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John Petrucci pour la sortie de son album Terminal Velocity

Fin août la sortie en format digital de Terminal Velocity, nouvel album de John Petrucci créait l’événement pour deux raisons : cela faisait quinze ans que le guitariste n’avait pas sorti d’album et il avait invité à la batterie son camarade de toujours, Mike Portnoy, avec qui il n’avait plus collaboré depuis 10 ans, date à laquelle le batteur avait décidé de claquer la porte de Dream Theater. A l’occasion de la sortie physique de l’album le 30 octobre, John nous a accordé une interview focalisée essentiellement sur la composition des morceaux mais également sur la suite des événements.




Tout d’abord John, les félicitations sont de rigueur puisque tu viens de passer la barre des deux millions d’écoute sur les sites de streaming !

Alors en fait c’est uniquement sur Spotify donc si on fait le calcul avec les autres sites, on en est à trois millions. C’est vraiment génial de voir que la communauté des guitaristes s’investit autant et que les gens veulent écouter de la musique instrumentale.


Justement pourquoi ce choix de sortir l’album d’abord en format digital ?

L’album était déjà finalisé depuis quelques temps mais je ne pouvais pas sortir l’album en format physique avant octobre à cause des délais de pressage. Je ne voulais pas attendre cette date car après tout, on est dans une période assez difficile et la musique c’est l’une des rares choses positives. J’avais envie de partager cet album assez rapidement et donc il est sorti en format digital. Comme ça, les gens pouvaient précommander l’album et patienter en l’écoutant. Et pour moi, le rendre disponible à la fin de l’été, c’était la meilleure chose à faire.


Puisque tu parles de la pandémie, est-ce que cela a affecté la création de l’album ?

Oui plus ou moins car cela m’a permis de dégager du temps pour le finir et en faire la promotion. En temps normal, je n’ai pas le temps de le faire. La raison pour laquelle ça m’a pris 15 ans pour faire un deuxième album, c’est que je suis tellement occupé avec Dream Theater. Je n’ai jamais eu trois quatre mois pour moi, pour me permettre de produire. Donc quand on a dû arrêter la tournée, j’ai pu m’accorder tout ce temps là.


Donc en fait, c’est un des rares bons côtés de l’épidémie. Ce qui veut dire qu’il faudra attendre une autre pandémie pour un troisième album (rires) ?

Oh non, j’espère pas, ça serait vraiment horrible (rires).

John Petrucci, G3, Mike Portnoy, Dave LaRue, Dream Theater, metal, prog


Est-ce que tu as utilisé des mélodies ou des riffs composés pour Dream Theater mais que tu avais laissé de côté ?

Certains morceaux datent d’il y a longtemps et certains fans les connaissent pour les avoir entendus en live lors des tournées du G3 comme notamment "Happy Song" et "Glassy-Eyed Zombies". "Gemini" quant à lui est beaucoup plus vieux, puisqu’il date de l’époque où je faisais des clinics. Par contre il y a cinq nouveaux morceaux composés à partir de nouveaux riffs. En fait, à chaque fois que je joue de la guitare, je m’enregistre, ce qui fait que je collecte pas mal d’idées avec le temps. Puis je prends la décision de les utiliser avec Dream Theater ou non. Mais ce ne sont pas des idées laissées de côté.


Puisque tu parles de "Gemini", un morceau qui date d’il y a plus de vingt ans. Comment as-tu remanié ce morceau ?

C’était vraiment le plus difficile à recomposer car je n’avais aucun enregistrement de qualité sur lequel me baser. Je ne pouvais que m’inspirer d’une vidéo assez pourrie sur YouTube qui date d’un clinic de 1994-1998. Donc franchement, ça a été un gros challenge d’écouter cette vieille chanson, de la réapprendre et de la modifier.


Et alors comment t’es venu l’idée d’insérer un passage de flamenco ?

Totalement par hasard en fait. J’étais en train d’enregistrer un passage à la guitare acoustique qui devait servir de piste rythmique et puis je me suis mis à faire un solo assez léger. Alors je me suis dit que je pouvais diviser le solo en deux parties : une acoustique et une électrique. J’ai une guitare jazz gypsy faite sur mesure et je me suis dit que ça serait l’occasion de l’utiliser. C’était la première fois d’ailleurs et ça rend le morceau très intéressant.


L’album montre plusieurs facettes de ton jeu de guitare. Est-ce que c’était quelque chose de voulu au départ ?

Oui complètement : j’avais envie de rendre cet album intéressant à écouter : après tout, on parle quand même d’une heure de guitare donc je n’avais pas envie de faire la même chose tout du long. Il fallait qu’il y ait des variations de style, de dynamique. C’était vraiment génial pour moi de jouer du blues, du rock shuffle, des styles plus divers qu’on ne retrouve pas dans Dream Theater. En tant que guitariste c’était toujours un plaisir que ce soit lors des G3 ou lors de mes guitar camps.
 



Est-ce que c’est différent de composer au sein de Dream Theater et pour un album solo ?

Ca dépend en fait mais la plupart du temps, oui c’est différent car après tout, lorsque je compose pour un album solo, je suis tout seul, je ne jamme pas avec le groupe, il n’y a personne à part moi dans le studio. Lorsqu’on compose avec Dream Theater, on improvise, on s’écoute les uns les autres. Alors même si je compose mes riffs de la même façon, le processus de création d’un morceau est différent. Et puis avec Dream Theater, la guitare n’est pas au centre de la chanson, il y a d’autres éléments comme le chant, les claviers…


Est-ce, sans la présence de Jordan Rudess, la composition de solo est plus difficile ?

En fait, que ce soit avec Dream Theater et en solo, j’ai toujours la même façon de faire et j’oscille entre improvisation et solo plus travaillé. Parfois une improvisation me donne un cadre pour créer quelque chose de plus construit et ensuite, je répète sans cesse pour avoir la meilleure version du solo. Mon but, lorsque je fais un solo, c’est de faire quelque chose qui soit aussi intéressant que le reste du morceau. En fait, un solo doit absolument élever une composition, l’étoffer et captiver l’auditeur et ne doit absolument pas être un moment ennuyeux, juste là pour remplir un morceau.


Comment as-tu fait pour composer les parties de batterie ?

L’album a été enregistré avec mon camarade Jimmy T et lorsqu’on était en studio, je commençais par enregistrer un riff de guitare sur Pro Tools, ensuite on convenait d’un tempo, d’un clic et on programmait les parties batterie jusqu’à ce qu’on ait quelque chose de convainquant. Et parfois on allait plus loin en se concentrant plus sur des transitions. Puis on enregistrait une démo à la basse, Jimmy ou moi-même. Au bout de deux mois, on avait enregistré toutes les parties guitare, on avait composé toutes les démos basse et batterie et c’est ce qu’on a envoyé à Mike et Dave LaRue pour qu’ils enregistrent leurs propres parties.


Est-ce que tu savais que tu allais demander à Mike de jouer dès le début ?

Non pas du tout. C’est au bout d’un mois que je me suis dit que j’allais lui demander et franchement je suis vraiment ravi qu’il ait accepté. Il a fait un super boulot et j’ai adoré partager à nouveau des moments musicaux avec lui après dix ans. Il est même venu dans mon studio pour enregistrer la batterie. Dave, lui par contre, n’a pas pu venir et a du enregistrer dans son studio en Floride.


C’est une question qui revient souvent quand des artistes sortent un album solo : comment as-tu fait pour les titres des instrus ?

Ce qui est génial sur un album instrumental, c’est qu’on peut vraiment s’amuser. Par exemple, pour "Out of the Blue", c’est un morceau de blues donc c’est un jeu de mot. Sinon, je collectionne les titres de morceaux exactement comme mes riffs de guitare. Donc pour "Temple of Circadia", je l’avais noté depuis quelques temps et comme la chanson était assez épique, je trouvais que ça sonnait bien. Parfois ça marche direct et parfois ça me vient comme ça, sur le moment. Pour "The Oddfather", comme le morceau avait cette atmosphère italienne, je trouvais que le jeu de mot était assez approprié. Sinon pour "Gemini", c’est mon beau père qui a trouvé le titre lorsque je l’ai joué il y a longtemps.


Et pour "Snake in my Boot", c’est en référence à Toy Story ?

(rires) C’est marrant que tu m’en parles car tu es la deuxième personne à me le dire. Je n’ai jamais fait le rapprochement. C’est Jimmy T qui a trouvé ce titre donc il faudra que je lui demande s’il pensait à Toy Story en écoutant ce morceau.

John Petrucci, G3, Mike Portnoy, Dave LaRue, Dream Theater, metal, prog


Lorsque la situation s’améliora, tu pourras repartir sur les routes. As-tu prévu quelque chose pour promouvoir cet album ?

Lorsqu’on pourra refaire des tournées, je me focaliserai sur Dream Theater. Mais si jamais j’en ai l’occasion, je pourrais effectivement faire une tournée en tête d’affiche puisque maintenant j’ai deux albums à jouer. Je pourrais avoir une première partie, ça serait vraiment génial. Mais si Joe (Satriani) me demande de repartir en tournée avec lui, je dirai oui sans hésiter. J’ai déjà participé à huit G3 et c’est toujours aussi génial.


Mike Mangini et Mike Portnoy ont déjà joué avec toi alors forcément ça serait un choix cornélien pour décider qui viendrait avec toi en tournée.

De toute façon pour l’instant je n’ai aucun projet de tournée donc je n’ai pas encore envisagé les choses. Mais c’est vrai que j’ai un événement avec Ernie Ball donc il va falloir que j’y réfléchisse.




Un grand merci à John Petrucci pour sa disponibilité et à HIM Media pour l'interview.
Crédits photos : © Arnaud Dionisio / ananta. 
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe


Rendez-vous le 30 octobre pour la sortie de Terminal Velocity en version physique. En attendant vous pouvez écouter l'album sur les sites de streaming et le précommander ici pour patienter.

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