Foreign Tongues ! Que penser du 25ème album studio des Rolling Stones ?

Depuis plusieurs semaines, la planère Rolling Stones est en émoi. Des affiches mystérieuses des Cockroaches fleurissent dans Londres et dans le monde entier. The Cockroaches ! Les Stones nous ont déjà fait le coup par le passé avec des concerts surprises, des annonces d’albums avec ce pseudo… Alors quand un site apparait avec un compte à rebours et des logos empruntant la célèbre langue de John Pasche, tout le monde s’affole… à juste raison d’ailleurs puisque le groupe nous livre un 45t pour le Disquaire Day avec le single « Rough And Twisted ». Un blues rugueux avec cet harmonica dont Jagger maitrise les sonorités à merveille. Puis très vite, le secret Cockroaches est révélé au grand jour. Nous tenons là le premier single du prochain album des Stones prévu pour le 10 juillet. Ce 25ème effort studio sera intitulé Foreign Tongues et la pochette sera un artwork caricatural des trois Stones survivants d’inspiration Francis Bacon. On aime ou on n’aime pas… Chacun se fera son opinion, de toutes façons, les Stones font ce qu’ils veulent…

Rapidement, un nouveau single sous le nom des Rolling Stones verra le jour. « In The Stars » ouvre sur des très belles harmonies vocales et très vite Keith Richards vient nous asséner un riff implacable du haut de ses 82 printemps. Rien n’est laissé au hasard niveau communication et un magnifique clip voit le jour. Si Sydney Sweeney était l’égérie de « Angry », premier single du précèdent opus Hackney Diamonds, cette fois-ci c’est à Odessa A'zion, actrice hollywoodienne connue pour ses rôles dans I Love LA et Marty Supreme que revient l’honneur d’animer le clip des Pierres qui Roulent. On les voit rajeunis par l’IA, dans une ambiance très seventies pour ce titre avec quelques relents de « Miss You » où Jagger montre toute l’étendue de son talent.

Un deuxième single sorti deux semaines avant l’album mettra en avant la voie de falsetto de Mick. On parle de « Jealous Lover », un titre titre mid-tempo, quasiment une ballade. Et en face B de ce 45t, « Divine Intervention ». Comme sur Hackney Diamonds, bon nombre d’invités viennent prêter main forte au trio de survivants « stoniens ». La guitare de ce « Divine Intervention » est donc tenue par un certain Robert Smith. L’histoire raconte que le leader des Cure a croisé par hasard Jagger en studio alors qu’ils ne s’étaient jamais rencontrés et que Sir Mick lui a posé une guitare entre les mains en lui demandant d’immortaliser le moment. Mission accomplie pour un morceau de rock taillé pour les stades (en espérant que les gars aient assez d’énergie pour pouvoir y retourner).

Alors maintenant que voici la livraison complète, que reste-t-il à se mettre sous la dent ? Et bien, pas mal de petites choses fort sympathiques. A commencer par ce « Mr Charm » avec un riff accrocheur, Une chanson au phrasé parlé très "dylanien" dans laquelle Elon Musk en prend pour son grade ! Ils ont encore des messages à faire passer les Glimmer Twins !!!

On envoie de la slide sur « Ringing Hollow » et on ne peut s’empêcher de penser à Gram Parsons sur ce titre à forts relents de country. Les harmonies vocales nous renvoient aussi vers « You Can’t Always Get You Want ». De très belles références…

On vous disait plus tôt qu’il y avait pléthore d’invités sur ce nouvel opus. Sir Paul Mac Cartney revient, comme avec « Bite My Head Off » sur Hackney Diamonds, poser sa ligne de basse sur une compo de Jagger / Richards. « Covered In You «  est un joli rock où l’on regrettera le son un peu trop propre de Macca lui qui avait utilisé force fuzz sur le titre de l’album précédent. Mais les légendes s’amusent ensemble ! La guerre Beatles – Stones est finie ! Enterrée la hache de guerre ! Profitons-en, ça ne sera pas éternel.

Séquence émotion et hommage pour « Hit Me In The Head » où l’on retrouve derrière les futs Charlie Watts pour une de ses dernières pistes enregistrées en studio. Un très gros riff, un morceau de trois minutes. Pas besoin de plus quand on est les Rolling Stones. Le titre a une urgence Garage Punk 66 ! Impossible de penser qu’il est l’œuvre d’octogénaires !

Foreign Tongues

En 1962, les Stones ne juraient que par des reprises de chez Chess Records. Aujourd’hui, ils n’hésitent pas à rendre hommage à des artistes plus récentes. C’est la cas avec cette reprise du « You Know I’m No Good » d’Amy Winehouse, qui a rejoint Brian Jones dans le Club Des 27 en 2011.

Après Amy Winehouse, back to the roots avec une reprise de Chuck Berry pour clôturer l’album (comme la cover de Muddy Waters sonnait le clap de fin de Hackney Diamonds). A la batterie, rien moins que Chad Smith, taulier de la maison Red Hot Chili Peppers. « Beautiful Delilah » sonne en 2026 comme les Stones  à leurs débuts. Slide, arrangements très simples mais efficaces. Mais que demande le peuple ?

Chez les Stones, on sait écrire de fort belles ballades. Vous en voulez une chantée par Mick Jagger ? « Back In Your Life » est pour vous ! Un peu à la façon d’un slow hard rock type « Still Lovin’ You », le morceau monte en puissance et installe de belles ambiances. Le parallèle avec Hackney Diamonds renverrait au morceau avec Lady Gaga mais ici Jagger gère tout tout seul. Besoin de personne pour assurer Sir Mick !

Comme sur beaucoup d’albums, on retrouve Keith Richards au chant au moins sur un titre. « Ici, ce sera sur « Some Of Us ». Et force est de reconnaitre que si le guitariste n’a pas les possibilités vocales de son compère, il réussit à donner une chacune de ces chansons une atmosphère très particulière et il nous embarque dans son univers propre pour notre plus grand plaisir.

Les Stones sont intemporels. Et avec la patte d’Andrew Watt, ils arrivent à sonner plus actuels. C’est le cas sur des titres comme « Side Effects » qui rappellent des groupes comme les Strokes notamment. « Never Wanna Loose You » nous entrainera sur le dance floor sans problème.

Au final, avec ce Foreign Tongues, on vit Stones, on respire Stones, on partage un bout de chemin avec eux. Cette fois-ci, on sent plus particulièrement des relents de seventies tout au long de l’album mais pas uniquement. Découvrir un nouvel album des Stones ! On est bien conscients que ce privilège ne durera plus très longtemps. On sent cette urgence tout au long de l’album.

Les chroniques de cet album, on le savait avant de l’avoir écouté, seront certainement très partagées. On aura droit d’un côté aux phrases types : « Mais pourquoi ils ne raccrochent pas ? », « Ils n’ont plus rien à prouver ! », «  Ça n’arrive pas à la cheville de Sticky Fingers », « Rien fait de bon depuis Start Me Up… ». Et de l’autre, ceux dont nous faisons partie, qui préfèreront louer la créativité et la fougue d’un trio d’octogénaires passionnés. Alors oui, les Stones font du Stones. Et ils le font très bien. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils aiment ça. Et nous aussi ! Alors ne boudons pas notre plaisir…

Et bien évidemment pour les collectionneurs, une foultitude de versions différentes notamment en vinyle, mention spéciale au partenariat avec Marvel pour  des édictions collectors à l’effigie des quelques personnages iconiques de la franchise.

FOREIGN TONGUES MARVEL

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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