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Devin Townsend Project (+ Periphery et Shining) à la Cigale (05.03.2015)

C'est une interminable file d'attente de 150 à 200 mètres qui nous accueille devant la Cigale, une heure avant le début des hostilités. Les fans sont venus en masse et de partout : les T-shirts à l'effigie des Ziltoidiens sont légion et on entend parler français aussi bien qu'anglais ou encore polonais.

Une fois a l'intérieur, on se retrouve face à une scène très chargée en matériel : trois batteries dont celle de Devin Townsend Project, imposante et drapée, et tout un tas de processeurs et ordinateurs sous Live nécessaires au bon déroulement d'une soirée aux côtés des groupes programmés. La scène est encadrée par deux écrans à LED qui permettront sans aucun doute au groupe de Devin Townsend d'afficher les univers décalés qui lui sont chers.


Shining
 

Il est 18h50 quand la Cigale est plongée soudainement dans le noir. Les musiciens norvégiens de Shining - à ne pas confondre avec leurs homonymes suédois - entrent en scène. Le frontman Jørgen Munkeby se fend d'un "Bonjour les amis !" avant de lancer la machine sans plus de fioritures. Ce qui frappe tout de suite, c'est la qualité globale de la balance : chaque élément est à sa place et clairement audible, malgré la complexité des arrangements. Tandis que la section guitare rythmique-basse-batterie assène ses plans jazz-metal, le frontman jongle entre chant clair et saturé, tous deux très maîtrisés et percutants, tout en jouant tantôt de la guitare lead, tantôt du saxophone.



Le groupe joue beaucoup avec les contrastes, et n'hésite pas à se faire succéder de façon déconcertante un riff très pop-rock anglais et un solo de saxophone très dubstep, séparés par un pont dominé par les blasts du batteur Torstein Lofthu. Plus discret, le claviériste Bernt Moen apporte des nappes qui posent toute l'ambiance des morceaux.
Après deux premiers titres, le groupe est salué par les cris de la foule, bien plus que ce à quoi ont habituellement droit les premières parties.
 


 

Les Norvégiens repartent de plus belle avec des structures alambiquées et des arythmies complexes pourtant exécutées à la perfection. Si le frontman semble occuper toute la scène et l'attention du public, le guitariste Even Helte Hermansen n'est pas en reste et communique avec les premiers rangs.
Le point culminant de cette prestation sera une reprise du morceau "21st Century Schizoid Man" de King Crimson. S'attaquer à un tel monstre est dangereux, mais Shining magnifie la composition en y amenant sa touche très particulière, le tout sous un show lumière très dynamique du plus bel effet. La basse de Tor Egil Kreken est bien mise en avant sur les longues échappées instrumentales, et on ne peut qu'être impressionnés par la précision d'exécution des parties très complexes de chaque musicien. Après une trentaine de minutes de set, Shining se retire et vient de se hisser dans notre liste des groupes à ne pas manquer lors du prochain Hellfest !


Periphery
 

A tout juste 19h45, la salle est à nouveau plongée dans le noir, et une intro d'ambiance très sourde et grave retentit. Les choses s'animent à coup de caisse claire militaire, accompagnée de guitares tranchantes et des flashs des stroboscopes. Le morceau se lance et le chanteur Spencer Sotelo apparaît, avec une voix à mi-chemin entre ce que l'on trouve chez Bullet For My Valentine ou encore Rise To Remain. On note un petit abus des effets de delay pour masquer certaines imperfections lors des parties chantées.
 


Malheureusement le son est bien moins bon que lors du set de Shining : la voix est noyée dès que les lignes de chant descendent dans les médiums. A la décharge de l'ingénieur du son, le groupe compte trois guitaristes. Alors certes, c'est le cas de groupes comme Lynyrd Skynyrd ou Iron Maiden, qui ont le même effectif et ont par le passé eu un très bon son live, mais avec le niveau de saturation utilisé par Periphery, c'est une autre paire de manches. D'autant plus qu'avec des guitares à sept ou huit cordes et une basse à cinq, ce sont au total 27 cordes qui vibrent en permanence sur scène !



Le résultat est toutefois bien dynamique, même si l'on regrettera l'attitude trop statique des musiciens - chanteur mis à part - qui headbanguent par instants de façon un peu forcée. Certains vont même jusqu'à aller boire ou s'éponger le visage pendant les morceaux, en lâchant littéralement leur instrument ! Le batteur Matt Halpern est quant à lui remarquable, par sa précision dans des motifs pourtant techniques, et par son bon jeu de scène.
On remarque avec plaisir quelques passages plus éthérés et atmosphériques bien pensés.
L'intro du second titre est accidentellement coupée par un souci technique et casse un peu la dynamique. Malheureusement, les interludes suivants seront tout aussi laborieux : le même type d'intro lente et grave est repris à chaque fois, tandis que les musiciens règlent leurs montagnes d'effets et processeurs respectives. Au final, ces triturages de potards n'impactent que peu les sonorités perçues dans la salle et ne font qu'ajouter un aspect décousu à la prestation. Plusieurs "poc !" désagréables sont également à déplorer lors des changements d'instruments, ce qui est assez peu professionnel.

Il faut attendre le cinquième titre, "22 Faces", pour voir le public se réveiller et les têtes se balancer : le titre remue bien et engendre les premiers pogos de la soirée dans la fosse. Un premier solo bien propre met également en avant la technique des guitaristes.
 


Le public se sera donc réveillé peu à peu au fil de ce set de 40 minutes qui laisse une impression mitigée : de bonnes compositions mais une prestation qui dénote un certain manque d'expérience sur scène ou même parfois un manque d'envie de la part des musiciens. Mettons ça sur le compte du manque de rodage, cette date parisienne étant la première de la tournée !

Setlist :

Icarus Lives!
Make Total Destroy
The Scourge
Psychosphere
22 Faces
Ji
Alpha
Graveless


Devin Townsend Project


Tandis que la salle est pleine à craquer de fans impatients, et que les roadies s'affairent sur scène, les deux écrans à LED s'allument pour distraire le public : quelle excellente idée ! On a alors droit à un certains nombres d'images détournées à l'effigie de Devin Townsend : il apparaît ainsi dans plusieurs situations, dont Star Wars, Gollum, les Dents de la Mer, la Joconde, Alien, la Naissance de Vénus... Le public rit de bon cœur a l'apparition de chaque nouveau visuel cocasse, et un Ziltoidien apparaît maintenant à l'écran, dialoguant avec le public dans une sorte de briefing. Ceci rend l'attente bien plus agréable, et lorsque les lumières s'éteignent, on a vraiment pas vu passer les vingt minutes de changement de plateau.




Des battements de coeur retentissent dans la Cigale, et les musiciens entrent en scène, suivis par Devin Townsend, guitare aux ouïes lumineuses rouges à la main. Une énorme clameur envahit la salle, et le Canadien tout sourire interroge le public du regard. Cette ovation dure un temps et le premier morceau lancé, "Truth", met directement tout le monde dans l’ambiance . Si la voix est un peu effacée pendant les premières secondes, tout rentre vite dans l’ordre et la folie s’empare de l’ancien théâtre. Le guitariste s’agenouille au bord de la scène pendant son premier solo, pour le plus grand bonheur des photographes.




Le second titre, "Fallout", est joué pour la première fois en live, ce qui sera également le cas de "Night", interprété un peu plus tard dans le set. Les deux morceaux franchissent sans encombre l’épreuve du live, et récoltent les suffrages du public. Après deux titres, Devin Townsend prend la parole et remercie chacun d’être là. Il explique également en plaisantant qu’il s’agit du premier concert de la tournée, et qu’il construit en quelque sort le set au feeling, titre après titre.

En début de set, on voit peu à peu la gauche de la scène faiblir : au pied de la batterie, une lyre lumineuse se bloque et n’émet plus de faisceau. Quelques minutes plus tard, c’est au tour de l’écran géant gauche de s’éteindre complètement. Ainsi pendant plusieurs morceaux, la moitié de la scène semble bien terne, tandis que les roadies s’agitent en arrière-scène pour régler le problème. Bien heureusement, le souci technique ne durera guère que le temps de deux ou trois morceaux, et l’énergie déployée par la formation l’effacera de l’esprit de chaque spectateur.

Le matériel d’éclairage à peine remis de ses problèmes, il est mis en avant sur le titre "Storm" que Townsend explique avoir écrit pour sa douce. Le titre est superbement mis en scène, avec des vidéos planantes de la surface du globe, des ciels paradisiaques, accordés aux lumières projetées sur scène. Un beau spectacle qui enchante autant les yeux que les oreilles.



Le bloc central du concert, constitué de "Hyperdrive", "Rejoice", "Addicted ! " et "March Of The Poozers" enfonce le clou et retourne la salle. Les quatre morceaux remuent comme jamais, et entrainent de jolis mouvements dans le centre de la fosse. Le public n’est pas en reste et s’époumone sur les refrains, que Devin Townsend chante d’une voix claire très maîtrisée et maintenant parfaitement intégrée au mix. Le guitariste rythmique se fend d’un solo plutôt bien senti pendant "Addicted!", au cours duquel il s’amuse avec des dissonances très intéressantes et surprenantes. "March Of The Poozers" et ses vidéos de robots au pas est un bel instant également, particulièrement lors de l’interruption du morceau par un décompte vidéo que l’assemblée entonne à tue-tête.

A partir de ce moment, le set se calme un peu et explore des facettes moins excitées du répertoire de la formation. Après avoir entraîné l’auditoire à lever les mains selon la tradition du « jazz hands » sur les refrains de "Lucky Animals", Townsend nous entraîne sur un terrain proche du boogie rock avec "Heatwave". Ce temps mort permet à tout un chacun de reprendre son souffle, sans pour autant perdre le rythme effréné du concert.



A la fin de "Christeen", le guitariste canadien et sa troupe reçoivent une impressionnante ovation, prise avec le sourire par le frontman. Il explique qu’il devrait à présent se retirer en coulisses avant un éventuel rappel, ce que font les autres membres du groupe. Devin Townsend, quant à lui, annonce qu'il est trop bien sur scène et va rester à nos côtés, pour nous offrir encore quelques morceaux... sans savoir lesquels !
Le guitariste s'excuse non sans humour de, selon lui, son manque de professionnalisme et entame une intro planante à base d'harmoniques, débouchant sur le titre "Ih-Ah!" joué seul sur scène, accompagné par la foule. Le morceau n'était apparement pas censé être joué en solo, et est entrecoupé d'interventions du musicien, qui explique qu'il doit trouver quels accords jouer, se plante, ré-essaie, s'excuse, et demande avec malice un peu de silence pour se concentrer.
 


Après ce bon moment intimiste, toute la troupe réapparaît sur scène, pour remettre le feu une dernière fois avec le sauvage "Kingdom", au grand bonheur des fans qui s'agitent dans tous les sens.
Devin Townsend Project quitte la Cigale sous les applaudissements du public, qui reste persuadé qu'un "vrai" rappel aura lieu. Si Devin Townsend revient sur la scène, c'est seulement pour distribuer quelques mediators aux premiers rangs, et pas pour prolonger le court set d'une heure et quart.

Au final, si l'on oublie la sensation légèrement amère d'avoir assisté à un show trop bref, la soirée est un quasi sans-faute pour Devin Townsend et ses comparses. L'univers déjanté de l'artiste canadien est très bien retranscrit sur scène, et l'énergie est bien là, ce que le public a compris et apprécie à sa juste valeur.
 

Setlist :

Truth
Fallout
Namaste
Night
Storm
Hyperdrive
Rejoice
Addicted!
March of the Poozers
Lucky Animals
Heatwave
Life
Christeen


Rappel :

Ih-Ah!
Kingdom

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