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Spencer Sotelo, chanteur de Periphery

A l'occasion de la sortie de son nouvel album, Periphery IV : Hail Stan, le 5 avril prochain, la Grosse Radio a eu l'opportunité de s'entretenir à Paris avec Spencer Sotelo, chanteur du groupe de metal progressif américain Periphery. Au programme : anecdotes croustillantes autour du nouvel opus, vie d'artiste, Vikings et autres surprises. De quoi en apprendre beaucoup sur ce groupe qui s'impose déjà comme une référence dans le genre du djent et du metal moderne. 



Salut Spencer, et merci de nous avoir accordé cette interview. Tout d’abord, peux-tu nous présenter ton album et nous parler plus particulièrement du titre de ce dernier Periphery IV :  Hail Stan ?

Salut ! Déjà soyons clairs, ce n’est qu’une faute de frappe et il n’y a rien de sérieux. On ne se prend pas pour des satanistes, on n’a pas prêté allégeance au diable ou quoi que ce soit (rires) ! Ce que je peux te dire, c’est qu’on a passé un an sur cet album, qu’on a énormément travaillé pour s’assurer que tout était parfait. Et je pense sincèrement que c’est le meilleur album qu’on ait jamais fait. Mais bon, je pense qu’au final, il faut aussi savoir ne pas se prendre au sérieux, et faire des jeux de mots comme avec ce titre.


D’ailleurs en parlant de cela, tu dis avoir passé avec Periphery un an sur cet album et y avoir énormément travaillé. En quoi cela vous a-t-il permis de réaliser votre « meilleur album » ?

Parce qu’on a vraiment été capables de régler et d’ajuster les choses. Ce n’était pas comme si lorsqu’on avait fini d’écrire telle ou telle partie (chant, guitares, etc), on se disait, "ça y est ça va sur l’album". C’était complètement le contraire. On a eu le luxe de pouvoir travailler des mois sur les démos, et c’est quelque chose qu’on n’a jamais pu faire dans le passé. Il y a même beaucoup de parties qui ont changé entre-temps. Et même parfois des parties pour lesquelles on était extrêmement satisfait. « Blood Eagle », par exemple, est une chanson complètement différente à la fin des démos si on la compare à ce qu’elle est maintenant. Il y a des tonnes de riffs qui ont été enlevés de la chanson, on a finalement modifié la structure de la chanson. Et ça n’aurait pas été le cas si on avait eu les emplois du temps qu’on avait pour les anciens enregistrements.


Vu que tu parles de "Blood Eagle", les paroles que tu as composées sont inspirées de l’histoire des Vikings il me semble ?

Absolument ! C’est vraiment inspiré de l’histoire viking et de leurs raids en Angleterre contre les chrétiens.



Et t’es-tu aussi inspiré de la série ?

Ha oui bien sûr ! J’ai pris pas mal mon inspiration de ça, et je crois que j’ai regardé les cinq saisons en même pas un mois (rires).Tu as regardé toi ? C’est une série géniale ! (Petite discussion sur la série…)


Et s’il fallait choisir une chanson de Periphery pour la mettre dans la série, tu choisirais laquelle ?

Sans hésitation "ChVrch BVrner". Cela parle d’ailleurs totalement du contraire de la série, et des conquêtes chrétiennes en Scandinavie, de leurs massacres pour convertir de force les Scandinaves au christianisme.




Pour revenir à Hail Stan, Periphery est décidemment beaucoup plus heavy, voire plus obscur que les précédents albums. Est-ce que c’est quelque chose que vous aviez prévu, ou est-ce que ça s’est fait plutôt naturellement ?

Cela s’est fait naturellement pour tout le monde ! A titre personnel, ce que je dis souvent aux gens, c’est que depuis que je suis dans ce groupe, j’écoute de plus en plus la musique et je la laisse vraiment me guider vers où je dois aller. Et ça influence directement ce que je fais au chant. Jusqu’à maintenant, je n’ai jamais forcé ma voix, afin d’obtenir telle ou telle sonorité. Et ces chansons étaient juste très agressives, donc j’ai réglé ma voix en conséquence. En tout cas, il n’y a rien d’artificiel. Il faut sentir la musique.


Sur ce nouvel opus, vous avez rompu votre collaboration avec Sumerian Records et créé votre propre label, 3 DOT Recordings. En quoi cela vous a-t-il aidé dans votre composition ? Avez-vous eu plus de liberté par rapport à lorsque vous étiez encore avec Sumerian ?

Sumerian a toujours été super avec nous. On n’a jamais eu de problèmes ou quoi que ce soit avec eux. Ce qui est sûr, c’est qu’on a toujours voulu avoir le contrôle de ce qu’on faisait dans le groupe. On a toujours pris de nombreuses décisions comme choisir combien de personnes devaient nous conseiller sur tel ou tel point pour nous donner leur avis. Mais tu sais, un label, il doit forcément te donner son avis sur ce qu’il veut qu’on fasse parce que c’est aussi dans son intérêt que tu réussisses. Mais on n’a jamais eu peur de dire non, quand il le fallait. Simplement, maintenant, on n'a plus besoin de dire non à qui que ce soit ! On s’occupe de tout désormais, c’est cool.


D’ailleurs ça vous a sûrement permis de mettre en premier titre d’Hail Stan, "Reptile", une chanson épique de près de 17 minutes. Qu’est-ce qui vous a pris ?

Beaucoup de personnes vont te dire que c’est mieux de mettre une chanson comme ça à la fin, parce que c’est vraiment fou de mettre un truc comme ça au début. Mais justement, à ces gens-là, on peut leur dire d’aller se faire voir, et on peut leur montrer que c’est possible. C’est notre groupe, c’est notre label et c’est une chanson vraiment géniale ! (rires)


"Reptile" est assurément un titre, si ce n’est le titre phare de votre album. Il est particulièrement long, mais il est digne d’un film avec beaucoup de variations, des moments plus mélodiques, d’autres plus heavy et agressifs. Peux-tu nous parler de sa composition ?

Ça, il faudrait plus le demander aux guitaristes ! (rires) Ce qui est sûr, c’est que les pistes de guitares sont arrivées vraiment rapidement. Et on a établi la structure de la chanson en l’espace de deux jours, ce qui est complètement fou ! On l’a vraiment retravaillée afin d’y apporter beaucoup de changements, avec de la variation. De toute façon on ne peut pas faire une chanson de 16 minutes sur le même son, la même mélodie, ce serait complètement contreproductif pour celui qui l’écoute. Cela doit vraiment faire comme un film avec des hauts et des bas, des styles différents. C’est de l’art ! Je dirais même que c’est un peu notre chef d’œuvre "Reptile" ! En tout cas, c’est ma chanson préférée et je suis impatient de la jouer pour ouvrir nos concerts lors de la prochaine tournée. Je veux jouer "Reptile" !


Et vous comptez-jouer "Reptile" en entier ?

Bien sûr qu’on va la jouer en entier, si on doit la jouer ce n’est pas pour la faire à moitié ! (rires)


Dans vos chansons, vous ajoutez beaucoup d’éléments qui viennent d’autres genres de musique, comme des touches d’électro, de la musique classique ou des chœurs, d’où vient cette idée ? 

Oui, alors ce n’est pas nouveau pour l’électro et la musique classique, on l’avait déjà fait sur les précédents albums. Mais c’est une première pour les chœurs en effet. On a fait ça avec mon ami Randy qui a un studio dans l’Utah, à Salt Lake City. Il a pris mes enregistrements de chœurs (faits artificiellement) qui étaient encore un peu brouillons. J’essayais là-dessus de chanter sur différents temps, de changer la manière dont je chantais. Puis après avoir regardé ça, on s’est vraiment dit avec Randy qu’on devait en faire quelque chose. Et on s’est retrouvé à avoir ces parties en chœur sur les démos. C’était vraiment cool.


Cet album est donc définitivement un de vos plus progressifs. Et il est peut-être un peu plus difficile d’accès que les autres. Ne redoutes-tu pas d’avoir fait quelque chose de trop complexe ?

Oui je suis vraiment d’accord avec toi pour dire que c’est l’album le plus progressif qu’on ait fait jusque-là. Et pas du tout, on a vraiment toujours écrit notre musique pour nous. Après avoir gagné en maturité et en ayant maintenant plus de facilité à écrire les chansons avec le groupe, je pense que c'est normal que la musique devienne plus complexe. On a vraiment composé ce que l’on voulait sur cet album.

Periphery, band, hail stanCopyright : Travis Shinn, DR



Pour continuer, parlons de quelques chansons. Tout d’abord, on ne peut pas passer à côté de la plus surprenante de l’album, "Crush", avec ses sonorités très électroniques orientées synthwave, voire orchestrales sur la fin. Comment en êtes-vous arrivés là ?

Pour être honnête avec toi, je t’avoue que je n’ai aucune idée de comment cette chanson a réussi à devenir ce qu’elle est actuellement. En fait, cette chanson est plus un morceau orchestral, surtout pendant la deuxième partie de la chanson. Misha Mansoor avait écrit cette démo de deux minutes il y a quelques années et j’avais mis des paroles dessus sans vraiment être sérieux, juste pour rigoler et il s’avère que le groupe a vraiment bien aimé. Cela ne devait pas être une chanson du groupe à la base. Mais cette chanson est revenue d’actualité lorsqu’il a fallu choisir ce qu’on mettait sur l’album.  C’est d’ailleurs très probablement la chanson qui a pris le plus de temps à être mise en forme, vu qu’on avait pas mal de désaccord avec tout le monde. Le mixage a même pris énormément de temps, sûrement le plus long de toutes les chansons d’Hail Stan, à part "Reptile" bien sûr, qui était vraiment longue à mixer, vu que c’est une très longue chanson. Mais je pense que ça ajoute vraiment une belle touche à cet album, une saveur différente. Et c’est quelque chose de totalement inédit, qu’on n’a jamais fait dans aucune autre chanson de Periphery.


"Sentient Glow" est une composition sur laquelle tu t’es inspiré de ton audition pour Periphery, peux-tu nous en dire plus ?

Oui, c’est une histoire assez bizarre en fait. Cela remonte à longtemps, lors de mes auditions pour le groupe Haunted Shores avec Mark Holcomb, qui n’était alors pas encore dans Periphery, début 2009. J’avais enregistré la fin de "Sentient Glow" pour mes auditions. Et ce que j’avais écrit est en fait aujourd’hui sur Hail Stan. Puis j’ai eu l’audition et j’aurais alors dû chanter pour ce groupe. Mais Misha Mansoor, qui était alors le producteur et qui aidait Mark l’a entendu. Et il s’est alors demandé : « Tiens il faudrait voir ce que ce mec pourrait faire pour Periphery ». Et j’ai rejoint Periphery. Donc en fait, c’est comme si Misha m’avait volé à Mark. (rires)

Enfin, "Satellite" est une chanson pour laquelle vous avez composés de la même manière que pour "Lune", du dernier album Select Difficulty, raconte-nous !

Oui en effet pour la composition de ces deux chansons, la plus grande partie de cette chanson, c'est grâce à Jake et Mark qui se sont assis ensemble dans une même pièce pour jammer ensemble. Même je crois bien, si je ne fais pas erreur, que c’était en pleine tournée lorsqu’il avait des pauses. Jake avait composé une base progressive, et Mark avait écrit la partie soliste, un peu ambiante par-dessus. C'est comme ça que la composition a commencé. Et le résultat final a vraiment été bon. "Satellite" est vraiment une chanson très cool et idéale pour terminer l’album.


Pour parler de toi, peux-tu nous donner tes inspirations en tant que chanteur ?

Oh, parmi mes favoris, il y’a Devin Townsend, Corey Taylor, Mike Patton bien sûr ou encore Trent Reznor, des chanteurs très différents avec des styles variés. Mais la raison pour laquelle j’aime ces personnes est qu’elles ont vraiment leur propre identité vocalement parlant. Ce ne sont peut-être pas les meilleurs chanteurs techniquement parlant, mais on peut clairement dire que c’est eux quand ils chantent. C’est l’émotion transmise et le charisme qui font qu’un chanteur est bon.


Question un peu attendue, vous jouez sans Adam Nolly, et donc sans bassiste, cela ne pose-t-il pas de problème, ou ne vous gêne pas ?

Non non pas du tout, et en plus, il est encore un peu avec nous, il faut juste continuer à jouer malgré cela. Il avait préenregistré ses lignes de basses version live avec son matériel et il nous les avait envoyées. Evidemment, il ne peut pas venir sur scène, mais on entend la basse depuis nos retours, on le ressent sur scène. C’est comme s’il était là si on fermait les yeux. Bien sûr il n’est plus là quand on les ouvre.


Comment est-ce que vous réagissez au fait d’avoir connu un succès grandissant ces dernières années, d’avoir fait de gros titres sur les magazines, ou encore avoir été nominés aux Grammys ?

C’est juste cool. On n’avait jamais vécu des trucs comme ça avec le groupe. Donc tous ces trucs-là, dont les Grammys, c’est juste la cerise sur le gâteau de mon point de vue, c’est du bonus. D’ailleurs, on n’était même pas présent à la cérémonie des Grammys parce qu’on avait un concert en Australie à ce moment-là. Et perso, je trouve que c’est beaucoup plus fun de jouer en concert que d’assister à la cérémonie des Grammys (rires) !


Pour finir, peut-on espérer vous voir en France prochainement, et aurais-tu un mot pour les fans français ?

Nous sommes en discussion pour peut-être une tournée un peu plus tard dans l’année, mais il n’y a rien d’officiel encore. On l’espère en tout cas. Si je peux dire une seule chose aux fans, c’est de prendre une bonne bière et Hail Stan ! (rires)



NB : Un grand merci à Century Media pour nous avoir permis de réaliser cette interview. 
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