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Shagrath (chant) et Silenoz (guitare) de Dimmu Borgir


"Je vois Dimmu Borgir comme quelque chose de plus spirituel"

 

Deux mois avant la sortie d'Eonian, le nouvel album de Dimmu Borgir, nous avons rencontré Shagrath (chant) et Silenoz (guitare) pour en savoir plus sur ce neuvième opus. Nous avons ainsi évoqué les thématiques propres à cette nouvelle offrande studio, le récent DVD orchestral réalisé avec le Norvegian Radio Orchestra ou encore leur passage à venir sur la scène du Hellfest. Les deux musiciens se sont révélés particulièrement bavards, blagueurs et enjoués, à mille lieues de l'image sérieuse renvoyée sur scène lorsqu'ils sont grimés.



Bonjour messieurs et merci de nous accorder cet entretien. Avant d'aborder Eonian, votre nouvel album, je voudrais revenir sur le live que vous avez sorti l'an passé, Forces of the Northern Night. Cette expérience avec un orchestre symphonique vous a-t-elle influencés de quelque manière que ce soit pour la composition du nouvel opus ?


Silenoz : Je pense que nous avons été en partie influencés par la façon dont les musiciens de l'orchestre se comportent et se dirigent. Tu sais, ils sont très professionnels et lorsque nous avons commencé à travailler avec eux, nous avons réalisé que nous ne l'étions pas autant que nous le pensions. Nous avons donc puisé notre inspiration dans leur façon de se tenir, de fonctionner en tant que musicien et en tant qu'orchestre. Nous avons essayé d'incorporer cela dans ce que nous faisions, ce qui nous a forcé à être un peu plus disciplinés. Cela nous a aidé à façonner l'album et à en faire ce qu'il en est aujourd'hui. Cela a été très instructif de travailler avec eux ! (rires).


Quels souvenirs en particulier gardes-tu de ces deux concerts orchestraux, donnés au Wacken et à Oslo ?


Le concert d'Oslo était le mieux préparé. Nous avions également répété pour celui du Wacken, mais comme il s'agit d'un festival, tu n'as pas autant de temps de soundcheck que ce que l'on a pu avoir à Oslo. D'ailleurs, jouer en festival même sans orchestre reste un beau pari pour nous car les soundchecks sont très raccourcis et nous en sommes très dépendants. Nous sommes toujours un peu plus nerveux du coup car si quelque chose tourne mal, c'est un effet domino. Le concert d'Oslo était parfait et du coup j'en garde d'excellents souvenirs. Ce sont deux des plus grandes soirées dans notre carrière, c'est pour cela qu'il fallait que nous les documentions avec ce CD/DVD. Nous sommes vraiment fiers d'avoir accompli cela et nous aimons beaucoup ce live. Et il semble que les fans aussi et qu'ils ne sont pas déçu d'avoir attendu presque sept ans avant d'avoir le produit fini.


Cela vous a pris huit ans pour sortir ce nouvel opus après Abrahadabra. Pourquoi avoir attendu si longtemps ?


Nous avons passé tout notre temps à la plage ! (rires) Non, nous prenons toujours notre temps avant d'écrire un album, car nous ne sommes pas dans la logique type album/tournée/album.

Shagrath : Nous avions besoin d'être particulièrement concentrés sur notre musique. Contrairement à d'autres groupes, nous ne pouvons pas composer en tournée, dans notre loge par exemple, car nous écrivons une musique assez complexe, qui nécessite du temps.

Silenoz : Nous n'avons pas non plus de formule toute prête pour l'écriture. Certains titres nécessitent du temps pour être terminés. Cela peut varier entre six mois et pour d'autres, trois semaines. Rien ne se conclut comme cela.

Shagrath : Oui, il n'y a aucune formule ou recette. Il y a beaucoup de façon d'écrire une chanson, depuis les jams en salle de répétition, les sessions studios...Parfois les choses viennent d'un riff ou d'une idée simple qu'il nous faut développer. Il faut également que les morceaux plaisent à tout le monde dans le groupe, ce qui est particulièrement difficile parfois, puisque nous pouvons avoir des gouts différents...Pour toutes ces raison, cela prend du temps pour sortir un album.


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Pouvez vous nous expliquer le terme "Eonian" ?


Silenoz : Il s'agit du mot latin pour l'expression "Eternel". L'image qu'il y a derrière ce mot c'est "ce qui a été, ce qui est, ce qui sera toujours". C'est une sorte de présent continu. On peut toujours regarder en arrière ou s'intéresser à notre avenir, mais ce que nous possédons avec certitude, c'est notre présent. Et à cause de cela, la seule personne responsable de ce qu'il peut t'arriver dans la vie, c'est toi-même. C'est difficile d'expliquer le titre de l'album ainsi que la thématique abordée dans les paroles, et je ne veux pas non plus trop en révéler car je souhaite que l'auditeur trouve lui-même le sens des choses. Un mot n'aura pas le même sens pour moi et pour toi par exemple. C'est moi qui écrit la plupart des paroles, mais Shagrath est doué pour arranger les textes pour qu'ils collent aux titres. J'ai écrit peut-être quinze ou seize versions différentes des paroles pour cet opus. J'en ai même rédigées alors que nous n'avions pas une seule composition instrumentale de terminée. Et je n'ai pas besoin de lui expliquer ce que j'ai en tête lorsque j'écris. C'est un peu comme ce que je viens de t'expliquer, je ne lui en dis pas forcément plus car il a sa propre idée et opinion à ce propos.


"Lightbringer" qui donne son titre à l'une de vos chansons sur Eonian est également un surnom pour parler de Lucifer, l'Ange déchu. Dans le Paradis Perdu de John Milton, il est décrit comme un rebelle envers Dieu. Est-ce important pour vous d'être toujours associés à cette idée de rébellion envers l'ordre établi ?


Shagrath : Pas seulement l'ordre établi, nous sommes en rébellion contre tout.

Silenoz : Et envers les rebelles également ! (rires) C'est ce que nous sommes en tant que groupe, comme le symbole de Lucifer. C'est ce qui nous relie à lui.

Shagrath : Nous n'aimons pas mettre une étiquette sur ce que nous sommes, ni que les gens le fassent pour nous. C'est sûr que nous appartenons à un style musical global, et qui si l'on devait nous décrire, l'appellation la plus proche serait "black metal symphonique". Et si tu regardes les tout-débuts du groupe, déjà à l'époque on tentait de faire les choses différemment par rapport aux groupes de la scène black metal. C'était déjà une forme de rébellion au sein de la scène. Nous avons toujours agis de cette manière. C'est un peu notre essence car on ne se fond pas dans la masse.


Tu viens de parler de l'étiquette "black metal symphonique" qui se rapproche le plus de ce que vous faîtes. Mais sur cet album, il y a d'autres influences, notamment indus et gothiques...

Si tu regardes un peu dans notre discographie, chaque album est différent. Nous ne cherchons pas à refaire la même chose. C'est une façon d'avancer, c'est comme cela que les choses doivent se faire. Chaque groupe a toujours un album qui reste son plus gros succès et souvent, un artiste cherche à répliquer ce succès sur les suivants. Si tu fais cela, tu as déjà perdu, car les choses ne sont plus authentiques, cela ne vient plus du coeur. Si les fondations ne sont pas solides, l'empire entier s'écroule (rires). Quelle était la question déjà ? (éclats de rires).





Même si nous avons déjà discuté des thématiques de l'album, l'artwork d'Eonian contient des symboles rappelant les sociétés secrètes comme les francs-maçons. Et la dernière chanson s'intitule "Rite of Passage". Pourquoi cette fascination pour l'occulte et les sociétés secrètes ?


Silenoz : Cela a toujours été présent. C'est aussi lié à des choses qui ne peuvent pas être vues dans cette réalité.

Shagrath : Cela nous plonge dans les ténèbres, et nous aimons exprimer ces sentiments à travers notre musique, je suppose.

Silenoz : Et quand j'ai écris le titre "Lightbringer", on ne parle pas de lumière au sens religieux.  Cela évoque plus le chemin long et fastidieux vers l'illumination.


Vous avez choisi de conclure cet album avec cet instrumental "Rite of Passage" que je viens d'évoquer. Pourquoi ce choix ?


Shagrath : C'est une façon de garder une certaine forme de tradition par rapport à ce que nous avons déjà fait sur quelques albums précédents.

Silenoz : C'est un passage vers le prochain album.

Shagrath : C'est un titre riche en émotion, au sens où nous n'avons pas besoin d'ajouter du texte pour en faire un grand titre. Il parle pour lui-même et te fournit déjà des images en tête. C'est pour cela qu'il n'y a pas de chant.

Silenoz : Il laisse vraiment l'auditeur imaginer ce qu'il se passe, avec un propos toujours sombre. Nous voulons laisser les gens s'imprégner de la musique et se faire leur propre idée du thème.


Cette chanson contient une atmosphère très doom et mélancolique. Dans quel état d'esprit étiez vous dans la phase d'écriture ?


Shagrath : Les choses viennent du coeur. C'est une chanson qui contient différentes sections, dont l'une est basée sur du mellotron et des parties de clavier. La base du titre est venue de là. Puis nous avons ajouté des couches par dessus, avons travaillé la structure du morceau et il est devenu plus cinématographique et s'est enrichi des sentiments que l'on y a mis. C'est un titre composé à fleur de peau, pas du tout agressif. Mais à titre personnel, il m'apporte beaucoup d'images et de visions, surtout au cours de la première partie. Je ne sais pas pourquoi mais j'imagine quelqu'un qui marche dans la glace, peut-être car elle a ce son très froid et effrayant. Mais je pense que chacun aura sa propre vision des choses en l'entendant. Pour moi, c'est important de mettre de l'émotion dans sa musique, c'est plus intéressant que de mettre du blast tout du long, d'être juste technique et agressif. Je vois Dimmu Borgir comme quelque chose de plus spirituel. Encore plus aujourd'hui qu'auparavant ! Et nous n'avons plus rien à prouver à personne. On peut se lancer dans des styles différents, cela ne nous pose aucun problème. Pour moi, cela ajoute plus de profondeur à notre musique. Si je peux te donner la chair de poule et provoquer des émotions chez toi, en tant qu'artiste c'est beaucoup plus important à mes yeux plutôt que d'exprimer de l'agression. On change avec le temps, c'est peut-être également car nous devenons plus vieux...On progresse.

Silenoz : Et puis ce dernier titre, c'est aussi une belle façon de progressivement fermer l'album et de reprendre son souffle.






Cela m'a rappelé un peu les génériques de fin d'un film...


Oui, oui, c'est exactement ça !

Shagrath : Mais cela est venu très naturellement, on n'a pas planifié les choses de cette façon. Parfois, ton travail échappe à ton contrôle. On ne s'est pas dit explicitement "okay, on va faire un titre cinématographique comme un générique de film" ! (rires)


Vous avez dévoilé en premier lieu "Interdimensional Summit" à travers un clip. Pourquoi ce morceau en particulier ?


Silenoz : Pourquoi pas ? (éclats de rires) Nous aurions pu choisir plein d'autres titres en effet. Mais nous avons pensé que c'était une belle représentation du groupe. D'autant plus que le dernier album datait d'il y a huit ans. Il y a en outre des passages puissants faits pour headbanger, de la mélodie mais aussi le côté dark qui est propre au groupe. C'est une chanson que nous trouvons très bien écrite.


En juin prochain, vous serez tête d'affiche de la Temple au Hellfest, un festival auquel vous avez déjà participé deux fois. Que peut-on espérer de ce show en particulier ?


Shagrath : Des confettis, des bulles et des ballons (éclats de rire). Nous allons surtout essayer de rendre ce show inédit et de mettre toute notre énergie dans ce concert. Nous attendons ce festival avec impatience, car c'est toujours un très bon moment, pour nous et certainement pour beaucoup d'autres groupes. Nous travaillons actuellement dessus, pour proposer un show grandiose, mais il est encore trop tôt pour révéler ce que nous avons en tête, chaque détail.


Ressentez vous de la pression à l'idée de reprendre la route après si longtemps ?


Silenoz : Je pense que la seule pression que nous ressentons c'est celle que l'on se met nous-même, elle ne vient pas de l'extérieur. Chaque aspect de cette tournée va être nouveau pour nous, puisque nous aurons une nouvelle équipe, un nouvel ingé-son... Mais nous allons bien nous préparer pour être certains de proposer quelque chose de très bon.


For all Tid, votre premier album, a été réédité en vinyle. Cela montre une vraie envie de votre part de donner enfin accès à votre back catalogue à vos fans.


Oui car on a toujours de nouveaux fans.

Shagrath : C'est important de faire en sorte que notre musique soit toujours accessible aux gens.

Silenoz : Nos premiers albums ont été sortis sur de petits labels et aujourd'hui, c'est très difficile de les trouver à prix décent. Dans notre cas, comme il y a des fans qui continuent de nous découvrir, ils veulent aussi voir ce que nous avons fait auparavant. De plus, le format vinyle est super en ce qui me concerne...

Shagrath : oui, c'est notre format préféré (rires).

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Après 25 ans passés au sein de la scène, quel souvenir en particulier gardez-vous en tête ?

Silenoz : il y en a trop.

Shagrath : Pour moi, c'est peut être nos débuts, avec cette forme de magie, d'innocence positive, que nous ne possédons plus aujourd'hui. Il y avait un côté mystérieux, dangereux...Bon tout n'était peut-être pas positif ! (rires) Nous étions aussi puérils et stupides ! (rires) Mais la qualité de la musique sur la scène black était unique à mon avis. Chaque groupe permettait aux autres de se surpasser, d'essayer de faire toujours mieux. Il y a eu énormément de très bons albums à cette période.

Silenoz : Tout le monde avait le sentiment d'être invincible, immortel. On ne pouvait pas nous atteindre en un sens.


Merci pour vos réponses. Avant de nous quitter, pouvez-vous dire un dernier mot pour nos lecteurs ?

Dernier mot pour nos lecteurs ! (éclats de rire).

Shagrath : Gardez l'esprit ouvert !

Silenoz : oui, c'est important de rester curieux dans le domaine de l'art et de la musique en particulier, et c'est ce qui est nécessaire pour appréhender notre album, c'est certain ! Merci !


Interview réalisée à Paris le 7 mars 2018
Merci à Shagrath, Silenoz et à Valérie de Nuclear Blast.
Crédits photos : DR

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