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Entrevue avec Falk Maria Schlegel de Powerwolf


Best Of The Blessed est sorti il y a maintenant un mois et demi. Cet enregistrement regroupe pas moins de seize morceaux dont sept ont été réenregistrés pour l'occasion. Un live est également disponible : The Live Sacrament contenant quatorze titres. Nous sommes revenus sur cette compilation avec le claviériste et chauffeur de foule Falk Maria Schlegel, jamais avare en énergie.




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Bonjour Falk Maria et merci de nous accorder cet entretien. Qui a eu l’idée de faire ce gros best-of ? Le groupe ou le label ?


Le groupe, c’est une idée du groupe. Après sept albums, c’est le bon moment pour sortir une compilation. Mais nous ne voulions pas seulement sortir un album best-of lambda avec juste de vieilles chansons, nous voulions réenregistrer certains des premiers morceaux. Par exemple, pour “Kiss Of The Cobra King” nous avons réarrangé un peu les couplets. Cette compilation rassemble les morceaux favoris des membres du groupe. Oui, je pense que c’était le bon moment après sept albums de créer Best Of The Blessed même si ce n’est pas qu’un best of, il y a le Live Sacrament et nous avons aussi ajouté certains morceaux de la dernière tournée que nous avons faite.

Mais c’est votre deuxième compilation par contre. (NDLR : The History of Heresy - 2014)

Oui effectivement, nous avons aussi de bonnes choses comme par exemple le DVD The Metal Mass Live mais dans ce cas le best-of combine tous les albums : de nouvelles chansons mais aussi des classiques comme “In Blood We Trust” ou “Saturday Satan” qui sont toujours sur les setlists de concerts de Powerwolf. Je suis plutôt content, même quand je vois l’artwork qui reprend des éléments de tous les albums de Powerwolf… J’aime vraiment beaucoup cet artwork, on se rend compte de tous les loups qui ont été créés ces dernières années.

Pourquoi avez-vous choisi ces six morceaux à réarranger en particulier ?

Nous trouvions simplement plus excitant de réenregistrer ces morceaux après les avoir écoutés et c’était vraiment cool de jouer ces chansons en studio après tout ce temps ; nous avons joué ces morceaux tellement souvent en live et c’était une toute nouvelle expérience de les jouer à nouveau en studio. Nous avons juste changé des petits choses ici et là sans complètement réarranger les chansons, ou même sans en changer le caractère, c’est très important, hormis “Kiss Of The Cobra King”. C’était aussi une dédicace à ces vieilles chansons, parce que nous les avons développées au fil du temps. C’est un peu différent de ces vieilles versions mais ce sont toujours les mêmes chansons avec une atmosphère un peu différente.

Elles sont plus puissantes, il y a de nouvelles orchestrations. Est-ce quelque chose que l’on retrouvera sur les prochains albums ?

Exactement, nous avons travaillé avec Joost Van der Broek qui a travaillé avec Epica, Demons & Wizards, Ayreon… Lorsque nous avons lancé ce projet nous l’avons contacté pour savoir s’il voulait travailler sur nos orchestrations et ça colle parfaitement, je pense que nous allons continuer comme ça dans le futur, c’est très créatif, c’est bon d’avoir ce mec dans notre équipe ! Il a apporté de nouveaux éléments comme par exemple dans “Werewolves of Armenia” avec des arrangements de choeurs tout en gardant son caractère.

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La basse est peut-être un peu moins perceptible que les autres instruments sur cet enregistrement, est-ce en rapport avec le fait que vous n’ayiez pas de bassiste sur scène ?

Non, nous avons enregistré la basse de la même façon que les autres instruments. Mais nous avons tellement d’éléments dans cet album, et les guitares doivent être fortes parce que nous sommes un groupe de heavy metal. Je pense que le mix est parfait donc non ce n’est pas voulu. Il y a tellement de compressions, chaque instrument a ses notes basses c’est plutôt important, c’est toujours compliqué de tout mixer mais le résultat sonne toujours comme du heavy metal et du Powerwolf.

Charles enregistre les parties de basse, vous avez déjà dit que vous n’auriez jamais de bassiste live dans le groupe. Est-ce possible qu’il passe de la guitare à la basse de temps en temps sur scène ?

Hmm non ! (rires) Il joue de la guitare sur scène. Nous sommes cinq, nous ne pouvons pas imaginer qu’il y ait une autre personne à la basse. Nous procédons comme ça depuis maintenant plus de quinze ans et un bassiste n’a jamais manqué sur scène. Je joue les basses avec mes pieds sur le clavier et nous ajoutons les lignes de basse en accompagnement donc c’est comme ça. Charles joue sur scène pour deux personnes : à la guitare et à la basse sur les accompagnements (rires).

Du coup il n’y a pas de place pour l’improvisation, est-ce que vous y avez déjà songé ?

Oui c’est vrai, mais si nous voulions improviser sur une partie, nous le ferions sans basse dans ce cas. Mais sans avoir préparé d’accompagnement de basse, ce n’est pas possible effectivement.




Vous avez presque fini votre tournée en Amérique du Sud avec Amon Amarth, aviez-vous déjà partagé la scène avec eux ? Qu’en avez-vous pensé ?

Nous avons joué dans de nombreux festivals avec Amon Amarth et nous sommes amis depuis le début car nous sommes sur le même label mais c’était notre première tournée ensemble. C’était totalement incroyable, Amon Amarth est un groupe super, j’adore ces mecs. L’Amérique du Sud c’était génial, nous n’y étions jamais allés. Malheureusement nous avons dû annuler trois concerts à cause de la crise, mais cette combinaison death mélodique et power metal fonctionne parfaitement et le public était fou, si c’était à refaire je le referais avec plaisir.

Quel est ton secret pour garder toute cette énergie sur scène tout au long d’une tournée ?

(Rires) Je dirais que c’est l’audience qui me procure toute cette énergie. J’ai moins d’énergie ces temps-ci (NDLR : à cause de la Covid-19 et le fait de ne plus faire de concerts) que lorsque je suis sur scène. Lorsque j’entre sur scène, que je vois le public crier “POWERWOLF” ou quelque chose d’autre, ça me remplit d’énergie, c’est un échange d’énergie, de pouvoir. Ca me manque !

Au Hellfest 2019, j’ai croisé des chrétiens qui distribuaient des bibles metal, de vraies bibles mais avec des faits liant le metal à la religion. Les premiers groupes auxquels nous pensons dans ce cas sont Powerwolf ou encore Ghost, quelle est votre connexion à la religion ?

Nous avons grandi avec la religion. Quand j’étais petit et que j’étais assis dans une église, c’était plutôt effrayant car j’entendais l’orgue qui émettait des sons assez effrayants. J’étais très intéressé par l’histoire de la religion. Nous avons beaucoup lu et écrit à ce propos, et nous changeons quelques éléments, en évitant tout préjudice moral, que nous ajoutons à notre musique et cela crée presque une nouvelle religion. Nous nous préparons toute l’année pour des festivals, c’est comparable à tous ces religieux qui se préparent pour des événements spécifiques, avec beaucoup d’émotion et de dévotion, c’est la même chose avec le heavy metal. C’est très important pour nous de le préciser, nous ne voulons pas être associés péjorativement à la religion. Nous sommes intéressés par cette histoire, les croisades etc. et nous décrivons ces scènes mais nous ne sommes pas des fanatiques religieux. Tu as mentionné Ghost, c’est le même comportement dans le contexte de l’église avec quelques éléments religieux. Mais musicalement nous sommes plutôt différents (rires), et je les adore.

Matthew a déclaré que le prochain album était bien avancé, avez-vous travaillé dessus avant ou pendant la crise du Coronavirus ?

Normalement, nous devions beaucoup tourner pour The Sacrament Of Sin, nous devions commencer en février-mars, c’était le plan et nous n’avons pas eu à le changer, ce qui est bien car 2020 était censé être l’année de l’écriture de notre nouvel album et le plan est de l’enregistrer je l’espère à la fin de l’année et de revenir en 2021 avec notre nouvel album et le jouer en live. Nous allons travailler avec Jens Brogen une nouvelle fois, nous avons de bonnes expériences avec lui, c’est un mec sympa qui a une bonne approche de nos chansons. C’est important d’avoir une nouvelle vision sur notre musique.

Qu’est-ce qui t’a manqué le plus pendant le confinement et la crise ?

La semaine prochaine il devait y avoir le festival Rock Am Ring en Allemagne et cela aurait été notre première fois là-bas. Ce qui me manque c’est le point de départ avant les festivals. C’est différent d’une tournée car il y a tellement de concerts différents dans des pays différents. Je ne peux pas vraiment le décrire, c’est un sentiment que tu as avant la saison des festivals. Ca me manque vraiment car je suis plutôt accroc aux lives mais j’essaie de rester optimiste et j’espère que ce sera bientôt possible de retourner sur scène. Pour être honnête, je préfère la vie en live que la vie en studio (rires).

Quelle est ton meilleur souvenir dans l’histoire de Powerwolf ?

Je dirais que ce n’est pas un souvenir en particulier mais plutôt l’amitié de ces cinq compères car le line up a très peu changé et Roel (NDLR : Van Helden, le batteur) est dans le groupe depuis neuf ans maintenant. Le groupe devient de plus en plus important mais nous restons les mêmes personnes qui aimons faire de la musique et monter sur scène ensemble et je pense que c’est la meilleure chose qu’un groupe puisse espérer. J’espère que nous continuerons pour les quinze prochaines années ou même plus !

Le 1er avril, vous avez publié une photo sur les réseaux sociaux représentant un alcool au nom de Powerwolf, du whisky si je ne me trompe pas. Est-ce réel ? Si non envisagez-vous de le faire un jour ?

Nous avons déjà sorti un gin, The Sacrament of Gin, à Noël l’année dernière, il y avait uniquement 666 bouteilles de ce gin spécial qui a vraiment bon goût. En plus de ça, Volkmar, le bassiste de Die Apokalyptischen Reiter, qui détient une boutique de whisky, est venu vers nous avec l’idée que nous pourrions faire un whisky Powerwolf et nous l’avons fait : un très bon whisky d’une certaine région d’Ecosse, il s’appelle “The Wild Wolf of Islay”, c’est un type de whisky spécial nommé “Caol Ila”. Il n’y avait que 250 bouteilles produites.

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Quelle a été la question la plus bizarre qu’on t’ait posée lors d’une interview ?

Bonne question… Il y a une question que je n’aime pas trop : “Dites-moi quelque chose sur l’histoire du groupe”. C’est compliqué quand tu as sorti sept albums et joué des centaines de concerts (rires). Une fois je me faisais interviewer lors d’un festival en Angleterre, le festival Bloodstock. C’était l’après-midi et l’intervieweur m’a dit “C’était un super show !” et je lui ai répondu “Euh, notre concert est prévu ce soir, nous n’avons pas encore joué !”. C’était plutôt embarrassant pour lui (rires). C’était assez marrant.

Vous avez des millions et des millions de vues sur vos différentes vidéos, vous en faites beaucoup. Penses-tu que c’est devenu indispensable aujourd’hui d’utiliser ce média ?

Je pense que les vidéos ont toujours été importantes pour un groupe, par exemple avec MTV. Et d’un seul coup ça s’est arrêté. Du moins jusqu’à l’arrivée de YouTube, qui a commencé une nouvelle ère de vidéos, plus faciles à réaliser. J’adore faire des vidéos, je préfère ça à un shooting photo qui est plus statique. Par exemple dans ‘Demons are a Girl’s Best Friends” c’était vraiment sympa de faire cette vidéo dans une église en Italie. Nous avons tourné toute la nuit car nous avions besoin d’une atmosphère sans aucune lumière du jour? Pour répondre à ta question, je pense que c’est vraiment important dans cette ère de réseaux sociaux. Les gens veulent maintenant voir quelque chose venant du groupe, que ce soit des vidéos officielles, des vidéos de backstage… Ils veulent se sentir parmi nous, impliqués. Un clip musical permet aussi de montrer le message de la chanson, c’est une approche différente de l’écoute du morceau.




Quelle est ta vidéo préférée ?

J’ai vraiment beaucoup aimé “Demons…” mais j’adore aussi “Pillars with a Cross” parce que c’était avec tout le groupe alors que "Demons" était uniquement avec Attila et moi. “Kiss of the Cobra King” est également une superbe vidéo parce que nous n’avions pas vraiment de jeu de musicien donc c’était différent. Mais si je devais en choisir une… Oui je dirais “Demons are a girl’s Best Friend”... Non ! Je dirais “Killers with a Cross”, oui “Killers with a Cross”, il y avait tellement d’éléments, c’était vraiment sympa à tourner !

Merci beaucoup Falk Maria ! J’espère vous revoir vite sur scène.

Merci, je le promets nous reviendrons !




Interview réalisée le 27 mai via Skype
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