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Entretien avec Colin H. van Eeckhout, chanteur d'Amenra


Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Colin, impressionnant chanteur d’Amenra, qui nous parle du nouvel opus du combo belge, le splendide Mass VI sorti après cinq ans d’absence studio. Un long entretien passionnant sur la création de cette nouvelle œuvre ainsi que de la scène, passage indispensable et marquant pour les spectateurs à l’image de la release mémorable du 31 octobre, qu’on vous propose de découvrir plus bas.



Salut Colin, pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore, comment définirais-tu le style d’Amenra ?

Nous avons un passé hardcore, nous avons commencé par un style hardcore et nous avons évolué vers quelque chose plus post-metal, presque filmique, des paysages sonores, c'est très long et lourd parfois et c'est un grand spectre émotionnel. On part d'une tristesse profonde jusqu’à une force très animalesque. C'est difficile à décrire, c'est plus du metal, c'est plus du hardcore, y'a des gens qui l’appellent doom, sludge metal, je ne sais pas quoi. Il y a un peu de tout dans le truc, donc ça devient difficile de dire ce que c'est spécifiquement.


Quelle a été l'inspiration pour créer Amenra ?

On jouait déjà ensemble dans un groupe hardcore, straight edge hardcore, ça s'appelait Spineless. Et trois d’entre nous ont continué avec Amenra, on a pris un ami du guitariste, Lebon, comme batteur et on a commencé. Et on savait rapidement qu’on voulait faire de la musique mais on voulait être plus qu’un groupe de musique en fait. On voulait utiliser le médium de la musique d’une manière plus profonde que faire juste des riffs metal. On voulait vraiment essayer de toucher des gens avec ce qu'on faisait mais on ne savait pas encore comment faire. Et on a évolué et on savait qu’on voulait vraiment avoir une espèce de monde autour de nous qui racontait une histoire, juste comme la musique.


Que veut dire Amenra et pourquoi appelez tous vos albums Mass ?

Une messe, c'est un moment d'introspection en fait, vous avez des trucs vous vous en doutez, vous avez des questions et tu sais pas à qui les poser. Ce n'est pas nécessairement envers une personne que tu dois poser la question alors que par le passé les gens allaient à la messe pour écouter les sermons du prêtre. Alors grâce aux histoires et aux métaphores, les gens avaient l'opportunité de trouver leurs propres réponses aux questions qu'ils avaient, ou ils pouvaient trouver l'espoir dans ces choses là. Et en fait c'est un peu ce qu’on fait nous même. C’est aussi un moment d'introspection, tu mets ton focus sur les trucs qui jettent une ombre sur ton existence un peu, qui te frustrent, qui sont frustrant, qui te font mal alors c'est ça un peu le but. Et le nom Amenra, ça vient de Râ en égyptologie, une espèce de Dieu, Amon-Rê c’est le Dieu des Dieux et c'est aussi un symbole pour la vie. Alors Rê on l’a pris comme symbole pour la vie et amen de la fin d'une prière, traduit par « c’est comme ça », « ainsi soit-il » et avec la vie, quand tu le mets ensemble : « la vie c’est comme ça ». Ca semble idiot mais c'est avec ça qu'on travaille en fait. On travaille avec la vie, avec les jolis moments de la vie et les moments de noirceur qui sont pas si jolis et on part de cette noirceur là. On essaye d'évoluer vers la lumière, d'essayer de finir avec la vue d’une petite lumière quelque part. Alors ça c'est un peu ce qu'on fait. Et la messe chaque fois ce sont des espèces de prières qu’on dirige vers quelque chose d'intouchable, une espèce de bataille contre un ennemi invisible, quelque chose comme ça.


Mass VI semble beaucoup plus lourd qu'avant et bien plus mélancolique dans cet album, est-ce quelque chose qui a été voulu ? Il y a aussi pas mal de passages acoustiques et de chants clairs.

C’est vrai, les pôles sont plus éloignés de chacun. La puissance est plus présente qu'avant et la tristesse, la mélancolie sont plus profondes que cela a été jusqu'ici. Mais c'est pas quelque chose qu'on a essayé de faire, on a eu de la chance que ça ait donné ça. Et c’est aussi quelque chose qu’on a réalisé après l’enregistrement, mais pendant l'enregistrement quand je mettais des chants clairs sur des morceaux pour 80 % ils n’ont pas été entendus en fait. Moi je l'avais pas encore entendu. Je veux dire que ça dépend aussi beaucoup du moment, si c'est un bon moment, tu réussis à faire mieux qu'un autre jour. Alors quand on était là au studio on était en train d’écouter des morceaux, parfois on se regardait, on se disait là on a quelque chose de pesant, quelque chose de très intense qu'on n'avait pas entendu. Alors ça c'était très beau pour nous de se regarder comme ça pendant qu’on était en train d'enregistrer l'album. Mais c’est vrai que je compare toujours avec la lame qui rentre plus profondément que par le passé.


Qui a écrit l’album ?

Le truc nouveau, c'est le premier album qu'on ait écrit à cinq avec Levy en plus. Levy (le bassiste) nous a rejoint quand Mass V était déjà écrit. On a enregistré V, lui il a joué mais il avait pas encore écrit. Alors c’est le premier album en fait, qu'il a aidé a écrire, où il a pu mettre son pied dedans. Ce qui intéressant ici, c'est que Levy a connu le groupe sans être dedans, il a pu s’approprier tout ce qu'on faisait d’une manière totalement différente de nous, alors son cadre de référence est totalement différent.


Un peu comme un fan ?

Ouais aussi, je ne sais pas fan, mais assez. Enfin, il nous avait regardés, ils nous détestait pas. (Rires)


Encore heureux !

C’est un peu con de dire : « notre bassiste était fan de nous ». Je ne sais pas, faut lui demander à lui si il veut avoir ce terme pour lui (rires). Mais c'était un nouveau vent, pour nous quatre qui sommes dans le groupe depuis le premier jour à peu près. on ne voyait plus les arbres dans la forêt. Lui, il les voyait encore et il a commencé à tirer le chariot et nous on s’est jeté dessus et c'était le moment pour écrire l'album.
 



Tous tes vocaux semblent venir du tréfond de toi, il y a quelque chose d’épidermique, presque à fleur de peau, est-ce travaillé ou est-ce vraiment au feeling ?

Non c’est un sentiment, une émotion et un moment que tu laisses partir. Surtout quant tu es dans un studio, t’es là avec ton micro, quatre gueules qui sont là en train de te regarder, c’est très artificiel et c’est pas facile car il faut traduire une espèce d’émotion sur une bande et dans un contexte totalement inverse de quand tu l’as écrit dans ta chambre ou quand tu l’as pensé. Mais on a réussi, pour moi j’ai des textes de ma voix qui étaient mieux quand on avait enregistré la démo il y a deux ans. C’était encore plus près de l’intention que ça avait au début et tu essayes toujours de retrouver cette intention là. Mais c’est pas travaillé, mais je pense que j’ai les couilles maintenant de le faire que j’avais pas avant avec l’expérience et être plus sûr de moi pour le faire. On a fait aussi des concerts acoustiques avec Amenra où j’ai pu utiliser plus la voix claire que par le passé. Maintenant ce n’est plus seulement dans ma voiture que je chante clair, c’est en studio aussi alors ça nous aide, ça nous donne des directions, ça nous inspire. On entends toujours d’abord dans nos têtes et quand on écoutait ces morceaux là, j’entendais « chant clair » alors je faisais chant clair. Mais dans le passé en fait, jusqu’à V, on ne le faisait pas car je n’osais pas et car c’est difficile à faire en live. Parce que quand je crie sur quatre morceaux et après je dois chanter une chanson claire, et j’y vais tellement fort, ça marche pas vraiment au final. Alors je me dis que je ne vais pas le faire parce que je n’ai pas assez de souffle, ça va pas marcher. Mais maintenant pour VI c’était aussi un nouvel élan donc on se disait "on s’en fout". On l’entend dans la tête on a l’impression que ça va avoir plus d’impact, de valeur, on va le faire on s’en fout du live ! Ca c’est un peu les choses différentes qui ont marqué ce nouvel album en fait.


Tu chantes en français, anglais et en néerlandais, qu’est-ce qui détermine le choix de la langue ? Et une chanson écrite en français peut-elle avoir un impact différent en néerlandais ou en anglais ?

Oui c’est ça, c’est surtout ça. Le même texte traduit en différentes langues : une langue va avoir plus d’impact, une langue va pouvoir rentrer plus profond, c’est plus beau, je ne sais pas pourquoi ? Est-ce que c’est le son ? Pour moi le français, je parle le français, mais c’est pas ma langue maternelle, et c’est pas l’anglais que j’ai toujours dans les films. Et le son est différent et je le vis différemment. Et des fois ça dépends aussi de ce qui t’inspire, je veux comme cette chanson en français. Le flamands et le français se sont deux des trois langues de la Belgique, alors le plus internationalement connu, le plus proche de nous même que je veux garder. Je vais pas faire comme si j’étais un Américain ou un mec d’Angleterre. On est Belges, on parle flamand, tu peux l’entendre, ça c’est nous, c’est d’où on vient, c’est ce qu’on connait le mieux. Et comme le français par exemple, je parle avec des amis francophones et il y a une phrase qui me reste, qui me parle et j’écris. Ca commence comme ça, une phrase. Je me balade dans un cimetière et je vois la même plaque qu’en Flandre, avec écrit en dessous « Bien à vous ». Et pour moi c’est tellement joli, c’est tellement fort, c’est beaucoup plus fort, que je sais pas ce qu’il y avait écrit au dessus en Flandre, et je m’en fous, et là ça me touchait et je l’ai pris avec moi et ensuite tu construis un morceau pour la chanson, et c’est comme ça que tu fais ces lignes.


Et par exemple une chanson en français pourrait être changée en néerlandais ou pas ?

Non, j’ai essayé une fois de changer sur le morceau clair, j’avais une traduction mais ça marchait mieux en français.


L’album semble une long morceau avec différents chapitres, comme une longue histoire ?

C’est ça, mais surtout que ça duré cinq ans pour le former mais on l’a écrit en une année. C’est très compact, c’est pour ça que ça a l’air d’être vraiment un bloc à fond. Mais c’est toujours un peu comme ça chez nous. Parfois, les riffs sont presques interchangeables, parce qu’on vit dans la même sphère tout le temps. Mais c’est vrai que c’est toujours une histoire. A la fois le morceau en néerlandais est un point de repère qui devient de nouveau petit, c’est une espèce de main sur l’épaule. Et quand c’est ok, c’est parti. Tout à sa fonction un peu dans le tout.


Il y a une fluidité incroyable dans tout l’album.

Ouais, ca vient très naturellement. Je sais que tu te dis dans ce morceau : ok ça c’est le début, ce morceaux la fin, ça c’est fin, celui là troisième, paf, puis les intermezzos. On n'a pas discuté ou quoi, ça s'est fait naturellement.


Ce qu’on ressent dans l’album est particulier. Il débute très lentement, par contre la fin est très abrupte, un peu comme une mort subite ?

T’as un peu le début, et on envisageait un long build-up et puis tu sais qu’il va venir mais tu ne sais pas quand et paf, il est là ! Et t’es parti pour quarante minutes et quand t’es dedans hop ! Justement un peu moins cool que ça devrait être. C’est comme ça, c’est la vie. Parfois tu as des choses qui se passent et puis, paf ! T’es là, t’as plus le choix maintenant, c’est fini. C’est une bonne chose pour nous à travailler en fait.


C’est rare dans les albums et on ressent une petite frustration…

Non, non, c’est frustrant, c’est vrai c’est frustrant. On pense avoir encore deux fois mais on arrête quand c’est pas encore assez. Ca fait quelque chose, on le fait aussi beaucoup en live ça. C’est ce qu’on fait, on aime bousculer les gens.
 


La pochette de l’album est magnifique et fait penser à La Mort du Cygne de Camille Saint-Saëns ?

Ce n’etait pas une référence à cela. Quand les gens me parlaient de la Mort du Cygne, ou le dernier chant du cygne.  Ca me paraissait juste. Il y a une fin à tout. Et personne ne sait quand la nôtre viendra. Après presque 20 ans, on y pense parfois. Mais c’est vraiment ce qu’on envisageait c’était de visualiser ce qu’on fait avec la musique et ça le cygne qui à la grâce et la force car c’est une bête quasi féroce. C’est la beauté, ça demande du respect et même après la fin, il a aussi sa grâce. C’est beau, c’est la beauté quand tout est fini chaque chose même les plus puissantes et les plus jolies ne sont pas éternelles. Cela fini un jour ou l’autre. C’est comme ça qu’on voulait abstraire de couper le cou, pour que tu vois de la position du corps tu comprends que ça provoque un sentiment, qu’il ne faut pas voir que c’est un cygne, ca devient quelque chose d’abstrait qui te parle aussi comme notre musique le fait aussi en fait. Je suis content qu’on ait trouvé ça, parce que c’était pas facile de trouver une photo qui pouvait matérialiser notre son.


Qui l’a réalisée ?

C’est un photographe qui s'appelle Stephan Vanfleteren. Il est super doué. C’est une série sur les animaux de notre région, un lapin, une souris, une oie, un corbeau. Ce sont tous les animaux qu’il a photographié dans son studio mais de telle manière que c’est presque une peinture. Une référence aux vieux peintres belges qui viennent aussi de notre région. J'aimais bien la beauté et la force des animaux, la mort… Il faut être conscient de tout ça et chaque moment de ta vie essayer de l'être. C'est ce qu'on fait, ou qu'on essaye de faire, avec notre musique. C'est un peu la morale ou l'éthique de vie entre les lignes de notre musique.


Justement, dans vos concerts, il y a quelque chose de très intense, une force incroyable qui s'en dégage, avec une particularité rare : tu es dos au public, pourquoi ?

Au début c'était surtout pour ne pas trop attirer l'attention sur le chanteur. Je ne suis rien sans la musique, sans les musiciens. Ca me fatiguait de voir tout le temps, quand tu regardes un concert, tu regardes le chanteur, tu t'en fous presque du reste… c'est vraiment étrange… parce que dans la plupart des groupes, le chanteur fait moins que tout le groupe… alors c'est pour ça que je disais que j'allais me tourner. Alors j'attire aussi l'attention mais ça en demande moins, l'attention est plus sur le tout, le paquet total, que sur le chanteur seulement. Aussi, au début, quand on jouait dans de petites salles, il n'y avait pas toujours assez de place sur les podiums, dans la salle avec les gens, ça se sentait un peu plus qu'on était ensemble, ça donnait une espèce de relation très horizontale que j'aimais bien, dans l'idée du hardcore. Mais aussi quand je suis dos aux gens, j'ai moins d' « impulse » du dehors du truc. Pour moi c'est à peu près toujours le même truc, je vois le batteur, je vois le visuel, j'ai mes potes à côté de moi, c'est nous cinq et c'est plus facile pour moi de rentrer dans le truc. Tandis que quand je regarde les gens, je regarde quelqu'un dans les yeux et puis automatiquement tu sors, et puis : « ah c'est un mec, ah il a une barbe, des cheveux châtains, ah une jolie fille », tu sais c'est trop...


C'est perturbant ?

Non, j'ai joué dans d'autres groupes face aux gens, c'est pas que je n'ose pas mais c'est mieux pour moi de vraiment pouvoir être dans ma bulle, c'est plus naturel pour moi de chanter plus qu'il faut quand je fais ça.


En acoustique vous faites la même chose, je vous ai vu au Roadburn et c'était pareil, ça donnait une ambiance presque chamanique, vous étiez entre vous.

C'est plutôt quelque chose pour témoigner de derrière quelque chose, être témoin de quelque chose qui est en train de se passer mais c'est pas vraiment cette personne qui fait un show pour vous. Des fois je trouve que je donne trop de valeur à la musique pour le voir seulement comme un divertissement. Pour nous c'est très logique, on fait comme ça, et comme ça on a l'impression, ou on espère de donner plus de valeur au moment. C'est une espèce de visualisation de ce qu'on construit, c'est vraiment quelque chose à nous, que nous partageons avec les gens, sans avoir de hiérarchie, on s'en fout de la hiérarchie. C'est vraiment ce qu'il se passe, cinq personnes dans un petit coin, qui font de la musique sur un podium et ils essayent de faire le moins de show possible… Le minimalisme à fond, on aime ça.




La Belgique est un petit pays avec des groupes incroyables, en particulier dans la Church of Ra, avec quelques français comme Dehn Sora dans Treha Sektori et son groupe Throane. Quels sont les autres groupes que tu trouves intéressants en Belgique en ce moment ?

Ca dépend. La Church of Ra c'est pas seulement les groupes, tout le monde parle beaucoup des groupes mais c'est en fait tous les gens qui nous ont aidé pendant 20 ans, et tous les gens que nous avons aidé, qu'on aimait bien. On a trouvé qu'ils avaient un bon cœur, ils faisaient des trucs artistiques qu'on voulait que les gens voient, on trouvait que ça avait une valeur dans le monde. Il se passe beaucoup de choses, on va faire des nouveaux livres avec Stefaan Temmerman qui a fait l'art de Mass V et tu as tous les projets de musique :  tu as CHVE, Syndrome, Oathbreaker, Wiegedood... Ce sont les autres groupes des membres d’Amenra, ce sont des potes à nous qui nous ont aidés… On a du jouer en Norvège ce week-end et Levy, notre bassiste, ne pouvait pas, Tim de Gieter l'a remplacé. Son groupe est aussi très bien, Fär, c’est électronique, totalement différent mais ça a aussi une puissance que je trouve vraiment intéressante. Il y a toujours des nouveaux projets qui sont menés. J'ai un projet avec Mathieu notre guitariste, avec Scott Kelly de Neurosis. Maintenant que Mass VI est enregistré, on peut se jeter sur des trucs comme ça. on va essayer d'écrire un album avec ça, on a déjà écrit la moitié. On a aussi une coopération avec une danseuse contemporaine, Natalia Pieczuro. On fait de la musique pour elle et on essaye de faire une performance avec elle. On fait du film, on fait du son pour film aussi. Et les autres groupes, maintenant qu'Amenra a enregistré, on va faire des concerts avec Amenra, et les autres groupes vont commencer à écrire de nouveau pour les années qui viennent pour sortir ça. Tout le monde a des milliers de projets.


Ca a l'air très créatif et beaucoup de choses se passent.

Tout le monde a beaucoup d'envies, trop d'idées et pas assez de temps. On inspire chacun (on s'inspire les uns les autres), tu bois un café avec un pote et il y a un nouveau projet qui est né, une répèt' et il y a un nouveau groupe qui se forme, ça c'est très chouette. J'ai beaucoup de gratitude qu'on vive maintenant à Gent tous ensemble à peu près, que tout aille bien. On peut faire ce qu'on peut, on a notre plateforme maintenant aussi qui est très luxueuse pour nous pour travailler en partant de ça.


Vous êtes tous musiciens professionnels ou vous avez vos métiers à côté ?

Non, tout le monde travaille à temps plein et beaucoup d'entre nous ont des enfants alors c'est difficile à gérer, mais ça va. Il y en a quelques-uns chez nous, chez Amenra on beaucoup de travail à plein temps. Oui, on essaye de faire le mieux possible, le plus possible, essayer de concilier les deux.


Qu'est-ce que tu écoutes, qu'est-ce qui t'inspire ? Que ce soit en Belgique ou ailleurs.

Je n'écoute pas beaucoup d'autres groupes. J'écoute toujours des enregistrements de répétition, d'autres projets d'autres membres du groupe, plutôt des trucs comme ça. [Je suis en train de penser si je trouve des trucs que j'aime bien]… Quelqu'un m'a demandé aussi mais je sais pas en fait. Le dernier truc que j'ai beaucoup aimé c'est le dernier Nick Cave (Skeleton tree) qui est sorti il y a un an, ça fait un temps… Plein de poèmes… J'ai pas vraiment quelque chose que j'aime beaucoup pour le moment.


La création de votre groupe date de 1999, quel regard as-tu sur votre groupe, un groupe majeur maintenant.

C'est fou de voir l'évolution, qu'on est encore ensemble. On n'aurait jamais su que ça allait avoir des proportions comme ça, on a jamais eu des buts, on faisait juste ce qu'on faisait et chaque porte qui s'ouvrait, on la poussait, comme si c'était dans un nouveau monde. Alors ouais c'est fou de voir d'où on vient, et on est là maintenant et on sait jamais où on va finir. Je suis vraiment très heureux et content qu'on soit encore là... et qu'on ne se déteste pas encore...


C'est vrai qu'il y a certains groupes, dans la durée…

C'est difficile, c'est une création collective artistique, et ça c'est très dur car c'est la vie et tout le monde a ses talents et ses trucs, c'est pas facile, c'est pas facile c'est très dur en fait. Mais on a de la chance d'être des amis avant d'être des membres d'Amenra. Moi je dis toujours que quand les groupes n'existeront plus, si on fait un barbecue ensemble, ça sera encore Amenra pour nous, on s'en fout.


Aurais-tu des choses à ajouter sur le nouvel album, des choses à ajouter, qui te tiennent à coeur ?

Ma gratitude surtout aux gens qui nous suivent depuis le début, aux nouvelles personnes qui aiment le nouvel album. C'est très chaleureux à voir, on reçoit beaucoup de soutien de partout, des gens qui nous suivent et qui viennent de loin. C'est très fou quand même, c'est étonnant à voir. Sans ça, je sais pas si on aurait été encore ici, je pense bien mais on sait jamais. J'aimerais remercier tous les gens qui sont encore là.


Et les autres gens qui vont arriver !

J'espère !


Merci

Merci à vous




Entretien réalisé à Paris en octobre 2017
Merci à Sarah et Christophe, de Dooweet Records.
Et à Alice pour son aide dans la transcription.
Crédit photo : Stephan Vanfleteren
Utilisation interdite sans accord du photographe.

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28/07/2011 - Neurosis à La Machine - Paris - Samedi 23 Juillet 2011 Cela faisait 4 ans et l’édition 2007 du Hellfest sous un torrent d’eau que je n’avais plus revu Neurosis en live. Et il me faut encore patienter un bon bout de temps puisque c’est avec ...
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