Ponte Del Diavolo – De Venom Natura

Parfois, quelques mots valent mieux que de longs discours. Nous vous proposons donc, au côté de chroniques plus détaillées, des "chroniques express" afin de mettre en avant des disques qui méritent d’être écoutés !
Deuxième album pour le groupe de doom italien Ponte Del Diavolo. Le quintette nous plonge dans des délices de noirceur mélodique.

Avis aux amateurs de doom et d’ambiances occultes, l’un des secrets les mieux gardés d’Italie débarque en France, à la fois sur disque et sur scène. Ponte Del Diavolo, quintette turinois formé en 2020, a en effet sorti son second album long, De Venom Natura, le mois dernier. Le groupe offre son compte d’ambiances malsaines et tourmentées, mais avec un sens de la mélodie affirmé et quelques influences lointainement post punk. Le groupe se distingue aussi par un duo de bassistes, ce qui donne une lourdeur et une rythmique particulières à l’ensemble – même si le groupe pourrait encore chercher à l’exploiter davantage, pour qui n'est pas bassiste, il est relativement difficile de percevoir les deux basses jouant de concert.

Une jonction assumée entre doom et black metal mélodique (même si le groupe lui-même se définit comme « blackend post punk ») affichée dès les présentations : outre le nom, qui signifie littéralement « pont du diable », et le titre de l’album (« de la nature du poison»), les musiciens ont pris des pseudo au goût de plantes vénéneuses : Abro, Kratom (arbre d’Asie du Sud aux propriétés à la fois médicinales et psychotropes) pour les bassistes, Segale Cornuta (littéralement seigle cornu, le nom de l’ergot de seigle, un champignon vénéneux…) pour le batteur, Nerium pour le guitariste, ou encore, pour la chanteuse, Erba Del Diavolo (herbe du diable, surnom du datura officinal, une plante toxique).

La vocaliste, qui officie majoritairement en chant clair, avec une voix parfois très faussement innocente, est habitée dans son interprétation et assez théâtrale vocalement, nous plongeant avec délectation dans cet univers obscur. Les quelques morceaux en italien ont une résonance plus vénéneuse que ceux en anglais, plus passe-partout, mais même dans la langue de Shakespeare, la chanteuse garde des intonations transalpines. Le tout sert bien des textes qui tournent autour de la vie, la mort, l’ambivalence de la nature, le poison – lequel prend parfois une dimension presque érotique (« Il Veleno della Natura »).

Le seul petit reproche que l’on pourrait faire au disque, c’est qu’il ressemble au précédent, le déjà très réussi Fire Blades From The Tomb, paru en 2024. Quelques surprises de disséminent cependant ça et là, un peu plus de chant saturé, un peu plus de chant masculin, des cuivres qui débarquent par surprise sur un « Spirit, Blood, Poison, Ferment ! »… ou une clarinette sur « Delta-9 (161) », qui, de son côté, prend des allures presque progressives.

Cela montre en tous cas que le jeune groupe a déjà réussi à peaufiner une identité sonore singulière. Et bonne nouvelle, il débarque pour la première fois en France, avec quatre concerts cette semaine, accompagné de Witchorious: à Lyon ce mercredi au Rock’N’Eat, à Strasbourg jeudi à La Maison Bleue, à Paris vendredi à La Boule Noire, et à Nantes samedi au Cold Crash, avant un concert au Secret Place de Montpellier jeudi 7 mai. De quoi découvrir comment Ponte Del Diavolo déploie sur scène sa noirceur vénéneuse.

Tracklist

1. Every Tongue Has Its Thorns 06:25
2. Lunga vita alla necrosi 04:01
3. Spirit, Blood, Poison, Ferment! 04:35
4. Il veleno della Natura 04:57
5. Delta-9 (161)  08:52
6. Silence Walk With Me 06:16
7. In the Flat Field 04:53

Album sorti le 13 février 2026 chez Season Of Mist

Ponte Del Diavolo

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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