Binic Folks Blues Festival 2025 : Jour 2

C’est sous la pluie que débute cette 2ème journée ; pluie qui ne découragera pas pour autant le public et laissera même place au soleil assez rapidement.

 

Left Lane Cruiser

C’est le duo de « Blunk » (comprenez par-là, mélange de blues et de punk) originaire de l’Indiana (US) et habitué du festival, Left Lane Cruiser, qui ouvre le bal sur la scène Banche à 15h50.


Pour l’occasion, le charismatique chanteur à la voix rauque et guitariste Fredrick "Joe" Evans IV est accompagné de Rick Kinney (Moser Woods) à la batterie, aux chœurs et même à l’harmonica sur certains titres ! Joe, assis comme à son habitude, et Rick enchaînent les titres à un rythme effréné autant que les doigts de Joe galopent sur les cordes de sa guitare.

Le public entre en fusion et entame un pogo endiablé quand le duo entame le tant réclamé « Big Momma », extrait de l’album Bring Yo’ Ass To The Table (2008). Un show frénétique et puissant laisse présager une journée bien animée !

 

Bad Bangs

Je cours ensuite scène Pomellec pour voir Bad Bangs (c’est un vrai plus que certains groupes soient programmés 2 fois sur les 3 jours du festival), groupe de folk-psyché-rock garage-punk dont le nom signifie « franges ratées ». Actif depuis 2016, avec 1 EP éponyme (2018), 2 albums (« Character Building », 2021 et « Out Of Character », 2024) et une tournée de 23 dates en 2024, celui-ci est annoncé comme « l’une des révélations de la scène australienne de l’édition 2025 ». A noter que c’est une formation paritaire composée de Shelby De Fazio (voix, guitare), Sophia Lubczenko (voix, guitare), Tim Ryles (batterie) et Gab Portocarrero Gonzalez (basse).

C’est déterminées et vêtues de shorts aux couleurs de leur label Beast Records que les charmantes Shelby et Sophia, se postent au 1er plan, les franges respectivement brune et blonde parfaitement taillées ! Durant 40 min, les filles enchaînent avec une énergie débordante les titres de leurs différents opus (« Different », « Faces », « Sympathy », « Hips », « Contest »…) mêlant habilement et avec complicité leurs voix et leurs cordes, le tout soutenu par une section rythmique plus discrète mais tout aussi impeccable.

Au fur et à mesure que se déroule le set, le rythme s’accélère et les riffs se font de plus en plus puissants pour finir en apothéose garage punk avec leur tout nouveau single « "LBD" (ou little black dress) !

CIVIC

A 19h, c’est CIVIC, groupe australien de proto-punk (genre musical précurseur du punk rock qui a émergé fin 60’s/début 70’s), créé en 2017 et fortement influencé par Iggy Pop and The Stooges, qui monte sur scène.  Avec sa stature, son crâne rasé, son style vestimentaire et sa voix puissante, le fascinant frontman Jim McCullough n’est pas sans me rappeler un autre chanteur et compatriote bien connu : Peter Garrett (Midnight Oil).

Dès le 1er titre le ton est donné : le set sera explosif ou ne sera pas ! Jim scande des paroles teintées d’une anxiété existentielle tels des uppercuts tandis que Lewis Hodgson (guitariste très talentueux et co-fondateur du groupe) enfonce le clou en tirant d’incroyables notes over saturées de sa Stratocaster.

C’est brut, racé, intense ! On sent une réelle urgence dans les titres joués ; principalement, ceux extraits de leur dernier album Chrome Dipped (mai 2025). Urgence que le public adopte sans se faire prier, d’autant que Jim les y invite : « fucking move in this ! ». Ça slam et ça pogote sous les gobelets (vides ou pleins !), les fringues et même les fleurs qui volent dans tous les sens. Au bout de 50 min (au lieu de 40 !) d’un set endiablé, les organisateurs du festival devront intervenir pour les faire descendre de scène !

Warm Exit

Tout juste le temps de se remettre de la tornade CIVIC que le quartuor belge de Warm Exit entre en scène. Tel un homme politique en campagne électorale (sa tenue chemisette-cravate renforçant cette image), le chanteur Valentino Sacchi déclame les premières paroles de façon très solennelle avant d’attraper sa guitare et de la gratter frénétiquement. Ensuite, tout va très vite.

Le groupe enchaîne à un rythme fiévreux les titres de leur premier album Ultra Violence (2024) : « Damages Become A Necessity », « Become The Butcher » ou encore « Auto-Destruction ». Un post punk très noise et enragé assez ténébreux teinté de nuances industrielles.

A noter que Warm Exit offrira au public une revisite de « Atrocity Exhibition » de Joy Division (le bassiste se fera trompettiste pour l’occasion) qui fera son petit effet. Minute auto-promo pour conclure ce set lorsque Valentino annonce leur concert « Next tuesday » au Petit Bain (Paris).

Des Demonas

Je clos cette  2nde journée devant les Américains de Des Demonas. Originaire de Washington DC, cette formation, composée de figures bien connues de la scène punk, garage indé (dont le guitariste émérite Mark Cisneros) propose une musique extrêmement originale et surprenante : un mélange de post-punk, punk, funk, blues, rock psychédélique, afrobeat leadé par le chanteur et percussionniste Jacky “Cougar” Abok, un punk-poète-politique originaire du Kenya, très élégant dans son costume sombre. Leur dernier album Apocalytic Boom ! Boom ! est sorti en 2024.

Entre les saisissants solos de guitare fuzz de Mark et l’omniprésence du Farfisa (d’ailleurs placé sur le devant de la scène) qui apporte une touche vintage au tout, Jacky répète en boucle des paroles contestataires. Une heure d’un set dont l’intensité monte progressivement et embarque les festivaliers jusqu’à son apogée.

Crédit photos Stéphane Perraux - à demain pour le jour 3 !



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...