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Mushroomhead - A Wonderful Life

Quatre ans après leur dernier effort et suite à un nouveau remaniement dans les rangs des vocalistes, les Américains masqués de Mushroomhead présentent aujourd'hui leur huitième opus, A Wonderful Life. Bonus inclus, ce sont pas moins de dix-sept titres que présente la troupe metal industriel / alternatif, bien décidée pour son retour à (re)gagner le cœur de ses fans historiques et à séduire le plus grand nombre en se renouvelant. Un défi de plus aux allures de nouveau souffle, pour un groupe à la longévité impressionnante, qui a pu diviser autant qu'interpeller depuis sa création dans les années 90.


Faisons une expérience : et si, pour apprécier A Wonderful Life, nous nous mettions d'abord dans une position d'écoute volontairement neutre, sans tenir compte de la discographie, de la renommée ou de la réputation de Mushroomhead ? C'est en tout cas le parti pris que nous avons adopté pour la rédaction de cette chronique, après avoir entendu quelques remarques plutôt tranchantes sur l'aura du groupe ou sur ce que nous allions trouver « à coup sûr » dans l'album.  

Avec plus d'une heure dix de musique, on peut légitimement se demander par où commencer. Deux pistes peuvent naturellement constituer les premières rencontres avec A Wonderful Life et font ressortir toutes deux un son puissant et une identité vocale forte : le morceau d'ouverture de l'album, "Requiem For Tomorrow", tout en agression indus tirant sur le metalcore, trouve dans son refrain une belle complémentarité entre deux chants masculins, la voix claire de  Mr. Rauckhorst, nouveau vocaliste, et celle, plus gutturale, de J Mann. Ceux qui découvrent l'album en écoutant le premier extrait présenté par Mushroomhead il y a déjà quelques mois, "Seen It All", peuvent retrouver des ingrédients similaires : un refrain-hit ultra efficace et un côté hypnotique grâce au puissant son de basse et aux lignes vocales plutôt retro qui fonctionnent très bien ensemble. 





L'identité visuelle et scénique de Mushroomhead repose sur cette ambiance cinématographique et le côté masqué, costumé, et glauque que l'on retrouve sur la pochette de l'album. On retrouve également ce côté cinéma d'horreur dans des pistes comme le massif "Madness Within", ou sur le tempo ternaire de "What a Shame" évoquant une boîte à musique macabre, pour la bande son idéale d'un film dont l'intrigue se déroulerait dans un asile hanté. Le côté industriel de la musique sied parfaitement à l'idée de destruction du monde, comme un délire post apocalyptique avec quelques paroles politiques, pour un collectif qui se montre comme le témoin d'une fin imminente de l'humanité pour qui les espoirs ne sont plus permis. Sombre, glauque, mais tellement d'actualité !

Le rythme s'essouffle un peu à l'écoute des – nombreux – titres de l'album, notamment sur des morceaux rapides, très marqués nu metal indus. Il y a pourtant du rythme, de gros riffs à profusions, et l'ensemble fonctionne à coup de refrains limite pop et de gros hurlements du vocaliste J Mann. Dans l'apocalyptique "Sound of Destruction" ou "I Am The One", le manque de nuance se fait cruellement ressentir. Ces morceaux au tempo enlevé peuvent fleurer l'aseptisé, le format radio, avec, disons-le franchement, un côté très « Ramm-knot » (ou « Slip-stein », peut-être moins distingué)... une impression générique qui peut faire regretter à l'auditeur une identité vraiment marquée.

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En revanche, c'est dans la lenteur inquiétante que les mélodies les plus intéressantes s'expriment, et que Mushroomhead trouve un nouveau souffle. "The Flood", avec ses allures d'hymne hard rock eighties possède cette touche de nostalgie qui fait mouche, avec un beau travail aux claviers par Dr F et Stitch, et une agréable prestation vocale de Mr. Rauckhorst, décidément l'atout majeur de nombreux titres. Dans "Another Ghost", la première partie solennelle se distingue, les lointaines lignes de chant venant hanter dans un écho les paroles chuchotées sur le doux son du piano, avant une explosion rageuse.

A Wonderful Life est un album aux atmosphères très variées, ce qui peut faire redouter une perte de qualité ou de cohérence. Après tout, il y a dix-sept morceaux si l'on compte les quatre bonus, des morceaux rapides, d'autres plus lents, et même un instrumental parmi les bonus, "To The Front", crescendo inquiétant à la rythmique implacable. Alors, y a-t-il péché d'orgueil pour Mushroomhead en voulant en faire trop ? Détracteurs et amateurs pourraient s'affronter des heures sur ces points, mais force est de constater qu'une certaine unité se dégage de l'ensemble, et qu'un sentiment de continuité ressort dans l'enchaînement même des titres.

L'ouverture sur un Requiem dans le premier morceau de l'album trouve son pendant dans la treizième et dernière piste, "Confutatis", et sur l'ultime bonus "Lacrimosa". Ces deux morceaux de musique sacrée constituent en réalité les deux dernières pièces écrites par Mozart dans son fameux Requiem en Ré Mineur. Une messe des morts portée par un chœur à plusieurs voix qui vient conclure avec force et gravité A Wonderful Life, évocation macabre d'un monde moribond, et qui se fond - curieusement - très harmonieusement avec l'ensemble de l'album. 

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Une ultime carte, et pas des moindres, est abattue par Mushroomhead qui présente ici une nouvelle  membre permanente dans le groupe en la personne de la vocaliste Ms Jackie (qui avait déjà  participé à des précédents opus en tant qu'invitée). Il se trouve que les deux morceaux parmi les plus solides et convaincants de l'album sont précisément ceux où cette dernière officie. Perle de l'album, à la superbe composition, le très long "Where the End Begins" n'est que montée en puissance. La mélodie est subtilement mise en valeur par l'introduction féminine, solennelle et douce et la puissance des deux vocalistes Ms Jackie et Mr. Rauckhorst, dont les timbres s'accordent parfaitement, notamment grâce à la production soignée signée Skinny, le batteur du groupe, principal compositeur, et le solide mix de Matt Wallace (Faith No More3 Doors Down)

Quant au redoutable single "The Heresy", porté par une mélodie prenante et une basse lourde et omniprésente, il ne fait aucun doute sur la légitimité de la vocaliste au sein du groupe, tellement la complémentarité de son chant avec celui de J Mann s'impose comme une évidence. Le clip met d'ailleurs la nouvelle recrue sur le devant de la scène avec une allure aussi séduisante qu'effrayante, idéalement adapté à l'imagerie macabre du groupe et la tonalité dystopique de l'album.




Une multiplicité des voix, force ou faiblesse pour Mushroomhead ? Sous la forme d'un monstre à plusieurs têtes, aux styles et identités vocales variés, A Wonderful Life fonctionne étonnamment bien et  possède tous les atouts pour s'imposer comme l'album de la renaissance pour une formation qui a navigué en eaux troubles mais n'a jamais complètement chaviré. 

Cet opus honnête, solide et un brin nostalgique, cohérent dans ses compositions et très fort vocalement grâce aux nouvelles recrues, peut vraiment faire date dans la discographie des Américains, malgré des longueurs évidentes, certains morceaux dispensables, et ce choix ô combien risqué de présenter dix-sept titres pour plus de soixante-dix minutes de musique. 

Évidemment, rien ne pourra empêcher les détracteurs du groupe de trouver à redire sur la qualité de ce groupe qui fut par le passé souvent considéré comme une pâle copie d'un certain autre collectif masqué originaire de Des Moines (à tort puisque la création de Mushroomhead en 1993 a précédé celle de Slipknot). De même, les fans historiques peuvent regretter le départ des précédents chanteurs Waylon Reavis et Jeff « Nothing » Hatrix, mais cela est une autre histoire. Après tout, nous avons promis de rester les plus objectifs possibles...


Line-up Mushroomhead

Mr.Rauckhorst - Chant
Jmann - Chant
Ms.Jackie - Chant
Dr.F - Claviers & Basse
Tankx - Guitare
Stitch - Claviers & Samples
Diablo - Batterie / Percussions
Skinny - Batterie / Percussions 



A Wonderful Life - Tracklist :

1. A Requiem for Tomorrow       
2. Madness Within         
3. Seen it All        
4. The Heresy      
5. What a Shame 
6. Pulse   
7. Carry On          
8. The Time has Come    
9. 11th Hour        
10. I am the One   
11. The Flood        
12. Where the End Begins 
13. Confutatis       
14. To the Front (Bonus Track)
15. Sound of Destruction (Bonus Track)
16. Another Ghost (Bonus Track)
17. Lacrimosa (Bonus Track) 

A Wonderful Life, huitième album de Mushroomhead, sort le 19 juin 2020 via Napalm Records

Note de la rédaction :
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8 / 10
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