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Seyminhol - Ophelian Fields
Mercredi 17 Avril 2019 à 18h30, by The keyboard wizard


Le groupe de metal progressif lorrain Seyminhol, qui fête ses 30 ans cette année, effectue un retour en force : trois ans après The Wayward Son, un concept album sur Hamlet, le quatuor revient avec Ophelian Fields, qui traite de la même histoire mais qui se concentre sur le personnage d'Ophélie. Réel changement ou suite logique ? C'est ce que nous allons voir.



Les Lorrains nous avaient laissés avec un album orienté power metal à la Rhapsody teinté d'une forte influence de metal progressif classique (entendez là Dream Theater et Queensrÿche). Que les fans du groupe se rassurent, Seyminhol a gardé sa patte caractéristique : après une petite intro qui pose le décor, on entre directement dans le vif du sujet. "My Soul's Idol" plaira aux fans de metal prog des années 90 avec des riffs inspirés de John Petrucci. Le morceau est efficace et en cinq minutes à peine, le groupe nous propose diverses atmosphères. C'est vraiment là la force de Seyminhol : proposer un metal prog sans verser dans des morceaux longs mais en proposant des thèmes cohérents et très bien travaillés. Un autre bon exemple serait le morceau "Crown of Thorns" qui fera voyager l'auditeur dans différents univers : le ska, la musique de cirque ou le black metal de Cradle of Filth, le tout lié par cette rythmique power metal si chère au groupe.

Seyminhol, Ophelian Fields

Car si Seyminhol est considéré comme un groupe de metal progressif mélodique, il ne faut pas oublier cette influence power metal symphonique. Moins présente que sur l'album précédent, on se prend  quand même à vouloir pourchasser le dragon sur "Hidden Desire" grâce aux samples orchestraux, à la batterie qui martèle la double pédale, au chant lyrique et à certains soli de guitare. Cependant, alors qu'on pourrait penser que le groupe verse dans la copie conforme sur ce morceau, Seyminhol nous emmène vers d'autres styles avec un riff plus lourd quasiment death/thrash et des chœurs proches d'Ayreon.

Histoire de revisiter tous les styles symphoniques, les Lorrains n'hésitent pas non plus à emprunter quelques riffs à Nightwish sur "Devil Takes Thy Soul" qui, encore une fois, arrivera à se détacher du plagiat en proposant un passage final atmosphérique très glauque et tordu.



Comme si la liste des influences ne suffisait pas, les Lorrains décident de pousser encore plus loin les clins d'œil et exercices de style avec "Her Majesty of Flowers/The Bramble's Litany" : la pièce maîtresse de l'album. Le morceau ne suscite pas au départ un grand intérêt car il commence par du power metal classique mais ensuite on s'envole avec un passage plus electro suivi de blast beat accompagné de chant lyrique féminin pour terminer par un passage acoustique limite a cappella. 

Tout cela peut donner le tournis et il faut le dire clairement, Ophelian Fields n'est pas une œuvre simple à appréhender à la première écoute. Heureusement que quelques passages plus doux font leur apparition pour calmer un peu le tout : "After" et "Outro" nous dévoilent une facette du groupe qui se rapproche de ce que peut faire Opeth en acoustique : une guitare classique et un chant qui rappelle celui de Mike Akerfeldt. Pour faciliter également la digestion, Seyminhol utilise parfois un schéma classique couplet/refrain par moments, histoire de ne pas perdre l'auditeur dans des structures trop alambiquées. "Behind the Mask" est un bon exemple de morceau prog mais avec une structure plus pop donc plus facile à appréhender, le tout saupoudré d'ambiances cinématographiques proche de Danny Elfman.

En ce qui concerne l'histoire, si elle se concentre sur le personnage d'Ophélie, le point de vue adopté est celui d'Hamlet avec l'intervention vers la fin, de Laërte, frère de l'héroïne. Quelques passages sont tirés directement de la pièce et d'autres sont paraphrasés et le groupe arrive à retranscrire la poésie et la subtilité du texte de Shakespeare.



Du côté de la production, il est clair que ça sent un peu le fait maison et ce n'est pas facile de faire cohabiter tous ces styles et tous ces instruments. On sent que le tout est un peu brouillon en arrière-plan et que la basse a du mal à exister. Par contre la batterie sonne naturelle et reste agréable. En ce qui concerne le chant, on a un joli déballage de styles qui correspondent bien à l'éclectisme du groupe : tantôt lyrique proche de Fabio Leone, il évolue vers un style plus pop qui rappellera Matthew Bellamy et quand l'histoire le permet, il est plus enroué et plus fort. Reste un accent français un peu prononcé, un problème qu'on retrouve très souvent chez les groupes français qui veulent s'exprimer en anglais. Du côté des claviers, ils sont relativement discrets avec une prédominance du piano et des samples d'orchestre. On est donc loin du rôle typique du claviériste de prog : mellotron, orgue hammond et gros leads qui rivalisent avec la guitare. Le groupe évite le cliché et le piano prend plus d'espace pour jouer parfois le rôle de section rythmique dans les graves.

Tout comme les claviers, la guitare ne verse pas dans des soli longs, techniques et inutiles. Tant mieux, les morceaux ne sont que plus concis et plus efficaces. On sait que les Lorrains savent jouer de leurs instruments donc pas la peine de le démontrer toutes les cinq minutes. On pourra néanmoins regretter un son de guitare un peu trop crunchy ce qui a tendance à rendre les morceaux un peu moins pêchus.

Seyminhol, Ophelian Fields

Pour son cinquième album, Seyminhol continue son bonhomme de chemin en nous montrant d'autres facettes et en affirmant haut et fort qu'on peut faire du metal prog sans pour autant devoir faire des morceaux de plus de cinq minutes remplis de soli interminables. Oui, il est possible de revisiter plusieurs styles en quelques minutes sans pour autant sonner "copier coller". Il est dommage que le groupe n'ait pas plus de succès pour bénéficier d'une production qui permettrait à leur œuvre d'atteindre une dimension supplémentaire. Espérons que ce sera le cas pour leur prochain album, déjà en cours d'écriture avec un line-up renouvelé aux trois quarts.

Tracklist : 

01. Intro: Appetite 
02. Act II, scene 2: My Soul's Idol
03. Interlude : Nymph
04. Act III, scene 1: Hidden Desire
05. Act III, scene 2: Behind the Mask
06. Act IV, scene V: Her Majesty of Flowers Act IV, scene 7 / Act V, scene 1: The Bramble's Litany
07. Part 1: The Devil Takes Thy Soul
08. Part 2: Crown of Thorns
09. Part 3: After
10. Outro: the River Lamentations

Disponible dès à présent sur le label Lion Music.

Photographies : © Christian Brémont pour Technical Spirit 2018
Toute reproduction interdite. 

Note de la rédaction :
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