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Ben Weinman, guitariste de The Dillinger Escape Plan


A l’occasion de la sortie de leur dernier album One of Us Is The Killer, La Grosse Radio s’est entretenue avec Ben Weinman, guitariste et compositeur du groupe.


Voici le sommaire d’un entretien  fleuve qui a révélé à quel point cet artiste est intègre, ouvert et avide de musique :


- ce que Ben préfère et n'aime pas dans le métier de musicien
- le concept de One of Us is The Killer
- tout sur l'enregistrement de l'album, sa composition
- son point de vue sur le métal qui est joué de plus en plus "numériquement"
- sa collaboration avec Mike Patton, son mentor
- l'artiste qui lui a fait le plus impression cette année
- retour sur les derniers clips de Dillinger Escape Plan
- l'influence d'Internet sur la culture, et plus particulièrement sur la musique

Et plein d'autres sujets ont été abordés lors de cet entretien qui est loin d'être court. Fans ou curieux, sortez vos lunettes, vos yeux vont piquer si vous lisez tout !


Bonjour Ben ! Aujourd’hui, tu es à Paris pour faire la promotion de votre album à paraître, One Of Us Is The Killer. Est-ce que tu aimes cette partie de ton travail ?

Non. Mais je ne me plains pas, ça pourrait être bien pire ! [sourire]


Dans ce cas, qu'est-ce qui est le plus intéressant pour toi dans le fait d'être un musicien de rock/métal ?

Je pense clairement que c’est composer, écrire de la musique, qui est le plus intéressant. Faire quelque chose à partir de rien. Il n’y a rien quand tu commences à composer, rien, juste de l’air ! Et après, il y a quelque chose de concret qui existe, que les gens peuvent avoir et écouter. J’adore vraiment le fait de pouvoir écrire quelque chose, et pouvoir l’écouter après, c’est vraiment génial !

Je dirais que votre précédent album était peut être moins agressif et plus expérimental. Est-ce que vous avez choisi de faire un album plus agressif, ou est-ce que c’est arrivé inconsciemment quand vous composiez ?

Quand on compose, on ne fait jamais rien de vraiment intentionnel. C’est vraiment difficile de réfléchir à cela, surtout quand on vient de terminer de composer. Le mieux dans ce cas est de s’y repencher une année plus tard, tu l’écoutes, et à ce moment-là , tu te rappelles comment tu étais à ce moment là de ta vie. C’est presque comme une cicatrice, ou un tatouage. Tu le regardes, et il y a quelque chose d’un peu douloureux, d’un peu excitant à propos de ça, et ça te rappelle exactement comment était ta vie à ce moment. Un album, c’est pareil ! C’est très difficile de se prononcer sur ce genre de choses juste après l’avoir fait, car tu es complètement vidé, et tu n’as pas de recul.


Quand vous écrivez de la musique, comment se déroule votre processus de composition ? Est-ce que vous jammez ensemble, ou est-ce que chacun compose de son côté, et vous rassemblez tout ensemble ?

Les idées viennent de plein de façons différentes. Ca peut être une petite mélodie au piano, un rythme que tu bats sur une table, ça peut être moi et notre batteur en train de jammer… Ce nouvel album a surtout été composé à partir de ces jams avec Billy Rymer. On fait des démos à partir de ça, et on les montre aux autres. En fait, quand Greg a les chansons, elles sont quasi-terminées. Donc il réagit à ces chansons, avec sa voix. Et c’est très intéressant pour moi, car quand il travaille dessus, je suis déjà très content de ce que j’ai fait, et le fait de la filer à quelqu’un d’autre, ça peut être assez désagréable finalement… Quelqu’un touche à ma chanson !! En général, ça se finit bien mais … Ca pourrait ne pas se passer ainsi ! [rires] Mais c’est aussi le moment le plus gratifiant pour moi, parce que ça donne une nouvelle vie à la chanson. Quand on me la refait écouter, je l’entends comme une chanson complètement différente ! Je suis presque comme un fan moi-même !


Quelles sont vos influences musicales majeures au sein du groupe ?

Quand on a formé ce groupe, l’intention était de mêler nos influences, mais ça que ça soit forcément évident à entendre. On veut vraiment faire ce mélange, et créer quelque chose de nouveau. En tout cas, quand on a commencé, on écoutait beaucoup de punk et hardcore undergroung, mais aussi beaucoup de groupes qui mélangent les genres, que beaucoup de groupes qui évoluaient dans la même scène que nous ne connaissaient pas, comme King Crimson.


J’ai vu que vous alliez tourner aux USA avec The Faceless et Royal Thunder. Ces groupes ont un style totalement différent de votre groupe : est-ce que tu penses que c’est important de rassembler des groupes qui sont différents musicalement en tournée ?

Ouais, on essaye toujours de faire comme ça, quand c’est possible. Quand moi-même, j’allais à des concerts étant jeune, il y avait des tas de groupes différents, surtout dans la scène underground. Des groupes qui venaient du même endroit, mais qui sonnaient totalement différent. Et je trouve que c’est vraiment super ! Donc quand on part en tournée, on essaye toujours de prendre des groupes qui, en un sens, ont une certaine substance, pour nous en tout cas ! Et on trouve ça cool de présenter de nouveaux groupes au public.

Interview, Ben Weinman, Dillinger Escape Plan, 2013



Parlons du nouvel album à présent : Sur One of Us is The Killer, il y a une chanson instrumentale. Quand tu commences à écrire une chanson, est-ce que tu décides dès le début si ça sera un instrumental ou non ?

Cette chanson était juste une idée, au début. Ca a été un des rares morceaux de l’album que j’ai travaillé de bout en bout seul. C’était vraiment cool, parce qu’il n’y avait pas de pression pour cette chanson, j’ai vraiment pu jouer avec et expérimenter tout un tas de choses ! Et quand les autres allaient l’écouter, elle serait terminée. Je crois que cette chanson était censée être un instrumental, au début, puis finalement, c’est devenu presque une chanson ! [sourire]


Une des chansons les plus agressives de l’album s’appelle « Hero of The Soviet Union », au niveau de la musique, et surtout pour les paroles. Est-ce que tu peux me raconter l’histoire de cette chanson ?

Je n’aime pas trop m’étendre sur nos paroles… Surtout que ce n’est pas moi qui les écris ! C’est Greg qui s’occupe de ça, et lui-même, il n’aime pas trop en parler. Il préfère que les gens aient leur propre interprétation de nos chansons. Et parfois, l’interprétation que font nos fans des paroles a beaucoup de sens pour lui.


Parlons de la manière dont sonne l’album. Quand on l’écoute, on a presque l’impression que vous avez juste mis un enregistreur dans votre salle de répètition. Il a un son à la fois naturel, sec et cru, en tout cas, comparé à l’album précédent. Est-ce que c’est ce que vous vouliez obtenir quand vous avez commencé à travailler avec Steve Evetts ?

Quand on travaille avec Steve, on sait où on va. Il a sa manière de travailler et de faire sonner un album. Mais ce qui est intéressant avec lui, c’est qu’il nous pousse dans nos derniers retranchements, pour obtenir le maximum de ce qu’on a composé. Quand on entre en studio, les chansons sont terminées, mais on n’est jamais totalement capables de les jouer parfaitement. Mais quand on sort de studio, on est prêt à les jouer en live, parce que Steve nous oblige à tout jouer parfaitement. On fait très peu de bidouillage studio. Sur nos albums, tu ne trouveras pas de copie/coller Pro Tools ou ce genre de choses. On a vraiment joué chaque petite note de cet album. Steve nous fait recommencer jusqu’à ce que ça soit parfait, jusqu’à ce que ça sonne comme un copier/coller Pro Tools, mais ce n’est pas le cas ! Et en fait, quand on a fini d’enregistrer, on le déteste ! [rires] Mais on est bien meilleurs grâce à cette manière de travailler, donc c’est génial !


Il est de notoriété publique que les groupes détestent tourner des clips vidéo. Quel est ton avis là-dessus ?

C’est vrai ! Nous, on aime pas trop être dedans. Si tu prends par exemple la vidéo de "Parasitic Twins", tu as l’exemple parfait de ce qu’on veut obtenir d’un clip. Il a été tourné en Hongrie, et c’est vraiment super car les plans, les acteurs lui donnent vraiment un cachet particulier. Pour moi, un clip devrait être comme une sorte de petit film, et pouvoir exister de lui-même, sans la musique. Pour le nouvel album, on a fait une vidéo pour "Prancer", qui est vraiment bizarre, et je pense que personne ne va la comprendre ! [rires] Et sinon, on a travaillé avec un réalisateur qui s’appelle Mitch Massie. Je ne sais pas si tu as déjà entendu parler de ce mec, mais il est complètement givré !! Il vit au milieu des USA, il n’a pas internet, il n’a pas la télé, et il fait ses trucs de fou dans son coin. Il a travaillé sur la vidéo de "When I Lost My Bet", et je suis assez impatient de voir le résultat !


Parlons du titre de l’album : est-ce qu’il y a un concept autour de l’album, comme ce fut le cas pour Option Paralysis ?

Oui, cet album parle du fait que, quand tu deviens plus âgé, tu deviens plus responsable et mature. Donc, tu arrêtes de pointer tout le monde du doigt en disant « c’est de votre faute !! », et tu réalises que tes actes peuvent avoir des conséquences. Cet album parle donc beaucoup d’introspection, et prendre tes responsabilités pour les choses que tu as faites dans ta vie. Quand tu regardes quelqu’un, tu ne le vois que selon ta perception, ton point de vue, et ce qu’il te fait ressentir. Et, en général… [silence] Les relations humaines sont assez destructives ! [rires] Et parfois, c’est ta faute.


Votre premier EP est sorti il y a 16 ans ! Evidemment, tu as changé, en tant que personne, et en tant que musicien. Comment les années ont-elles affecté Dillinger Escape Plan ?

Moi, quand j’étais plus jeune, j’étais très branché guitare et matos. Et en vieillissant, je m’aperçois que je veux juste écrire des chansons. Je me tape un peu du reste, pour être honnête ! Mais en un sens, beaucoup de choses n’ont pas changé. Quand on a commencé, on n’avait aucun fan, personne ne nous avait écouté, et on ne pensait pas pouvoir vivre de ça. On a abandonné, et on a commencé à chercher du travail de notre côté… Et finalement, ça a commencé à marcher ! Et on n’aurait jamais pu le prévoir. Quand on a commencé, l’avis des gens n’avait aucune influence sur nous. Et avec le temps, les gens commencent à avoir des exigences sur ta manière de jouer, de sonner.

Et on travaille très très dur pour que ces avis n’affectent pas notre manière de jouer de la musique. C’est ce qu’on a fait avec l'album Miss Machine, les gens attendaient qu’on refasse la même chose que pour le premier album, et on s’est forcé de faire quelque chose de très différent. On veut continuer de faire de la musique sans se dire « merde, on doit sonner comme ci, ou faire ça ! » , ou réécrire les mêmes chansons. Ca ne nous intéresse pas. Donc quand on nous dit que ce qu’on fait est bien, on fait de notre mieux pour que ça ne nous affecte pas quand on écrit. Tout le défi est là.

Dillinger Escape Plan, Ben Weinman, interview, français, 2013



La question de guitariste ! De nos jours, de plus en plus de groupes enregistrent des albums sans amplis. C’est le cas notamment pour le dernier The Faceless, ou même le dernier Meshuggah. D’ailleurs, Meshuggah n’utilise plus d’amplis sur scène ! Quel est ton point de vue sur cette façon de plus en plus numérique de jouer de la musique ?

(long silence) Ce n’est pas pour moi. Un groupe comme Meshuggah est tellement innovant à tout point de vue que quoi qu’ils entreprennent, ils vont toujours tracer leur propre chemin et tout ce qu’ils font, en général, ils sont les premiers à le faire ! (rires) Mais Meshuggah modèle son matériel comme ils l’entendent, et pas l’inverse ! Leur matos ne dicte pas comment ils sonnent, c’est eux qui dictent comment leur matos sonne, tu vois ce que je veux dire ? Ils ont un total et parfait contrôle sur ça. J’adore la technologie, et je ne suis pas contre… Mais, il y a certaines choses dont je ne peux pas me passer. J’adore les amplis à lampes ! Et … On aura beau dire, beau faire, mais le numérique, ça ne sonne pas pareil !! Ce n’est pas une histoire de « mieux » ou « moins bien ", c’est juste un fait ! Juste un putain de fait : le numérique ne sonne pas comme l’analogique ! Et encore une fois, je ne suis pas contre ce genre de technique, mais tout dépend de la manière dont tu vas t’en servir ! Moi, par exemple, j’utilise des simulations d’ampli dans le bus de tournée, parce que c’est très pratique, et que je veux être productif. Pour moi, c’est plus important que d’avoir un énorme ampli très cher. Mais sur scène, c’est une autre histoire.

Je vais te raconter une petite anecdote : on tournait avec Deftones. Et pendant toute la tournée, Stephen utilisait sa tête Marshall signature, qu’il a depuis des années. Et son son était absolument mortel ! Et de l’autre côté, pendant toute la tournée, il y avait une salle « Axe Fx » où Stephen et son ingé son travaillaient pour faire sonner ça correctement. Ils ont énormément travaillé là-dessus, et pour la dernière date de la tournée, Stephen nous dit « je suis prêt, je vais pouvoir essayer l’Axe Fx sur scène ».  Et je suis allé écouter ça pendant les balances. Il a joué avec son ampli, puis avec l’Axe Fx. Et ça ne sonnait pas aussi bien ! Il manquait quelque chose. Il y a quelque chose dans les lampes qu’on n’arrive pas à reproduire avec la technologie actuelle. Et c’est là tout le problème pour moi : les gens utilisent ce genre de technologie pour reproduire une sonorité particulière… Alors qu’un groupe comme Meshuggah va créer son propre son, ils ne vont pas essayer d’imiter quelque chose qui existe déjà… Excuse moi, c’est une réponse très longue à ta question, mais elle est très intéressante pour moi, et j’en parle tout le temps avec les gens que je connais. Je pense qu’il y a une bonne manière d’utiliser ça, et je ne suis pas contre. Mais c’est pas pareil ! (rires) 
Je pense aussi que ton matos ne devrait pas dicter ce que tu joues, et si tu peux jouer en live ou pas.
Et là, je vais te parler d’Animals as Leaders. J’adore ces gars, ils sont vraiment super sympas. Mais alors qu’on tournait avec eux, leur logiciel de simulation d’ampli a merdé, et ils n’ont pas joué ! Je leur ai dit « utilisez mon matos », et ils m’ont répondu que ça ne marcherait pas : « Notre set-up est enregistré numériquement, et si l’ordi ne marche pas, on ne peut pas jouer. Je ne suis même pas capable de jouer ce plan-ci sans ce preset-là. Le preset détermine comment je joue » Et ils n’ont pas joué ! Et pour un autre concert, ça a bien commencé, puis en milieu de set, ça a commencé à merder et à sonner moche, et ils ont du arrêter le concert.  Et personnellement, je ne veux jamais me trouver dans cette situation. Jamais !


Que penses-tu des changements majeurs qu’a connu l’industrie musicale ces quinze dernières années, notamment à cause d’Internet, et donc le téléchargement illégal de musique, mais aussi l’écoute de musique en streaming ?

Je ne retournerais pas en arrière. Je pense qu’Internet ouvre des possibilités qui sont vraiment géniales. Mais, d’un autre côté, je pense que, culturellement, c’est mauvais, en un sens. J’adore le fait qu’on puisse partager de la musique si facilement au monde entier, enregistrer ou faire ce que tu veux rapidement, et avec une qualité qui s’améliore d’année en année. Personnellement, je me tape de savoir comment un fan se procure notre musique. Si quelqu’un nous télécharge illégalement, ça ne me gêne pas, et pour être honnête, je pense que ça ne me regarde pas, ce n’est pas à moi de m’occuper de ça.  Du moment qu’il nous soutient d’une manière ou d’une autre, ça me va.

Mais je dois dire que l’époque où tout le monde allait chez les disquaires me manque. Je veux dire, tu y vas, là-bas, tu vas tomber sur quelqu’un qui est passionné, et qui s’y connaît, et ce gars là sera une mine d’informations, et tu pourras échanger avec lui. C’est comme si tu est passionné de d’antiquités. Si tu vas à une brocante d’antiquités, tu vas trouver plein de gens qui s’y connaissent vraiment, et qui sont vraiment passionnés, et ils seront ravis d’échanger avec toi. Et avec le téléchargement, tu n’as pas tout ça. Maintenant, tout le monde peut dire son avis, tout le monde est un expert, et c’est d’ailleurs tout le concept de notre album Option Paralysis. Il y a tellement de bruit sur Internet, tu n’arrives pas à faire le tri entre ce qui est important et le reste.

Et je trouve ça vraiment dommage que tu ne puisses plus découvrir un groupe comme tu le faisais avant. Moi, quand j’allais voir un groupe en concert, je ne savais pas comment ils sonnaient, à quoi ils ressemblaient, comment leur set se déroulait jusqu’à ce que je prenne ma voiture et que j’aille au concert et que je fasse un effort concret pour y aller. Et là bas, je découvrais plein de choses, je rencontrais des gens, je découvrais de nouveaux groupes… Et rien que ça a énormément contribué à me faire grandir.  Je n’ai pas le même plaisir à regarder sur Youtube qu’à aller sur place, et être surpris, n’avoir aucune idée du concert que tu vas aller écouter.

Et … (à ce moment-là , Greg, qui faisait lui aussi une interview à côté de nous, lance un spéculos sur Ben. Ce dernier prend le biscuit et le déguste en imitant un aristocrate, petit doigt levé, bien sûr ! Bonne ambiance chez les Dillinger Escape Plan )


Durant ta carrière, tu as eu la possibilité de jouer avec des musiciens talentueux et originaux, l’exemple le plus flagrant étant sans conteste Mike Patton, qui a chanté sur un de vos EP. Peux-tu nous en parler et nous dire si tu recommencerais ce genre de choses à l’avenir ?

Mike Patton… Ce mec, et son œuvre sont vraiment uniques dans l’histoire du rock. Je me rappelle quand j’étais encore gamin, j’avais un petit clavier jouet, et je jouais des chansons de Faith No More dessus ! Travailler avec lui fut clairement l’un des points culminants de ma carrière. Maintenant, c’est un ami, et on garde contact. C’est un vrai mentor pour moi, à tous les points de vue, que ça soit la manière de composer, de gérer son groupe… Il est vraiment génial ! Et en plus, ça nous a ouvert beaucoup d’opportunités. Tu te rends bien compte que quand tu as Mike Patton qui chante sur ton album, ça peut aider ! (sourire) Et à partir de ce moment là, on a pu collaborer avec tout un tas de gens excellents. Personnellement, j’ai pas mal de side-projects, notamment avec Dweezil Zappa, Kim Thayil (Soundgarden) … Dillinger m’a vraiment ouvert plein de possibilités extras, et c’est vraiment génial ! Encore une fois, rappelle toi bien qu’au début, j’avais abandonné le fait de devenir musicien professionnel alors je suis vraiment très content de ma situation.


Votre groupe est assez célèbre, mais pas non plus énorme. Est-il facile pour un groupe comme le votre d’évoluer dans le petit monde un peu fou de la musique actuelle ? Avez vous déjà eu des problèmes artistiques avec vos labels par le passé, sur la manière dont sonne votre musique par exemple ?

Encore une fois, en un sens, ce ne fut pas si difficile que ça pour nous, car on ne pensait vraiment pas que des gens allaient s’intéresser à ce qu’on fait ! Donc on a dépassé depuis longtemps tout ce qu’on attendait de ce groupe,  enregistrer un album, signer avec une maison de disques… Imagine un peu : tu débarques dans un pays comme la France, loin de chez nous, et les gens connaissent ta musique… Comment ça se fait ?? (rires)  Mais quand tu te professionnalises, tu travailles d’arrache pied, et du coup, tu attends de ton label qu’ils fassent de même, ce qui n’est pas toujours le cas. On a besoin de ces gens-là pour continuer à faire ce qu’on fait, comme on le fait actuellement. Hélas, le business vient toujours s’incruster, même si tu n’as pas envie. Et c’est chiant, parce que tu n’es pas devenu musicien pour ce genre de choses.

En conclusion, je voudrais dire ceci : je procéderais de la même manière avec ma musique, même si personne ne l’écoutait. Mais, je ne pourrais procéder de cette façon si personne ne l’écoutait. Donc si tu disais que tu n’as rien à foutre de ce que les gens, les labels ou quiconque pensent de toi, ça serait mentir. Mais on fait de notre mieux pour que tout ça n’affecte pas notre musique.


Vous êtes réputés être un groupe très « actif » sur scène. Serais-tu capable de jouer de la musique très calmement ?

Je ne pense pas qu’on pourrait faire Dillinger d’une autre façon. Jouer la musique de cette façon, c’est tout un aspect de Dillinger Escape Plan. Au début, c’est vrai qu’on a fait ça pour créer une réaction, attirer l’attention. Mais maintenant, c’est vraiment une composante de notre manière de jouer. Et essayer de jouer d’une autre manière serait comme essayer de jouer de la guitare sans cordes !


Pourrais tu nommer un artiste qui a vraiment attiré ton attention cette année ?

David Bowie. Parce qu’il est vieux, et voir un mec comme lui sortir un album et continuer à botter des culs comme il le fait, ça force le respect !


J’ai lu que tu écrivais aussi de la musique pour des films. Tu continues à le faire ?

Je viens de finir une OST. Et c’est assez sympa, parce que c’est du bluegrass ! Rien à voir avec Dillinger, donc !


Sais-tu quand Dillinger Escape Plan va revenir en France ?

Probablement en octobre ! On fait quelques festivals cet été, et on reviendra pour l’automne avec une tournée classique.


Question finale : as-tu un mot pour nos lecteurs/auditeurs, et pour vos fans français ?

Ah, j’aime beaucoup les mélomanes Français ! Ce fut un des premiers pays dans lequel on a tourné. Et la France a été le pays qui a été le plus enthousiaste, dès le début. Et pour moi, c’est très lié au fait que les Français sont très ouverts d’esprit, par rapport à l’art en tout cas. Les Français sont très très exigeants par rapport aux groupes qu’ils écoutent. Nous, on est très exigeants avec nous-mêmes, et il en résulte une osmose particulière avec notre public français !
 

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