Gorod – The Ember Gone

Après un été 2026 caniculaire et marqué par de nombreux méga-incendies, la sortie de The Ember Gone, nouvel opus des Bordelais de Gorod a quelque chose de dramatiquement prophétique. En effet, initialement écrit autour des incendies qui ont touché la dune du Pilat en 2022, les textes portés par Julien Deyres rappellent à tous l’urgence écologique dans laquelle nous nous trouvons. Au-delà de son caractère actualiste, cet opus marque une nouvelle étape dans l’évolution du groupe de death technique, toujours plus tournée vers le metal progressif, pour un résultat artistiquement brillant encore une fois !

Comme pour rappeler son attachement au prog, influence majeure de ce huitième album, c’est une partie de clavier évoquant le Tubular Bells de Mike Oldfield qui nous accueille. Car oui, le prog est pleinement présent sur The Ember Gone et Gorod y crie son amour du style. Morceaux qui prennent le temps de se développer (les presque huit minutes de « Forgiveness » ou de « Regret »), interlude instrumental presque post-rock / ambiant (« Ember »), patterns en 7/8 ( « Devise »), passages jazzy (« Crimson » à 2:50), chant clair plus présent encore que sur Aethra ou The Orb, et titre instrumental technique que n’aurait pas renié Dream Theater (« Crimson ») : si ces éléments ne sont pas tous nouveaux (on pense notamment à Transcendence, magistral EP sorti en 2011), ils apparaissent pleinement digérés dans l’écriture de Mathieu Pascal (guitare).

L’alchimie musicale se ressent entre chaque membre du groupe, avec une section rythmique toujours aussi solide (les parties de batterie de Karol Diers se marient à merveille avec le groove de la basse de Barby), une belle complémentarité entre les plans de guitare en tapping de Mathieu Pascal et Nicolas Alberny, et même de discrètes lignes de claviers texturées toujours amenées avec subtilité (« Forgiveness » encore). Toutefois, ne nous y trompons pas, la patte de Gorod est toujours bel et bien présente, et ce qui fait l’originalité du quintette depuis Neurotripsick, c’est bien cette volonté de toujours évoluer et proposer des choses nouvelles (comme ces plans de lap steel guitar sur « Ignite » ou la mélancolie de « Remains ») sans brouiller les pistes, en gardant sa personnalité.

Musicalement, la solidité des compositions offre un beau terrain de jeu pour les textes de Julien Deyres qui puisent, on l’a dit, dans l’actualité liée aux méga-feux pour nourrir une réflexion sur l’évolution de notre monde et notre place en son sein (« I need assistance to find resilience And lead us somewhere... where none has to beg for forgiveness For the world we live in does not belong to us » sur « Forgiveness » ou encore « What keeps to remain after we’ve gone? What will remain... of all our love after we’ve gone? » sur « Remains »).

Avec des compositions une fois de plus intelligentes, bien écrites, à la fois technique tout en étant diablement accrocheuses, The Ember Gone s’inscrit dans la suite logique de ce que Gorod proposait sur Aethra et The Orb : un opus toujours ancré dans le death metal, où les influences progressives sont plus marquées, mais surtout où chaque note est pleinement justifiée et où chaque titre mérite sa place dans une setlist en live.

Tracklist : 

Signs
Devise
Forgiveness
Regret
Crimson
Ignite
Ember
Remains

 

Album disponible depuis le 28 août 2026 chez Base Productions
Photographie promotionelle : © Leonor Ananké 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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