Festival les Voix Sonneuses Jour 2 : Goulamas’K, Les Ogres de Barback / La Rue Kétanou, Les Croquants, Picon Mon Amour, Groumpf – 04.07.2026

Et de huit ! Les 3 et 4 juillet derniers, le festival Les Voix Sonneuses faisait son retour sur la place du Champ de Mars de Saverdun pour une huitième édition qui confirmait une nouvelle fois son changement de dimension. Depuis qu'il en a repris les rênes en 2020, Frédéric Coux poursuit inlassablement le développement de ce rendez-vous ariégeois sans jamais renier ses racines : une programmation éclectique, un accueil chaleureux et une véritable proximité avec le public. Une recette qui permet aujourd'hui au festival de revendiquer plus que jamais son statut de « plus grand des petits festivals ».

Et pour cette édition 2026, Fred Coux et son équipe ont, une nouvelle fois, mis les petits plats dans les grands. Aux côtés de valeurs sûres comme Les Ogres de Barback / La Rue Kétanou, Les Croquants, Ludwig Von 88, JoeyStarr Sound System ou Picon Mon Amour, l'affiche faisait également la part belle à des formations plus confidentielles comme Les P'tits Fils de Jeanine, Groumpf ou encore au trio ariégeois Drum.D, chargé d'ouvrir les festivités. Un savant mélange entre têtes d'affiche nationales, découvertes et talents locaux qui constitue, depuis plusieurs années, l'une des grandes forces des Voix Sonneuses.

Et le public ne s'y est pas trompé. Les deux soirées affichent complet avec près de 13 000 festivaliers sur les deux soirs, preuve que le festival est désormais solidement installé dans le paysage culturel occitan. Malgré une chaleur caniculaire qui s'est invitée tout au long du week-end, les sourires sont sur tous les visages et l'ambiance bel et bien présente, des premiers concerts de l'après-midi jusqu'aux dernières notes de la nuit. Retour sur deux jours de musique, de convivialité et de partage qui auront, une fois encore, pleinement justifié la réputation grandissante des Voix Sonneuses.

Groumpf

Au lendemain d'une première journée particulièrement animée, c'est au tour des Lyonnais de Groumpf d'ouvrir les hostilités de ce deuxième acte des Voix Sonneuses. Mais en ce début d'après-midi, un adversaire de taille attend les musiciens : la chaleur. Sous un soleil de plomb, la plupart des festivaliers préfère encore profiter de l'ombre des arbres qui bordent la place du Champ de Mars plutôt que de s'exposer devant la scène. Une configuration loin d'être idéale pour lancer une journée de festival... mais qui ne semble pas décourager le quatuor.

Il faut dire que Groumpf évolue dans un univers particulièrement atypique. Difficile en effet de faire entrer la musique des Lyonnais dans une seule case tant les influences s'entrechoquent avec naturel. Britpop, rock, électro, techno, pop psychédélique... le groupe revendique cette liberté artistique et construit au fil des morceaux un univers coloré, parfois déroutant, mais toujours particulièrement singulier.

Sur scène, les quatre musiciens affichent d'ailleurs une belle énergie malgré une assistance encore clairsemée au pied des barrières. Habitué des festivals et fort de plusieurs années de concerts, Groumpf déroule son set avec beaucoup d'assurance, alternant les morceaux de son répertoire avec plusieurs titres appelées à figurer sur son prochain EP. Ainsi, « Forever Child », futur single attendu en septembre, « Better Life », aux faux airs de Blur, « The Tchwap » ou encore le très récent « Câlinons-nous » passent plutôt bien le baptême du live.

Mais l'univers de Groumpf demande un petit temps d'adaptation. La richesse des influences, les changements d'ambiances permanents et cette volonté assumée de brouiller les pistes rendent le concert parfois moins immédiat que ceux proposés la veille. Pourtant, les festivaliers massés devant la scène semblent rapidement entrer dans le jeu et se laissent progressivement embarquer par cette pop décalée et résolument festive.

Il faudra finalement attendre la reprise particulièrement réussie de « I Just Can't Get You Out of My Head » de Kylie Minogue pour voir le public quitter progressivement les zones d'ombre et venir grossir les rangs devant la scène. Un véritable déclic qui permet au concert de prendre une toute autre dimension sur sa seconde moitié. Dès lors, les premiers déhanchements apparaissent et l'ambiance monte sensiblement d'un cran !

En définitive, Groumpf aura proposé une prestation sincère et généreuse qui n'aura sans doute pas livré toutes ses subtilités dans un contexte de festival en plein après-midi. En effet, l'univers du groupe demande probablement davantage de temps pour être pleinement apprivoisé, mais l'énergie déployée sur scène et cette envie permanente de faire danser le public auront largement permis aux Lyonnais de lancer cette seconde journée des Voix Sonneuses sous les meilleurs auspices... et la chaleur !

Setlist :

Intro
Kipiteuway
Dr. Pastaga / Mr. Ibiza
The Tchwap
Forever Child
I Just Can't Get You out of my Head
Better Life
Câlinons-nous
I Don't Care if You Don't Care
Candy Street
Bloind Droaiveh
I Would Like to Be Your Friend

Picon Mon Amour

Après les expérimentations sonores de Groumpf, changement radical d'univers avec le retour de Picon Mon Amour sur la scène des Voix Sonneuses. Deux ans après un premier passage particulièrement remarqué à Saverdun, le duo gardois retrouve cette fois un public qui sait parfaitement à quoi s'attendre. Et cela se ressent immédiatement. Dès les premières minutes, les festivaliers répondent aux sollicitations de Laurène et Jojo avec une spontanéité qui laisse penser que beaucoup n'ont pas oublié leur précédente prestation.

Car chez Picon Mon Amour, la musique ne représente finalement qu'une partie du spectacle. Tout au long du concert, les chansons culottées s'entremêlent à une succession de saynètes, d'improvisations et de dialogues où le couple, sur scène comme dans la vie, joue avec une complicité aussi évidente que communicative. Laurène mène les débats avec son accordéon et son franc-parler mordant tandis que Jojo, fidèle à lui-même, multiplie les interventions burlesques avec le public, les agents de sécurité, les photographes, change d'instruments presque à chaque morceau et tente continuellement de lui voler la vedette. L'ensemble prend rapidement des allures de théâtre de rue où l'humour devient le fil conducteur du concert.

Ceci étant, derrière cette folie parfaitement orchestrée, Picon Mon Amour n'en oublie jamais la musique. Le duo profite de son passage à Saverdun pour mettre largement à l'honneur son dernier album, Le cœur, le cul et le simple d'esprit paru en 2025. Ainsi, des morceaux comme « Ocytocine », « Misogyne », « Réseaux soucieux », « Minou Minou », « Mon chou », « S'envoyer en l'air » ou encore « Chanson Imparfaite » démontrent que le groupe poursuit son travail d'écriture avec des textes toujours aussi ciselés, où le second degré côtoie des observations souvent très justes sur notre société.
En effet, des morceaux comme « Johnny l'amour » ou « Liberté » illustrent d'ailleurs parfaitement cette capacité à mêler humour, tendresse et regard acéré sur la société sans jamais tomber dans la facilité.

Contrairement à 2024, le public très nombreux devant la scène n'a plus besoin d'apprivoiser l'univers du duo. Les rires sont omniprésents, les refrains sont repris en chœur et les nombreux échanges avec les festivaliers entretiennent une proximité qui fait toute la force de Picon Mon Amour. Le sourire ne quitte pratiquement jamais les visages, aussi bien sur scène que dans le pit, où chacun semble prendre un plaisir évident à participer aux facéties du tandem gardois.

Et surtout, Picon Mon Amour ne laisse jamais retomber la pression. Le duo enchaîne les morceaux (dont "3-0", une reprise des Ogres de Barback), les improvisations et les situations improbables avec une fluidité déconcertante (l'arrivée des Goulamas'K sur scène), donnant constamment l'impression que tout peut arriver. Laurène distribue les piques avec un plaisir évident tandis que Jojo en rajoute une couche par son jeu de scène volontairement excessif. Le résultat est aussi drôle qu'efficace et maintient le public sous le charme jusqu'aux dernières notes de la nouvelle chanson « Mon Chou », qui clôturent cette parenthèse aussi loufoque qu'excellente.

Au final, Picon Mon Amour confirme tout le bien que l'on pensait déjà de lui lors de son précédent passage aux Voix Sonneuses. Toujours aussi déjanté, toujours aussi généreux, le duo prouve une nouvelle fois que derrière son humour omniprésent se cachent de véritables qualités d'écriture et un sens du spectacle particulièrement affûté. Le public a eu droit à une prestation pleine de fraîcheur qui aura, une fois encore, largement contribué à la bonne humeur de cette deuxième journée de festival.

Setlist :

  • Ocytocine
  • La grève du slip
  • Misogyne
  • S’envoyer en l’air
  • Johnny l’amour
  • Réseaux soucieux
  • Lhassa
  • 3-0
  • On s’tate la bigotte
  • Qui êtes-vous ?
  • Minou Minou
  • P.O.R.N.O.
  • Liberté
  • Chanson Imparfaite
  • Mon chou

Les Croquants

Après la parenthèse déjantée proposée par Les Picon Mon Amour, la scène des Voix Sonneuses change une nouvelle fois de visage. Pour l'occasion, le décor se transforme en véritable bistrot populaire avec son comptoir, sa tireuse à bière et ses accessoires d'un autre temps. Un cadre idéal pour accueillir Les Croquants, de retour sur les routes après une longue absence d'un peu plus de 10 ans afin de célébrer les 25 ans de leur album live fondateur Ça sent la bière. Un anniversaire qui replonge immédiatement toute une génération de festivaliers dans ses vertes années...

Il faut dire que voilà qu'il y a un quart de siècle, Danito et Mr Kif sillonnaient les routes de France en revisitant les grands standards de la chanson française à leur manière. Issus de la scène alternative, les deux compères ont toujours eu ce talent particulier de faire (re)découvrir des classiques signés Jacques Brel, Charles Aznavour, Serge Gainsbourg ou encore Bobby Lapointe en leur insufflant une énergie folk et rock particulièrement communicative, sans jamais en dénaturer l'essence.

Dès les premières notes de « La Gamberge » puis de « Mon Amant de Saint-Jean », la magie opère instantanément. Les quelque 7 200 festivaliers massés devant la scène reprennent les paroles comme un seul homme et ce, jusqu'à la fin du concert ! Les refrains de « Les Filles du bord de mer », « Accordéon », « Les P'tits Papiers » ou encore « Emmenez-moi » résonnent dans toute la plaine de Saverdun, donnant parfois l'impression d'assister à une immense chorale à ciel ouvert.

Sur scène, le duo affiche une complicité intacte. Danito mène la barque avec sa guitare et ses percussions au pied tandis que Mr Kif passe avec une facilité déconcertante de l'accordéon à la mandoline, du banjo à la guitare, avant de dégainer même une scie musicale sur certains morceaux. Les deux chanteurs se partagent naturellement les parties vocales, donnant beaucoup de relief à un répertoire que le public connaît manifestement par cœur ("Grand Jacques", "Johnny tu n'es pas un ange", ...).

Mais Les Croquants ne se contentent pas uniquement de célébrer leur passé. Le duo profite également de cette tournée anniversaire pour dévoiler plusieurs reprises inédites destinées à leur futur EP à l'instar de « Sois fainéant », savoureuse reprise de Coluche dédiée avec humour aux nombreux enfants installés au pied de la scène ou encore « Si tu t'en irais » de Jean Yanne qui trouvent ainsi parfaitement leur place au milieu de classiques devenus incontournables ("Ta Katie t'as quitté", "Je bois", "Le tourbillon de la vie", ...).

Au fil du concert, on sent d'ailleurs que les deux musiciens sont sincèrement touchés par l'accueil réservé par le public des Voix Sonneuses. Les échanges avec les festivaliers sont nombreux, les sourires omniprésents et l'émotion affleure parfois derrière les plaisanteries. Après onze années sans nouvel album, retrouver un public aussi nombreux reprendre chacune de leurs chansons à gorge déployée semble avoir une saveur toute particulière pour Danito et Mr Kif...

Les Croquants auront offert bien davantage qu'un simple concert anniversaire. Pendant près d'une heure et demie, le duo aura ravivé les souvenirs de toute une génération tout en prouvant que son répertoire possède toujours cette formidable capacité à rassembler. Cette véritable madeleine de Proust portée par les deux musiciens se posera sans conteste comme l'une des plus belles prestations de cette huitième édition des Voix Sonneuses. On en a encore le poil tout hérissé !

Setlist :

La gamberge
Mon amant de St Jean
Grand Jacques
Les filles du bord de mer
Le tourbillon de la vie
Un violon, un jambon
Ta Katie t'as quitté
Sois fainéant
Si tu t'en irais
Je bois
Accordéon
Les p'tits papiers
Johnny tu n'es pas un ange
Mauvaise herbe
La marine
Le moribond
Emmenez-moi
L'herbe tendre

Les Ogres de Barback / La Rue Kétanou

Après les retrouvailles avec Les Croquants, la tension monte encore d'un cran sur la place du Champ de Mars. Il faut dire que le public attend avec impatience ce qui constitue sans conteste l'un des grands événements de cette huitième édition des Voix Sonneuses : la tournée commune de Les Ogres de Barback et La Rue Kétanou. Une idée qui mûrissait depuis de nombreuses années et qui semblait finalement presque naturelle tant les deux formations partagent une histoire, des valeurs et une conception de la chanson française profondément similaires.

Car voilà maintenant plus de trente ans que la fratrie des Ogres de Barback sillonne les routes avec une musique libre, ouverte et populaire, tandis que La Rue Kétanou défend depuis plus d'un quart de siècle une chanson festive, engagée et généreuse. Les chemins des deux groupes se sont croisés à de nombreuses reprises au fil des festivals et des tournées. Il ne manquait finalement plus qu'une chose : partager véritablement la même scène. C'est désormais chose faite avec cette tournée Tout en commun ! qui voit les neuf musiciens jouer ensemble du premier au dernier morceau plutôt que d'enchaîner deux concerts distincts.

Dès « Gbaou Gbaou », le ton est donné. Les voix se répondent, les instruments se croisent et les univers des deux groupes s'entremêlent avec une évidence presque déconcertante. Très vite, il devient impossible de distinguer où s'arrêtent Les Ogres de Barback et où commencent les membres de La Rue Kétanou. Les chansons des deux groupes changent simplement de couleurs au gré des arrangements, chacun s'appropriant naturellement le répertoire de l'autre avec  aisance ("Dos miné", "Impossible", "La fiancée de l'eau" ou "Almarita").

C'est d'ailleurs tout l'intérêt de cette aventure commune. Plutôt que de reproduire fidèlement les versions originales, les neuf musiciens réinventent leurs classiques respectifs en leur offrant une nouvelle lecture. « Accordéon pour les cons », « Toi jamais », « Sur le chemin de la bohème » ou encore « Rue de Panam » retrouvent ainsi une seconde jeunesse grâce à des arrangements inédits où les voix, les accordéons, les cuivres, les cordes et les percussions s'entremêlent dans une joyeuse effervescence.

Sur scène, chacun trouve naturellement sa place. Les instruments changent constamment de mains, les musiciens circulent sans cesse d'un bout à l'autre du plateau, les regards complices se multiplient et l'on sent que cette aventure dépasse largement le simple cadre d'une tournée commune. Plus qu'un concert, c'est une véritable célébration de l'amitié, du partage et de cette chanson française populaire que les deux groupes défendent depuis leurs débuts. Et ça, le public des Voix Sonneuses l'a bien compris.

En effet, les quelque 7 200 festivaliers répondent aux musciens avec une ferveur impressionnante. Il faut dire que cette proximité avec le public, les deux formations l'ont construite au fil des décennies en privilégiant l'authenticité aux effets de mode. Et ce soir encore, cette fidélité trouve un écho particulièrement fort devant la scène ariégoise.

Mine de rien, derrière la convivialité sincère sur scène avec des titres comme « 3-0 » ou « Les Hommes que j'aime » qui rappellent toute la dimension festive et populaire des Ogres de Barback et La Rue Kétanou, l'émotion est bel et bien présente ce soir. À ce titre, le medley « Peuple migrant" / "Perle rare », qui réunit deux chansons traitant de l'exil et de la migration avec beaucoup d'humanité et de pudeur  invite à la réflexion...

Mais le véritable point d'orgue de la soirée reste incontestablement le rappel. Après la reprise « SDF » d'Allain Leprest et « Rue de Panam », les premières notes des « Cigales » déclenchent une immense ovation car les musiciens de cette deuxième journée des Voix Sonneuses rejoignent la scène : Picon Mon Amour, Les Croquants et Goulamas'K viennent partager ce dernier morceau dans une ambiance de franche camaraderie. Une image forte qui résume à elle seule l'esprit de ce festival : celui du partage, de la convivialité et des rencontres musicales.

À l'arrivée, Les Ogres de Barback et La Rue Kétanou auront offert bien plus qu'un simple concert commun. Les neuf musiciens auront démontré que cette collaboration n'avait rien d'un projet opportuniste mais relevait bien de l'évidence artistique et humaine au fil de cette prestation généreuse, sincère et profondément fédératrice qui restera sans doute comme l'un des grands moments de cette édition des Voix Sonneuses.

Setlist :

  • Gbaou gbaou
  • Dos miné
  • La fiancé de l'eau
  • Impossible
  • Accordéon pour les cons
  • Les hommes que j'aime
  • Toi jamais / Luquejada
  • Peuple migrant / Perle rare
  • Almarita
  • Grand-Mère
  • 3-0
  • Sur le chemin de la bohème
  • SDF
  • Rue de Panam
  • Les cigales

Goulamas'K

Il est largement passé minuit lorsque les Héraultais de Goulamas'K investissent la grande scène des Voix Sonneuses pour refermer cette huitième édition du festival. Après deux jours de concerts, une chaleur accablante et des heures passées à danser devant les différentes scènes, on pourrait imaginer des festivaliers un peu émoussés. Il n'en est pourtant rien. Devant la scène, plusieurs milliers de personnes sont encore présentes, bien décidées à profiter jusqu'au bout de cette dernière déferlante musicale.

Depuis plus de 25 ans, Goulamas'K sillonne les routes avec une identité bien à lui, quelque part entre ska-punk, reggae, rock et musiques traditionnelles occitanes et catalanes. Sa recette pour le moins explosive où les cuivres, les guitares et les instruments traditionnels se mêlent à des textes chantés en français, occitan, catalan ou castillan donne un mélange des genres et des cultures qui fait toute la singularité du collectif héraultais.

Et dès les premières notes de « Tranquilet » puis de « Skabronca », la machine se met vite en route avec des rythmiques  immédiates qui font bouger les premiers rangs. En l'espace d'un instant, le pit retrouve une seconde jeunesse et les festivaliers se remettent à ordre de marche comme si la fatigue accumulée depuis la veille avait soudainement disparu. Il faut dire que c'est assez difficile de résister à cette musique taillée pour le live, où chaque morceau semble inviter ) se déchaîner dans le pit (« Voli Volar », « Je Glisse », « Destination Trottoir », ...).

Mais derrière cette énergie communicative, Goulamas'K n'oublie jamais ce qui constitue l'essence même de son projet. Ainsi, les textes engagés de Fred trouvent naturellement leur place au cœur de compositions où l'esprit revendicatif ne prend jamais le pas sur le partage. C'est pourquoi des titres comme « Lo Panaïs », « Rôdeur », « Tout Droit » ou « 2063 » rappellent que le groupe sait parfaitement conjuguer conscience sociale et envie de faire danser le public.

Sur scène, la machine Goulamas'K tourne à plein régime. Les déplacements des musiciens sont incessants, les échanges avec le public nombreux et l'intensité ne retombe pratiquement jamais. Cette générosité permanente trouve son prolongement chez les festivalers qui reprennent les refrains notamment avec la reprise de « Bella Ciao » ou les morceaux « Mon Pais », « Va Mal » ou « Avem Gagnato » dans une ambiance particulièrement électrique.

Mais ce qui marque chez les Héraultais, c'est la richesse de sa proposition musicale. Ainsi, les cuivres viennent constamment relancer les mélodies tandis que les instruments traditionnels apportent une couleur supplémentaire à un répertoire déjà particulièrement dense. Les morceaux s'enchaînent sans véritable temps mort passant sans difficulté d'un ska survitaminé à des passages plus reggae avant de replonger dans des accélérations où le punk reprend rapidement ses droits (« Skatalunya 3.0 », « Ponhat », « Skunk »). C'est une mécanique parfaitement huilée qui ne laisse aucun répit aux spectateurs !

On sent que la musique de Goulamas'K possède cette capacité rare à rassembler des générations et des sensibilités différentes autour d'une même envie de faire la fête. À cette heure avancée de la nuit, personne ne semble vouloir quitter le Champ de Mars tant l'ambiance reste électrique jusqu'aux derniers instants du concert !

Bref, il fallait sans doute un groupe comme Goulamas'K pour refermer cette édition 2026 des Voix Sonneuses. Avec son mélange explosif de ska-punk, de reggae et de traditions occitanes, le collectif héraultais aura offert un dernier souffle d'énergie à un public qui en redemandait encore. Les jambes sont lourdes, les voix un peu cassées et les organismes mis à rude épreuve par la canicule, mais les sourires qui accompagnent les derniers festivaliers quittant le Champ de Mars témoignent de la réussite de ce week-end. Deux jours de musique, de partage et de convivialité qui confirment, une nouvelle fois, que les Voix Sonneuses ont largement mérité leur réputation de « plus grand des petits festivals »...

Setlist :

Tranquilet
Skabronca
Voli Volar
L'Estaca
Je Glisse
Destination Trottoir
LNDA (la nuit des anges)
Lo Panais
Rôdeur
Skatalunya 3.0
Tout Droit
Ponhat
Solo Choufi
Skunk
2063
JLMV
Bella Ciao
Mon Pais
Va Mal
Avem Gagnato

Avec cette huitième édition, le festival des Voix Sonneuses aura une nouvelle fois largement tenu toutes ses promesses. Pendant deux jours, la place du Champ de Mars aura vibré au rythme d'une programmation particulièrement éclectique, capable de faire cohabiter chanson française, punk, hip-hop, reggae, drum'n'bass ou encore rock, sans jamais perdre de vue ce qui fait l'identité du festival : la convivialité, le partage et la proximité avec le public.

Et le public ne s'y est pas trompé. Avec près de 13 000 festivaliers réunis sur les deux soirées, cette édition 2026 établit un nouveau record de fréquentation et confirme la montée en puissance d'un événement qui s'impose désormais comme l'un des rendez-vous incontournables de l'été en Occitanie. Année après année, Frédéric Coux et toute son équipe parviennent à faire grandir le festival sans jamais se renier et tout en conservant cette dimension humaine sincère et authentique qui fait tout le charme des Voix Sonneuses.

Une telle réussite pose forcément une question : comment faire encore mieux en 2027 ? Car avec une programmation aussi ambitieuse, une organisation toujours aussi soignée et une affluence record, la barre a été placée particulièrement haut. Une chose est néanmoins certaine : au regard de la dynamique actuelle du festival, on a déjà hâte de découvrir ce que Frédo nous réservent pour la prochaine édition...

Crédits photos : Vincent BN. Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...