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Eluveitie (+ Amaranthe & The Charm The Fury) au Cabaret Sauvage de Paris (02/11/2017)


Après avoir en grande partie renouvelé son line-up et sorti un album beaucoup plus acoustique, Evocation II Pantheon, Eluveitie fait actuellement subir le baptême du feu du live à ses nouveaux membres. Plusieurs festivals cet été, et une date en ce début novembre dans le beau cadre du Cabaret Sauvage, pour laquelle la formation était accompagnée de The Charm The Fury et Amaranthe. Un mélange des genres étonnant mais qui au final a plutôt bien fonctionné.




The Charm The Fury


Après une prestation convaincante au dernier Download français, les Néerlandais de The Charm The Fury reviennent sur le sol français, cette fois avec la mission de préparer le terrain pour Eluveitie. Nous n'assisterons malheureusement pas au set en entier, mais sur les derniers morceaux joués, les Néerlandais assurent un spectacle intéressant.

Leur son, souvent qualifié de groove metal ou de metalcore, doit beaucoup à la voix de la chanteuse Caroline Westendorp, qui alterne sur les voix claires et le scream, ce qui donne souvent des couplets criés relativement agressifs et des refrains chantés assez entêtants pour être retenus. Pas d’une originalité folle, mais très efficace, comme en témoigne "Echoes", un de leurs titres phares, ou ''Songs of Obscenity'', qui offre sur le refrain des "Who-oh" en chant clair entrainants et en chœurs criés en même temps.

Le concert étant complet, la salle est déjà bien remplie. Malgré la qualité des musiciens, le public ne semble pourtant pas complètement convaincu, même s’il réserve un accueil correct au combo. Dommage, celui-ci aurait mérité plus de temps pour s’exprimer !





Amaranthe


Changement d’ambiance avec Amaranthe. Les Suédois sont attendus par une bonne partie de la salle, désormais quasiment comble, et leur death mélodique mêlé de pop (à moins que ce ne soit l’inverse ?) fait mouche dans l’assemblée dès le premier morceau, "Maximize", issu de leur dernier album Maximalism, tout comme les deux suivants. Sur le papier, l’idée peut séduire : mêler un metal puissant à base de growl et de guitares techniques à un chant très pop et des claviers lorgnant sans vergogne vers l’electro. En pratique, le résultat est assez artificiel. On dirait que les Suédois juxtaposent deux styles contradictoires sans vraiment réussir à les fusionner.




Leur growleur Henrik Englund fait son taf correctement. Le chanteur clair Nils Molin chante juste sans que son empreinte vocale laisse un souvenir impérissable – on a l’impression d’avoir entendu ça dans une ribambelle de groupes de rock FM avant lui. La chanteuse Elize Ryd souffre du même défaut: c’est juste, mais qu’est-ce que c’est plat – à écouter une chanteuse pop, autant se faire la discographie de Rihanna, elle au moins a un timbre reconnaissable… sa façon de chanter "Na na na na" sur On the rocks, par exemple, c’est quand même très popinou pour se mélanger à du growl et du grunt de death mélodique.




Leur EDM – Euro Dance Metal – doit être parfait pour les boites de nuit un tant soit peu alternatives. La section rythmique -Morten Løwe Sørensen et Johan Andreassen - fait son taf, sans plus, même si l’on salue l’imitation de Dave Grohl par le bassiste Johan Andreassen, qui passera tout le concert à jouer assis dans un coin, la faute à une récente fracture du pied.

Le guitariste Olof Mörck, lui, est vraiment bon quand il veut, capable de délivrer des riffs rapides sur "Fury" ou des soli assez virtuoses ici et là… le problème, c’est qu’on a du mal à l’entendre, noyé sous des nappes de synthé qui ne dépareilleraient pas dans un morceau de l’Eurovision. Le comble, c’est qu’ils n’ont même pas de claviériste sur scène, alors que c’est l’instrument qu’on entend le plus : tout se fait donc sur des bandes enregistrées, ce qui renforce l’impression désagréable de manque de sincérité.




A moins que le tout ne soit qu’une vaste blague assumée, ce qui expliquerait les mélodies ultra faciles et assez cliché – non vraiment, vous êtes sûrs qu’"Electroheart" n’est pas une reprise déguisée de "I’m a Barbie Girl" ? Ou la façon qu’a Ryd de faire du headbang : certes, elle a des cheveux immensément longs, ce qui est un avantage non négligeable pour la pratique, mais c’est si maniéré que c’en est presque ridicule.

Ceci dit, oui c’est putassier au possible, et trop long (The Charm The Fury aurait mérité d’être en deuxième position), mais il faut reconnaitre un certain plaisir coupable sur plusieurs morceaux. Cela a beau être facile (ou justement à cause de cette facilité), ça fonctionne, et si on range son esprit critique, c’est même très sympathique à écouter. On a même droit à un joli moment d’émotion avec une l’invitation d’une fan sur l’ensemble d’"Amaranthine".




Le public, lui, est à fond du début à la fin, et voir du mosh pit se lancer sur des gros passages de synthé est assez drôle. En fin de compte, c’est le genre de groupe idéal à voir en concert juste avant de sortir en boite, et après tout, dans le metal, c’est un créneau qui reste peu occupé !


Setlist
Maximize
On the Rocks
Fury
Dynamite
1.000.000 Lightyears
Electroheart
Invincible
Amaranthine
Digital World
Drum Solo
True
Endlessly
Call Out My Name
Hunger

----
That Song
Boomerang
Drop Dead Cynical
The Nexus





Eluveitie



Les lumières s’éteignent, une voix caverneuse retentit pour déclamer le prologue, et dans l’obscurité bleutée, neuf silhouettes prennent place l’une après l’autre. L’ennéade helvète (oui, ils sont actuellement neuf, on espère qu’ils ont un grand tourbus) lance "The Gaulish War", issu de leur tout premier album Spirit. Que les fans inquiets par la tournure folk du dernier album se rassurent, il n’est donc pas question de renier les origines. Le côté death mélodique du morceau met tout de suite les cris du leader Chrigel Glanzmann et les riffs des guitaristes Rafael Salzmann et Jonas Wolf en avant. Les instruments acoustiques, en revanche, s’entendent assez peu selon l’emplacement dans la salle, mais on peut assister à un magnifique headbang coordonné tout en longs cheveux du trio féminin du groupe.




Sur la chanson "King", monsieur Crie-Gueule Glanzmann continue ses vocalises de plus belle, et les différents instruments commencent à se faire entendre. Les passages brutaux et saturés guitare – basse (Kay Brem) – batterie (Alain Ackermann) – screams s’équilibrent bien avec les arcs mélodiques d’inspiration celtique du magnifique violon de Nicole Ansperger, et des divers instruments, vielle à roue, harpe, cornemuse, mandoline et autres flûtes.

Il faut attendre le quatrième morceau avec "Omnos", issu d’Evocation I, pour que l’ambiance désature un peu, et que Fabienne Erni lâche sa harpe pour chanter, se réappropriant bien les morceaux autrefois chantés par Anna Murphy.




S’ensuivent trois morceaux issus du dernier opus du groupe, Evocation II. Très folk, donc, ce qui permet de mettre en avant les musiciens acoustiques, tel Matteo Sisti qui lance "Lvgvs" à la cornemuse, juché sur un ampli. Contrairement aux versions studios, on entend distinctement Chrigel Glanzmann qui assure les chœurs en growl. Cela donne plus de consistance à certains morceaux plus faibles, et à la voix d’Erman, qui quoique très agréable, est parfois un peu plate ou maniérée.

Soudain, la lumière change, l’ambiance devient mystique, Sisti commence à marteler un tambour, une lueur verte imprègne le visage des musiciens, Chrigel Glanzmann se lance dans une étrange litanie de sa voix rauque. "Catvrix" était déjà impressionnant en version studio. Il l’est encore plus sur scène. Le violon lancinant, les tambours qui résonnent et les arrangements donnent la sensation d’être au beau milieu d’une cérémonie païenne infernale. Fabienne Erni semble possédée, sa voix est intense et répond parfaitement aux imprécations mystiques d'un Glanzmann en transe.




L'invocation s’achève, mais Erman n’est pas décidée à nous laisser de répit. Seule sur scène, elle enchaine avec Artio, morceau a capella tout aussi intense pour d’autres raisons. Il ressemble aux balades celtes d’antan; la voix de la chanteuse est emplie de nuances, d’émotions, de puissance et de fragilité.

On n’en voudra pas alors au combo d’enchainer sur quelques titres un peu plus « faciles ». Tous les instruments sont à l’honneur à tour de rôle, même s’il est dommage que la vielle ne soit pas assez mise en avant – il faut que Michalina Malisz vienne se jucher sur les amplis le temps d’un solo pour bien distinguer le son particulier de l’instrument.
 



Passage dans l'Hexagone oblige, "The Call of the Mountains" est chanté en français, ce qui permet au public de reprendre en chœur le refrain aux accents très... montagnards suisses – "eyo eyo". Dans l’équilibre précaire entre folk et metal qui fait le charme d’Eluveitie, le folk prédomine légèrement. Cependant, en puisant dans tous les albums de son répertoire – à l’exception de leur tout premier EP, mais ne chipotons pas-, la formation helvète donne des motifs de satisfaction aux fans de toutes les époques.




Le groupe quitte la scène sur "Helvetios", après une grosse heure de show. Le public serait alors en droit de s’attendre à un rappel conséquent, mais quand résonnent les premières notes d’"Inis Mona", probablement leur morceau le plus connu, autant se faire une raison. Quelques slams apparaissent, mettant la sécurité sur le qui-vive, la fosse s’agite encore plus que sur le reste du concert, le chanteur fait un peu durer le plaisir en faisant reprendre plusieurs fois le refrain au public, et puis rideau. Au total, le groupe aura joué moins d’une heure vingt, à peine plus qu’Amaranthe, alors que le public semblait largement chaud pour prolonger les débats. L’obsession supposée des Suisses pour le temps aurait-elle fait craindre au groupe de faire rater à ses fans l’heure du dernier métro ?




Setlist
•  Your Gaulish War
•  King
•  Nil
•  Omnos (Metal version)
•  Lvgvs
•  Catvrix
•  Artio
•  Epona
•  Thousandfold
•  L'Appel des Montagnes
•  A Rose for Epona
•  Kingdom Come Undone
•  Tegernakô
•  Drum Solo
•  Havoc
•  Helvetios

----
•  Inis Mona

Crédit photo: Arnaud Dioniso
Utilisation interdite sans accord du photographe


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