Rory « Bulle » Foret – Guitare, Chant
Leïla Elysée – Basse
Kayla Mae – Batterie
The Transatlantics ne sont pas nées d’un simple projet musical. Elles sont nées d’un manque. En 2025, une évidence s’impose : dans un monde du rock qui se prétend libre, certaines voix restent silenciées. The Transatlantics se forme comme une réponse frontale : un groupe de rock entièrement composé de femmes trans, non pas comme un concept, mais comme une nécessité.
The Transatlantics impose directement une présence brute, inspirée du blues-rock des 70s et du grunge des 90s. Elles détournent les codes du rock classique pour affronter des sujets contemporains : identité, invisibilisation, artificialisation de la création, avec une urgence rare.
De Tumblr à la scène, ou comment The Transatlantics transforme une histoire d’amour et de transition en déflagration rock. En 2023, Rory découvre le travail de l’Américaine Kayla, ses bandes dessinées, ses récits de transition, sa manière de transformer l’intime en matière artistique. Rory et Kayla découvrent leur amour commun de la musique et du blues-rock ardent, c’est le coup de foudre artistique et humain, elles ne se quitteront plus. Parmi les créations de Keyla, il y avait un dessin représentant Kayla et Rory en train de jouer ensemble, avec le nom The Transatlantics, à la fois une blague et un rêve qu’elles partageaient : celui de monter sur scène.
Très vite, le projet musical s’incarne. Une première formation voit le jour avec Astr aux claviers. Quelques mois plus, elles enregistrent en juin 2025 un premier album éponyme. Sorti à la fin de l’année, il trouve un écho inattendu, preuve que quelque chose de plus grand que le groupe est en train de se jouer.
Chaque morceau de l’album est une prise de position. “Transgression” ouvre comme un manifeste impossible à ignorer. “Cloud Jam” transforme la colère en résilience. “Electric Sheep” détourne le blues traditionnel pour affronter les angoisses contemporaines liées à l’IA. “Cumulus” ralentit le tempo pour exposer une vulnérabilité à nu. “A Firefly’s Tale” raconte, une histoire suspendue entre folk et narration. “Fresh Leaves” replonge dans un groove lourd et organique. “It’s A Long Way Home” célèbre le retour, la reconnexion, jusqu’à une explosion finale inattendue. Enfin, “Dreammaker” referme l’album dans un mur de son hérité des 90s, tourné vers la lumière.
Derrière cette formation rapide, une histoire intime : celle de musiciennes qui ont utilisé le rock comme refuge, puis comme arme. Entre blues habité et énergie grunge, leur musique devient le prolongement direct de leurs trajectoires personnelles, sans filtre ni compromis.
Depuis début 2026, et encore grâce à une publication sur Tumblr, la bassiste anglaise Leïla a remplacé Astr. Avec elle, le son change de dimension. Elle apporte une touche plus grunge et plus lourde, mais aussi son influence mélodique des années 90/2000.
Sur scène, le projet prend alors tout son sens : la hargne de la guitare, le groove de la batterie, le pulse de basse se mêlent dans le besoin profond d’exister ; Jouer, jouer aussi fort et percutantes que possible pour faire entendre sa voix que nombreux voudraient silencieuse. Des voix fortes, sans tentative de rentrer dans le moule ou de suivre les modes ni de se rendre plus acceptables au yeux du public.


