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Dance Gavin Dance - Afterburner


Deux ans après le bondissant Artificial Selection, Dance Gavin Dance, formation américaine de post-hardcore / math rock, présente aujourd'hui Afterburner, son neuvième album studio, via Rise Records. Les prolifiques Californiens signent un opus entraînant, puissant et varié qui marque une nouvelle étape dans leur irrésistible ascension et se révèle être la bande-son anti-stress idéale en ces temps troublés.




On n'arrête plus le quintette originaire de Sacramento ! Hyperactifs et passablement déjantés, les membres de Dance Gavin Dance tiennent un rythme impressionnant de sorties (quatre albums et trois morceaux indépendants depuis 5 ans), mais se refusent à surfer sur la même vague à chaque nouvel album, sans cesse à la recherche d'expérimentation et de nouveauté.

Afterburner en est le parfait exemple: un élan aventureux ressort de chaque titre, et sous les apparences légères de refrains poppy et aériens, DGD montre une réelle puissance et une belle précision, tout en se libérant des codes et des genres. Pour apprécier cet opus de la maturité, il faut d'abord faire le deuil du classicisme monochrome pour partir en voyage à la découverte des teintes funk, latino, rap, et metalcore qui viennent orner habilement le post-hardcore - screamo caractéristique du groupe. 
 

Dance Gavin Dance, Afterburner, album, 2020

Oui, vous avez bien lu, de la musique latino et du funk ! Il fallait oser un titre en espagnol, Dance Gavin Dance l'a fait, et la recette fonctionne furieusement bien, servie par des arrangements audacieux. Esprit latino, chant clair et paroles en espagnol par le vocaliste surdoué Tilian Pearson dans les refrains suaves de "Calentamiento Global", alternent avec le scream redoutable de Jon Mess pour un résultat des plus dansants et surprenants. 

La complémentarité des deux vocalistes avec cet équilibre entre chant clair et screamo joue pour beaucoup dans l'identité du groupe, mais il ne faut surtout pas oublier également les compositions efficaces et soignées, un jeu subtil sur la rythmique, et, cerise sur le gâteau, l'introduction par Will Swan de tapping très funky sur certains titres d'Afterburner, comme dans le single "Prisoner". Au menu, du groove, du funk, des envolées vocales aussi légères que lourdes, et un clip esthétique mais délirant illustrant bien la folie élégante du groupe. 
 


Attention : paragraphe pop, allergiques s'abstenir !

Car la pop est là, assumée et revendiquée, et d'ailleurs reconnaissons le talent de DGD pour construire des tubes, des mega hits, des refrains que l'on enregistre en quelques minutes et qui s'accrochent inexorablement pour de longues semaines. Mais de toute évidence, il y a bien plus que cela dans Afterburner. La maîtrise et la technique, d'une part, le post hardcore présent partout, et un équilibre toujours bien dosé entre entertainment bondissant et hurlements agressifs. Ainsi, "Lyrics Lie" et "Nothing Shameful" peuvent se démarquer comme les deux mega tubes dansants, efficaces et entêtants avec leurs mélodies accrocheuses. Cependant leur structure, loin d'être simpliste, repose sur une technique impressionnante, une base rythmique redoutable assurée par Tim Feerick (basse) et Matthew Mingus (batterie). À noter sur ces deux titres, la participation au chant d'Andrew Wells (Eidola), qui accompagne habituellement DGD à la guitare en live.
 

L'irrésistible hymne "Lyrics Lie" fait intervenir Tilian aux screams et non plus uniquement au chant clair, ce qui ajoute une dimension supplémentaire à ce morceau. Un tube de l'été, en somme, mais avec du screamo et des envolées vocales de Jon et Tilian, de savoureux passages poppy et des accélérations de batterie redoutables. Ça sent bon la bonne humeur et la Californie, et d'ailleurs le clip met en scène la réalisation par l'artiste Duce One d'une fresque murale représentant l'artwork de Afterburner sur un mur de Sacramento. 



Dans Afterburner, Dance Gavin Dance s'amuse avec les codes mais n'oublie pas de montrer du lourd, du très technique, et s'amuse à naviguer sur le fil. L'explosif "Night Sway" tout en accélérations, riffs, double blast, démontre une virtuosité déconcertante de la part des musiciens, Will Swan en tête, mettant en valeur les envolées démentes des deux vocalistes. Maniant clair et scream comme un enfant bilingue, la formation enchaîne les titres mémorables et rythmés, sans toutefois répéter la même structure : dans le puissant "Born to Fail", par exemple, un schéma et une intention singuliers apparaissent, avec du scream conjoint, agressif et presque revenchard de la part des deux vocalistes entrecoupés de passages bondissants avec une ligne de basse solide.

Pour "Strawberry's Wake", on retrouve également Jon et Tilian ensemble au chant et au scream, le tout enveloppé dans une ambiance doucereuse et de la pop aérienne. Chant angélique et gros riffs prennent le devant de la scène sur le punk-pop-psychédélique "Parallels", les parties douces de "Say Hi" laissent soudain place à un cri déchirant hallucinant. Cet équilibre est vraiment appréciable sur tous les titres, grâce notamment à une production subtile et de qualité : Afterburner a été enregistré aux Etats Unis entre l'Oregon et la Californie dans les studios de Kris Crummett et Drew Fulk.  
 


L'explosion de sons et d'influences ne s'arrête pas là, et encore une fois des mélanges culottés mènent ici à un rendu plus que convaincant. Dans "Parody Catharsis", DGD tutoie le metalcore, le rock psychédélique, avant un rap / parlé de Will Swan très réussi. Jusqu'au bout, les Californiens expérimentent, puisque l'ultime piste de l'album, "Into the Sunset" fait voyager l'auditeur entre du gros hardcore écorché et quelques notes électro, avant de l'achever avec un refrain rappé délivré par Johnny Franck (Bilmuri, Attack! Attack!), l'un des nombreux invités sur Afterburner

Direction la salle de bains avec "Three Wishes", dernier single en date. Le clip a en effet été réalisé avec la participation d'une multitude de fans confinés proposant leur  interprétation personnelle de la notion de propreté (via l'hygiène corporelle ou le ménage), preuve du dévouement et de l'attachement des fans à Dance Gavin Dance. Les hurlements meurtriers de Jon ("Multiple stab wounds !") sont peut-etre en passe de devenir le nouveau standard du chant sous la douche, qui sait ? 





Dance Gavin Dance signe ici un album très cohérent, avec une patte indéniable. Les couleurs vocales, l'énergie et l'apparente légèreté rendent les compositions reconnaissables entre millle, et pourtant sur les treize titres il y a une réelle variété, une identité propre à chaque morceau avec des constructions et ambiances différentes. 

Avec Afterburner, les Californiens démontrent avec brio - et une très bonne production -  qu'aucune union improbable ne leur résiste : screamo et tube de l'été, esprit vindicatif et douceur pop, post hardcore et funk se mêlent dans ces cinquantes minutes aussi techniques qu'euphorisantes. En définitive, ce dernier opus de Dance Gavin Dance est à recommander à tous ceux qui n'ont pas peur d'assumer leurs plaisirs coupables, et sont à la recherche d'un vent de fraîcheur ou d'un exutoire pour affronter la noirceur et l'angoisse du monde actuel !  



Afterburner tracklist :
1. Prisoner
2. Lyrics Lie
3. Calentamiento Global
4. Three Wishes
5. One in a Million
6. Parody Catharsis
7. Strawberry's Wake
8. Born to Fail
9. Parallels
10. Night Sway
11. Say Hi
12. Nothing Shameful
13. Into the Sunset 


Afterburner, neuvième album de Dance Gavin Dance, est disponible depuis le 24 avril au format digital sur toutes les plateformes et via Rise Records

Note de la rédaction :
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