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High Power - High Power (1983)



High Power s’est formé en 1977 à Bordeaux : Thierry Sorondo aux guitares et aux synthés et Eric Pouey aux guitares solos et acoustiques ainsi qu’au chant. Ils furent rejoints rapidement par le batteur Patrick Malbos (ex DCA) et mort beaucoup trop jeune en 1991. Ensuite, ils virent défiler pas mal de bassistes avant l'arrivée définitive de Jean-Michel Dietch. A cette époque ils faisaient des reprises dans différents styles avant de se concentrer sur le Hard Rock et de commencer à réaliser des petites compositions personnelles.



Il était tout de même plus difficile pour un groupe de sortir de l’anonymat en se trouvant sur Bordeaux, alors que d’autres groupes parisiens bénéficiaient plus facilement des infrastructures pour tourner comme Vulcain, H. BombWarning, Blasphème, Sortilège, Demon Eyes ou Satan Jokers.
 

High Power


En Janvier 1981, Eric ne voulant plus chanter, fait appel à Georges Moreau (décédé en 2005) ; mais comme ce dernier était meilleur à la batterie qu'au chant, ils effectuèrent une permutation… et cela seulement deux semaines avant la première partie de Saxon qu’ils allaient effectuer en Mars 1981 au Palais des Sports de Bordeaux. Pour l'anecdote, ils ne purent finir leur prestation car une personne eut la « brillante idée » de déclancher une alerte à la bombe…

Ils enchainent ensuite concerts sur concerts comme avec The Ramones et More et gagnent un des derniers tremplins du Golf Drouot à Paris avant sa fermeture en Décembre 1981.

L'enregistrement du premier album a lieu au studio Carat à Bordeaux en août 1983 : coproduction entre le studio, le label et le manager. Mixé et enregistré sur 24 pistes en seulement 1 mois. Pour donner un ordre de grandeur en 1983 les prix pour une journée de studio se situaient entre 300 et 450 euros. Signé sur le tout jeune label Devil’s Records créé par Madrigal, les Bordelais allaient être distribués en plus de la France, en Allemagne, Suisse, Belgique, Espagne, mais aussi au Japon. Au total près de 12 000 albums seront vendus.

L'album sort donc en novembre 1983 et ne passe pas inaperçu, de nombreux articles dithyrambiques sortent dans la presse et placent High Power au rang des espoirs français.

Les compositions étaient généralement celles de Thierry Sorondo qui créait la trame musicale sur sa guitare acoustique avant de les proposer aux autres membres du groupe en répétition avant que ces derniers ne travaillent sur les arrangements. En revanche, « Comme un damné » ou « Offrande charnelle », ont été composés par Georges Moreau qui jouait aussi bien de la batterie que de la guitare.

La pochette marque les esprits pour l’époque, genre de « Lynx-Garou » ou « Un ange à tête de Hyène » (parole que l’on retrouve dans le titre « Cauchemar »)…

Les titres sont variés, rapides avec « Casse-toi », « Cauchemar » et « N’oublie pas », mid-tempo avec « Alcool », « Ode à la Vie » et « L’Ange au regard Noir » et le chef d’œuvre des chef d’œuvre, du « doom », pesant, envoutant, « Offrande charnelle » qui marquera plus d’un auditeur (dont je fais partie)…

« Casse-toi » et son intro samplée de « l’Ode à la Joie » de Beethoven (hymne européen) avec des riffs Heavy, ainsi que cette voix émouvante dans le registre des aigus possédant un joli vibrato, duels de guitare, bref un titre joué rapidement dans la grande tradition Heavy Metal.

« Ode à la vie » et ses textes bien sombres (« La crasse t'a servi de premier oreiller - Un oiseau ramassé fut ton plus beau jouet »), et sa montée de solos à deux guitares montant crescendo avant roulements de batterie et cris. Morceau bien construit, bien Thrash, comprenant des ponts intéressants et bien ficelés. Suivi d’un « L'Ange au Regard Noir », riff bien calé, phrases clamées décrivant l’invasion de barbares et le son des guitares bien acérées. Arghhh, et ce break gravé dans la mémoire à jamais avec cet effet sonore avec écho et réverb’. Les 2 guitaristes s’en donnaient à cœur joie dans des solos dévastateurs.

Puis soudain le ciel s’assombrit, les médiators éraflent les cordes des guitares, un solo débute, un son lointain reste suspendu. Voila comment commence « Offrande Charnelle » avant que retentissent les cris d’un Patrick totalement possédé. Mid-tempo, bien lourd, triste, pesant…
« On m'appelle "le Diable", mais je serai ton Dieu »

Cette voix rampante au gré des riffs qui vous charcutent tranquillement la tête. « Mon offrande charnelle fera gémir le Christ ». Le break arrive, et là, on atteint des sommets de ce que le Metal a réalisé de parfait, de plus beau, de plus sincère et d’émouvant. Ça monte comme dans un scénario macabre, tout en douceur, sans précipitation pour que votre douleur et votre peur ne soient pas dépasser par le maximum de ce que vous pouvez encaisser. Gémissements, cris, notes suspendues, riffs perdus, et enfin le piano, quelques notes claires et fines comme du cristal suivies par cette batterie qui sera emportée par les guitares avant de lancer le premier solo.

« Fatiguée de mourir dans un trop long supplice - Tu t'abandonneras, tu seras ma complice - Et tu fécondes en toi, l'enfant qui est mon fils - Dont tu accoucheras dans une douleur sublime - Et toi, tu pourriras, puis ivre de volupté - De tendresse et d'horreur, je regagnerai l'Enfer. »


Pour l’anecdote, ils furent à un moment considérés comme un groupe Satanique puisque sur ce titre Patrick Malbos exorcisait Thierry Sorondo sur scène à l'aide d'une croix enflammée ou sur « N'oublie pas » le chanteur étranglait les autres musiciens à genoux avec le jack de son micro.
 

High Power


« Cauchemar » lui aussi commence sur les chapeaux de roue, rapide doté d’un solo assez aérien.
Riff NWOFHM (New Wave of « French » Heavy Metal) copyrighté, cinglant, logique, sans fioriture, simplement l’ode que fait un alcoolique à son liquide, proche d’une déclaration d’amour  « Tu es le rayon X, mais tu es mon cancer » ou encore « Pourquoi ai-je si mal, lorsque tu ne viens pas - J'ai l'impression bizarre que tu me trompes parfois - Et lorsque je te vois sommeiller en paix - Dans le verre d'un autre, je me mets à pleurer »...

Ensuite « Comme un Damné » arrive, c’est un peu leur « Beyond the Realms of Death » de Judas Priest : belle intro, arpège, lenteur, voix profonde sans parler du riff que les anglais n’auraient pas renié. Presque 9 minutes d’une ballade émouvante « J'ai peur du lendemain, comme d'un cheveu gris - J'ai besoin d'un ami, pour fondre mon hiver ». Même lors des solos les arpèges font des merveilles, émouvant, triste, singulier, poussant jusqu’à dans les derniers retranchements du morceau pour cette envolée de solos démultipliés par l’accélération de la batterie avant de retomber dans la mélancolie et ses notes de piano émouvantes.

« N'oublie Pas » et ses paroles contestataires, « Tu peux cracher sur la gueule des bourgeois -  Ou défiler sous de noires banniéres - Faire l'amour à la photo de Ché Guevara - Ou pisser dans les cimetières »  nous réveille sur rythmique bien enlevée, riffs simples proche d’un esprit de rébellion. 

« N'oublie pas, N'oublie pas, N'oublie pas, - N'oublie pas que tu n'es qu'un pion »...


Et cet album comme le dit le dernier morceau on ne l’oubliera pas. On ne l’oubliera jamais.

Ensuite sur la lancée de l’album, ils enchaînent les premières parties de Motörhead en septembre 1983, Mama's Boys, Tokyo Blade,… Ils participent au premier festival de Hard français à Paris en tête d'affiche. Ils jouent au Breaking Sound Festival le 29 Août 1984 aux cotés de Metallica, Ozzy Osbourne, Dio, Gary Moore, Blue Öyster Cult... avant d’enchaîner en Octobre 1984 avec la tournée en première partie de Warning.

Des problèmes internes et un second album qui se fera trop attendre pour des raisons financières et de droits (Les violons de Satan enregistré aux studios de Dieter Dierks, là où Accept et Scorpions enregistraient leurs albums) ruineront le moral et la carrière d’un groupe prometteur qui avait tout pour réussir.

Sur ce, il faut que je retrouve ma carte de membre de la FHMA (French Heavy Metal Association) dont la publicité ornait la 4ème de couverture du premier Enfer Magazine sorti en avril 1983…


Lionel / Born 666

Note de la rédaction :
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