Immolation – Descent

Pilier du death metal new-yorkais aux côtés de Suffocation, comme ces derniers Immolation ne déçoit jamais. Ce n’est pas ce Descent qui nous fera dire le contraire ! Acts of God, précédent opus de la formation de Robert Vigna et Ross Dolan, avait déjà largement marqué les esprits à sa sortie en 2022 et Descent s’apprête, quatre ans plus tard, à recevoir le même accueil. Plus concis que son prédécesseur, ce douzième opus est d’ores et déjà une franche réussite dans la discographie du quatuor !

Alors certes, avec Immolation, la recette est connue, alliant un death à la fois puissant et rampant à une imagerie biblique et épique (ici le Paradis Perdu comme l’illustre le magnifique artwork de l’inévitable Eliran Kantor). Mais là où certains pionniers du genre se retrouvent plus de trente ans après leurs débuts en panne d’inspiration (on ne citera personne, vous les connaissez), Immolation a beau appliquer les mêmes gimmicks, il le fait avec une sincérité et une authenticité qui forcent le respect. Chacune des compositions est à la fois familière dès la première écoute (comme « Attrition », judicieusement choisie en « single »), tout en étant travaillée dans les moindres détails.

Le chant de Ross Dolan est probablement l’un de ceux les plus marquants du genre, à la fois profond et capable de transporter l’auditeur (à condition qu’il soit un tant soit peu sensible au chant death), tandis que les riffs de Robert Vigna et Alex Bouks donnent une impression de puissance et de lourdeur (« God’s Last Breath », « False Ascent »). De son côté Steve Shalaty martèle ses fûts sans discontinuer, apportant parfois la touche de vélocité qui contraste avec les tempi relativement lents des guitares (« Attrition », « Bend Towards the Dark »). Le batteur propose même une très bonne introduction aux toms sur « Host » sur laquelle les guitares se font poisseuses et démoniaques. Sur ce titre, notons également la présence au chant de Danny Lilker (ex-Anthrax, Brutal Truth), qui apporte un côté black metal contrastant avec la voix de Dolan et diversifiant l’ensemble.

Comme sur le précédent opus, Immolation joue la carte de l’avant-dernier titre instrumental et en son clair (« Banished » sur lequel on peut même entendre du piano) avant de frapper très fort une dernière fois (« Descent » clôture ainsi une trilogie de titres – False Ascent / Banished / Descent - sur la descente aux enfers de l’ange déchu de la pochette). La filiation entre ce douzième opus et son prédécesseur est largement assumée (la présence de Lilker, l'artwork de Kantor, l’avant-dernier titre instrumental) mais Descent en proposant dix titres (au lieu de quinze) et dix minutes de moins au compteur qu’Acts of God apparaît d’emblée plus efficace.

Lorsqu’un album vous donne immédiatement envie de le réécouter à peine la dernière piste achevée, c’est généralement bon signe. Descent est de ceux là : un album qui grandit à chaque écoute malgré un univers familier. De quoi forcer le respect tant Immolation connaît une carrière hors norme et une régularité dans la qualité de ses sorties discographiques, loin de la descente aux enfers contée ici par les New-Yorkais.

Tracklist :

These Vengeful Winds
The Ephemeral Curse
God's Last Breath
Adversary
Attrition
Bend Towards the Dark
Host
False Ascent
Banished
Descent

Album disponible depuis le 10 avril chez Nuclear Blast

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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