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Timo Tolkki (ex-Stratovarius), guitariste de Symfonia
C'est ce vendredi dans le cadre d'un bel hôtel parisien près de la Place de la République que nous avons eu la chance, ma chère collègue Nastia (photographe émérite) et moi-même, d'interviewer le grand, que dis-je, l'immense Timo Tolkki. Si Revolution Renaissance n'existe plus, s'il n'est point question d'un retour dans Stratovarius, l'actualité du guitar hero finlandais se concentre sur le premier album d'un nouveau projet power metal hors norme : Symfonia. Hors norme de part son line-up, puisque Timo s'entoure entre autres d'un certain André Matos (ex-Angra) au chant... De quoi converser une bonne demi-heure autour d'une table.


Ju de Melon : Bonjour et bienvenue sur Paris, un vrai plaisir que de t'avoir ici !

Timo Tolkki : Merci beaucoup, c'est gentil !


Ju de Melon : Symfonia est donc né d'une association inattendue et spectaculaire entre André Matos et toi... As-tu l'impression de réaliser le rêve de beaucoup de fans de power metal mélodique ? Cela doit te mettre un peu de pression...

Timo Tolkki : Non, vraiment pas, car pour moi la musique ne représente aucune pression. En ce qui me concerne, c'est avant tout quelque chose de naturel... André, je l'ai rencontré il y a 11 ans, à Paris d'ailleurs, et j'ai immédiatement aimé la personne. Nous avons de suite parlé de pas mal de choses, le courant est très vite passé entre nous. Nous avons un respect mutuel important, et avec le temps nous sommes ainsi devenus des companions unis autour de la musique, des âmes soeurs artistiques si je peux m'exprimer ainsi. Cependant, je ne pense pas que nous ayons encore donné notre meilleur sur ce premier album, car nous avons un peu précipité les choses même si ça nous a quand même pris 6 mois de boulot en tout. Mais cela n'enlève rien au fait que je suis vraiment heureux du résultat final, c'est un album sans pression et totalement... libre !


Timo Tolkki, Paris, 2011


Ju de Melon : Est-ce que les chansons de l'album ont toutes été composées une fois le groupe créé ou as-tu ressorti quelques compositions de tes tiroirs ?

Timo Tolkki : Non, même si c'était rapide, nous avons tout écrit après la formation du groupe. En fait nous avons travaillé sur cet album de façon assez différente, par exemple la plupart des pistes n'ont pas été enregistrées dans un studio. Le chant a ainsi été enregistré dans une cabine en Suède, pendant environ 3 semaines. J'ai enregistré mes parties guitares à... Noël ! J'ai passé les fêtes dans mon studio perso, je m'y suis enfermé le 23 décembre et j'y suis resté une semaine entière presque sans voir personne... Les gens se sont demandés comment je pouvais rester seul pour cette période particulière de l'année ! Mais bon, jouer de la guitare, c'est ce que je fais le mieux depuis des années, c'est ma vie, et ce peu importe quand si je suis inspiré... Ensuite, le 31 décembre, j'ai pris un avion pour la Suède afin de démarrer les enregistrements de voix avec André. Et le 31 au soir à 23h j'étais au lit, Je suis donc entré dans la nouvelle année en dormant... Bref, un album qui a demandé pas mal de voyages ici et là, beaucoup de travail aussi. Au final, ça donne l'impression d'avoir couru un peu partout et d'avoir en quelque sorte précipité les choses, mais ça fonctionne bien au final. A présent, je peux un peu me reposer, en fait je laisse André faire la plupart des interviews (rires)...


Ju de Melon : Parlons un peu du nom du projet, pourquoi ce choix ?

Timo Tolkki : Disons que le mot "pourquoi" ne fait pas vraiment partie de mon vocabulaire (rires), je ne sais pas trop comment ça m'est venu mais c'était naturel... Ce mot "Symfonia" vient du grec, il signifie "unité", "harmonie" et "soleil". Beaucoup de gens pensent au côté "symphonique" avec ce mot, mais ce n'est pas la signification recherchée... disons même que je joue un peu avec cette ressemblance entre les deux mots !


Ju de Melon : L'album s'intitule In Paradisum, un titre à forte métaphore religieuse...

Timo Tolkki : Ce titre est tiré d'une prière en latin en effet, il en fait du moins partie. On l'entend d'ailleurs en choeurs dans la chanson... "Angels of heaven, take me to heaven, let me rest in peace" ... chantés d'ailleurs par trois femmes russes, je les ai enregistrées 50 fois chacune ce qui donne en fait 150 pistes rien que pour cette partie. Je voulais quelque chose de grand à ce niveau. Au final, on se retrouve avec des russes chantant en latin... c'est universel ! Par contre, il ne s'agit pas d'une chanson religieuse, l'album non plus d'ailleurs... C'est plus spirituel au final, et ici ce titre est mon idée, j'ai eu envie de démarrer cette chanson autour d'une prière catholique en latin. J'aime bien jouer avec les religions parfois (rires)...


Ju de Melon : Du coup c'est André qui a écrit la plupart des paroles ?

Timo Tolkki : Il les a toutes écrites même !

Ju de Melon : Et tu t'es occupé de tout niveau musique...

Timo Tolkki : Non, pas vraiment, à ce niveau c'est presque du 50/50 entre André et moi. On s'est vraiment tous les deux donnés à fond pour la création de cet album. Il faut savoir qu'au moment de débuter l'enregistrement du chant, nous n'avions pratiquement aucun texte d'écrit. André a donc produit les paroles en un temps record, par exemple le matin il y passait 2 ou 3h pendant que je faisais quelques retouches sur la musique, et dès l'après-midi après en avoir discuté ensemble et peaufiné quelques détails il les chantait déjà. Chaque journée s'est donc déroulé ainsi, de manière très créative... Ce n'est pas forcément facile de travailler ainsi, cela demande beaucoup d'énergie et ce des heures durant. C'est un pour pour cette raison que nous sommes un peu fatigués aujourd'hui mais heureux d'en être arrivé là.


Ju & Timo Tolkki, Paris, 2011


Ju de Melon : Pour beaucoup, il est étonnant de retrouver Jari Kainulainen, ex-Stratovarius, à la basse... quant à Mikko Härkin (ex-Sonata Arctica) et Uli Kusch (ex-Helloween) au clavier et à la batterie, c'est peut-être moins surprenant quoiqu'un peu inattendu aussi. Comment les as-tu choisi et as-tu quelque peu hésité ?

Timo Tolkki : Ces choix se sont fait de manière très "organique" je dirais. Je vais t'expliquer, tu vas mieux comprendre... Après André, j'ai très vite contacté Jari. Je l'ai appelé un mercredi et j'ignorais que la veille, le mardi, il avait quitté le groupe dans lequel il officiait jusque là (NDLR : Evergrey)...

Ju de Melon : Wow ! "Destiny"...

Timo Tolkki : Oui. On dirait bien ! J'ai ensuite pris contact avec Uli Kusch, que je n'avais jamais rencontré personnellement auparavant. Et en fait, il ne vivait plus en Allemagne mais en Norvège donc juste à côté ! Pas loin de là où Jari vit d'ailleurs. En ce qui concerne Mikko Härkin, c'est pratiquement un de mes voisins, c'était donc facile de lui proposer. Tout s'est passé de manière fluide, le groupe a été encore plus facile à construire que prévu. Le line-up s'est fondé presque naturellement.


Ju de Melon : Globalement, cet album a plusieurs énergies différentes en son sein. Il sera donc très difficile de te poser cette question mais... quelles sont tes chansons coup de coeur sur ce CD et pour quelles raisons ?

Timo Tolkki : Je dirais peut-être "Alayna", "In Paradisum" et "Don't Let Me Go", qui sont pour moi les chansons les plus émouvantes de l'opus. Evidemment, j'ai une grande préférence pour le morceau éponyme, je pense avoir atteint le meilleur résultat possible au niveau du mixage qui s'est avéré assez complexe. Car quand je mixe, je n'écoute pas la musique, j'écoute les émotions qu'elle dégage. J'ai essayé de dépeindre une sorte d'image sonore tridimensionnelle pour cette pièce musicale plutôt unique. Je me suis beaucoup appuyé sur les voix et les paroles pour construire le résultat final de cette chanson, afin de renforcer divers éléments musicaux. Je me suis également nourri de ce que j'ai pu apprendre ainsi que de mes expériences passées pour donner naissance à "In Paradisum", notamment au niveau technique car c'est le genre de chanson difficile à construire tant il y a de choses à intégrer. Il y a par exemple cette partie où André chante très aigu, qui prend vraiment aux tripes...

Ju de Melon : C'est devenu rare d'entendre André chanter ainsi de nos jours.

Timo Tolkki : Oui c'est vrai, à la base je voulais simplement savoir jusqu'où il pouvait aller avec sa voix, je crois d'ailleurs qu'il peut encore aller plus haut (rires)... Mais tu sais, je ne l'ai pas fait chanter aigu juste pour que les vieux fans soient bluffés, je lui ai demandé cela car je sais qu'un chant aussi haut perché et aussi pur peut transmettre beaucoup d'émotions à certaines personnes. "Spread your wings and fly", les paroles se marrient bien à cet effet d'ailleurs... Après, soit tu aimes, soit tu n'aimes pas, mais ça marquera ton subconscient quoi que t'y fasses. Cette chanson a au final beaucoup de dynamiques, de changements, de moments forts et de temps plus dits de "repos"... Je suis très fier de ce titre.


Ju de Melon : La pochette rappelle un peu Elements Pt.1 de Stratovarius dans ses tonalités colorées, as-tu toi même supervisé sa création et quelles étaient tes exigences à ce niveau ?

Timo Tolkki : C'est mon idée mais elle a été réalisée par un jeune artiste australien de 21 ans. Cela lui a pris 4 mois de travail car... disons que j'ai dû le rendre fou tellement j'ai été exigeant (rires) ! Le problème c'est que j'ai souvent du mal à exprimer ce que je veux vraiment de façon claire. Parfois même je ne sais pas ce que je dis (rires), plus sérieusement j'ai souvent besoin de voir le résultat sous mes yeux afin de dire si c'est ce que je veux ou pas. C'est assez frustrant car au final j'ai un peu peur de trop demander aux gens... Du coup, il a fallu un point de départ, ici ces deux silhouettes au premier plan. A la base, je lui ai demandé de dessiner deux "femmes anges", et quand j'ai vu le premier résultat, je lui ai dit "Tu peux me faire des anges qui ne ressemblent pas à des femmes mais qui en sont vraiment ?" ... au début il n'a pas trop compris, moi non plus pour être honnête, mais c'est un peu ce que je voulais sans trop le savoir vraiment. Il a du coup reessayé, plusieurs fois, et au final nous sommes tout de même arrivé au résultat que je désirais obtenir sans trop savoir moi-même comment le visualiser à la base.


Symfonia - In Paradisum


Ju de Melon : Globalement, à part les différents musiciens et chanteur, comment Symfonia se différencie-t-il du Stratovarius des années 90 et début 2000 ? J'imagine que beaucoup feront la comparaison, j'anticipe donc un peu...

Timo Tolkki : Je répondrai à ta question par : "je ne sais pas". Comment différencier ? Aucune idée...

Ju de Melon : Après tout, il y a beaucoup de toi dans les deux...

Timo Tolkki : A vrai dire, je dirais qu'il y a beaucoup de choses, beaucoup de "chacun de nous" dans tout ce que nous faisons. Un bon nombre de gens continuent de m'identifier à Stratovarius, mais ce groupe ce n'était pas seulement moi. Nous étions 5 personnes, chacun donnait sa propre personnalité à la musique que nous faisions. Je n'ai jamais cherché à me mettre en avant, même si certains ont constamment cherché à le faire pour moi. Après, si on veut comparer Stratovarius à Symfonia, c'est avant tout pour cette raison je pense, mais pour moi cela ne veut absolument rien dire... Ce n'est pas ainsi que je conçois la musique personnellement, pour moi poser des étiquettes sur cet art c'est un peu comme lui retirer toute sa substance. La musique n'est pas faite pour être analysée et décortiquée selon moi, elle est simplement là pour être appréciée et faire rêver les gens. En fait, je pense même qu'elle devrait être gratuite...

Ju de Melon : Tu n'es donc pas opposé au téléchargement illégal...

Timo Tolkki : Probablement pas, non. Il est vrai que cela va un peu à l'encontre de mon "métier" et que je me tire une balle dans le pied en disant cela, mais bon je reste persuadé que les gens qui voudront soutenir ma musique achèteront mes albums. Je leur fais confiance, peut-être cela fait de moi un imbécile ou un naïf, mais j'ai cette confiance envers les gens... Nous vivons une époque où l'industrie musicale connait de grandes difficultés, mais au plus profond de moi je m'en fiche un peu car je sais que la musique existera toujours. Après, selon moi, l'argent n'est jamais un problème en ce qui concerne la créativité musicale...


Timo Tolkki, Paris, 2011


Ju de Melon : Symfonia sera au Sonisphere France début juillet... Les fans français attendent également une tournée, qu'y a-t-il de prévu à ce niveau ?

Timo Tolkki : On avait prévu de démarrer la tournée bientôt en fait mais les dramatiques évènements au Japon ont quelque peu changé nos plans. Nous avions prévu de la commencer là-bas, mais c'est pour l'instant impossible. Nous y étions avec André mais nous avons dû revenir... Du coup, tout est remis en cause et nous devons booker de nouvelles dates. On va commencer par les festivals dont le Sonisphere justement qui est la seule chose de certaine pour l'instant. Et bien sûr nous avons hâte de rejouer en France, on sait combien les gens nous apprécient ici...


Ju de Melon : Si jamais on t'offrait la possibilité d'une grosse tournée mondiale en co-headliner avec Stratovarius, accepterais-tu ?

Timo Tolkki : Au jour d'aujourd'hui, je ne pense pas que ce serait une bonne idée. De l'eau a coulé sous les ponts mais je ne pense pas que tout soit encore suffisamment cicatrisé. C'est donc pour l'instant impossible à imaginer...


Ju de Melon : Avec le recul, as-tu des regrets quant à la fin de ton projet Revolution Renaissance ?

Timo Tolkki : En tout cas je suis fier de ce qui a été fait avec ce groupe, pour moi Age of Aquarius figure parmi les 5 meilleurs albums que j'ai fait dans ma vie. Je pense simplement que les gens n'ont pas véritablement compris ce que j'essayais de faire avec Revolution Renaissance... ni même les personnes que j'avais réunies autour de moi ! Mon idée de base était de travailler avec de jeunes musiciens, pas très connus, afin d'apporter une certaine fraîcheur. C'était finalement quelque chose de dangereux car certains égos se sont révélés au grand jour, et finalement toute la faute a été rejetée sur ma personne... ce que je peux comprendre, je n'en veux à personne. Je ne regrette rien donc, même si évidemment c'est dommage que ça n'ait pas plus aller plus loin... mais c'est la vie ! Et on ne cesse d'apprendre d'elle...


Ju de Melon : Après cette fin subite, tu avais même annoncé que tu mettais un terme à ta carrière je crois...

Timo Tolkki : Tu sais, je dis des choses, mais je change aussi souvent d'avis, bien heureusement. Puis il faut faire attention à ce qu'on lit sur moi, certains n'hésitent pas à en rajouter... Il y a tellement de gens qui pensent me connaître alors que c'est loin d'être le cas, du coup j'ai décidé de ne plus trop prendre en compte certains commentaires négatifs ou certains jugements hâtifs à mon égard.


Ju de Melon : Récemment, nous avons appris le décès de Gary Moore, une de tes plus grandes influences il me semble...

Timo Tolkki : Oui, en effet. J'étais... surpris, pour ainsi dire. C'était terriblement inattendu. Pour dire la vérite, je ne suivais plus trop sa carrière ces derniers temps, je m'étais un peu détaché de son actualité... Je l'ai vu 3 fois en live, mais je ne l'ai jamais rencontré.


Ju de Melon : Quel avenir pour Symfonia au-delà de cet album ? L'envie de faire plein d'autres albums j'imagine...

Timo Tolkki : Je l'espère vraiment. Pour te donner un petit scoop, j'ai déjà une idée bien précise concernant le prochain album de Symfonia. Une idée assez unique je pense. André n'est même pas au courant encore car j'ai eu l'idée dans l'avion en venant ici (rires)... J'ai déjà un titre en tête. J'aimerais t'en dire plus mais il faut vraiment que j'en parle avec lui avant, qu'on se concerte à ce sujet. Je pense d'ailleurs que nous allons aller 3 semaines en Espagne, avec ma guitare acoustique, afin d'écrire quelques chansons déjà...


Ju de Melon : Petite question polémique, penses-tu que le speed mélodique/heavy power metal est en perte de vitesse ?

Timo Tolkki : A vrai dire, je reste très old school et bloqué dans les années 90, j'écoute toujours les mêmes artistes et les mêmes albums de l'époque. Je n'ai pratiquement aucune idée de ce qui se passe en ce moment niveau musique... Ce matin par exemple, je me suis réveillé avec l'album Holy Diver de Ronnie James Dio. J'écoute aussi pas mal de musique reiki : des trucs calmes, de relaxation... Tu sais, je dors toujours avec de la musique dans les oreilles, et quand je me suis réveillé je suis tombé sur cet album de Dio. "Stand Up and Shout" au saut du lit, c'est pas mal. J'écoute aussi pas mal de Beethoven, mais aussi The Beatles, U2, des vieux Iron Maiden, Black Sabbath avec Dio mais aussi avec Ozzy... bref, la base, pas très passionnant donc ! Difficile pour moi de répondre à ta question du coup.


Ju & Timo Tolkki, Paris, 2011


Ju de Melon : As-tu eu le temps de jeter une oreille au nouveau Stratovarius ?

Timo Tolkki : J'ai écouté Polaris, mais seulement une chanson du nouvel album Elysium. J'ai entendu dire qu'il était plus progressif, ce qui me semble être une évolution logique vu le background musical de Lauri Porra et Mathias Kupiainen. Je pense qu'ils prennent une bonne direction vu le line-up. Bien sûr, beaucoup de gens seront réticents vu qu'ils ont gardé le nom Stratovarius, mais bon après ça dépend de chacun... Suivront-ils leur coeur ? Ce n'est jamais une décision facile en tout cas.


Ju de Melon : Des idées d'autres projets ou guests de ton côté ?

Timo Tolkki : L'an prochain, Stratovarius fêtera ses 30 ans, vu que le groupe a été créé en 1982...

Ju de Melon : Tu veux donc dire que tu as prévu de mener ce projet de reformation du premier line-up de Stratovarius à terme ?

Timo Tolkki : J'ai beaucoup de projets (rires). J'ai pas mal devant moi... J'ai une vie assez simple, j'ai beaucoup de chance. Les gens pensent que je suis quelqu'un de très occupé mais ce n'est pas vraiment le cas ! Je n'ai pas un boulot quotidien, je vis de la musique... Là, pendant 3 semaines je n'ai rien de prévu par exemple, c'est pour cela que j'espère embarquer André pour écrire quelques morceaux.


Ju de Melon : Est-ce que l'album Saana - Warrior of Light, très controversé à l'époque, aura une suite ?

Timo Tolkki : Bien sûr que oui. Il s'agit d'un album très important pour moi. Et pourtant il a été descendu voire même assassiné par la critique... à un moment, cela m'avait même véritablement blessé, j'y avais vraiment mis tout mon coeur et toute mon âme. Avec le recul, je prends cela presque comme un compliment, car cela prouve au final que j'avais raison. On est venu me dire en face, en personne, que ma musique était de la merde. Mot pour mot. Après, tu ne peux que réfléchir à tout cela, tu peux choisir d'éviter et d'ignorer ce genre de propos ou alors de faire face. Ces critiques étaient tout de même très violentes, plus qu'un avis il s'agit parfois d'une véritable attaque personnelle à ce niveau...


Ju de Melon : En tous les cas merci beaucoup Timo pour cette entrevue très passionnante, quelques derniers mots pour les fans français ?

Timo Tolkki : Je voulais juste dire que nous avons travaillé très dur pour vous proposer cet album. Nous espérons vraiment revenir très vite jouer en France. Nous avons déjà joué un show en Finlande et on a ressenti quelque chose de fort nous unir, nous avons senti que nous étions devenus un vrai groupe avec un véritable feeling. Je pense vraiment que nous sommes fait pour le live, alors je vous dis à très bientôt en tournée !


Ju & Timo Tolkki


Alors que nous croyons l'aventure du jour terminée, voici que l'ami André Matos sort à peine d'une autre interview. Espiègle que je suis, je me rapproche de lui afin de le saluer. S'en suit une petite conversation sympathique, le chanteur nous accordant même quelques instants en "off" pour quelques précisions supplémentaires. Moments choisis...



Ju de Melon : Bonjour André, maintenant que je t'ai sous la main quelques secondes, une question me turlupine... Est-ce moi où cela fait quasiment 10 ans qu'on ne t'avait pas entendu chanter aussi aigu ?

André Matos : Je crois que t'as raison, mais ça c'est "à cause" de l'autre là (rires)... Timo a su me convaincre pour le coup !


Ju de Melon : Je vois ça ! Parce que tu m'avais dit en interview l'an passé que tu n'aimais plus trop chanter ainsi...

André Matos : C'est vrai, disons qu'ici il s'est passé quelque chose de particulier. Sur la chanson "In Paradisum", je chante en effet très haut, en fait Timo voulait tester mes octaves et m'a poussé un peu au maximum... ensuite il m'a dit qu'il faudrait intégrer ça au morceau ! Il m'a un peu eu sur le coup (rires), et du coup on l'a enregistré... Pourtant je venais de faire tous les choeurs de l'album et j'avais déjà fini toutes mes parties, je n'étais donc pas forcément au top de ma fraîcheur vocale !


Ju de Melon : Sacré Timo... Sinon, penses-tu bientôt enregistrer un 3ème album solo ?

André Matos : Oui, c'est prévu. En mai je rentre un Brésil et je me mets au travail... D'ailleurs, petit scoop, l'album sera produit par Timo lui-même ! Avec un peu de chance, il sera là début 2012.


André Matos & Ju


Remerciements, photos, liner vidéo, serrage de mains et goodbye chaleureux s'en suivent. Nastia et moi pouvons donc quitter les lieux, non sans avoir salué une dernière fois l'ami Tolkki visiblement fatigué de sa journée d'interviews (comme André d'ailleurs). De quoi terminer la semaine en beauté non ? Quant à l'album In Paradisum, il sera disponible en France dès le 4 avril prochain chez Edel/Wagram.



Site officiel de Symfonia
1er extrait du premier live officiel du groupe ("Pilgrim Road")
2ème extrait du premier live officiel du groupe ("Lasting Child", Angra Cover)
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Sanguine_Sky - le Dimanche 27 Mars 2011, à 18h37
Bien belle itw, dans laquelle on peut en apprendre davantage sur l'histoire commune et la rencontre des deux protagonistes ainsi que le développement de l'album ! J'aime beaucoup, même si l'album lui m'a déçu.

Bravo Ju !
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Born666 - le Dimanche 27 Mars 2011, à 19h26
Un homme qui se réveille avec Holy Diver de Ronnie James Dio ne peut être qu'un Homme Bon!
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edgecrusher90 - le Lundi 28 Mars 2011, à 07h30
S'il arrête de parler de ses délires de spiritualité, ça ne peut qu'aller mieux. Au moins a-t il l'air bien plus terre à terre et posé désormais. Pour l'album, vu que je n'écoute plus vraiment ce style je ne suis pas le plus indiqué pour en parler, mais je jette toujours une oreille aux projets auxquels participe andre.

J'ai un peu la même impression que pour le premier Masterplan, un album très bien fait mais un peu classique, leur but était sans doute d'aboutir à quelque chose de solide pour se construire une fan base, sans trop prendre de risques dans un premier temps, ça se comprend. Alors évidemment, c'est pas quelque chose d'avouable car très anti "romantique-fleur bleue" (mais nooooooon, on suit l'inspiration) mais Roland Grapow l'a lui-même reconnu quelques années plus tard ;)

Tout ça pour dire qu'il ne faut pas enterrer ce projet sur la base de ce premier album.
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Ju de Melon - le Lundi 28 Mars 2011, à 20h58
Je ne suis pas loin de partager la même analyse, cher Edge. Mais ceci est une autre histoire, j'en parlerai dans ma chronique à paraître dimanche prochain, si tout va bien... ;)
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