Orianthi (+ James Bruner) à L’O2 Academy Islington (Londres) 29/01/26

Jeudi 29 janvier, 19h. Une file commence à se former devant l’O2 Academy Islington, petite salle de 800 places située au détour d’une boutique, au cœur d’une galerie commerciale du nord de Londres. Elle se fond naturellement dans l’environnement, au point qu’on pourrait facilement passer à côté sans la remarquer si l’on ne sait pas exactement où chercher et sans la présence de spectateurs déjà rassemblés à l’entrée. À ne pas confondre avec sa grande sœur bien plus imposante, l’O2 Academy Islington s’est forgé une identité singulière au fil des années. La salle a vu défiler de nombreux artistes majeurs venus s’y produire dans un cadre plus intime, Eminem, Fall Out Boy, les Sparks par exemple. Un lieu qui mise sur la proximité et l’énergie du live.

Ce soir, c'est Orianthi Panagaris, autrice, compositrice, interprète et guitariste au parcours impressionnant. À seulement 24 ans, elle avait notamment été choisie pour assurer les parties de guitare aux côtés de Michael Jackson sur la tournée This Is It, finalement annulée, mais dont le travail reste visible dans le documentaire consacré aux répétitions.

Dans la salle, la moyenne d’âge dépasse largement la quarantaine. L’ambiance reste mesurée ça discute fort, ça commande des bières, le public prend ses marques en attendant les premières notes.

19h30, la première partie est assurée par James Bruner, qui monte sur scène avec une énergie immédiatement débordante. Très vite torse nu, il se déplace sans relâche, comme un fauve libéré de sa cage, occupant le petit espace de la scène avec une intensité presque physique. Entouré d’un batteur, d’une bassiste et d’un guitariste, il s’appuie sur un rock’n’roll brut et percutant, porté par une spontanéité qui capte immédiatement l’attention. Le public, d’abord timide, se laisse progressivement séduire par cette prestation habitée, où l’engagement scénique compte autant que les morceaux. Sans chercher à en faire trop, James Bruner impose une vraie personnalité, transformant ce court set en une entrée en matière marquante, conclue aux alentours de 20 heures.
À écouter : "Big Shot"; "Switchblade"; ou encore "I Get Everything".
À 20h30,  la queen Orianthi entre en scène, chapeau vissé sur la tête, lunettes de soleil qu’elle ne quittera pas, guitare PRS, sa marque fétiche, à la main. Ouvrant avec le titre "First Time blues". Tantôt rock allant jusqu’au hard rock, mais sachant mettre en avant son côté blues, elle envoute le public par sa voix et captive avec ses solos, exécutés avec une facilité désarmante. Elle lance plusieurs fois « Is that cool? » à la fin de ses phrases et partage son plaisir d’être à Londres, s’assurant par moment que la salle suit.

Au milieu du set, elle confie avoir été bercée par B.B King dès son enfance, quand son père jouait des titres dans le salon familial. Moment propice pour nous offrir une parenthèse intimiste, avec le titre "Never Make A Move Too Soon" du King of the Blues, seule, en acoustique.

Elle plaisante sur le froid londonien, tout en soulignant le côté chaleureux du public, avant de retrouver l’énergie électrique pour s’attaquer à “Sharp Dressed Man” de ZZ Top. Avec un solo capable de faire tomber la barbe de Billy Gibbons.
La performance se conclut avec une reprise puissante de “Voodoo Child” de Hendrix, elle présente ensuite ses deux musiciens, un batteur et un bassiste, leur laissant l’espace pour s’exprimer en solo avec leurs instruments, et achève le concert à 22h par un au revoir, offrant l’espoir à son public sous le charme d’un retour très prochain.
Cette prestation restera comme un moment époustouflant, qui met en lumière son évolution en tant qu’artiste complète et guitariste hors pair.


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