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Ben (chanteur) et Drop (guitariste) du groupe Sybreed

Les suisses de Sybreed, passés maîtres dans l'art du cyber metal moderne, sortent leur quatrième album en ce mois de septembre 2012 chez Listenable Records. Afin de nous parler de ce God Is an Automaton déjà chroniqué sur ces pages, le guitariste Drop et le chanteur Ben ont répondu aux questions de La Grosse Radio Metal par e-mail.



*Questions de Axel40 et Ju de Melon*



God Is an Automaton est donc le titre du nouvel album. Revenons d'abord sur ce point, pourquoi ce nom?


Ben : je ne sais pas si on peut donner une raison spécifique, un « pourquoi » à un titre d’album, à part une envie de ma part d’aborder des thèmes précis : pour le coup, c’est la notion de divin et notre rapport à celui-ci en temps qu’humain, le tout passé au travers d’un filtre philosophique inspiré de Nietzsche. Du coup, on se retrouve avec un titre qui sous des dehors religieux est en fait plutôt « politique » puisqu’il fait référence à l’idée que « Dieu » en tant que concept souvent été utiliser par l’homme pour justifier ces actes ou même comme outil de pouvoir : c’est donc l’idée de dieu-objet et non sujet qui m’a intéressé. Aucune critique de la notion de foi ici donc, mais plutôt de notre inaptitude en temps que civilisation à accéder à une certaine maturité et de faire face à notre destin en temps qu’espèce. Le problème de la religion organisée en temps qu’administration politique est qu’elle maintient l’humain dans un état infantile en lui donnant une vision formaté et mythologique de l’univers, de même qu’elle impose souvent des règles morales et lois sans se soucier de donner une once de compréhension, ce qu’on appelle la tradition : or je pense que l’homme se doit de s’extraire de cette esclavagisme volontaire et affronter l’existence sans béquille.


Le processus de composition et d'écriture a-t-il été différent sur ce nouvel opus ?

Drop: Pour les deux premier albums: Slave Design et Antares je m’occupais d’écrire toute la musique. Dès l’arrivée de Kevin, avant notre 3ème album The Pulse Of Awakening, on s’est retrouvé Benjamin, lui et moi dans mon studio pour écrire ensemble la quasi intégralité de l’album. Pour God is an Automaton on a suivi plus ou moins le même processus, avec un membre de plus, notre nouveau bassiste Ales, qui a composé quelques riffs et qui était présent tout le long de la compo, il s’est très vite intégré.


Selon vous, quelles sont les plus grandes différences entre God Is an Automaton et son prédécesseur The Pulse of Awakening ? En quoi se révèle l'évolution de Sybreed depuis 3 ans ?

Drop: The Pulse of Awakening était un album beaucoup plus chaotique, tant au niveau des compos, de la production et des textes. Les morceaux de cet album sont assez difficile à reproduire en concert, nous les avons testé quasiment tous et en avons gardé que 3 pour les concerts. Le “Live” est un aspect que nous avons essayé de mettre en avant sur les morceaux de God is an Automaton, nous les avons en quelques sorte taillés pour les concerts, on voulait quelque chose de plus catchy, plus compact, avec des tempos plus entraînants. Nous en avons joué déjà quelques-uns lors de nos derniers shows et ils sont vraiment fun à jouer, je me réjouis de les intégrer complètement à nos setlists.




Est-ce qu'il y a plusieurs thèmes principaux dans les textes ou les chansons tournent-elles autour d'une même idée conceptuelle ?

Ben : non, dans le cadre de cet album j’ai préféré mettre de coté l’aspect conceptuel, justement parce qu’on partageait ce besoin de faire un album plus direct, ou disons plus « rock’n’roll ». Ensuite, les termes abordés sont toujours dans la veine de Sybreed, c'est-à-dire le rapport de l’individu ou des masses face à la coercition et le pouvoir, la notion de décadence et l’appauvrissement sans cesse renouvelé de la civilisation postmoderne, qui est la première à avoir su créer des « fail-safe »  pour s’empêcher de sombrer, ce qui n’est en fait pas vraiment une bonne chose. Après le propos se veut un peu plus futuriste et je dois dire que je me suis réconcilié grandement avec la culture Cyberpunk : c’est presque un retour au source du coup.


La question bateau par excellence : quels sont vos titres préférés de l'album et pour quelles raisons ?

Drop : C'est difficile d'isoler un seul titre, surtout quand c'est sur son propre album. Il y a le morceau de fin, "Destruction and Bliss", qui me plait beaucoup car c'est un gros mix de tout ce que Sybreed a fait par le passé, chaque fan peut se retrouver dans ce morceau je pense. J'ai également beaucoup d'affection pour le morceau d'ouverture "Posthuman Manifesto", qui à la base était censé se retrouver en bonus track, car on le trouvait un peu en dessous des autres, un peu différent, on se disait que c'était un titre "à la Pulse of Awakening". Finalement, après avoir travaillé dessus avec Rhys Fulber, le côté synthé a pris une telle ampleur et a changé le morceau à tel point que c'est devenu celui d'ouverture de l'album.


Comment s'est faite l'arrivée du nouveau bassiste Ales ?

Ben : de manière fluide et naturel je pense. On avait besoin d’une personne nous amenant enfin une stabilité au niveau du line-up, ce qu’Ales nous a amené par son professionnalisme et son engagement personnel : pour faire simple, c’est un excellent bassiste doublé d’un gars cool. Pour la première fois depuis longtemps on a l’impression d’être solide en temps que groupe, sans cette sensation insidieuse d’avoir un des gars qui se la joue dilettante, ce qui est difficile à accepter dans Sybreed.


Etes-vous satisfait du travail de Seth Siro Anton sur l'artwork ? Lui avez-vous laisser le champ libre au niveau de l'inspiration ou a-t-il travaillé avec des consignes précises ?

Drop : Nous sommes vraiment satisfaits de l'artwork. Je trouve le résultat moins original que The Pulse of Awakening, qui était, il faut le souligner, un peu éloigné du style habituel de Seth, mais néanmoins je préfère le design de God is an Automaton, je trouve qu'il s'est surpassé et je trouve que ce mélange de vert et de bleu correspond à merveille aux nouveaux morceaux. Nous lui avons fourni en premier lieu les pré-mixes des morceaux ainsi que les paroles, sans lui donner aucune indication, car c'est le genre d'artiste qu'il faut laisser libre d'exprimer son art. Lorsque le mix a été terminé nous lui avons envoyé une version "upgradée" des morceaux et c'est à partir de ce moment qu'il a vraiment avancé sur le travail.




Est-ce que le fait de réaliser pour la première fois un video clip vous donne un espoir de vous exporter encore un peu plus en dehors de l'union européenne ?

Ben : à vrai dire, on a plus fait ce clip dans l’idée de « faire plaisir » aux fans, qui en réclamaient un depuis longtemps. Le coté promotion est important aussi, mais j’ai du mal à juger l’impact d’un vidéo clip métal sachant qu’aujourd’hui le monde de l’audio-visuel est plutôt réfractaire à ce genre de musique: suffit de regarder MTV aujourd’hui, c’est plutôt des shows genre Jersey Shore et autre émissions trash-TV que Headbangers Ball, et j’évoque même pas la soupe qui fait office de programmation, pour le peu de musique qui passe encore sur cette soi-disant chaine musicale. Fort heureusement, il y a internet, et là peut-être notre clip pourra avoir un impact.


Après quatre albums, quel regard avez-vous sur votre parcours ? Du quasi anonymat au rang d'incontournable du genre.

Ben : honnêtement, je crois qu’on reste fidèle à un certain esprit qu’on avait au début, c'est-à-dire que pour nous « tout reste à faire » en permanence, on peut devenir meilleur à chaque album, et on garde par chance encore un peu d’émerveillement adolescent vis-à-vis de la musique malgré une nature assez cynique. Perso, je suis toujours étonné de voir que le nombre de fans de Sybreed augmente régulièrement même si on garde un profil relativement « underground » : contraire aux dires de certaines mauvaises langues à nos débuts il y a bientôt dix ans, nous ne somme ni un groupe « hype » (il faut allez chercher dans d’autre style de métal pour ça) ni des suiveurs, et encore moins, comme j’avais pu lire quelque part, un groupe qui ne survivra pas au premier album. Disons qu’on a fait un sacré chemin mais on reste conscient que nous avons encore un plus long à parcourir, quelque soient les considérations de notoriété ou autre.


Ben Sybreed interview

Ben en plein effort...



Est-ce qu'une tournée en tête d'affiche est en prévision ? Des dates en France ?

Drop : À l'heure où je te parle on n'a rien de confirmé, à part une tournée avec Mnemic et Hatesphere, qui ne passera pas par la France malheureusement. Mais on prépare des dates en tête d'affiche dans les grandes villes, on l'espère en Décembre. Pour ces dernières on va pour sûr passer par la France, on aime jouer là bas, et c'est un peu à moitié la patrie de Sybreed, deux des quatre membres étant français.


Sybreed doit beaucoup à un groupe comme Fear Factory, avez-vous écouté et apprécié le dernier opus de ce groupe ?

Drop : Comme Rhys Fulber a produit le dernier Fear Factory, et également arrangé et mixé le nouveau Sybreed, je l'ai écouté en avant première dans son studio, car il venait de le terminer lorsque je suis arrivé. J'ai trouvé que le travail des arrangements était vraiment bon, et j'ai beaucoup aimé le retour à l'époque Demanufacture pour les synthés et le programming. Mais j'accroche un peu moins à leur musique maintenant, je préfère les albums Demanufacture et Obsolete. Néanmoins j'aurai toujours un énorme respect pour ce groupe, Dino Cazares m'a beaucoup influencé niveau guitare, de même que Rhys Fulber pour les synthés.


On a récemment beaucoup parlé de Killing Joke, dont vous aviez repris une chanson sur The Pulse of Awakening. Avez-vous suivi leur dernier album et les péripéties de Jaz Coleman ?

Ben : à vrai dire, je n’ai même pas eu encore l’opportunité d’écouter leur dernier disque en date, et ce parce que pendant la période ou nous enregistrons un album, je tends à m’enfermer un peu dans une bulle : c’est mon coté obsessif-compulsif vis-à-vis de Sybreed ahah ! Cependant j’en ai entendu du bien, donc je vais devrais me pencher dessus prochainement. Pour ce qui est des, hum, « péripéties » de Mr Coleman, j’ai vaguement lu des choses à ce sujet, en encore très en diagonale, mais au fond ça ne m’intéresse pas des masses. Le coté « social » voir « people » du rock, ça a jamais été mon truc.


La scène suisse renferme de bons groupes metal/hard rock de plus en plus reconnus, avez-vous quelques liens avec les gars de Samael, Gotthard, Krokus, Pure Inc, The Order ou encore Darkspace (pour ne citer que ceux-là) ?

Drop : Alors oui on connait bien les mecs de Samael. J'étais personnellement hyper fan quand j'étais plus jeune, époque Passage et Eternal, et je les ai rencontrés comme ça. Au fil du temps, on a eu l'occasion de se croiser sur des concerts etc, puis Sybreed est parti en tournée avec eux en 2008. On a joué pas mal de fois ensemble depuis, dont dernièrement en Estonie dans un festival où l'on était les tête d'affiche du vendredi et samedi soir. Leur bassiste Masmiseîm est notre technicien lumières sur certains concerts. C'est vraiment des gars que j'apprécie beaucoup tant musicalement que humainement.

Je ne suis pas spécialement fan des autres groupes que tu as cités et je ne connais pas personnellement les membres. Je tiens quand même à préciser que tu as oublié de citer les mythiques Celtic Frost et Coroner.

Aussi, il y a quelques groupes qui commencent à émerger ici en suisse romande (là où on parle français) tels que Promethee, This Misery Garden ou encore Neosis, qu'il va falloir surveiller car ils sont vraiment prometteurs.


Drop Sybreed interview

Avec Drop, y a pas de lézard !



Est-ce que les membres de Sybreed ont des side-project en cours ou à venir ?

Drop : J'ai personnellement un autre groupe depuis 2004, plus électro, qui s'appelle MXD. Et par rapport à mon boulot de producteur, je mets quelques fois des trucs par ci par là dans les projets que je fais dans mon studio, le Downtone Studio, certaines fois je m'implique même dans la composition. Je fais aussi des remixes.


Merci beaucoup pour vos réponses, un dernier mot aux fans français ?

Drop : Jetez une oreille à notre album God is an Automaton qui sort le 24 septembre et qu'on se réjouit de venir jouer chez vous!
 
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Prevail - le Jeudi 13 Septembre 2012, à 21h38
Merci pour l'interview.
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