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Elyose - Théogyne
Avant même la sortie de leur premier brûlot, les français d'Elyose commençaient déjà à se faire remarquer après un premier EP. Ouverture de concert pour Whyzdom ou Kells, et bientôt tournée avec Therion et Antalgia, il semblerait que notre petit combo semble se bâtir une certaine réputation. Mais celle-ci passe aussi par le format CD, et c'est donc avec un album, leur premier, Théogyne, que les parisiens vont offrir leurs marques au public. Vaut-il le détour ?

La musique des français se veut originale par le mélange complet des sonorités electro, techno (entendez par là des effets boîte de nuit comme sur l'éponyme, ou sur « Overload »), et l'aspect plus brut et incisif du metal. En clair, on se retrouverait dans un croisement entre du metal industriel, de l'electro pur, le tout transcendé par une voix féminine lyrique. Sur le papier, le concept est alléchant, et franchement intéressant. Mais au moment d'écouter ce Théogyne, on remarque que ce défi n'est qu'à moitié réussi. Il est vrai qu'Elyose s'affranchit de certaines normes en matière de musique et ne se laisse pas définir dans une case, et ce point est tout à fait appréciable. Cet effort pour se démarquer nous montre une formation ambitieuse, et qui veut réussir. Seulement, tout n'est pas rose, et l'équilibre n'est pas forcément trouvé. Parfois, les parties electro ne font pas bon ménage avec l'ornement metal, et on se retrouve, de temps à autre, dans quelque chose de pas très réjouissant, où un aspect écrase l'autre (et c'est souvent les samples électroniques qui prennent beaucoup trop de poids par rapport au reste). Ainsi, le point que notre quintet s'évertue à mettre en avant, leur aspect non-conventionnel et original peut parfois devenir un piège, et malgré son expérience, il semblerait que la tendance soit de sauter pieds joints dedans.

Et malheureusement, le résultat est parfois sans appel. Quand les ingrédients ont du mal à se mélanger, que ça tourne au mariage interdit, il en résulte surtout deux aspects : un flagrant manque de puissance, où la section rythmique au second plan se perd dans les méandres de la musique, mais surtout un résultat indigeste, qui passe mal. Des exemples comme cela, on peut en retrouver plusieurs : sur « Overload » où les instruments n'ont l'air d'avoir qu'un rôle de support, et sont quasiment inutiles, ou encore « Théogyne », alignant les clichés et tombant maladroitement dans le ridicule, là où Elyose prouve pourtant qu'ils savent trouver un ajustement adéquat, comme dans « Le libérateur ». On préférera les moments où chaque chose est à sa place, et où la guitare n'est pas reléguée au second plan. « L'orientale » ou « Dérive » sont agréables dans ces aspects, et laissent entrevoir le meilleur.

Par conséquent, l'ensemble semble être en demi-teinte. Parfois, on prend du plaisir avec ce que l'on entend, et pour cause, la musique est de qualité : refrains attachants, mélodies entraînantes, la traversée est agréable, et nos oreilles comblées. Ces qualités sont surtout présentes sur la première partie du brûlot : de « Le libérateur » jusqu'à « Incandescence », tout se déroule tranquillement, sans perturbations. La recherche est réelle, et les lignes de chant plutôt agréables. Et à partir de « Théogyne », tout se gâte. Les clichés s'alignent (sons de boîte de nuit qui frisent le ridicule, effets vocaux pas très futés et diction anglaise qui laisse à désirer) et il est difficile de trouver quelque chose qui tirerait son épingle du jeu. Le problème de Théogyne, c'est que l'opus est donc assez bancal, et peine à captiver sur sa durée. On retiendra quand même un côté trip-hop de bon aloi sur « Élévation », qui, en dépit d'une ligne de chant un peu linéaire, possède un côté envoûtant, captivant, qui lui donne un certain charme. Cela aide à contrebalancer les points plus négatifs, et les morceaux carrément dispensables (les médiocres « Mirry Dancers » ou « Je tempeste »).


Elyose



Dans tout cela, il y a aussi un chant, et celui-ci est assuré par une jeune femme, Justine Daaé, qui, elle, tient plutôt bien son rôle. Même si elle est souvent un peu trop en avant dans le mix, son timbre assez particulier peut créer un effet de décalage avec la musique. Souvent, c'est un bon point et cela ne choquera pas car la voix s'insère bien dans l'instrumentale, mais parfois, des lignes de chant hasardeuses couplées à un fond musical qui manque de consistance, ça ne fait pas bon ménage. Outre des paroles un peu clichées, « Overload » souffre de ce problème. On sent le chant un peu perdu, et lorsque certains éléments interviennent, ça tombe comme un cheveu dans une soupe, un chien dans un jeu de quille, un éléphant dans un magasin de porcelaine. Enfin, la voix est quand même l'un des éléments les plus réussis dans Théogyne et même si la frontwoman n'est pas parfaite question technique (quelques fragilités se font ressentir dans les tons les plus aigus), elle évite souvent la surenchère. Capable d'une certaine versatilité, on appréciera les moments où elle se décide à explorer plusieurs sphères (des graves au haut-perché), tant qu'elle reste dans ce qu'elle sait faire.

Cependant, Elyose tente parfois des petits choses plutôt réussies. Les moments où le groupe s'essaie à instaurer une atmosphère en adéquation avec la musique délivrée sont bons, et que ce soit l'arabisant sur « L'orientale », l'ambiance mystique sur « Dérive » soutenue par de judicieux chœurs masculins ou un espace presque entièrement dédié au chant (« Incandescence », « Élévation »), l'art des français est à son apogée. Ils nous servent ainsi des mets bien plus délicats, propices au voyage des sens, souvent à l'évasion. Par contre, l'apparition d'un growl assez faible sur « Wine From the Sick » laisse à désirer, d'autant plus qu'il nous fait nous poser quelques questions : est-il sous mixé, ou manquerait-il de technique ? Pourtant, la production, elle, est plutôt avantageuse. Pas parfaite, mais le son est clair et met bien en avant la voix. En revanche, quelques regrets sur les instruments, eux, pour le coup, très peu valorisés et parfois trop en arrière-plan.

Théogyne est donc un album qui nous laisse mi-figue, mi-raisin. De bonnes idées (comme l'utilisation de deux langues ou l'originalité) et une certaine ambition font face à un certain manque de maturité et à trop de clichés. Ainsi, les bons aspects sont souvent confrontés à du plus mauvais, et vice-versa. L'essai n'est pas mauvais et avec cette première livraison, Elyose pose sa marque et son identité, mais tout n'est pas rose et il reste encore un peu de travail pour pouvoir atteindre des sommets. Le potentiel est présent, il ne reste qu'à exploiter le filon et donner le meilleur dans l'avenir. Rendez-vous au prochain opus !
 
Note de la rédaction :
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