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Motocultor 2015 : jour 1 (14.08.2015)


Le coup d'envoi de l'édition 2015 du Motocultor est lancé. Au programme, comme toujours, une affiche éclectique, bien que portée sur l'extrême, avec cette année une ouverture plus accrue sur le stoner et le doom, qui correspond à l'ouverture de la Massey Ferguscène. Si le temps n'était pas à la fête en cette première journée, les festivaliers n'ont pas manqué de s'éclater comme il se doit.


Nesseria 


Supositor Stage - 13h35

Suite à des soucis survenus à l'ouverture des portes, Psykup, qui devait initialement assurer le premier concert de l'édition 2015 du festival, est remplacé par Nesseria, qui commence les hostilités sur la Supositor Stage, en même temps que Belenos sur la Massey Ferguscène. 

Avec une musique d'aspect brutale et énergique, Nesseria se plait à mélanger les genres, allant du hardcore au black metal en passant par le grind. Ce joyeux mélange donne des compos directes, avec des riffs bourrins et simples. 

Nesseria

En plus de mélanger les genres, les Orléanais n'hésitent pas à faire part de leur engagement aux festivaliers présents, bien que peu nombreux à cause de l'horaire et de la pluie battante, en expliquant notamment que la chanson "Civitas" (issue de l'album Fractures) parle du mariage homosexuel et, plus généralement, de la liberté.

Malgré l'horaire et quelques difficultés sonores, Nesseria a su faire headbanguer sous la pluie certains festivaliers matinaux.

Psykup


Dave Mustage - 14h20


Au tour maintenant de Psykup de mouiller sa chemise, au propre comme au figuré. Après s'être reformé en 2014, le groupe toulousain est prêt à s'éclater sur la Dave Mustage du Motocultor. C'est donc parti pour une grosse demi-heure d'alternance entre passages ambiants et bourrins, soutenus par le duo de chanteurs Julien Cassarino et Milka, qui se répondent entre growls et vocaux clairs.

Malgré l'énergie dégagée par certains passages, le public reste parfaitement statique devant la prestation des français. Le crachin breton n'aide pas, tout comme le manque de communication des musiciens, et ce malgré une certaine mobilité sur scène. On retiendra cependant un instant loufoque, au cours duquel Milka déclare apercevoir Max Cavalera dans la lumière.

Psykup


Pour sa reformation, Psykup continue de s'éclater sur scène, faisant fi des barrières stylistiques. Si une partie du public était convaincue, il va falloir persévérer pour convaincre les autres metalleux. 

Birds In Row


Supositor Stage - 15h10

Arrive maintenant le groupe qui se dit « blues/hardcore » français Birds in Row. Power-trio de Laval, la formation s'éclate avec un post-hardcore (un peu teinté de blues, pourquoi pas) énervé et intense. Bart et Ditow se donnent à fond bougent de part et d'autre de la Supositor Stage pendant que Timi s'éclate à détruire ses toms.

Avec des riffs modernes typiques du genre, le groupe séduit une certaine frange du public. Si Bart se donne à fond dans son cri typique du genre, fragile, mais déchirant, il montre quelques difficultés au chant clair, peinant à placer sa voix. L'émotion est là, l'interprétation est malheureusement un peu plus hasardeuse.

Birds in Row

Le genre n'attirant pas forcément le chalant au premier coup d'oreille, Birds in Row peut néanmoins se féliciter de réunir un bon petit nombre de spectateurs pour assister à sa prestation. L'intensité de la musique rattrape la rugosité sonore et le bon contact de Bart avec son public permet aux curieux de rester devant une prestation honnête, mais non sans imperfections.

Ancient Rites


Dave Mustage - 15h55

Place maintenant au groupe belge Ancient Rites, qui vient remuer un peu le public du Motocultor sur la Dave Mustage avec son folk metal festif. Sans s'encombrer de fioritures, ni même de basse (!), les quatre musiciens sont prêts à satisfaire le public.

C'est un pari gagné, les motoculteurs répondent immédiatement aux riffs gras et aux mélodies entraînantes d'Ancient Rites. Sur la pelouse, l'heure est à la fête et aux danses guillerettes. Tout le monde sourit, headbangue joyeusement et s'amuse même à slammer quand le rythme des chansons s'accélèrent, qu'elle proviennent de Laguz, leur dernier album en date, ou des disques qui l'ont précédé.

Ancient Rites

Ancient Rites a donc su capter l'attention de bon nombre de metalleux présents. Le chanteur, francophone et communicatif, l'a bien compris et a su tenir son public en haleine tout le long du concert, rendant la prestation agréable et bon enfant pour tous.

Mars Red Sky


Massey Ferguscène - 16h50

On revient en France avec Mars Red Sky, pour une ambiance radicalement différente de celle qu'avaient donné les joyeux drilles belges sur la Dave Mustage. Ici, on troque les mélodies folk festives contre des riffs lourds dans la grande tradition de Black Sabbath et on retire les rythmiques enjouées contre des tempos plus lents.

Mars Red Sky pratique donc un stoner avec une forte influence de la période psychédélique. Les années 70 sont donc à l'honneur pour ce trio qui leur rend hommage avec groove et élégance. Les mélodies de guitare bien rendues viennent soutenir le chant plaintif de Julien Pras, qui semble habité par l'ambiance des compos qu'il présente au public du Motocultor, accompagné de Jimmy Kinast et Matgaz.

Mars Red Sky

Côté public, si le genre le pousse à rester statique, on remarque de nombreux sourires sur les visages ainsi que des hochements de tête entendus qui montre que la musique trouve preneur. Les plus observateurs trouveront cocasse qu'entre les chansons, on puisse entendre vociférer les coreux d'All Out War au loin, qui n'en finissent pas d'enrager sur la Supositor Stage. Deux genres et deux visions de la musique diamétralement opposés jouant côte à côte, c'est aussi ça, le Motocultor en 2015.

Heart Attack
 

Dave Mustage - 17h40

Même s'ils sont signés sur l'excellent label Apathia, il y a de fortes chances que vous n'ayez jamais entendu parler de Heart Attack. Et pourtant, vous auriez intérêt à vous pencher sur ce groupe de thrash technoïde francais ! Vainqueurs ex-aequo avec One Last Shot du tremplin Headbang Contest, ils avaient gagné un slot sur l'affiche du Motocultor à un bon créneau dans l'après midi, sur la Dave Mustage.

En fait, Heart Attack fait penser au Trivium des débuts, à l'époque où les compositions tenaient vraiment la route. Les Français savent parfaitement peser l'équilibre entre technicité et groove, avec des riffs affûtés comme des rasoirs et des solos ultra rapides. A la voix, le chanteur s'en sort bien, avec des hurlements hargneux du meilleur effet. Mais la vraie valeur ajoutée du groupe se situe dans la section instrumentale, qui est vraiment bluffante de maîtrise. Crénom de dieu, ça joue sacrément bien. Et le public semble conquis par la prestation de Heart Attack, à en juger par les mosh pits qui s'ouvrent dans la fosse.

Heart Attack

Et l'envie de s'échauffer les cervicales est franchement difficile à contenir. Autre point positif, le son, qui est d'une précision impressionnante, bien meilleur que pour Solstafir, qui jouera sur la même scène plus tard alors que ces derniers sont un groupe de renommée internationale ! Bref, on a du mal à trouver des défauts à ce concert, si ce n'est sa durée. Nous avons affaire à un groupe de musiciens chevronnés, qui savent aussi bien écrire que jouer leur musique en concert : la marque des vrais bons groupes. A suivre ! 

Tfaaon


Rise of the Northstar

Supositor Stage - 18h30

On revient au hardcore sur la Supositor Stage. Après avoir été bien préparé par All Out War, le public est bien chauffé pour accueillir les parisiens de Rise of the Northstar, bien décidés à montrer que le succès grandissant ne leur a pas sapé leur énergie scénique.

Et cela fonctionne d'emblée. Les motoculteurs s'improvisent furyos le temps d'une petite heure, bougent bien comme il faut avec une énergie toujours présente, s'éclatent en chantant les refrains à tue-tête et headbanguent continuellement en se synchronisant aux rythmiques simples d'Hokuto no Kev. Un wall of death sera même dressé pendant la seconde moitié du set, offrant une belle bataille aux plus téméraires.

Rise of the Northstar

Au centre de la scène, Vithia, blessé et armé d'une béquille, ne décolère pas et commande le public à la manière d'un rappeur. Si le procédé peut paraître saugrenu pour le metalleux non-averti, il s'avère gagnant. Les festivaliers lui obéissent au doigt et à l'oeil et ce du début à la fin du concert.

Les Français mangakas n'ont donc pas perdu de leur fougue en live, les riffs massifs des deux guitaristes Evangelion-B et Air One éclatent toujours les metalleux, n'en déplaisent aux fans d'un metal plus classique, qui peuvent toujours aller s'éclater et taper du pied devant leurs compatriotes de Sticky Boys sur la Massey Ferguscène.

Setlist :

What the Fuck
Welcame (Furyo State of Mind)
Bosozoku
Bejita's Revenge
Sound of Wolves
Dressed All in Black
Again and Again
Demonstrating My Saiya Style
Authentic
Samuraï Spirit


Solstafir 


Dave Mustage - 19h25

Encore un groupe qui visiblement ne s'arrête jamais de tourner, mais a priori de quoi passer un bon moment vu la qualité du dernier album. C'est d'ailleurs sur la chanson d'ouverture que Solstafir monte sur scène. Dommage, le son est un peu brouillon, exactement comme au concert parisien en début d'année. Ont-ils pris un abonnement ? Franchement, ce début de concert est décevant : Aðalbjörn Tryggvason chante un peu comme un mec bourré avec une voix éraillée.

Et cette impression mitigée se confirme sur la chanson titre « Otta ». Elle passe bien sur scène, mais le son du banjo est loin d’être à la hauteur, Sæþór Maríus Sæþórsson a-t-il emporté un jouet en lieu et place de banjo pour la tournée? Bref, « Otta » sonne bien mieux sur album, voilà tout. Entre deux morceaux, Addi déclare : " je vois beaucoup de fumée, est-ce qu'il y a des fumeurs de weed dans l'audience ?" Sans surprise, un énorme rugissement se fait entendre en guise de réponse. "Je vois. Cette chanson est pour vous. »

Solstafir

Sur la fin du set, Solstafir se concentre sur ses ballades misanthropiques et planantes, et on sent que le groupe y est franchement plus à l'aise et efficace. Le son est plus clair, particulièrement au niveau de la basse, qui a un son très chaud et bien défini. On se défendra par contre de cautionner le look du bassiste, qui ressemble à une version à tresses d’Axl Rose. Ou une autre vision de l'enfer. Solstafir aura donc sauvé son concert avec cette fin de concert bien plus au point. On attendra d'eux plus de régularité pour être pleinement convaincu. 

Setlist : 

Svartir Sandar 
Ótta 
Náttmál 
Fjara 
Goddess of the Ages 


Tfaaon

Admiral Sir Cloudesley Shovell


Massey Ferguscène - 20h25

On revient à la Massey Ferguscène, qui n'en finit pas d'accueillir des trios en cette première journée de festival. Cette fois-ci, ce sont les britannique d'Admiral Sir Cloudesley Shovell qui sont accueillis sous les applaudissements polis des festivaliers, peu nombreux devant une prestation pourtant prometteuse.

En effet, les trois Anglais envoient la sauce sur scène comme à leur habitude, à grands renforts de riffs directs qui rendent hommage comme il faut à Black Sabbath, de grosses rythmiques bien senties et abattues avec détermination et savoir-faire. Admiral Sir Cloudesley Shovell, c'est une machine de guerre prête à l'assaut.

Admiral Sir Cloudesley Shovell

Mais l'agressivité et la puissance ne sont pas les seuls atouts de John, Billy et Louis. Les trois gaillards savent aussi groover quand les compos le demandent, permettant au public de dodeliner comme il faut et apprécier le feeling des solos de guitare de Johnny Gorilla, toujours débordants de feeling.

Malgré le peu de monde réuni devant son set, le groupe a su se démener et faire preuve d'humour devant les présents, contentant ainsi ceux qui ont choisi de ne pas assister à la prestation d'Aborted sur la Supositor Stage.

Finntroll 


Dave Mustage – 21H20 

Le public est jeune, déguisé et planté dans de la boue jusqu’aux mollets. Les oreilles pointues qui dépassent sont de sorti ? Désormais c’est « fest » comme festival et festif !! 

Avec son micro qui ressemble à une boite de cassoulet (ou de raviolis pour certains), Mathias « Vreth » Lillmåns nous envoi un gros relent indus pagan à leur sauce avec « Mordminnen ». Ça slame bien malgré le léger froid qui s’installe. Le lion danse avec le panda pendant que se dernier se fait sodomiser par un Mario ou un Luigi (je n’ai jamais fait la différence avec les couleurs)…

Finntroll rapproche les peuples, les soiffards, et les races d’animaux pas obligatoirement compatibles. 

« Solsagan » et son gros riff black en attaque met tout le monde d’accord. Une nana en profite pour slamer et je ne vous expliquerais pas où les mains se placent pour la faire avancer vers le devant de la scène. 

Finntroll

Belle intro pour « Nattfödd » et ça danse dans le bal des trolls et quand « Trollhammaren » démarre c’est comme dans le Seigneur des Anneaux, c’est la Guerre du Milieu. Finntroll sait faire participer le public qui se déchaîne sur les titres. 

« När Jättar Marschera » déclenche le premier gros Wall of Death à déchiqueter les chicots d’un pirate en manque de vitamine C après une longue traversée de plusieurs semaines, mais rapidement après 21H30 la nuit commence à tomber. Ca c’est bon pour les lights ! 
Une prestation à l’image du festival : bon enfant, festive et énergique. 

Lionel / Born 666 

Setlist : 

Blodsvept 
Mordminnen 
Solsagan 
Nattfödd 
Trollhammaren 
När Jättar Marschera 
Skogsdotter 
Häxbrygd 
Jaktens tid 
Under bergets rot 


Pentagram 


Massey Ferguscène – 22H20 

Il est 22H30 le batteur monte sur scène, se place derrière ses fûts et sort la tablette numérique pour nous prendre en photo. 

Bobby Liebling arrive après les instrumentistes, (tient donc un nouveau guitariste pour la tournée). Le chanteur a l’air défoncé mais qu’on s’y prenne pas c’est aussi un bon acteur en faisant celui qui cherche la scène qui est juste à côté de lui.

Et le bougre chante drôlement bien (c’est autre chose qu’un Ozzy), maquillé comme une voiture volée, ça va dérouler tranquille d’autant plus que le dentier à l’air de tenir bon! Il est à fond dans la musique, fait ses solos avec sa guitare invisible, bouge son derrière déclenchant les applaudissements du public, fait semblant de se masturber en se touchant l’entrejambe (heureusement ! je n’ose imaginer la scène). Il y a un problème de son sur le câble de la guitare mais cela n’entache en rien la prestation des américains qui est d’un très haut niveau. Bobby suit sa musique telle une marionnette désarticulée tenant la mesure à la croche près. 

Pentagram

Il a froid mais n’hésite pas à endosser le T-shirt à l’image de la pochette du nouvel album de Pentagram qui vient de sortir Curious Volume. Promo oblige permettant à l’ingénieur du son de tenter de trouver une solution au problème survenu sur la guitare avant de lancer le titre éponyme. 
Le bassiste Greg Turley ressemble à un Nick Oliveri mais le guitariste Matt Goldsborough présent sur la tournée est tout simplement une bombe, le bon guitariste à l’américaine avec son bandana rouge dans la poche arrière nous dégoulinant de solos tous plus somptueux les uns que les autres. 
Bref, un set parfait agrémenté de nouveaux titres qui s’incrémentent parfaitement avec les titres plus anciens comme « Relentless » ou « Be Forewarned ». 

Lionel / Born 666 


Eluveitie


Dave Mustage - 23h15

Pour faire la suite à Finntroll, voici les ménestrels suisses qui viennent s'enjailler sur la Dave Mustage. Au programme riffs typiquement death mélodiques qui s'entremêlent aux mélodies celtiques que le groupe se plait à reprendre pour son second passage dans le festival breton.

Le groupe en est bien conscient et a eu la présence d'esprit de changer sa setlist, ne gardant ainsi que cinq titres de son ancienne setlist, dont l'incontournable "Inis Mona", ainsi que les éternelles "Thousandfold" et "Havoc". Au rang des nouveautés, les Suisses ont pensé à leur public français en jouant la version française de Call of the Mountains, sans oublier de revenir à ses premières amours en jouant "Uis Elveti", issu de Ven. En somme la setlist est bien plus équilibrée que celle de leur précédent passage, qui mettait Helvetios à l'honneur.

Eluveitie

Côté public, tout le monde est aux anges. Le folk metal d'Eluveitie correspond tout à fait aux goûts des festivaliers, qui dansent joyeusement, applaudissent de manière nourrie et n'en finissent pas d'acclamer leurs idoles. Le frontman Chrigel Glanzmann le remarque bien et se montre bien communicatif avec le public, aidé par Anna Murphy, qui s'éclate à prendre le chant lead sur "Slania's Song" et L'Appel des montagnes.

Avec une bonne interprétation de leurs morceaux et un public réactif, Eluveitie aura su marquer une  seconde fois le Motocultor, festival dans lequel le groupe semble être le bienvenu.

Setlist :

Origins (Intro) [sur bande]

King
Nil
Neverland
Slanias Song
Uis Elveti
Thousandfold
L'Appel des montagnes
Sucellos
Kingdom Come Undone
Quoth the Raven
Tegernakô
Havoc
Inis Mona


Triptykon 


Massey Ferguscène – 00H20 

« We preserved the honor of the Switzerland metal! Not like the other band on the other stage. » Vlan dans tes dents!! Voici donc les premiers mots prononcés par un Tom G. Warrior remonté d’avoir dû subir l’affront d’avoir écouter juste avant de monter sur scène ses compatriotes d’Eluveitie jouer sur la Dave Mustage juste avant lui et de jouer sur une scène (la nouvelle Massey Ferguscène) plus modeste mais au son bien réglé. 

Triptykon va nous sortir du Metal première classe, compacte (avec bien sûr des détours vers le passé de Celtic Frost et de Hellammer) pour montrer ce qu’est véritablement la musique ponctuée des « Whooo… » caractéristiques (comme ceux que l’on peut entendre sur To Mega Therion) donnant ce petit plus que seul un maître comme Monsieur Warrior peut nous sortir. Tom G. Warrior a de l’humour et non demande « Are you morbid ? », peut-être pas autant que lui mais le côté pesant et macabre de sa musique nous sied parfaitement à cette heure tardive. 
Ce soir ce sont 2 titres de Celtic Frost et une dépoussiérée de Hellhammer qui seront joués faisant plaisir à un public de connaisseurs acquis à la cause. 

Triptykon

Les musiciens qui l’accompagnent sont tout aussi majestueux, réglés comme des coucous suisses à la note près, la bassiste Vanja Šlajh headbangue gracieusement tandis que la frappe de Norman Lonhard nous arrive en pleine tête comme des lingots suisses. Quand à V. Santura il nous sort des solos bien placés en parfaite adéquation avec le Maître de cérémonie. 
On a pris du plaisir, mais on ne le montre pas…Doom jusqu’au bout ! 

Lionel / Born 666 

Setlist : 

Procreation (Of the Wicked) (Celtic Frost) 
Goetia 
Circle of the Tyrants (Celtic Frost) 
Tree Of Suffocating Souls 
Altar of Deceit 
Messiah (Hellhammer) 
The Prolonging 

Little Big 


Dave Mustage - 01h15

Comme chaque année, le Motocultor invitait un groupe insolite officiant hors de la scène metal. Cette année, les Russes de Little Big devaientt se charger de l'office, rendus célèbres en France grâce à What The Cut. Jouant une musique festive avec des thèmes bien trash (et pas thrash pour le coup), ilsremplissaient parfaitement le critère de sélection du festival. C'est en fait un patchwork de musique électro contemporaine incorporant des éléments dubstep, sans oublier quelques thèmes clichés de musique slave. Et Ilya Prusikin, frontman de la formation, pose son flow au dessus tout cela. Voilà pour la toile de fond, il faut maintenant évoquer la transition musicale admirable concoctée par le Motocultor : juste avant Little Big se produisait Triptykon, groupe de doom misanthropique mené par Tom G. Warrior (Celtic Frost/Hellhammer).

Entre cela et Little Big, il y a un grand écart musical long de plusieurs années lumières, et rien que pour cela, l'expérience Little Big était intéressante, peu importe ce que l'on pense de leur musique. Le plus hilarant dans tout cela est qu'il y a fort à parier que Tom G a été exposé au début du set de Little Big : il faut donc imaginer sa tête à ce moment précis, alors que lui même avait, pendant le set de Triptykon, envoyé une torpille guidée à l’attention de ses compatriotes d’Eluveitie, les accusant d'avoir "déshonoré la Suisse". Il a toujours son caractère le Thomas ! A l'écoute des gros beats electro avec une bonne dose de grand n'importe quoi injectée dans le tout, il est difficile de ne pas penser à Die Antwoord pendant le set de Little Big : Prenez Die Antwoord, enlevez l'argo afrikaans, remplacez-le par un accent russe, ajoutez trois litres de vodka pure et lissez le tout pour obtenir Little Big.

On sent que le show est massivement soutenu par des samples, y compris au niveau du chant, ce qui donne un côté assez artificiel à la performance, mais c'est malheureusement souvent le cas dans ce type de musique, et ça devient (trois fois hélas) également monnaie courante dans le metal. Nous sommes clairement ici pour le show, avec des lumières épileptiques, un son massif et des gens qui font les guignols sur scène : on aurait sans doute à peine vu la différence s'ils s'étaient contenter de faire tout en play back. Mais peut importe le flacon tant qu’on a l’ivresse : les Little Big savent comment chauffer une foule ! Olympia Ivleva se charge des choeurs, le tout en faisant des danses lascives pendant la quasi-totalité du set, ça ne s'invente pas !

Little Big

Clairement, cette musique n'est pas vraiment raffinée mais elle fait le boulot. Les authentiques hurleront au scandale et autres "que fait ce groupe ici?" mais les faits sont la : la scène est blindée et l'ambiance complètement électrique. Qu'est-ce qui est le plus triste : une scène blindée pour Little Big, ou une autre à moitié vide pour Triptykon ? A vous de choisir. Cette heure de set passe vite, toujours à volume excessivement élevé, ce qui permet sans doutes à ceux qui sont déjà au camping de profiter du concert (et aussi ceux qui ne voulaient pas en entendre parler) ! On remarquera une fois plus l'ironie de la situation : nous sommes là en présence de centaines de metalleux qui toute l'année durant vomissent sur ce genre de musique, mais qui sont là en train de se déchaîner plus qu'avec n'importe quel des autres groupes qui ont joué aujourd'hui. Le Motocultor, terrain d'expérimentation sociologique ? Pourquoi pas ! 

Avant de nous déclarer avec un accent russe à couper au couteau qu’il veut nous « péter la rondelle », Ilya demande au public s’ils aiment boire… Plus précisément, s’ils aiment boire… Tous les jours ! Vous l’avez compris, c’est l’heure de « Everyday I’m Drinking », chanson sans laquelle Little Big ne serait certainement pas sur cette scène ce soir. Le feu est mis aux poudres, et c’est plus que jamais le chaos dans le public. Dans nos têtes raisonne le « No future » des paroles, qui fait écho à « God Save The Queen » des Sex Pistols sorti 40 ans plus tôt. Car en effet, quoi de plus punk que de faire la fête bruyamment avec un degré d’alcoolémie généreux ? 

Tfaaon 

Photos : © 2015 Thomas Orlanth
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
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