilégiant un contact accru avec ses fans. Si beaucoup ne voient que les fastes liés à la période Iron Maiden, l'artiste a cependant toujours gardé une profonde clairvoyance sur sa vie de musicien et d'homme. Interview à coeur ouvert avec un grand Monsieur.



Cher Bayley, tu viens de sortir un tout nouveau disque intitulé Russian Holiday. C’est un album acoustique, dans lequel tu reprends quelques uns de tes anciens titres notamment. J’ai remarqué qu’il avait un ton assez dark et mélancolique. Les paroles et les émotions y sont par ailleurs assez intenses. Peux-tu m’en parler ?

Blaze Bayley : Je voulais réaliser un album dans lequel j’utiliserais de la guitare classique, car j’aime comment la voix sonne lorsqu’elle est combinée à cette dernière. Beaucoup de mes chansons sont dark en effet, car je souffre depuis plusieurs années de dépression chronique. J’aime explorer mes humeurs à travers ma musique, mes paroles. Il y a pas mal de chansons que je voulais tenter d’interpréter à nouveau, comme « Soundtrack Of My Life » par exemple, car je pense que ma voix a gagné en nuances et en couleurs ces dernières années. Même pour l’auditeur pour qui l’anglais ne serait pas la première langue, je pense que le message passe : je me suis efforcé de trouver une autre manière de communiquer qu’avec les mots, simplement avec les émotions, le ressenti. Ce disque a été une superbe opportunité de revenir sur ces chansons quelques années plus tard, avec du recul et ainsi, une nouvelle perspective. J’aime beaucoup les jouer live, et je me sens vraiment connecté au public. C’est un sentiment très gratifiant. Les thèmes en sont communs à tous les êtres humains, et c’est merveilleux de savoir que beaucoup s’identifient à ce que j’écris : la perte d’un être cher, la déception, le fait de chercher un sens à ta vie. Ca y ajoute d’ailleurs un sens, plutôt que d’entrevoir la possibilité terrifiante que cette dernière ne soit en réalité qu’un capharnaüm géant à travers lequel tu erres. Il n’y a que toi, qui en reliant les points autour de toi, puisses y donner un sens. Ce sont des sujets qui m’intriguent, et j’aime me pencher dessus. Comme avec « Stealing Time » par exemple : j’ai la profonde conviction que nous sommes tous reliés, beaucoup de choses tendent à prouver que cette croyance est fondée, bien que la science ne l’ai pas validée à ce jour.


Pour moi cela paraît évident. Et je pense que tu n’as pas besoin d’attendre que la science valide cette théorie. Tu le ressens et ça suffit amplement, non ?

Bayley : Le fait de travailler avec la musique te donne cette conviction profonde, en effet. La science dit qu’il existe des vibrations dans l’univers, et que toutes sont à des taux différents. La lumière est une vibration par exemple, tout comme n’importe quoi de solide également, ou tout comme la musique aussi. Tu émets des vibrations en jouant de la musique, en projetant ta voix dans l’air, et je crois que le fait de bosser sur de la musique acoustique te fait entrevoir encore mieux ce concept. J’ai reçu des commentaires qui m’ont fait chaud au cœur, de la part de fans, qui me disent qu’ils ont quitté la pièce après un de nos concerts acoustiques et en ont complètement oublié qu’il n’y avait pas de full band, tant ils étaient immergés dans la performance.


En effet, vos versions en acoustique m’ont subjuguée : j’écoutais « Sign Of The Cross » dont je connaissais très bien la version avec Iron Maiden, et là j’ai été étonnée d’entendre à quel point vous avez réussi à produire quelque chose de massif et d’intense à partir de trois instruments seulement (guitare, violon, voix).

Thomas Zwijsen : Je lisais un article, l’autre jour, dans un magazine, et le gars disait « oh c’est intéressant l’usage de ces deux guitares ! ». Mais en réalité je fais tout sur une guitare !


Oui, ce matin je suis allée faire un tour sur ton site internet, et j’ai lancé la vidéo de ta reprise de « The Evil That Men Do » pendant que je me maquillais. Alors je me dis « ah c’est sympa ce qu’il fait avec ces deux guitares superposées le type », puis je retourne voir la vidéo et là je me rend compte que tu fais tout sur une guitare en fait !


Thomas : Viens au show de demain et je te prouverais que je fais tout sur une guitare !
 

Bayley & Thomas



Justement Thomas, profites-en pour nous conter comment tu en es arrivé à travailler avec Bayley. D’où sors-tu ?

Thomas : le premier enregistrement que nous ayons réalisé ensemble Bayley et moi était sur ma reprise de « The Clansman », pour laquelle il était venu chanter en guest très spécial. Bayley était en concert tout près de mon fief, à Anvers en Belgique, et je suis allé le voir. « Fuck, il s’agit de Blaze Bayley quand même ! » je me suis dit. Il se trouve que je n’avais intégré aucune chanson de l’ère Blaze Bayley sur mon disque encore, alors je me suis dit que ça pouvait être une super opportunité. Il est ainsi venu et nous avons enregistré cela en studio. Puis nous avions un peu de temps devant nous pour nous atteler à « Soundtrack Of My Life » aussi, et un peu plus tard nous avons bossé ensemble sur The King Of Metal (Blaze Bayley, 2012). Nous avons aussi réalisé une mini-tournée acoustique au Royaume-Uni. Nous avons tellement apprécié l’expérience, que nous avons décidé de la réitérer, tout simplement.


Une nouvelle qui m’a comblée de joie récemment, est la reformation du groupe Wolfsbane (excellent groupe de hard rock dans lequel Bayley officiait de 1984 jusqu’à son intégration dans Iron Maiden en 1994, puis fort heureusement reformé depuis 2010).

Bayley : Oui j’en suis heureux aussi. Nous avons sorti un album l’année dernière, intitulé Wolfsbane Saves The World (ndlr : dans mon top 10 de la rédaction de LGRM pour 2012 !). Une quinzaine d’années se sont écoulées depuis notre split, et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis. Je donnais un concert il y a quelques années à Tamworth, notre ville d’origine, et ai contacté Jase (guitare), Jeff (basse) et Steve (batterie) afin qu’ils viennent jammer avec moi sur scène à cette occasion. Nous étions restés en étroite collaboration avec Jase (Edwards, guitare donc) puisqu’il était l’ingénieur du son sur mes albums The Man Who Would Not Die (2008) et Promise & Terror (2010). Nous avions chacun des tas d’idées de côté à cette époque-là, particulièrement Jeff (Hateley, bassiste) qui m’a tendu quelques paroles en me disant « ah j’ai quelques super idées de paroles, tu veux t’occuper d’y greffer une suite ? », et il se trouve que j’ai essayé et que ça fonctionnait très bien comme ça. Tout s’est incroyablement bien goupillé, et un de nos amis, fan du groupe depuis longtemps, est venu nous trouver un jour en nous disant qu’il avait un peu de sous de côté et était disposé à nous aider ainsi à financer notre disque. Alors nous avons saisi l’opportunité, avons ouvert pour le groupe Saxon, et avons également donné notre premier show en tête d’affiche à Londres il y a environ deux ans. Il était sold out ! Et c’était tellement cool, vraiment … Tout le monde connaissait les paroles par cœur, c’était dingue. Je suis un homme très occupé, mais j’essaye vraiment de faire de la place dans mon planning en faveur de Wolfsbane car j’apprécie tout simplement ce que je fais avec eux. Avec un peu de chance nous viendrons bientôt jouer à Paris ! Je sais que le public français comprend tout à fait notre démarche : ce groupe de rock’n’roll un peu punk dans l’esprit, qui te dit « vis ta vie, et sois simplement heureux d’être là », qui est exubérant et qui joue fort, qui ne cherche pas à être compliqué mais qui possède tout de même une certaine profondeur. Les fans français comprennent tout simplement cela, et ça leur parle. C’est dans votre culture je crois.
 



Tu as fait tellement de choses tout au long de ta carrière… Si je te demandais de regarder en arrière, et de me la résumer, que me dirais-tu ? J’ai l’impression que c’est un peu le constat de Russian Holiday quelque part, non ?

Bayley : Ma carrière a été une bataille jusque là, une tentative d’écrire les meilleures chansons que je puisse écrire. Des fois j’ai l’impression de m’en être approché, mais c’est un éternel effort. Lorsque j’ai commencé à jouer de la musique, je l’ai fait car j’avais envie de chanter, de me produire en live. Telle était ma motivation. La renommée n’a jamais fait partie de mes objectifs. C’est plaisant d’être reconnu, mais ça s’arrête là. C’est aussi agréable qu’un bon verre de vin, et quand c’est parti, c’est parti. Si tu as un corps de travail qui possède un certain degré d’intégrité, alors c'est cela qui perdure.


Je crois vraiment que tu ne peux pas tromper les gens. L’auditoire apprécie un artiste car il sent que celui-ci est sincère, point final. Et ça va bien au-delà d’une question de mode.

Bayley : Je suis totalement à contre-courant je crois. La mode ne me connaît pas. En fait, le problème est que je cours même le risque d’en devenir à la mode par là-même ! C’est marrant… Je suis un chanteur de heavy metal que personne ne connaît, très peu ont entendu parler de moi, et encore moins sont venus à mes concerts un jour. Sur une échelle mondiale, je suis microscopique. Mais : j’ai la chance extraordinaire d’avoir les fans les plus incroyablement loyaux qui soient, qui me supportent directement, moi et ma maison de disque perso (Blaze Bayley Recordings). Lorsqu’un fan achète mon disque, cet argent vient directement à moi, paye mon loyer et me permet de mettre un peu de côté afin de financer mon prochain disque. C’est aussi simple que ça. Je peux me targuer d’être le bénéficiaire immédiat de l’argent généré par le public qui me suit. Pas de maison de disques, pas de management, juste moi. Nous avons ainsi une relation très intime et très vraie.


Oui mais tu as touché le point central, à mon sens. Tu es un outcast complet, et tant mieux. Toi aussi Thomas, tu es un peu un OVNI dans le paysage musical non ?

Thomas : Je sors de l’école classique, mais aussi latin jazz et flamenco. Si je devais choisir une guitare à emmener avec moi partout, alors ce serait une guitare classique. Bien que mes influences soient à situer plutôt du côté de groupes comme Iron Maiden, Dream Theater et Helloween. Tu peux tout jouer sur une guitare classique, et la collision des deux mondes est assez intéressante. Quand je jouais de la musique classique, l’audience avait entre 60 et 70 ans, et je me disais souvent « mince, dans 20 ans il n’y a plus personne. Il faut du sang neuf » alors je pense que ma manière de faire peut être une chose novatrice. Iron Maiden est mon groupe préféré de tous  temps, et avec mon disque je pense pouvoir attirer les deux public, ce qui est cool.
 

Jase, Steve, Bayley & Jeff - Wolfsbane



Comment en êtes-vous venus à l’idée de Russian Holiday alors ?

Bayley : En fait, Thomas avait eu l’idée de réarranger « Soundtrack Of My Life » en version classique, et me l’a proposé un jour. Nous avons essayé de voir ensemble ce que ça donnerait, et il se trouve que ça fonctionnait à merveille. Cette version ‘dépouillée’ a réussi le pari inattendu de capturer l’essence de la chanson. Nous avons posté une vidéo sur Youtube, et nous reçu une kyrielle de commentaires positifs. C’est vraiment le point de départ. Le feeling du chant, et la dynamique de sa coordination avec la guitare, les deux étant à armes égales, était une tellement bonne surprise…

Thomas : C’est la raison pour laquelle j’aime la guitare classique, précisément : la dynamique, mais surtout le réalisme. Il n’y a pas de trucage avec celle-ci, et tu peux jouer sans micros également. On pourrait même jouer là tout de suite. C’est une forme pure.

Bayley : Tu es également très exposé. Tu ne peux pas te cacher derrière le kit de batterie, tu es là et tes qualités sont révélées au carbone. Pas de subterfuge possible, c’est l’endroit le plus effrayant qui soit je crois... Un soir sur « Meant To Be », une chanson concernant le fait d’affronter sa propre réalité, de ne pas accepter ce que le monde veut t’imposer, un micro a cassé et j’ai dû continuer tout seul. Nous avons tous, public y compris, tilté sur le fait que c’était ça la réalité de la musique en fait.


Tu es un self-made man et un insoumis, à l’image de la chanson « The Clansman » justement. Quel conseil donnerais-tu aux jeunes musiciens qui démarrent à l’heure actuelle ?

Bayley : Il faut être fou pour faire ce que j’ai fait dans ma vie jusque-là. Je n’ai jamais fait un penny, vraiment. Au contraire, je n’ai fait que taxer mes amis, leur emprunter sans arrêt. J’ai écrit des chansons tout simplement parce que je croyais en elles, des chansons que je pourrais avoir le courage de chanter en live, dont je serais fier, et dont je chanterais les paroles avec une vraie intention. Je ne sais pas si c’est approprié pour moi de donner des conseils… J’ai échoué autant que j’ai réussi, je suis tombé autant que j’ai connu mes heures de gloire, j’ai été aussi fauché que riche. Simplement, j’ai toujours eu la chance d’avoir des gens autour de moi pour me lever. J’ai tenté d’être moi-même dans ma musique, de donner toujours un peu plus de ma personne. Et j’ai fini par réaliser que nous sommes tous pareils. Etre connu ne te rend pas plus important que qui que ce soit d’autre. Nous sommes tous pareils, et valons tous la même chose. Etre chanteur ne te rend pas plus important qu’un autre. Mais : si tu es honnête, et que tu t’efforces de retranscrire avec la plus grande clarté les évènements qui t’arrivent, alors peut-être que tu as réussi quelque chose. Ecrire quelque chose qui touche quelqu’un, qui te connecte à ce quelqu’un, est une bonne réalisation. Le seul conseil que je puisse me permettre de donner à quelqu’un qui commence dans la musique serait : choisi ton groupe et les gens qui t’entourent, plus en fonction du fait que tu t’entendes bien avec eux, que du fait que ce soit de bons musiciens avant tout. Tout le monde peut apprendre à jouer à un certain standard, mais s’entendre tous ensemble est une chose bien plus subtile. Si tes partenaires musicaux aiment des choses différentes, par exemple l’un aime le jazz, l’autre la musique classique, alors embrasse ces différences et efforce-toi de trouver l’identité commune à vous tous. C’est ça un groupe. 
 

Thomas, votre serviteur & Bayley



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Blaze Bayley, The King of Metal, Iron Maiden, Silicon Messiah, X Factor, Virtual XI, heavy metal, légende Blaze Bayley - The King of Metal
26/04/2012 - Oh, bah qu'est-ce qu'il nous a fait là, le père Blaze?! Ce n'est pas vraiment avec cette dernière offrande en effet que l'ex-Maiden (3ème chanteur historique de la formation anglaise, faut-il encore le rappeler?) va se faire encore des amis... Un ...
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Blaze Bayley (de son vrai nom Bayley Alexander Cooke), né le 29 mai 1963 à Birmingham (Angleterre), est un chanteur et parolier de Heavy Metal. Après avoir été ...
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