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Le rock progressif en 1 site et 1 interview
Lundi 17 Mai 2021 à 11h38, by Gaston , vu 13190 fois

AmarokprogAmarokprog, c'est un site que vous connaissez déjà si vous êtes amateur de rock progressif. Si vous n'accrochez pas trop à cette musique, vous allez peut-être y découvrir un groupe qui répond à vos exigences! Si vous ne savez pas ce que veut dire rock progressif, il est urgent d'éteindre votre radio (Mais pas la Grosse!!). Heureusement pour vous, Cyrille Delanlssays(le webmaster) est là! 2000 groupes, 9100 albums et 830 critiques... Tout est là pour plonger dans le monde du « prog ».Mais Cyrille n'est pas seul car tous les visiteurs enregistrés peuvent proposer leurs articles ou critiques. Les fainéants pourront se contenter de noter leur albums. Ce qui permet à Amarokprog de proposer une sorte de top 50 du prog. Pour présenter ce beau projet, quoi de mieux qu'une petite interview de Cyrille Delanlssays?


Cyrille, je suis sûr que tu ne t'attendais pas à cette question : qu'est ce que le rock progressif?

Sans vouloir répondre à côté de la plaque, je dirai que le sujet est si vaste qu'il sera difficile de résumer la question en quelques mots. Toutefois, commençons par le commencement, c'est-à-dire avec la terminologie même de « Rock Progressif » . Cette appellation est une aberration ! Dire que le Rock est « progressif » revient à n'envisager le reste que d'un strict point de vue immobiliste, voire régressif (même si la Star Ac' peut poser la question)... bref, cela n'a aucun sens ! Seulement, dès le début des années 70, la presse française a préféré traduire littéralement l'expression anglo-saxonne « Progressive Rock » dont la signification n'avait pas la même portée – la notion de progression n'étant pas perçu comme un « progrès » en tant que tel.

Sommes-nous plus avancés pour autant ? Pas vraiment... passons alors à la datation du phénomène, même si le jeu relève de l'équilibrisme. Ainsi, certains spécialistes désignent « Pet Sound » des Beach Boys comme premier album progressif. Il faut signaler que ce dernier était vendu à sa sortie avec l'argument publicitaire de disque le plus progressif de l'époque (toujours dans sa connotation anglaise) ! L'argument s'appuyait sur le travail novateur et révolutionnaire de Wilson, tant au niveau de l'enregistrement (overdubbing etc.) que de la composition qui ne se figeait pas forcément dans les structures habituelles ABABAB (couplet/refrain) ou ABCB (couplet/refrain/pont/refrain). A contrario, d'autres personnes penchent pour « St Pepper and the Lonely Heart Club Band » des Beatles qui alignait les mêmes défis musicaux avec en plus la notion d'album conceptuel.

Parallèlement, il faut savoir qu'à cette époque, une nouvelle vague de groupes et de musiciens souhaitaient s'affranchir des conventions. En trouvant leurs origines dans le folk (Pink Floyd, Yes, Genesis), le Jazz (Soft Machine), le classique (The Nice) ou le blues (Clapton, Cream), ils firent émerger de nouvelles tendances synthétisées dans l'incontournable « In The Court of Crimson King » de King Crimson paru en 1969. Celui-ci peut être considéré comme le véritable déclencheur du mouvement en poussant notamment Genesis à embrayer sur une musique plus complexe (sur le fameux « Trespass ») et briser les barrières d'un rock trop institutionnalisé.

C'est peut-être ici que l'on peut trouver la véritable définition du Rock Progressif : défier les règles établies et jouer une musique sans contrainte de temps ou de style.

En cela, le progressif va rapidement contenir une foule de sous catégories telles que le Canterbury (de nombreux musiciens de cette région périphérique de Londres ayant développé un style clairement basé sur le jazz comme Soft Machine, Caravan, Matching Mole), le psychédélique (Pink Floyd), le Rock In Opposition (Henry Cow), le Space Rock (Hawkwind, Tangerine Dream) etc.

En réalité, les seules contraintes quasiment imposées par cette musique étaient d'ordre matériel (Melotron, Moogs et synthétiseurs onéreux à la mode) et technique puisqu'il fallait une excellente pratique musicale pour réussir à se lancer dans des compositions telles que « Supper's Ready » (Genesis) ou « Close to the Edge » (Yes).

Quelques années plus tard, la vague punk reprendra ces arguments pour enterrer le courant progressif, relayée par une presse qui sentit alors le bon filon... en 1977 il n'était plus de bon ton de savoir jouer d'un instrument avec virtuosité et encore moins sur du matériel coûteux... ces deux éléments étant éloignés du principe rock fondamental...

Du coup, de nombreux groupes disparurent (Van Der Graaf Generator, UK, King Crimson), certains se recyclèrent sur des formules plus faciles, voire commerciales (Yes, Genesis, Renaissance, Mike Oldfield, Pink Floyd, Rush), d'autres se firent plus discrets, rejoignant une certaine confidentialité (Steve Hackett, Camel)...

Ces mêmes années 80 virent l'arrivée de Marillion, Pendragon, IQ et Pallas notamment. C'est la vague du néo-progressif, beaucoup moins médiatisée évidemment (excepté Marillion étonnamment affilié au courant hard-rock) et qui, pour la plupart des groupes, consiste à reprendre des recettes établies dans les années 70 (Genesis étant le modèle absolu) tout en employant des sonorités plus moderne (à l'époque).

Enfin, le renouveau apparaîtra avec Dream Theater et l'album « Images and Words » sorti en 1992. Fondamentalement plus heavy, porteur d'influences comme Yes ou Rush mais clairement original. De nombreux groupes ont depuis émergés en ajoutant de nouvelles références comme Gentle Giant (groupe peu connu mais finalement très influant), Emerson Lake and Palmer, King Crimson ou Pink Floyd : Spock's Beard, Porcupine Tree et toute une vague de groupes nordiques talentueux : Flower Kings, Anglagaard, Paatos, White Willow... et même Björk ou Sigur Ros.

Evidemment, cette histoire est très condensée ! Tu comprendras également que je reste opposé à un quelconque concept d'âge d'or que certains désignent entre 1969 et 1979. Cela reviendrait à dire que l'on était alors au sommet du progressif alors que le genre existe toujours. C'est un contre sens. Disons que cette première période à jeté les bases d'un progressif « classique », dont la dénomination aujourd'hui désuète et clairement haïe par une grande partie de la presse (« R&F » notamment) ne permet pas de déterminer ses limites pour la simple raison qu'il n'en a pas et ce, par définition... tu me suis ?

Disons juste que le progressif peut se reposer sur des critères objectifs qui ne sont pas obligatoires (durée, complexité) et d'autres critères, plus subjectifs comme les influences multiples (classique, jazz, blues, ethniques etc.) ou l'innovation (instruments, technique etc.)…

Comment as-tu découvert ce style?

Paradoxalement, il y a longtemps… et plus récemment ! Quand j'étais gamin, mes frères écoutaient Alan Parsons Project, Mike Oldfield, Pink Floyd, Peter Gabriel, un peu de Yes entre autres choses loin du « progressif », mais à cette époque, je ne me posais aucune question sur le genre ou le style de telle ou telle musique.

Ensuite, j'ai balayé toute la discographie de Mike Oldfield qui est devenu mon compositeur favori... notamment à l'époque de « Amarok »

Evidemment, je n'écoutais pas que ça ! Toto, Dire Straits, Bill Deraime, Lavilliers, Polnareff, Larry Carlton, Chris Isaak et plein d'autres choses passaient sur la platine...

Il y a huit ans, un professeur de l'université de Jussieu où j'étudiais et qui connaît bien les musiques « progressives » m'a fait découvrir Dream Theater... puis Camel, King Crimson, Emerson Lake and Palmer, Spock's Beard et tout s'est enchaîné rapidement.

Peu à peu, j'ai remonté le fil, reconstruit l'histoire. Une chose est certaine, je ne suis pas et me considère encore moins comme un exégète de la question ! Je ne restreins pas ma passion musicale à un seul genre, aussi ouvert soit-il... la musique que j'aime est celle qui me touche et elle peut provenir de partout.

Quels disques conseillerais-tu à un néophyte pour découvrir le prog?

Comme je te l'ai dis, je ne connais pas tout sur le bout des oreilles et la liste sera souvent différente en fonction des personnes (les goûts et les couleurs !) mais pour bien commencer, et se faire une bonne idée du sujet, je dirai que les albums suivants seront bienvenus pour se faire une idée des différents courants, et ce, même s'il n'y a pas que des chefs d'oeuvres :

(En gras les conseils personnalisés)

Années 60 :

  • The Beatles – Sgt Pepper and the Lonely Heart Club Band (1967)
  • The Moody Blues – Days of the Future Passed (1967)
  • Pink Floyd – The Piper at the Gates of Dawn (1967)
  • The Beatles - Abbey Road (1969)
  • King Crimson - In the Court of Crimson King (1969)
  • Frank Zappa - Hot Rats (1969)
  • Soft Machine - 2 (1969)

Années 70 :

  • Soft Machine - 4 (1971)
  • Genesis - Nursery Cryme (1971)
  • Jethro Tull - Aqualung (1971)
  • Emerson Lake and Palmer - Tarkus (1971)
  • Caravan - In The Land of Grey and Pink (1971)
  • Van Der Graaf Generator - Pawn Heart (1971)
  • Jethro Tull - Thick as a Brick (1972)
  • Genesis - Foxtrot (1972)
  • ELP - Brain Salad Surgery (1972)
  • Yes - Close to the Edge (1972)
  • Magma - Mekanik Destruktïv Kommandoh (1973)
  • Pink Floyd - Dark Side of the Moon (1973)
  • Caravan - For Girls Who Grow Plump at Night (1973)
  • Genesis - Selling England by the Pounds (1973)
  • Gentle Giant - Octopus (1973)
  • Mike Oldfield - Tubuler Bells (1973)
  • Peter Hammill – In Camera (1974)
  • Hawkwind – Hall of the Mountain Grill (1974)
  • Ange – Au delà du délire (1974)
  • Genesis - The Lambs Lies Down On Broadway (1974)
  • King Crimson - Red (1974)
  • Yes - Relayer (1974)
  • Robert Wyatt - Rock Bottom (1974)
  • Mike Oldfield - Hergest Ridge (1974)
  • Tangerine Dream - Rubycon (1975)
  • Harmonium – Si on avait besoin d'une cinquième saison (1975)
  • Steve Hackett - Voyage of the Acolyte (1975)
  • Henry Cow - In Praise of Learning (1975)
  • Mike Oldfield - Ommadawn (1975)
  • Pink Floyd - Wish You Were Here (1975)
  • Van Der Graaf Generator - Godbluf (1975)
  • Renaissance - Scheherazade And Other Stories (1975)
  • Camel - The Snow Goose (1975)
  • Kansas - Left Overture (1976)
  • Pink Floyd - Animals (1977)
  • Kansas - The Point of Known Return (1977)
  • Yes - Going for the One (1977)
  • Supertramp – Even in the Quietest Moments (1977)
  • Grobschnitt – Solar Music Live (1978)
  • UK - UK (1979)
  • Pink Floyd - The Wall (1979)

Années 80 :

  • Peter Gabriel - 3 (1980)
  • Rush - Moving Pictures (1981)
  • Twelfth Night - Smiling At Grief (1981)
  • Mike Oldfield - Five Miles Out (1982)
  • Asia - Asia (1982)
  • Yes - 90125 (1983)
  • IQ - Tales from the Lush Attic (1983)
  • Marillion - Mispaced Childhood (1985)
  • Kate Bush – Hounds of Love (1985)
  • Peter Gabriel - So (1986)
  • Yes - Big Generator (1987)
  • Iron Maiden - The Seventh son of the Seventh Son (1988)

Années 90 :

  • Mike Oldfield - Amarok (1990)
  • Camel - Dust and Dreams (1991)
  • Dream Theater - Images and Words (1992)
  • Mike Oldfield – Tubular Bells 2 (1992)
  • Peter Gabriel - Us (1992)
  • Dead Can Dance - Into the Labyrinth (1993)
  • Pink Floyd – The Division Bell (1994)
  • Spock's Beard - The Light (1994)
  • Anglagard - Epilog (1994)
  • Echolyn - As the World (1995)
  • After Crying – De Profondis (1996)
  • Pendragon - The Masquerade Overture (1996)
  • Ozric Tentacles - Curious Corn (1997)
  • Shadow Gallery - Tyranny (1998)
  • IQ - Subterranea (1997)
  • Camel - Rajaz (1998)
  • Liquid Tension Experiment – 2 (1999)
  • Dream Theater - Scenes From a Memory (1999)

Années 2000 :

  • Porcupine Tree - Lightbulb Sun (2000)
  • Iona - Open Sky (2000)
  • Transatlantic - SMPTe (2000)
  • Spock's Beard – V (2000)
  • Pallas - The Cross and the Crucible (2001)
  • Spock's Beard – Snow (2002)
  • Archive - You All Look The Same to Me (2002)
  • Transatlantic - A Bridge Across Forever (2002)
  • Peter Gabriel - Up (2003)
  • Neal Morse - Testimony (2003)
  • ACT - Last Epic (2003)
  • Arena - Contagion (2003)
  • The Tangent - The Music That Died Alone (2003)
  • Carptree - Superhero (2003)
  • Marillion - Marbles (2004)
  • Neal Morse - One (2004)
  • The Mars Volta – France the Mute (2004)
  • Steve Hackett - Metamorpheus (2005)
  • Porcupine Tree - Deadwing (2005)
  • Pineapple Thief - 10 Stories Down (2005)
  • Neal Morse - ? (2005)
  • Kate Bush - Aerial (2005)

Il y a tant de bons albums ! Sinon, je conseille vivement le livre de Frédéric Delage : « Chronique du Rock Progressif » qui offre un éventail de 100 albums indispensables pour la période 1967-1979. Son choix est très pertinent.

Comment t'est venue l'idée de créer un site dédié au prog?

Ma véritable passion demeure le cinéma et l'écriture (scénarii, critiques et d'autres choses encore). Evidemment, lorsque j'ai décidé de créer un site, je me suis rendu compte de la prolixité des sites ayant un pied dans ce domaine ! Je ne voyais pas ma valeur ajoutée en créant un site de plus sur tel réalisateur ou tel auteur. En réfléchissant et un peu par hasard je l'avoue, j'ai donc opté pour le Rock Progressif. J'aime bien les causes perdues et le genre étant très peu relayé par la presse (et plutôt peu appréciée, voire détesté), cela me plaisait bien d'Å“uvrer pour le vilain petit canard du coin ! De plus, j'avais un socle intéressant pour écrire régulièrement et m'essayer à de nouvelles choses comme les interviews avec des artistes parfois reconnus tels que Steve Lukather, guitariste de Toto ou Al Stewart. Bref, de quoi m'amuser... en amateur ! En attendant mieux, qui sait ?

Quand tu dis: « AmarokProg est une communauté dédiée au Rock Progressif mais ouvert sur différents horizons musicaux. » Quels sont ces horizons musicaux?

Tous ou presque, à condition que les artistes essayent de faire avancer les choses. C'est une des caractéristiques du progressif comme nous l'avons vu.

C'est très subjectif évidemment, mais surtout, je ne veux pas être sectaire ! J'ai fait de la pub pour Bill Deraime qui n'a strictement rien à voir avec le progressif, écrit une revue de concert pour Melissa Etheridge... ce sont des coups de cÅ“ur pour des artistes que je respecte et dont j'ai envie de parler. Mon site est un bon moyen de communiquer ma passion de la musique, je peux m'autoriser quelques exceptions progressives... deux exceptions en trois ans, c'est acceptable, non ? (rires).

Cela dit, ces horizons sont déjà représentés par Radiohead, Muse, Deep Purple, Queen ou Iron Maiden qui ont un bagage progressif évident malgré qu'ils soient catalogués pop, alternatif ou hard-rock, ce que je ne conteste pas. Mais tu sais, les étiquettes...certains me réclament les Who, Led Zeppelin, les Beatles... il faut savoir que pratiquement tous les groupes qui ont Å“uvré entre 1965 et 1975 ont effleuré le genre à un moment où un autre., cela ne fait pas d'eux des groupes progressif sur l'ensemble de leur carrière mais je ne vais pas les laisser de côté pour autant. Non mais !

J'ai lu sur ton forum que des progueux purs et durs n'avaient pas apprécié l'ajout du groupe Radiohead (ou encore Muse) dans la base de données d'Amarok. Bien que le rock de Genesis et de Radiohead ne soient pas comparables, pourquoi les fans de prog des 70's sont-ils si frileux à l'idée d'ouvrir un peu le champ de cette musique?

Effectivement, Genesis et Radiohead n'ont pas grand chose de commun, mais Tom York devrait clairement revendiquer l'influence de King Crimson et même celle de Peter Hammill (Van Der Graaf Generator). Je sais qu'il a beaucoup craché sur le progressif, comme beaucoup d'autres, ce qui fait toujours plaisir aux revues spécialisées en les réconfortant dans leur tendance. C'est navrant. Ce discours est hypocrite mais pas surprenant vis à vis du business. Ca va dans le sens du poil des journaleux et ça permet au groupe de rester dans le droit chemin.

Même Steven Wilson de Porcupine Tree avait commencé à renâcler sur le genre lors de la sortir de « In Absentia » en 2003 et promis à un beau succès commercial. On y revient.

Ce qui est amusant, c'est d'observer ces mêmes critiques écouter l'un de leur protégé du moment, The mars Volta, déclarer puiser leur inspiration chez Pink Floyd ou Yes ! Depuis, les « Inrocks » se sont fendus d'une réévaluation de Genesis (« groupe finalement assez fréquentable ») histoire de rester relativement cohérent avec eux-mêmes. Difficile de porter au pinacle un groupe et de réduire en cendre leurs modèles... en tout cas, je trouve cette situation aussi risible que symptomatique...

Cela dit, il faut noter deux exceptions avec ces critiques : King Crimson et Van Der Graaf Generator qui ont curieusement acquis un statut d'icônes cultes des années 70. Le fait qu'ils aient été les deux moins bons vendeurs des cinq géants du genre (les trois autres étant Pink Floyd, Genesis et Yes ) n'y est probablement pas étrangers : comme chacun sait, le succès du voisin est toujours suspect (rire) !

Pour en revenir à Radiohead, c'est Rick Wakeman de Yes qui a défini le groupe (mais aussi Muse) comme faisant une musique progressive... cet argument m'a évidemment donné un prétexte valable pour les ajouter à la base. Je ne suis fan ni de l'un, ni de l'autre et le problème n'est pas là mais dans le paysage rock actuel, ils essayent de chercher autre chose, d'avancer. Le fait que les « progeux » purs et durs refusent de leur accorder ce crédit vient probablement de leur attitude dédaigneuse qui n'arrange rien.

Le fait de mettre une étiquette sur tel ou tel groupe ne limite-t-il pas sa créativité (néo-psychédelic-prog rock?). Une fois qu'un groupe a rencontré un certain public, n'a-t-il pas peur de dévier un peu?

Je n'aime pas les étiquettes (ce qui est paradoxal vu le site) mais le public semble en avoir besoin pour se repérer. Je pense que la créativité n'est limitée qu'à partir du moment où un groupe décide de rester dans un créneau unique, une spirale créatrice sans ouverture... libre à lui de s'en échapper, même si les contingences économiques et artistiques (tous n'ont pas les moyens de se le permettre) font qu'il est difficile d'agir autrement. Une fois l'artiste catalogué, que ce soit en musique ou au cinéma, le public attend de lui toujours la même chose, ce phénomène n'est pas nouveau.

Et si beaucoup de groupes progressifs ont évolué vers une musique commerciale, le contraire est nettement plus rare. L'une des raisons est donc simplement économique (justifier d'un projet à risque), une autre relève de l'artistique dans le sens où une musique complexe nécessite un bagage technique nettement plus important. Celui qui écrit une merveille avec trois accords de guitare ne saura pas forcément se lancer dans l'interprétation d'un « Supper's Ready » (ce que je ne critique pas, l'un et l'autre pouvant donner des Å“uvre passionnantes).

Le prochain album de Toto va d'ailleurs dans ce sens. Le groupe a décidé de ne plus faire le jeu des maisons de disque et de jouer la musique qui lui plait, sans obligations de single à la clé. Le prochain album nous dira si tel est réellement le cas mais c'est a priori une décision courageuse... plus facile à prendre pour un groupe qui a déjà 30 ans de carrière et de succès derrière lui !

Quels sont les groupes actuels qui attirent ton attention?

J'aime beaucoup Spock's Beard et Neal Morse en solo, le dernier Marillion en date (« Marbles ») est également un petit bijoux, tout comme « Up » de Peter Gabriel. Et puis je mise toujours sur des valeurs sûres venues des années 90 comme Shadow Gallery, Dream Theater, Porcupine Tree, Pineapple Thief, Enchant, After Crying, Pain of Salvation, White Willow, Glass Hammer et les plus anciens… Steve Hackett, Magma, Camel…

Pour les petits nouveaux, The Mars Volta et Sigur Ros sont intéressants mais il faudra attendre la suite pour réellement juger de leur importance.

Côté français, je dirai qu'il faut découvrir Nemo, Nil et La Zombie et ses Bizons...

Enfin, Mike Oldfield même s'il n'est plus ce qu'il était (mais sait-on jamais ce que l'avenir nous réserve) et le prochain Toto évidemment…

Comment vois-tu l'avenir de la musique progressive ?

Moins sombre qu'il y a dix ou quinze ans. Le fait que des coqueluches de la presse branchée comme The Mars Volta clament haut et fort leur admiration pour le genre peut faire évoluer sensiblement les choses.

De plus les technologie font que l'on peut avoir du bon matériel d'enregistrement à moindre coût, ce qui entraîne un accroissement notable de l'offre. C'est une bonne chose, mais il y a un effet boomerang puisqu'il devient de plus en plus difficile de faire le tri ! A côté de bons groupes, qui ont de la matière, on retrouve des formations techniquement moins bonnes et sans originalité.

De toutes façons, les critiques crachent toujours violemment sur le progressif (je pense à ManÅ“uvre et toute sa clique) alors que ces derniers étaient portés aux nues au début des années 70. ELP qui reste l'une des cibles favorites des détracteurs a même reçu plusieurs fois les prix de la critique de l'époque, « Tubular Bells » s'est vendu à 16 millions d'exemplaires et aujourd'hui ce serait le pire du pire ? Pourquoi pas ? Mais ces "spécialistes" devraient admettre que ce qu'ils adorent aujourd'hui sera peut-être voué au même pilori dans 20 ans. Qui sait si le progressif ne sera pas alors redevenu la musique à la mode ? La roue tourne mais je reconnais que c'est un point de vue ultra-optimiste. Peut-être que la prochaine génération de critiques rééquilibrera la balance... une fois que l'on aura coupé les membres gangrenés d'une presse musicale sans âme à la solde des grandes compagnies.

As-tu d'autres activités dans la musique ou es-tu musicien?

Comme je te l'ai dis, j'essaye d'écrire et de réaliser un film. J'aimerai bien naviguer dans la critique, bref, faire du cinéma et/ou de la musique mon activité principale mais c'est un cercle assez fermé et il est difficile d'avoir un laisser passer. Sinon je gratte un petit peu, mais je ne suis pas musicien hélas et je crois que ce n'est pas près de changer maintenant. Tant pis pour les voisins...

Es-tu capable d'écouter un album complet de Michel Sardou sans faire une crise d'épilepsie?

Ha ha. Excellent. Bon, quand j'étais gamin j'aimais bien « Le Lac du Conemmarra », « Je vole », ce genre de choses. Je vais sûrement en faire frémir plus d'un mais je lui reconnaîs toujours un vrai talent d'interprète ! Il faudrait être d'une parfaite mauvaise fois pour dire le contraire, ce type sait placer une note et la tenir. Maintenant ça n'a rien à voir avec les chansons en elles-même...Je peux supporter beaucoup de choses sauf 99% du rap (à quoi ça sert sauf pour le fromage ou les carottes ?) un gros gros paquet de techno et tout ce qui s'appelle le R'n'B (on est pourtant loin de Ray Charles) avec ces chanteurs/chanteuses qui font des vocalises foireuses sous un déluge de basses binaires. Là je ne tiens pas longtemps...

Pour en revenir à Sardou, son cas est similaire à des Delpech, Dassin et j'en oublie (la chanson populaire des années 70). Ils me replongent dans mon enfance et je dirai que l'aspect nostalgique prend le pas sur toute notion critique objective (rire)... maintenant, je ne me force pas à replonger dans mon enfance si c'est ce que tu veux savoir (rire) !

C'est sûr qu'en matière de chansons françaises je préfère Lavilliers (« IF » est un chef d'oeuvre), Deraime (un très grand méconnu), Balavoine, Polnareff, Personne ou Gotainer dont les titres étaient composés par Claude Engel, guitariste chez… Magma... tout comme Paganotti le bassiste de Cabrel… comme quoi, on en revient toujours au progressif (rire).

Pourquoi NRJ est la première radio de France?

Parce que l'on vit dans une société foncièrement capitaliste et qu'en bon soldat des lois du marché, elle a bouffé ses petites voisines, lentement mais sûrement. Le marketing et tout le toutim faisant le reste... A priori, ce n'est pas par la qualité de sa programmation qu'elle y est parvenue mais comme je n'écoute jamais NRJ, je ne saurai juger...

Comment Phil Collins a pu en arriver là?

Attention ! N'oublions pas quel formidable batteur est Phil Collins. Certes, sa musique s'est diluée avec les années mais ses deux ou trois premiers albums solo tenaient vraiment bien la route surtout en pleine période new wave.Evidemment, nous sommes loin du Genesis des débuts mais il reste un formidable musicien et il a écrit, produit et interprété des chansons qui méritent notre respect... et ce, même s'il vient supporter la Star Academy (gloups).

Il faut se souvenir des belles choses comme dirait je ne sais plus qui.

Et puis avec des gens talentueux, il faut s'attendre à tout!

Quel est le CD le plus pourri de ta collection? Attention, pas de triche!

Je crois qu'il s'agit d'une compilation que j'avais reçu en cadeau, un truc qui s'appelait « Doom Thunder II » ou quelque chose de poétique dans le même style... un truc horrible avec des braillards typés hommes des cavernes.

J'imagine qu'ils devaient être en peau de bête pour grogner une plombe comme ça... enfin je sais pas exactement puisque j'ai coupé au bout de quelques secondes. J'ai eu beaucoup d'inquiétudes pour ma chaîne hi-fi mais elle s'en est remise... avec du temps...

Quels sont les prochains événement prog à ne pas rater?

Il y a le concert de Porcupine Tree en novembre bien sûr à L'Elysée Montmartre, et Dream Theater au Zénith de Paris. A part cela, il faudra patienter jusque 2006 pour avoir un festival à se mettre sous la dent.

Enfin, les albums de Kate Bush (« Aerial »), Neal Morse (« Question Mark »), Riverside (« Second Life Syndrome ») et Roine Stolt des Flower Kings (« Wall Street Voodoo ») et l'enregistrement live du "Rock Bottom" de Robert Wyatt qui sortira sous le titre " Live Theatre Royal Drury Lane".

Et puis les fêtes approchent et son lot de DVD comme « Still Growin'Up » de Peter Gabriel, « Pulse » de Pink Floyd et « Exposed » de Mike Oldfield.

As-tu des projets pour amarok ?

A part les chroniques, articles et la base de données à enrichir grâce à mon pote Vincent (merci à lui pour tout ce qu'il a déjà fait), pas vraiment. En tout cas, j'en suis déjà à la version 3 et elle n'évoluera pas de sitôt. Je pense continuer ainsi tant que j'aurai un peu de temps. Car une chose est certaine, un jour ou l'autre, il faudra passer la main... mais ce n'est pas encore d'actualité !

As-tu quelque chose à ajouter ?

Oui. J'ai eu l'occasion de participer à des forums musicaux sur le net, notamment celui de la revue Crossroads qui se dit « sans concession ». A partir du moment où l'on est pas d'accord avec eux, j'ai pu noter le manque d'ouverture d'esprit des soit-disant professionnels de la critique musicale...

Ce n'est que de la musique ! Abolissons les modes et les jugements péremptoires, c'est à ce prix que nous échangerons nos différences (c'est pas beau ça ?)

Et pour conclure, n'oubliez pas qu'il vaut mieux penser le changement que changer le pansement. A bon entendeur !

Les 10 groupes les plus consultés sur Amarokprog:

  • 1 - PINK FLOYD
  • 2 - DREAM THEATER
  • 3 - MIKE OLDFIELD
  • 4 - MARILLION
  • 5 - PORCUPINE TREE
  • 6 - GENESIS
  • 7 - MAGMA
  • 8 - ANGE
  • 9 - YES
  • 10 - CAMEL

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Quelques sites d'artistes que Cyrille a mentionné:

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