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Periphery - Periphery III: Select Difficulty


A l'heure où un genre comme le djent, ou plus particulièrement le progressif moderne en ce qui concerne l'intéressé du jour, a le vent en poupe, Periphery ne cesse de pondre de quoi satisfaire sa solide fanbase avide de riffs lourds et méticuleux. C'est pourquoi, un an et demi après la sortie de Juggernaut: Alpha/Omega, Misha Mansoor et ses acolytes proposent déjà une nouvelle offrande au monde du prog ; Periphery III: Select Difficulty.


Pour commencer, autant décrire l'album dans son ensemble avant de s'y intéresser plus profondément. Ce nouvel opus est globalement un excellent album de Periphery et surtout un superbe ajout au sein des références dans le domaine du djent et progressif. On y retrouve toujours ces riffs incroyablement bas aux angles si pointus, toujours ces leads de guitares mirobolantes et aussi ce chant mi-screamé mi-clair afin de produire des morceaux violents aux refrains accrocheurs.

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Mais c'est lorsque l'on se plonge plus loin dans le sujet que l'on constate les quelques différences entre les précédentes sorties de Periphery et le nouveau venu. Après Periphery I en 2010 et Periphery II en 2012, on trouve ici une suite logique au format similaire à ces deux albums. Entre temps nous avions eu un EP en 2014 mais surtout le somptueux double album Juggernaut: Alpha/Omega en 2015. Comme quoi, être en tournée toute l'année permet à un groupe tel que celui-là d'être productif à souhait.

Trêves de bavardages, cette fois on fonce à l'intérieur de ce Periphery III: Select Difficutly et on peut dire que l'entrée dans la matière est brutale et violente, avec l'excellent « The Price Is Wrong ». Rapidité, violence, batterie surpuissante et chant crié pendant les 44 premières secondes. Après avoir franchi ce soudain mur du son, c'est là que commencent les hostilités rythmiques avec les riffs saccadés dans un cadre polyrythmique sans précédent. Le solo est sublime aussi, on peut donc dire que c'est un début fracassant pour cet album, qui nous fait saliver d'avance quant à ce qui nous attend par la suite.



Le second morceau « Motormouth » suit la même construction, c'est du travail très propre, on s'y retrouve dans ce que l'on connaît du groupe. Mais la première surprise arrive sur « Marigold » avec son intro aux violons et son outro toute aussi classique. Alors que l'on avait plutôt l'habitude d'entendre des samples de musique électronique chez Periphery (comme dans « Alpha » par exemple), c'est ici la musique classique qui prime et on peut dire que ce qui suit musicalement, fait de « Marigold » le premier vrai morceau marquant de l'album.

Là, on a vraiment commencé à prendre du vrai plaisir à écouter cette nouvelle sortie. Un plaisir qui est encore plus poussé avec l'arrivée de « The Way New Goes ». Cette intro en guitare clean, qui nous laisse imaginer un courant d'eau claire et scintillante faisant rouler les galets sur son passage. Une impression confirmée avec l'ajout par la suite du son d'un courant aquatique en arrière plan. On se trouve ici avec une construction d'arpèges en clean, ressemblant à ce que l'on entend chez Chon, Plini ou Intervals. Le tout en plus violent grâce aux riffs bien progressifs que le groupe a l'habitude de nous fournir.



Le plaisir et l'extase accumulés sur les premières pistes se dissipent peu à peu avec les morceaux suivants. On enchaîne « Remain Indoors » et « Habitual Line Stepper » avec pour le premier, le retour des instruments tels que le violon mais aussi de musique électronique comme celle que l'on entend dans les jeux vidéos, pour ne pas s'éloigner d'un sujet tant apprécié par Periphery. Le second est quant à lui beaucoup plus violent, aux refrains moins accrocheurs. Des bons titres, mais sans grande transmission d'émotions, ce qui nous laissera un peu de marbre. Surtout les choeurs similaires à ce que l'on peut entendre sur That's The Spirit de Bring Me The Horizon ou sur The Black d'Asking Alexandria. En gros c'est un peu ce que l'on ne veut pas du tout entendre chez Periphery.

« Flatline » relève un peu le niveau mais sans plus. C'est surtout quand arrive l'intro de « Absolomb » que l'on retombe dans la folie à laquelle on avait eu le droit durant les vingt-et-une premières minutes de ce Periphery III: Select Difficulty. Grosse basse bien grave, suffisante pour briser un mur de la maison si on pousse le volume à fond. S'en suit encore un arpège cristallin et envoûtant. Malheureusement, le début de morceau qui nous laissait entrevoir du très lourd pour le reste, débouche sur une suite plate qui ne décollera pas, à part sur l'excellent solo de milieu de morceau. C'en est presque à se demander si Guthrie Govan n'est pas revenu poser sa virtuosité sur un titre de Periphery, mais non, c'est bien du Misha Mansoor.



En effet, c'est bien du Mansoor puisque cette chanson ne sera pas méconnue pour les fans puisqu'il s'agit d'une chanson écrite par Bulb aka Misha Mansoor, dévoilée il y a plusieurs années en version instrumentale. C'est donc un choix intéressant de recycler le travail solo du guitariste virtuose pour le remettre au goût du jour. Une bonne initiative un peu gâchée par le non-apport de nouveaux éléments réellement originaux sur une chanson déjà existante à l'identique depuis longtemps.

Les deux morceaux suivants sont quant à eux exactement ce que l'on pourrait avoir envie d'entendre chez Periphery. « Catch Fire » est mené par un chant presque rappé, une grosse basse bien plus que rythmique et des guitares douces et sympathiques. « Prayer Position » est sûrement une des pièces maîtresses de cet album avec des riffs lourds mais très mélodiques alimentés par des leads de guitares virevoltants. Chant screamé super précis et chant clair très accrocheur, aux ambiances sombres avec ces chuchotements allant en adéquation avec la musique. Spencer Sotello fait vraiment le job sur cet album, c'est indéniable. « Lune » est le dernier titre, une semi-ballade qu'on oubliera très vite après écoute.

En résumé, Periphery III: Select Difficulty est un très bon album de Periphery. On ne pourra peut-être pas dire qu'il surpasse ses prédécesseurs puisque l'on suit les mêmes directives artistiques. Periphery amène toujours quelques petites nouveautés dans ses chansons mais malheureusement, le groupe ne se réinvente pas assez, il ne nous apporte pas d'éléments radicalement nouveaux qui nous feront nous dire « Oh, ça c'est complètement dingue », alors que c'est une réaction que l'on aimerait avoir sur chaque morceau d'un tel groupe.



Le travail de Spencer Sotello (chant), Misha Mansoor (guitare), Jake Bowen (guitare, synthé etc), Mark Holocomb (guitare), Adam Nolly (basse, mais surtout production pour le coup) et Matt Halpern (batterie), est difficilement critiquable surtout vu le court laps de temps qu'il y a eu entre Juggernaut: Alpha/Omega et ce nouvel album. Mais on aurait quand même préféré qu'ils prennent un peu plus de temps et qu'ils nous sortent une véritable tuerie à laquelle on pourrait attribuer un beau 10/10. Ce n'est pas un « Game over, try again » pour Periphery, qui livre quand même un album d'une grande qualité et qui s'installe de pied ferme dans la discographie du groupe, mais pour ne pas lasser les fans, nos joyeux progueux devront quand-même mettre la barre un peu plus haute la prochaine fois.


Tracklist : 

1 “The Price is Wrong”   3:57
2 “Motormouth”   4:50
3 “Marigold”   7:20
4 “The Way the News Goes…”   5:04
5 “Remain Indoors”   6:10
6 “Habitual Line-Stepper”   6:52
7 “Flatline”   5:51
8 “Absolomb”   7:44
9 “Catch Fire”   3:54
10 “Prayer Position”   4:37
11 “Lune”   7:47 

Note de la rédaction :
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8 / 10
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