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Fred Patalas, guitariste de W.I.L.D.

"Cet album, c'est un peu notre Black Album"


Quelques jours avant la sortie de Purgatorius, le quatrième album du groupe de thrash-death nordiste W.I.L.D., nous nous sommes entretenus avec Fred Patalas, guitariste de la formation. Ensemble, nous avons pu évoquer le concept de l'album, les conditions de financement de l'opus, ou encore revenir sur les dates déjà données par le groupe pour présenter les titres de Purgatorius.


Salut Fred, merci de nous accorder cette interview pour La Grosse Radio.

C'est avec grand plaisir, c'est moi qui vous remercie de nous consacrer cette interview.

Avant de parler de Purgatorius, votre nouvel album, revenons sur Happiness is Not Allowed, l'EP que vous avez sorti il y a deux ans pour fêter vos dix ans d'existence (en comptant l'époque Wild Karnivor). Sur cet EP, chaque titre voyait une collaboration se faire avec des gros noms du metal français. Comment cette idée vous est-elle venue ?

Et bien à l'époque, cela faisait bien trois ans que nous n'avions pas mis la main à la pâte pour sortir quelque chose. On avait pas mal tourné pour promouvoir le troisième album de W.I.L.D, Agony of Indecision. On arrivait sur les dix ans du groupe et nous avions envie de proposer quelque chose qui soit totalement gratuit pour les gens qui nous suivent. Cela n'est d'ailleurs pas toujours facile, car il y a une production et des enregistrements à mettre en place. Nous avions quelques compositions de côté qui pouvaient intégrer un album et on s'est dit qu'on aimerait bien sortir cet EP pour les dix ans du groupe. L'occasion des dix ans, c'était aussi de faire participer tous les gens que l'on a rencontrés sur la route pendant cette période et qui sont devenus des amis. On avait envie de partager cela avec eux. Du coup, on a contacté les personnes avec lesquelles on avait le plus d'affinité et on leur a demandé si elles souhaitaient participer à ce projet, en leur expliquant que vu que c'était pour une sortie gratuite, nous ne pourrions pas les payer. Nous n'avions pas de budget pour rémunérer les six ou sept guest de cet EP (les invités étant Arno de Black Bomb A, Stephane Buriez de Loudblast, KK de Trepalium, Arno Strobl de CinC, Sam – ex-Hacride, Julien Truchan de Benighted, et Chuck de Ghusa NDLR). Malgré cela, ils ont tous accepté et nous étions très fiers de les avoir sur cet EP ! C'est cool ! Pour l'instant, cet EP reste en version digitale, mais peut être que par la suite nous pourrions le sortir en CD. C'est pas le sujet d'aujourd'hui, mais ça reste une possibilité.


Vous vous apprêtez à sortir Purgatorius, votre nouvel album, avec un line up légèrement remanié par rapport à Agony of Indecision. D'après toi, qu'ont apporté Thom (batterie) et Mat (guitare) à la fois en terme de son et de cohésion dans le groupe ?

Effectivement, Eddie (batterie) est parti car il avait beaucoup d'occupation à la fois familiale et en termes de travail. Nous avions envie de passer beaucoup de temps sur ce nouvel album et il nous a clairement dit qu'il n'aurait pas la possibilité de s’investir dedans autant que nous. On s'est donc retrouvé sans batteur alors que nous avions déjà composé une bonne partie de l'album, en tout cas en terme de guitare. Coté guitare justement, il y avait Vincent qui tenait la deuxième guitare sur Happiness qui n'est resté qu'une année car il était beaucoup pris sur ses autres projets. Il a donc fallu qu'on retrouve un autre gratteux en plus d’un batteur. Avec Jérôme (chant) nous étions dans la dynamique d'un truc et c’est vrai que deux membres coup sur coup qui nous lâchent, ça ne fait jamais plaisir. Le choix de Matt à la guitare a été assez naturel car il est le bassiste de One Eye Dollar, un side project stoner que j’ai à coté, avec mon frère Thom a la batterie.


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Du coup en jouant déjà avec eux tu savais comment ça aller sonner et que la cohésion serait bonne ?

Exactement ! On s'est même dit que ce n’était pas la peine de faire passer d'audition. On voulait avant tout jouer avec des mecs avec qui on s'entend bien. Dans un second temps, les gars apportent leur touche. Au final, on n'est pas contre l’idée de faire évoluer le groupe.

Du coup ont-ils pu composer un peu pour Purgatorius ?

Bien sûr ! À partir du moment où nous travaillions sur Happiness, nous avions douze morceaux d’écrits. Nous en avons choisi six pour l’EP et avons continué à composer pour aboutir à Purgatorius. Quand Matt a rejoint le groupe, on a commencé à partager des trucs et à composer à deux. Ensemble, on a composé quarante-deux morceaux en tout, pour en choisir onze au final. Matt a apporté une touche mélodique. "Holy Grail" a par exemple été composée par lui.

D’où le côté un peu progressif de la fin du titre ?

Exactement ! Et ce côté prog, ça n’est pas pour nous déplaire puisqu'on avait déjà dans le passé essayé de faire des morceaux de cet acabit la. C’est vrai qu’avec le temps ce coté prog s’était atténué et qu’on y revenait pas trop. Mais Quand Matt nous a proposé cette touche ça nous a tout de suite plu. D’autre part, à la batterie, Eddie avait un super groove et Thomas est venu apporter une rythmique très carrée, thrashy et rentre-dedans ! Cela colle d’ailleurs très bien aussi en live ! On s'en rend compte sur les dates que nous faisons actuellement, ça se passe vraiment bien.

Pour financer ce nouvel album, vous avez eu recours à une campagne de crowdfunding sur ulule. Peux-tu nous expliquer ce choix ?

Et bien pour ce quatrième album on avait envie de travailler avec un grand nom du metal et on a choisi Daniel Bergstrand (producteur suédois renommé pour son travail avec In Flames ou encore Meshuggah NDLR). Forcément ça coûte de l'argent. De notre côté on a financé à hauteur de la moitié cet album. Ça représentait tout de même au moins 4000 euros et il nous manquait 4000 euros pour finaliser la chose. Sortir 4000 pour un album, c'est déjà une certaine somme surtout lorsque tu as une vie de famille à côté et que ça ne reste qu'une passion. Ce n'est pas évident. On avait déjà fait du crowdfunding pour monter une tournée avec Vader il y a quatre ans de cela et les gens avaient plutôt bien répondu. On a voulu essayer une nouvelle fois. Si cela n'avait pas marché on se serait arrangé autrement. De notre côté on voit plus cela comme des préventes. J'aime bien ce principe là, surtout qu'il y a toujours des contreparties sympa. On avait proposé un apéro avec le groupe et une après midi en répète. On a eu des demandes pour ces contreparties là, donc on le fera au mois d’août. Ça va être sympa et ça instaure une proximité entre le groupe et son public. Ce ne sont pas de gens que l'on connait en plus donc je trouve ça super. Si j'avais l'occasion de faire cela avec un groupe que j’aime, je le ferais avec plaisir. Cela nous a permis de financer une partie du mix et du mastering car Daniel Bergstrand est un grand nom du metal. Alors certes il y aura la renommée de cette personne qui va jouer mais aussi la qualité de son travail. On voulait un vrai recul sur cet album et comme on dit la qualité ça se paye ! (Rires)

Les titres de Purgatorius ont déjà été joués sur scène, notamment lors de vos dates avec Benighted. Comment le public a-t-il réagi à ces nouveaux titres et avez-vous ressenti de la pression à l'idée de présenter ces morceaux en avant-première ?

C’était un gros défi pour nous. Mais quand Thomas est arrivé, il a participé à la composition de l'album à la batterie. On s’était donc dit que ça serait bien de présenter ces morceaux-là en concert car c’était le produit de tout le groupe. Même si il y a une certaine continuité entre nos albums, celui-ci est un peu différent et c’était une bonne idée de tester cela sur scène. C’était composé dans l’optique d’être brut en live. On voulait donc voir comment le public réagirait et je dois avouer que les retours que l'on a eu sont positifs, et sans que les gens ne connaissent les morceaux. Ce n'est pas toujours évident car tu réagis toujours mieux en live sur les morceaux que tu connais. On voulait faire cela pour présenter aussi la nouvelle mouture avec les nouveaux membres.





Les titres sont globalement assez courts et directs. Etait-ce une volonté dès le départ d'écrire des titres incisifs et plus orientés death que thrash comme Drugs by the Way of Food" ou "The Cave"?

De notre côté on a toujours aimé le death metal. Mais c'est vrai qu'on s'était dit qu'on voulait mettre deux-trois morceaux dans un style un peu plus brutal. Mon frère, Thomas, est un gros fan d'extrême metal, bien plus que moi. C'est lui qui a proposé ces morceaux là. C'étaient des riffs qui traînaient à la base et lui a réussi à faire quelque chose avec ça. C'est lui qui a donc amené ce côté là car il a un besoin de frapper (rires) ! Même si on avait le côté thrashy, Matt a amené le côté prog sur certains passages, Thomas a ramené le côté plus brutal, donc du coup je trouve que ces morceaux ne sont pas incohérents.

Quels sont les thèmes abordés dans cet album ?

Purgatorius est un concept album. Le mot Purgatorius se rattache initialement à une petite bête, qui ressemble à une sorte de rat, qui vivait du temps des dinosaures. En réalité, selon la théorie de l'évolution, les espèces actuelles, dont l'homme, ont encore un lien avec le Purgatorius. L'histoire parle plus précisément d'un homme qui a perdu tragiquement sa femme et sa fille, dans des circonstances compliquées. Il est chercheur en génologie, et il travaille sur l'origine de l'espèce humaine. A travers ses recherches il cherche un sens à sa vie, tout en subissant une sorte de descente aux enfers, en rapport avec ce qu'il a vécu. L'album évoque les thèmes de l'être humain face à lui-même, face à ses moments de peine...Tout l'album raconte l'histoire de cet homme. On est pas du tout dans une histoire politique ou à consonance sociale.

C'est notamment pour cela que le premier titre fait écho au dernier ? Avec "A Begining that isn't One" et "An End that isn't one" ?

Tout à fait !

L'artwork de l'album a été réalisé par Frédérique Charles. Il semble renfermer beaucoup de symboles, tels que ce ptérodactile, cette petite fille regardant les montagnes et ce drapeau qui flotte sur une façade d'immeuble. Quelles ont été les consignes que vous avez données à Frédérique pour la réalisation de cet artwork ?

Tout est parti d'une photo. En réalité, nous avions déjà réfléchi à tout le concept et à l'histoire. Mais un jour j'étais allé à l'aquarium Nausicaa avec ma femme et ma fille et j'ai pris une photo d'elle devant l'aquarium avec les requins, les deux mains posées sur la vitre. On trouvait que cette photo était superbe. Comme dans l'histoire, l'homme a perdu sa femme et sa fille, nous avions envie de faire écho à cela et faire en sorte que cette fille dont on parle se retrouve sur la pochette. Nous avions ensuite envie de faire ressortir l'idée que la fille veuille faire ressortir le passé lointain de son père. Frédérique a été très rapide à faire cet artwork et cette pochette est pratiquement le premier jet qu'elle a réalisé. On a eu un vrai coup de coeur sur cette pochette et les retours sont super dessus d'ailleurs.


"Holy Grail" a été le premier titre diffusé avant la sortie de l'album. Pourquoi avoir choisi ce morceau en particulier ?

Justement car nous voulions mettre en valeur le boulot de Thom et celui de Matt. Ce morceau c'est aussi leur bébé. On est comme une famille dans le groupe, on se voit beaucoup en dehors des répètes. Pour nous c'est important. C'est aussi un morceau qui peut évoquer les titres que nous composions du temps de WILD Karnivor, avec de petits passages acoustiques...On avait vraiment envie de mettre à l'honneur ce morceau là même si c'est peut être le plus difficile à réaliser en live, car il y a plus d'arrangements dessus.

Et en parallèle, vous avez récemment tourné un clip vidéo pour "Drugs by the Way of Food". Avec ces deux titres, était-ce une façon de présenter deux aspects les plus variés de votre style ? Le plus direct et le plus progressif ?

C'est tout à fait cela !

Peux-tu nous parler un peu de ce clip ?

On a contacté un réalisateur de la région, Martin Genty, qui avait notamment travaillé avec Black Bomb A. On trouvait que son travail était plutôt sympa et en plus il était dans la région ce qui facilite les choses d'un point de vue géographique. Mais avant tout, c'est son travail qui nous a botté. On l'a contacté, puis les choses se sont enchaînées rapidement. Je ne veux pas dire de bêtise, mais je crois qu'entre le moment où on l'a contacté et la sortie du clip, il s'est écoulé moins de deux mois. Ça a été très rapide. Sur le clip, il y a ce côté groupe live, pour retranscrire ce que l'on peut dégager sur scène, tout en gardant des éléments de l'histoire que Jérôme décrit. Il y a un acteur qui travaille avec Martin, qui est venu sur le clip et ce premier titre dévoile les premiers éléments du concept.





Quels seront les projets de W.I.L.D. une fois l'album sorti ?

On va essayer de promouvoir cela en tournant au maximum. Le but c'est de continuer sur notre lancée. Avec la sortie tardive de l'album, nous n'avons pas pu nous placer sur les festivals de l'été et de la rentrée. Mais dès que l'album tournera, j'espère qu'on pourra faire quelques festivals pour la fin de l'année et l'année prochaine pour promouvoir encore cela. C'est la première fois où l'on joue la totalité de l'album avant qu'il ne sorte. On est fier de chacun des titres de cet opus et on veut le montrer en live. Cet album, c'est un peu notre Black Album, il y a tous les ingrédients des disques précédents, avec une énergie qui est liée aux nouveaux membres. On a donc envie de le défendre corps et âme.

Et de ton côté, as-tu d'autres projets à venir avec One Eye Dollar ?

Avec l'actualité de W.I.L.D., le groupe est un peu en stand-by depuis décembre. On a seulement eu la possibilité de faire une date en Belgique en janvier. Après, on a repris les répètes il y a quelques jours avec le groupe et on est en train de travailler sur le premier album de One Eye Dollar. La moitié de l'album est déjà composée. On va plutôt être dans un travail de répète, pour pouvoir retravailler ces nouvelles compositions et préparer le travail de studio. Et le fait d'avoir trois membres en commun avec W.I.LD. Ça facilite les choses. Après je ne peux pas donner de deadline mais j'espère que l'on pourra enregistrer l'album l'année prochaine. Mais on veut aussi faire les choses comme il faut et ne pas se perdre entre les deux groupes. One Eye Dollar est aussi important musicalement que W.I.L.D pour nous.

Merci pour cette interview Fred. As-tu un dernier mot pour nos lecteurs ?

Un grand merci à La Grosse Radio Metal de nous suivre depuis tout ce temps, on est très content. Que ceux qui ont envie d'écouter du thrash aillent écouter notre clip, nos morceaux. Et un grand merci à tous !

Merci à Christophe Souza de Dooweet pour avoir permis à cet entretien d'avoir lieu.
Interview réalisée le 21 Mai 2017 par téléphone.
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