The Molotovs ne sortent pas de nulle part. Avant même ce premier album, le duo londonien formé par Mathew et Issey Cartlidge s’est forgé une vraie réputation sur scène, à force de concerts et de premières parties marquantes. Ils ont joué devant des publics venus pour Sex Pistols, Blondie, The Libertines, Iggy Pop ou encore The Damned, et cette école là laisse des traces.

Quand Wasted On Youth arrive, on sent tout de suite que ce disque n’a pas été pensé dans une bulle, mais construit au contact du live, du bruit et de la foule.
L’album va droit au but. Le son est sec, nerveux, sans gras inutile.
Rien ne sonne figé ou trop propre, on a l’impression que chaque titre pourrait être rejoué tel quel sur scène le soir même. Ça joue vite, ça cogne juste, et surtout ça avance sans se poser trop de questions.
Ce qui frappe, c’est l’énergie constante. Même quand le groupe ralentit légèrement, il ne lâche jamais la tension pour autant. La guitare est frontale, les rythmes serrés, et les refrains accrochent sans chercher à flatter. On sent un groupe qui veut faire du bruit maintenant, pas dans dix ans, et qui refuse de se calmer pour rentrer dans un moule. Ce n’est pas un disque qui cherche à réinventer le punk ou le rock britannique, mais plutôt à les faire vivre avec sincérité et urgence.
Les textes restent simples, directs, souvent ancrés dans cette sensation d’être jeune, pressé, un peu coincé par ce qui entoure. Il n’y a pas de posture compliquée ni de grandes leçons, juste l’envie de dire les choses franchement, sans filtre. Ça donne des morceaux qui parlent de liberté, de frustration, de désir de mouvement, et ça colle parfaitement à l’énergie du groupe.
Au final, Wasted On Youth ressemble à ce qu’on attend d’un premier album réussi, un disque qui pose les bases, qui montre d’où vient le groupe et où il veut aller, sans tricher ni surjouer. The Molotovs ne donnent pas l’impression de débutants, malgré leur jeune âge 17 et 19 ans, mais au contraire d'être des musiciens déjà aguerris, portés par la scène et par une envie claire de faire du rock vivant, bruyant et sincère. Un album qui se veut imparfait, mais qui sonne juste et c’est ce qui compte le plus.

