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A Perfect Circle (+ Chelsea Wolfe) au Zénith de Paris (06.12.2018)

Un Zénith en décembre après l'Olympia en mai et le Hellfest en juin, c'est donc le troisième rendez-vous de l'année pour A Perfect Circle avec le public français. Le Zénith n'est pas plein, loin de là, mais les fans purs et durs sont au rendez-vous, et ne seront pas déçus. Une soirée pleine d'émotion les attend, dans l'ambiance solennelle et mystérieuse d'une pénombre permanente.

Cette soirée "in the dark" va s'avérer être le cauchemar des photographes (relégués aux gradins), mais la situation rêvée pour les amateurs du groupe, qui vont pouvoir profiter pleinement du talent des musiciens et de la beauté des arrangements, sans l'armée habituelle d'écrans devant les yeux.



a perfect circle, zenith, 2018



 

Chelsea Wolfe
 

chelsea wolfe, a perfect circle, zenith, paris, 2018

Présence fantomatique, vêtue d'une longue robe noire et dans l'obscurité quasi-totale, Chelsea Wolfe prend place au milieu de la scène, accompagnée de ses quatre musiciens (basse, guitare, claviers, batterie). C'est avec le titre "Feral Love", qui est apparu au générique de la série Game Of Thrones, que le set est entamé, marqué par le crescendo des riffs lourds et graves contrastant avec la voix aiguë et éthérée de l'artiste californienne. Le son est assez bas, et le parterre encore clairsemé peine à entrer dans l'univers expérimental à la fois gothique et folk de Chesea Wolfe. Quel dommage, car le jeu sur le larsen, le gros bourdonnement des guitares, et la voix folk qui peut rappeler la new wave irlandaise de groupes comme Clannad, se complètent à merveille pour créer une atmosphère très particulière et agréable. Dès le troisième titre, le son s'améliore, et la chanteuse entre progressivement en communion avec le public, grâce à des titres comme le rythmé "Vex", où le claviériste harmonise ses growls avec la voix claire de Chelsea dans un gros refrain qui force les premières têtes à bouger dans la fosse.

chelsea wolfe, a perfect circle, zenith, paris, 2018

C'est que le groupe tape très fort, avec une ambiance lourde qui résonne, accompagnée par les notes hautes des envolées lyriques de la vocaliste qui joue de sa voix comme d'un instrument. Présence énigmatique, qui réussit paradoxalement à en imposer alors qu'elle reste assez statique sur scène, Chelsea Wolfe est plantée telle une prêtresse mystique, le visage caché sous sa chevelure. Lors du dernier morceau, "Scrape", elle se déplace enfin et finit à genoux, comme dans une transe lors d'un rituel magique. Un très bon set au final, plein de belles atmosphères, de moments oniriques avec une artiste sensible, à la fois forte et fragile, qui a réussi à séduire ceux du public qui se sont donné la peine de rentrer dans l'atmosphère particulière et très expérimentale proposée par Chelsea, mais qui n'a pas convaincu la majorité du parterre parisien peu compact présent au Zenith en ce début de soirée. 


Setlist Chelsea Wolfe : 

- Feral Love
- Spun
- Vex
- After the Fall
- House of Metal
- Carrion Flowers
- 16 Psyche
- Survive
- Scrape

 

A Perfect Circle


Pendant la pause, plusieurs annonces, en anglais et en français, rappellent la règle stricte imposée au Zénith ce soir : aucune photo ou vidéo n'est autorisée pendant le concert, sous peine d'être exclu illico. Le public ne bronche pas, habitué de cette demande du groupe depuis des années déjà, et probablement soulagé de pouvoir profiter du spectacle sans l'habituelle forêt de bras levés armés d'écrans en tous genres.

Trois estrades rondes s'élèvent, pour les claviers à gauche, la batterie à droite, et Maynard James Keenan au centre. Des écrans rectangulaires, tels des rubans biseautés, tombent du plafond, et apportent un décor minéral lorsque la musique retentit pour l'arrivée progressive des musiciens. Au premier plan, Matt McJunkins à la basse et Billy Howerdel à la guitare, dynamiques et fort bien éclairés. Maynard, lui, n'apparaît que sous forme d'une silhouette, ombre chinoise énigmatique qui ne bougera pas de son piedestal de tout le set.

a perfect circle, zenith de paris, 2018

Certes, le vocaliste est dans le noir, mais d'emblée sa présence vocale s'impose avec pureté, clarté dans toute la salle, et les doutes de la première partie sont levés : le son est excellent, fort même, quoiqu'un peu trop centré sur la voix.  Le morceau d'ouverture, "Eat the Elephant", est suivi par le très solennel "Disillusioned", où les parties rock alternent avec des passages éthérés au piano / voix, pour un bel effet. L'émotion gagne le parterre aux premières notes de "The Hollow", avec un changement de jeux de lumières correspondant au bond dans le passé pour ce titre de l'album Mer de Noms sorti en 2000. Avec Billy aux choeurs cette fois-ci, et Greg Edwards à la deuxième guitare (en l'absence de James Iha sur cette tournée, déjà engagé avec la reformation des Smashing Pumpkins), c'est une partie nostalgie qui est entamée; s'ensuit d'ailleurs "Weak and Powerless", peut-être un peu décevant au niveau de l'énergie, tellement les guitares sont sous-mixées. Le rythme, la précision et l'efficacité arrivent enfin avec le splendide "So Long, And Thanks For All The Fish", dernier single en date d'A Perfect Circle, qui sonne vraiment bien en live. La part belle est d'ailleurs donnée au dernier opus, Eat The Elephant, avec pas moins de huit morceaux joués ce soir. Cependant les titres plus anciens ne sont pas oubliés, et résonnent des classiques tels que "Blue", "Peace, Love and Understanding", "Rose", "Thomas" ou l'énorme "Judith".

a perfect circle, zenith de paris, 2018

L'un des nombreux paradoxes d'A Perfect Circle (hormis le fait que le logo soit un cercle cassé et donc imparfait ), c'est ce frontman qui se trouve en retrait, ce personnage plongé dans la pénombre qui réussit à être assez chaleureux, grâce à quelques remerciements adressés au public, une sincérité et une sensibilité à fleur de peau, quand il remercie ses musiciens, évoque la mémoire de ceux qui sont partis, ou encore parle du bonheur de rejouer à Paris (c'est en effet la troisième fois que MJK, Billy et leur bande se produisent dans l'Hexagone). Maynard exécute d'étranges chorégraphies pendant les chansons, puis tourne comme un lion en cage entre les morceaux, dans le noir, pris dans sa bulle comme le public semble pris dans l'euphorie du concert. Dans la fosse, des couples dansent, enlacés, et nombreux sont ceux qui reprennent en choeur les paroles de "Blue", illuminés par de splendides jeux de lumières et une scénographie vraiment travaillée. Les guitares sont efficaces même si on aurait peut-être souhaité les entendre davantage sur certains titres ; les passages très lourds et puissants, lancinants et impressionnants, se mêlent à la voix de Maynard et aux harmonies parfaites avec Greg et Billy, et on arrive à des instants de pure beauté. Moments de perfection avec les tubes en puissance "Hourglass" et "The Doomed", excellents en live, et la conclusion du set avec "Judith" suivi du non moins excellent "The Package".

a perfect circle, zenith, 2018

Ce que le public parisien retiendra, malgré un petit manque de mordant ou de réglages des guitares sur certains morceaux, c'est la pureté du chant, la beauté des orchestrations, et un moment solennel, comme privilégié. Les musiciens, encore plus tournés vers le public, ont été impressionnants de précision et de charisme. L'ombre de Maynard a finalement régné sur le Zenith : toujours inspiré, lointain mais jamais dédaigneux, il a emmené le parterre avec lui dans son monde. À la fin, il descend de son podium pour saluer à toute allure, laissant les musiciens terminer le morceau "Delicious", avant d'annoncer en partant que l'on peut désormais sortir les téléphones pour prendre des photos, évidemment bien trop tard pour l'attraper. Il ne s'est montré que furtivement, on peut alors se demander : a-t-il jamais été là ? La puissante présence vocale a suffi en tout cas à faire accepter à beaucoup que le légendaire Maynard James Keenan venait d'offrir quelque chose de grand. L'ovation se poursuit après son départ, pour féliciter le groupe d'avoir montré toute l'étendue de son talent, comme avec facilité. Impressionnant ! 

Moins "perfect" qu'à l'Olympia mais une très belle qualité pour ce show d'A Perfect Circle, troisième occasion pour les fans de voir leur groupe favori après une longue période de silence. Cette date a également été l'occasion de confirmer l'album Eat The Elephant à une très bonne place dans la discographie du supergroupe, tellement les morceaux issus de ce dernier opus, tubes en puissance, ont su animer la soirée. 



Setlist A Perfect Circle :

- Eat The Elephant
- Disillusioned
- The Hollow
- Weak and Powerless
- So Long, and Thanks for the Fish
- Rose
- Thomas
- Peace, Love and Understanding
- Blue
- 3 Libras
- The Contrarian
- TalkTalk
- Hourglass
- The Doomed
- Counting Bodies Like Sheep to the Rhythm of the War Drums
- Judith
- Dog Eat Dog
- The Package
- Delicious

Photographies © Arnaud Dionisio 2018 
Toute reproduction interdite sans l'autorisation du photographe. 

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