Hellfest 2026 – Bring Me The Horizon : le spectacle sensoriel du festival

Bring Me The Horizon – Jeudi 18 juin – Mainstage 1 – 23h45

Il y a des concerts que l'on apprécie. Et il y a ceux qui marquent durablement une édition de festival. Bring Me The Horizon appartient sans aucune hésitation à cette seconde catégorie. Entre une scénographie d'une précision redoutable, une mise en scène immersive, un son irréprochable, des jeux de lumières millimétrés, des effets pyrotechniques omniprésents et un Oli Sykes au sommet de sa forme, les Britanniques livrent bien plus qu'un concert : un véritable spectacle audiovisuel. Les artistes aiment souvent affirmer qu'ils viennent de donner leur meilleure prestation sur un festival. Pour avoir vu Bring Me The Horizon à plusieurs reprises, y compris au Hellfest, cette fois-ci, l'affirmation est difficilement contestable : c'était tout simplement leur meilleur passage à Clisson.

L'interlude "Press Start" plonge immédiatement la mainstage dans l'univers futuriste imaginé par le groupe de metalcore, avant que "DArkSide", issue du récent POST Human : NeX GEn, ne déclenche une véritable explosion dans la foule. Dès les premiers refrains, Oli Sykes alterne avec une facilité déconcertante entre chant clair et légers screams, démontrant une maîtrise vocale impressionnante et ce tout le long du concert. Profitant pleinement de la scène avancée installée pour cette fin de soirée, le groupe occupe chaque centimètre de l'espace. Derrière lui, les écrans deviennent un personnage à part entière. Tout au long du concert, un robot dialogue avec le public, analyse l'humanité et conclut que nous sommes tous « infectés ». Véritable fil rouge narratif du spectacle, cette intelligence artificielle apporte une dimension supplémentaire à la prestation. Un détail mérite d'ailleurs d'être souligné : l'ensemble des interventions est traduit et sous-titré en français, permettant à tous les festivaliers de suivre l'histoire sans difficulté.

Visuellement, le concert impressionne autant qu'il assomme. Flammes, explosions, projections vidéo, jeux de lumières synchronisés au moindre changement de rythme, chaque morceau bénéficie d'une identité propre. Rarement une production aura semblé aussi parfaitement maîtrisée sur les mainstages du Hellfest. Musicalement, le groupe déroule un best of implacable : "The House of Wolves", "MANTRA", "Happy Song", "Teardrops" qui est agrémentée d'un clin d'œil à "Pray for Plagues" durant son breakdown et "AmEN!". Tous ces classiques du groupe entretiennent une tension permanente. Les circle pits se succèdent tandis que la fosse ne cesse de s'agiter.

L'un des grands moments du concert survient sur "Antivist" où Will Ramos, chanteur de Lorna Shore, rejoint Bring Me The Horizon sur scène pour un featuring particulièrement explosif. La complémentarité entre les deux vocalistes saute immédiatement aux oreilles et laisse naître une seule envie : voir cette collaboration se prolonger un jour sur un morceau enregistré en studio. Mais Bring Me The Horizon ne se contente pas de frapper fort. Le groupe sait aussi ralentir le tempo au bon moment. "Follow You" offre une première respiration avant que "Can You Feel My Heart" ne transforme littéralement la mainstage en un océan de lumières. Des milliers de téléphones illuminent la nuit pendant que l'intégralité du public reprend le refrain à l'unisson. L'un des instants les plus émouvants du week-end.

Le rappel est construit avec intelligence, "Doomed" installe une atmosphère presque solennelle avant que "Drown" ne permette à Oli Sykes de descendre chanter directement au contact des premiers rangs, coiffé de son couvre-chef (un canard) et offrant une proximité rare malgré les dizaines de milliers de spectateurs présents. Une présence forte qui contraste avec la discrétion des autres musiciens, plus en retrait derrière le charismatique frontman. Enfin, "Throne" vient conclure cette démonstration de force dans une déferlante de flammes, de lumières et de confettis, avant que les musiciens ne quittent la scène sur les notes de "Fifteen Fathoms, Counting". Une sortie presque cinématographique qui laisse le public abasourdi.

Cette prestation confirme que le show de Bring Me The Horizon est pensé pour les grands créneaux nocturnes des festivals. Leur univers visuel repose autant sur la musique que sur les lumières, les projections et les flammes. En plein jour, le spectacle aurait sans doute conservé sa qualité musicale, mais jamais il n'aurait dégagé une telle puissance. Avec le soleil enfin couché sur Clisson, les Britanniques ont offert au Hellfest l'un de ses plus grands moments de cette édition et probablement l'un des meilleurs shows de toute leur histoire sur ce festival.



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