Enhancer – Samedi 20 juin – Mainstage 1 – 18h35
Enhancer fait enfin ses débuts au Hellfest. Une première qui a tout d'un rendez-vous générationnel tant le groupe a marqué les amateurs de fusion française au début des années 2000. Accompagné de nombreux invités et porté par une énergie débordante, le quintette transforme rapidement la Mainstage 1 en une immense machine à remonter le temps, entre nostalgie, convivialité et déferlante de hip-hop, hardcore et metal.
Suite à l’annulation du set de Tom Morello, Enhancer voit son set, originellement prévu à 16h55, programmé à 18h55. Cela ne semble pas pour autant déranger le public, qui est bien au rendez-vous pour Enhancer. D’ailleurs, il aura fallu attendre 2026 pour enfin voir la bande fouler les terres du Hellfest. « On est les derniers à venir ici », lance d'ailleurs David Giltis avec humour dès les premières minutes. Une première qui ressemble pourtant à des retrouvailles tant la foule semble prête à replonger vingt ans en arrière.
Pour toute une génération, Enhancer a incarné la bande-son de l'adolescence : un mélange de hip-hop, de hardcore et de metal, parfois approximatif, souvent fougueux, mais toujours sincère. Et c'est exactement ce que le groupe est venu offrir à Clisson. Pour l'occasion, Enhancer n'est pas venu seul. « On a ramené des potes avec nous », annonce le chanteur en désignant les nombreux invités massés sur les côtés de la scène. Premier symbole de cette soirée particulière : Clément Rateau (Bukowski) vient renforcer la formation à la guitare, marquant le retour d'Enhancer à deux guitaristes. Les musiciens se regroupent en cercle autour du batteur Nejo avant de lancer "Electrochoc", parfait coup d'envoi d'un concert placé sous le signe de la nostalgie.
Le son se révèle d'ailleurs plutôt convaincant malgré la densité du mélange musical. Une très brève coupure technique vient perturber la prestation pendant une seconde, mais elle passe presque inaperçue tant l'énergie dégagée par le groupe balaie immédiatement ce léger incident. L’énergie, David Giltis en déborde, impossible pour lui de rester en place plus de quelques secondes. Il traverse la scène en permanence, enlace ses partenaires, descend serrer les mains des premiers rangs, prend les festivaliers dans ses bras et affiche un immense sourire du début à la fin. Le bonheur d'être enfin au Hellfest est palpable.
Le moment le plus marquant intervient lorsque le chanteur décide de quitter la scène pour rejoindre le cœur de la fosse. « Vous connaissez les circle pits ? Vous connaissez les wall of death ? Eh bien c'est pas ce qu'on va faire ! » annonce-t-il avant d'aller interpréter un morceau au milieu du public. Les festivaliers forment alors un circle pit autour de lui tandis qu'il chante, avant de le ramener jusqu'à la scène en slam. Il termine sa traversée en s’allongeant sur le sol de la mainstage. Le concert est également rythmé par une succession de collaborations qui rappellent toute l'influence du groupe sur la scène fusion française. Niko, de The Arrs, rejoint les musiciens sur "Hardcore Version Dancefloor" et profite de sa présence pour annoncer le retour de son groupe après dix ans de silence, avec un rendez-vous fixé en 2027. Plus tard, Pleymo est accueilli avec enthousiasme pour reprendre "United Nowhere" puis un extrait de "Ce soir c'est grand soir", provoquant une véritable explosion de nostalgie chez les fans des années 2000. L'apparition de JoeyStarr était sans doute la plus discutée du concert. Pourtant, force est de constater que sa prestation balaie rapidement les réserves. Présent sur "J'arrive" puis sur "Qu'est-ce qu'on attend", le rappeur apporte une véritable plus-value au show. Son aisance naturelle et son charisme s'intègrent parfaitement à l'univers d'Enhancer et rappellent à quel point les influences hip-hop ont toujours été au cœur de l'identité du groupe.
Tout au long du concert, Enhancer assume pleinement ce mélange entre rap, hardcore et metal qui avait fait sa singularité au début des années 2000. Rien n'est parfaitement calibré, certaines notes dépassent parfois, mais c'est précisément cette spontanéité qui fait toute la force du groupe. Ici, personne ne vient chercher une démonstration technique, on vient retrouver une époque, des souvenirs et une énergie que peu de formations savent encore transmettre avec autant de sincérité.
Le concert se termine dans une ambiance de réunion de famille lorsque tous les invités remontent sur scène pour interpréter "Hot". Un final aussi chaotique que fédérateur, à l'image d'un groupe qui aura attendu longtemps avant de découvrir le Hellfest... mais qui aura largement prouvé qu'il y avait toute sa place.
Crédits Photos : Théo Durand Photography Toute reproduction interdite.
















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