Avant-dernière étape de la tournée commune Luicidal / Locomuerte, la date du jour affiche complet et on comprend aisément pourquoi : Locomuerte n’était pas venu à Châlons-en-Champagne depuis dix ans, et c’est la toute première fois que Luicidal (constitué de membres de l’âge d’or de Suicidal Tendencies) tourne en Europe. Les deux combos sont largement connus pour leurs prestations live déjantées et ce n’est pas ce soir qu’ils vont faire mentir leur réputation. Pour l’occasion, les deux co-tête d’affiche sont accompagnés par de sympathiques formations locales, Black Cobra et Deadwood : la recette idéale pour une bonne soirée !
Black Cobra
La lourde tâche d’ouvrir la soirée incombe à Black Cobra, constitué de sexagénaires qui œuvrent dans un heavy teinté 80’s, quelque part entre Accept et Gang. On sent le combo relativement stressé par l’événement, en particulier son chanteur, un peu maladroit dans ses échanges avec le public. Mais peu importe, l’auditoire ne lui en tient pas rigueur et réserve un bon accueil au groupe. Les compositions, bien que classiques, ressuscitent le metal des années 80 et le chant en français (la ballade "Seul au Monde", « Purgatoire ») fait immédiatement penser à Sortilège.
Malgré le chant dans la langue de Molière, le groupe puise également son inspiration chez les grands noms de la scène internationale, notamment Black Sabbath et Ozzy Osbourne. Pour rendre hommage à ce dernier décédé l’été dernier, le groupe reprends d’ailleurs « Mr. Crowley » puis l’incontournable « Paranoid ». L’occasion de voir que le groupe se défend bien instruments en main, en particulier René, son guitariste lead. Dernière reprise, le groupe se fend d’une version du « Balls to the Wall » d’Accept qui permet au public de briser la glace et de reprendre le refrain. Avec quarante-cinq minutes de set (le groupe a bénéficié de l’annulation de Back Fire qui devait ouvrir la soirée), Black Cobra a montré de belles choses, à la fois dans l’exercice périlleux de la reprise mais également à travers ses propres titres.

Setlist
Black Jack
Shadow Soldiers
Resurrection
Mr. Crowley
Jeu du Désir
Balls to the Wall
Un Monde sans Âme
Seul au Monde
Paranoid
Purgatoire
Deadwood
Après un rapide changement de plateau, place à Deadwood. Le groupe rémois officie dans un metal groovy aux accents du sud des Etats-Unis. On songe tour à tour à Pantera, Down ou encore Lamb of God. Les riffs sont incisifs, la batterie joue sur les syncopes mais c’est surtout vers Robin, le vocaliste, que les regards se tournent. Ce dernier assure sur le devant de la scène, avec un chant (et une attitude) qui font forcément penser à Phil Anselmo. Il harangue la foule et n’hésite pas à descendre de scène pour bousculer un peu les spectateurs, un peu trop passifs selon lui au début du set.
Avec un tel style musical et une telle énergie, la réponse du public est unanime et une fois la timidité du début de set passée, on assiste à de beaux circle-pits et pogos bon enfants, le tout sous le regard d’El Termito, chanteur de Locomuerte, venu assister au set parmi les premiers rangs. On apprécie notamment la section rythmique basse / batterie d’Alex et Fred, qui donne un beau terrain de jeu pour que Clément s’exprime à la guitare. Une belle mise en bouche avant la fureur Locomuerte !
Setlist
Snakebite
Unwanted
The Last Chase
Gold Digger
Eyes in the Sky
Outlaw's Path
Load, Aime, Fire
Red Light District
Sinner's Saloon
Get Out
Come With Me Now
Locomuerte
Il y a dix ans, le combo français le plus hispanique venait mettre le feu dans cette même salle du Contrepoint avec son crossover thrash / hardcore dans la veine de Suicidal Tendencies. Depuis, le groupe a parcouru un sacré chemin puisqu’à force de tourner, il récolte enfin le succès qu’il mérite. En effet, s’il y a bien une formation actuelle pour lequel le mot « live » est fait, c’est Locomuerte. Boosté par la tournée avec Luicidal, le combo détruit tout sur son passage : sur scène El Termito exécute des pas de danse caliente, puis brandit des pancartes exhortant le public à mosher (à la manière d’Insanity Alert), tandis que Nico Loco (basse) grimpe sur l’estrade de batterie pour sauter jambes écartées. En une heure de jeu, le bassiste semble courir un marathon malgré la largeur de la scène. Pourtant, le jeu de scène déjanté du quatuor ne fait pas oublier l’efficacité de la musique et des riffs. Le hardcore thrash du groupe récolte un sacré accueil dans le public (dont une partie est constituée de membres du fan club du combo, La Familia Locomuerte, ayant fait le déplacement).
Les titres du dernier opus, « Parano Booster », ne dépareillent pas auprès des classiques du groupe (oui, le groupe a déjà des classiques en live !) tels que « Barrio », « La Vida Loca » ou encore « Tiro Pa’Matar » et c’est rapidement un joyeux bordel qui s’empare de la scène comme de la fosse. Le public n’hésite pas à monter sur les planches pour slammer (à l'aide de crocodiles gonflables ou sans), quitte à s’écraser sur les retours ou à s’affaler sur le pédalboard d’El Mitcho (guitare), au grand dam de ce dernier. Mike Clark, guitariste de Luicidal (et ex-Suicidal Tendencies) n’en perd pas une miette et le public non plus. Si bien qu’avec une heure de set, on ne voit pas le temps défiler. Locomuerte n’a pas failli à sa réputation et a encore montré qu’il était monstrueux sur scène. Un futur grand nom de la scène hexagonale !
Setlist :
Tiro Pa’Matar
Parano Booster
La Brigada de Los Muertos
Sangre por Sangre
Pura Violencia
Bandolero
Ronque
Demonios
B91
Barrio
Mi Familia
Los Narcos
La Vida Loca

Luicidal
Fondé en 2012 par Louichie Mayorga, premier bassiste et compositeur de Suicidal Tendencies, le groupe propose une vraie plongée dans l’esprit Venice Beach des années 80, n’interprétant que les morceaux des trois premiers albums de la formation crossover de L.A. S’il est regrettable que Rocky George (guitare) et R.J. Herrera (batterie) ne soient pas de la partie pour raison de santé, on peut saluer le travail de Flo (batteur de Locomuerte) qui assure donc deux sets à la batterie sur cette tournée. De même, Mike Clark (guitare) exécute à la fois les parties rythmiques et lead des morceaux cultes de ST, avec une énergie qui force le respect.
Le set débute avec « Subliminal » et sans tarder, le public déjà chaud bouillant se déchaîne une fois de plus. Bandanas vissés sur la tête, les musiciens transpirent le punk hardcore par tous les pores de la peau. Au chant, c’est Al Del Barrio (Confused) qui a la tâche d’interpréter les parties initialement chantées par Mike Muir. Le chanteur est malheureusement en partie sous-mixé, mais compense par une belle énergie et par le public qui scande les paroles de « Possessed to Skate », « A Little Each Day » ou un « Fascist Pig » dont les paroles sont tristement indémodables... Durant l’intégralité du set, les spectateurs continuent de monter sur scène pour se lancer dans des slams, mais le point d’orgue est atteint sur « War Inside My Head », puisqu’au moins une trentaine de personnes rejoint le groupe sur les planches, tandis que les membres de Locomuerte unissent leurs instruments à ceux de Luicidal pour ce titre, illustrant la franche camaraderie entre les deux groupes.
Si Louichie Mayorga apparaît relativement discret sur le côté gauche de la scène, son instrument domine le spectre et gronde dans la salle, se faisant groovy et mélodique à la fois. Mike Clark est quant à lui intenable et laisse les spectateurs des premiers rangs gratter vigoureusement les cordes de sa guitare, quand il ne les frotte pas lui-même contre les retours devant lui.
Malgré l’heure tardive et une telle débauche d’énergie, le public comme le groupe ne faiblissent pas et c’est un « Suicidal Maniac » qui met tout le monde d’accord avant que Luicidal ne finisse son set avec « The Prisoner », sur lequel Mike Clark part slamer dans le public. Malgré l’âge de ses musiciens qui ont dépassé la soixantaine, Luicidal a su raviver la flamme du punk hardcore des années 80 et a retrouvé une seconde jeunesse, face à un public qui n’attendait que cela. Une belle soirée réussie à tous les points de vue. Punk is not dead !
Setlist :
Subliminal
Won’t Fall in Love Today
Knife Fight
Possessed to Skate
A Little Each Day
Memories of Tomorrow
I Saw Your Mommy
War Inside My Head
Fascist Pig
I Want More
I Shot the Devil
Suicidal Failure
Institutionalized
Pledge Your Allegiance
Suicidal Maniac
The Prisoner
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