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Vanishing Twin - Choose You Own Adventure


Choose You Own Adventure est le premier album du groupe Vanishing Twin, créé par la chanteuse Cathy Lucas et dont le nom, nous dit-on, se trouve être un reliquat de l’expérience intra-utérine de sa fondatrice lorsque, à l’an 0 de son existence, elle absorba sa sœur jumelle à l’intérieur du ventre maternel, s’octroyant ainsi toute son énergie vitale et sa personnalité. Bon, en réalité on nous dit simplement que le fœtus « a été absorbé » sans plus de précisions, mais j’aime à croire que c’est Cathy Lucas qui l’a fait.



Ce qui, soit dit en passant, n’est pas si déraisonnable à l’écoute de l’album. En ouverture, après une introduction vocale angélique, c’est une ligne de basse furieuse qui s’impose, bâtie sur la répétition d’un même motif, prompt à déclencher la transe, et entourée d’une rythmique chargée d’un dynamisme tribal du meilleur goût. Au groove, immédiatement dansant, s’oppose rapidement  le paisible du chant ; le tout crée une schizophrénie auditive parfaitement hypnotisante, qui n’en sera que renforcée par le clip, mi-grotesque, mi-transcendant – dualité, toujours, qui nous poursuivra jusqu’à la fin de l’album.






C’est que la ligne directrice du groupe semble méticuleusement définie, réfléchie (trop ?). En témoigne la cohérence de l’esthétique développée, un modèle de soin : les sons se marient très bien avec cette imagerie d’influence surréaliste que la vidéo de "Vanishing Twin Syndrome" nous propose, rigoureusement actuelle (enfin correspondant rigoureusement à la période passée que l’actualité choisit de remettre à jour, ici cette école Terry-Gillianesque que l’on pouvait récemment observer chez King Gizzard and the Lizard Wizard, par exemple). C’est Elliott Arndt, flûtiste et percussionniste du groupe, qui se charge avec brio de l’aspect visuel du groupe, réalisation des clips comprise.


Ce clip en question, par ailleurs, ampute tristement le morceau de quatre grosses minutes d’outro-transe chamanique de grande qualité, probablement pour coller à un format plus « radiophonique » ; un manque de radicalisme frustrant pour l’auditeur maniaque attaché à la séparation nette entre les mondes de la musique, et du marché. Simplement parce qu'il vient un moment où il faut choisir : soit "Vanishing Twin Syndrome" est un morceau de huit minutes, soit on a affaire à deux morceaux de quatre minutes et dans ce cas, j’aimerais bien connaître le titre du deuxième. Et qu’on découpe cette partie pour en faire une piste à part entière. A moins que ça ne soit un extrait d’un statut différent, ajouté un peu à la rasbail et dont les membres du groupe auraient décidé d’un commun accord qu’il ne s’agissait que d’une quelconque esbroufe sans autre intérêt que celui de leur permettre de dire « eh regardez, on a même des morceaux de huit minutes, comme les vrais ! » et ne méritant pas d’être clipé – et ça, ça n’est pas très gentil. 

En attendant, alors que ce petit appendice sonore nous reste entre les mains sans que l’on ne sache trop comment l’appréhender, nous ne pouvons faire que le constat de la soumission du groupe au modèle de consommation rapide de la musique type fast-food qui dégrade l’œuvre, et qui justifierait presque la façon humiliante qu’ont les enseignants-chercheurs en musicologie de poser leurs petits yeux de serpent pleins de mépris sur nous, les rockeurs-bouseux qui considérons que notre musique n’est pas œuvre mais produit, et que ces produits ne valent pas mieux qu’une bête table dont on rabote les pieds quand elle est trop haute, ou à laquelle on ajoute une rallonge quand tatie vient manger à la maison ; et la menuiserie, ça n’est pas de l’art, c’est de l’artisanat. Ainsi Vanishing Twin, rabotant les pieds de sa chanson en allégeance à des préceptes mercantiles, n’est rien d’autre qu’un groupe d’artisans, fabriquant des tables musicales pliantes, sacrément commodes, mais sacrément triviales.


Vanishing Twin, Choose Your Own Adventure, psyché, syndrome


Si l’on ne peut pas accuser Choose You Own Adventure de pécher par manque de diversité, puisque les tempos, les intensités et les genres varient habilement, on trouvera tout de même quelques éléments récurrents, affirmant la correspondance entre elles des pièces du mobilier : la hiérarchie instrumentale, principalement, est originale et bien marquée. La basse semble être à la base de la composition, assez en avant, et faisant preuve d’une autorité sûre. Le motif qu’elle propose, répété à foison, sert souvent de socle autour duquel des ambiances posées sont assemblées, composées de percussions discrètes, de synthétiseurs et d’une multitude de sons non identifiables qui viennent nous lécher les tympans comme le pinceau sur le bois. Et nous sommes bien obligés d’admettre que le bois, boit : on se laisse peinturlurer, docilement allongés sur le sol en attendant que ça ait bien imprégné.  La douceur est à l’honneur, à l’image de "Truth is Boring", où le batteur n’a apparemment eu le droit de jouer que de la charley. La voix de Cathy Lucas vient enrober le tout, comme un vernis brillant, sans manifester de véritable intention de s’imposer, simplement pour ajouter sa touche colorée à l’ensemble.





Comme les Vanishing Twin sont habiles, aucun instant d’ennui ne nous est concédé ; toute une gamme d’influences nous est proposée, du pur rock psychédélique à la bonne pop froide et synthétique, en passant par des instants jazzy-musique du monde. Notre bonne attention est donc réveillée régulièrement : nous sortons d’une rêverie pour nous consacrer à une autre rêverie, d’un genre nouveau mais tout aussi confortable.


Voilà mon grand ; bon, on en aura fait beaucoup avec cette histoire de tables, j’ai peut-être été un peu dur ; j’arrête, j’arrête. Mais c’était pour ton bien, tu vois ; il faut se rendre compte, qu’au fond, cette histoire de minutes coupées, c’est tout bêtement de la censure ; un genre dissimulé, vicieux, de censure qui n’en est que plus dangereuse, puisqu’on ne sait dire d’où elle vient : label, réalisateur, groupe lui-même ? Quoi qu’il en soit, c’est sur ce genre d’écueils que s’émousse notre enthousiasme, qui aurait pu être, avec des idéaux un peu plus affirmés, autrement plus débordant au vu de la qualité, absolument indiscutable, de la table.


30/09/2016 - Soundway Records
Crédits photo : Anders Birger

Note de la rédaction :
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8 / 10
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