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DOSSIER: Knotfest meets Hellfest 2019

L'annonce d'une quatrième journée sur le site même du Hellfest, alternant groupes européens et américains (Slipknot en tête) sur les deux mainstages avait fait réagir. Loin d'être obligatoire, cette journée en plus fait malgré tout le plein (pas de sold-out mais presque) et permet également de récupérer ses bracelets un peu plus tôt que les autres années (et profiter de l'Extrême Market ou du Hell City Square dès 10h).



C'est donc dès le jeudi à 16h que nous pouvons fouler la pelouse du site même du Hellfest, et découvrir en avance ses quelques nouveautés, dont profiteront Slipknot et leurs invités. Si les scènes Altar / Temple / Valley / Warzone sont condamnées par des grilles et rideaux à l'effigie du Knotfest, le reste du site est accessible malgré quelques bars fermés, puisque le site accueillera 37 000 personnes sur les 60 000 en temps normal. Peu de différences visibles avec l'année dernière hormis la zone de restauration pavée et décorée, et une grande horloge métallique au pied de la grande roue.


Rendez-vous donc devant les Mainstages, pour constater une nouveauté intéressante : plus besoin de backdrop pour chaque groupe, l'intégralité du fond de scène remontant aussi sur les côtés est tapissée d'écrans d'un seul tenant, formant un support idéal pour les logos ou vidéos de chaque groupe. Les trois écrans habituels face au public ont encore été agrandis, et affichent le chapiteau lugubre du Knotfest, pour sa toute première date en Europe, avec cinq groupes européens face à cinq groupes américains en alternance.




Sick of it All

 

Il fait beau, il fait chaud, les conditions sont parfaites pour ouvrir le bal des festivités du Knotfest. Et les premiers à jouer ne sont pas les moins connus, bien au contraire, vu qu'il s'agit des légendes de la scène NYHxC Sick Of It All.


Et bien que la foule soit clairsemée, pas question pour eux de se donner à moitié. Que les gars campent sur une mainstage ou dans un bar, devant 10 ou 35000 personnes, le quatuor emmené par les frères Koller est toujours à fond et débute son set avec un fracassant ''Death To Tyrants''. Car même si le groupe va bien sûr mettre en avant son (excellent) dernier album Wake The Sleeping Dragon! avec ''That Crazy White Boy Shit'' ou encore ''Inner Vision'', la setlist a des allures de best of.



Lou Koller est à son aise, en pleine forme, à hurler sa hargne entre riffs coups de poing et grosses basses bien placées pour two-step sereinement. Le frontman est parfait dans ce déluge sonore porté par la base rythmique tout en rondeur d'Armand Majidi et Craig Setari, et se fait tant fédérateur que vindicatif sur le monde qui nous entoure. Et les festivaliers lui rendent bien et se rapprochent volontiers pour mettre une ambiance bien sportive dans la fosse. Le groupe, malgré trente ans au compteur, impressionne par sa fougue et le fait qu'il paraisse toujours aussi intègre. C'est simple Sick Of It All donne encore à la fois cette envie de danser que de tout casser.
 


Peu de pauses, pas le temps pour ça, tout passe par la musique et ce sont donc dix-sept morceaux qui seront joués en quarante minutes, avec un final jouissif qui voit s'enchainer ''Scratch The Surface'' et ''Step Down'' ! Trente ans de carrière, une solide réputation, et pourtant Sick Of It All est toujours aussi humble pour accepter d'ouvrir dans un festival. Et va en profiter pour donner un concert de grande qualité qui va poser les bases de cette première édition française du Knotfest.


Foxxx


Setlist :
Take the Night Off
Inner Vision
Clobberin' Time
Us vs. Them
Injustice System
Machete
Road Less Traveled
Black Venom
That Crazy White Boy Shit
My Life
The Snake (Break Free)
Good Lookin' Out
Uprising Nation
Bull’s Anthem
Busted
Scratch the Surface
Step Down





Amaranthe

 

Les OVNIs musicaux sont légion chaque année à Clisson, et c'est Amaranthe qui gagnera la palme pour cette journée. Le projet suédois un peu particulier composé de trois chanteurs, de bandes électros et de quelques riffs bien cachés derrière attaque la Mainstage devant une foule plutôt curieuse. Le risque d'utiliser autant d'effets synthétiques sur scène est grand, autant pour le son en général que pour l'ambiance (surtout en festival), mais admettons. Les musiciens s'avancent au son d'une intro égypto-kitschou-mystérieuse et débutent le set avec ''Maximize'', tiré de leur album Maximalism (on a compris le message).
 


Pas faute d'avoir prévenu, rien ne va en ce début de set : son archi-brouillon, batterie inexistante et chants bien trop en avant et incompréhensibles, aucune puissance ne se dégage dans les premiers titres du combo. Les mimiques artificielles de chacun sonnent creux et l'ambiance ne décolle pas vraiment. Pire encore, les balances de Ministry sur la Mainstage 1 entrent en conflit avec les systèmes sans fil d'Amaranthe, et le groupe quitte la scène de colère après quelques insultes au combo américain sur l'autre scène.
 


Tout le groupe ? Non ! Armée d'une conscience professionnelle hors pair, la pauvre Elize Ryd se retrouve seule face à la foule durant de longues minutes, ne sachant quoi faire, laissée à l'abandon par le reste de son groupe. Tant bien que mal et après quelques couplets d'''Amaranthine'' a cappella (quelle voix d'ailleurs !), le groupe rejoint enfin Elize pour clore son set mais il est bien trop tard pour convaincre. On peut s'interroger sur le fait de laisser sa chanteuse en plan pendant presque dix bonnes minutes, revenir simplement pour gueuler sur l'autre groupe, pour se re-barrer ensuite. Merci Elize, mais tu vaux bien plus que cela.
 

DT


Setlist:
Maximize
Digital World
Inferno
Hunger
Amaranthine
GG6
Helix
The Nexus
Drop Dead Cynical






Ministry
 


Après cet ''incident'' et dix minutes de retard, Al Jourgensen et son équipe se présentent sur scène comme si de rien n'était et avec une furieuse envie de bien faire. Armé de son t-shirt Motörhead, ses dreads et de quelques kilos en plus, Al est bien décidé à convaincre et faire le show, bien loin du désastre de 2012 au Bataclan.
 


Pas de nouveautés ce soir, cap sur les classiques pour convaincre vite et bien : le duo ''The Missing'' – ''Deity'' annonce la couleur et les rythmiques appuyées efficaces réveillent la foule, jusqu'au classique ''Just One Fix'' et sa vague de slams. La balance est plus que correcte, puissante, et les rythmiques appuyées se détachent parfaitement, on n'en demandait vraiment pas plus (coucou Amaranthe !). Toute la bande fait le show, sonne carré malgré les soli de guitare bien foireux d'Al sur ''Jesus Built My Hotrod''. Le leader paraît toujours autant à l'ouest, mais les apparences sont heureusement sauves pour cette fois.
 


Il ne manque que la nuit pour mettre encore plus en valeur le show proposé par Ministry. L'écran géant est toujours mis à contribution suivant les titres, le pied de micro squelette géant fait toujours son effet, et on reste accroché à la prestation convaincante des Américains. Un dernier mur de son sur le classique ''Thieves'' et le groupe se permet de finir pile à l'heure. Court, simple et efficace, une bonne entrée en matière pour découvrir Ministry en somme.
 

DT
 

 


Setlist:
The Missing
Deity
Stigmata
Jesus Built My Hotrod
Just One Fix
N.W.O.
Thieves


 



Behemoth

 

Behemoth fait commencer son set avec une intro impressionnante avant d'envoyer avec le titre "Wolves of Siberia". Le show est rapidement accompagné par du feu et de la fumée et après les avoir vus en salle sans ces accompagnements, ceux-ci sont très appréciables. Le public est bien présent pour accueillir les Polonais et n'hésite pas à applaudir en rythme. On a là un show soigné et la setlist est quant à elle classique dès le début mais efficace.
 


Le début de "Bartzabel" résonne et l'ambiance se transforme complètement. Nergal sort son chapeau digne d'un messie du black metal pour le titre et c'est d'autant plus beau à voir. Le solo du morceau se fait parfaitement entendre et on profite d'un très bon son durant l'intégralité du concert. L'intro bien black du morceau "Ov Fire and the Void" nous inflige une énorme claque en live et on comprend encore plus l'utilité des flammes dans le jeu scénique du combo. Nergal n'hésite pas à rappeler que le Knotfest a lieu juste avant le Hellfest qui est "le meilleur festival de metal de l'Europe". Les couleurs du set et des animations sur les écrans sont globalement concentrées autour du rouge, du noir, du gris et du blanc et cela apporte une certaine esthétique.
 


Plus le set avance et plus le jeu de flammes est impressionnant et ce même de loin. Vers la fin du show on a également le droit au fameux faux sang dans la bouche des membres du groupe. Néanmoins, il reste un petit côté négatif : on se rappelle que ce n'est pas la première fois que Behemoth se produit de jour à Clisson et on aimerait voir le groupe jouer de nuit afin de beaucoup plus profiter de son énorme mise en scène. On ne voit donc pas le temps passer et les notes de "Coagvla" résonnent sur le site de Clisson. Une armée d'hommes en capuches noires avec des tambours arrivent sur scène et c'est à vous en donner la chair de poule tellement l'effet est frappant.
 

Sana B


Setlist:
Solve (bande son)
Wolves ov Siberia
Ora Pro Nobis Lucifer
Bartzabel
Ov Fire and the Void
Conquer All
Sabbath Mater
Blow Your Trumpets Gabriel
Chant for Eschaton 2000
Coagvla (bande son)

 






Papa Roach

 

Juste après le set de Behemoth, on fait face à une rupture totale de style musical avec l'arrivée sur scène de Papa Roach. Le groupe frappe fort avec une arrivée sur l'un de ses titres les plus célèbres, autrement dit "Last Resort".
 


Même si la fosse est calme pour ce début de set on sent qu'il y a des connaisseurs parmi le public. Le combo continue le show avec d'anciens titres comme "Blood Brothers" avant de nous en offrir des plus récents. On remarque rapidement la différence car le public semble moins accrocher avec ces nouvelles compositions mais Papa Roach est tellement à fond qu'on apprécie tout de même le set. Le groupe utilise parfaitement les écrans en diffusant diverses animations toujours en lien avec les thèmes abordés. Jacoby Shadix signale à la fosse que pour l'un des titres il va falloir devenir fou car tout est filmé. La fosse répond à sa demande et le chanteur nous lâche un "merci beaucoup" en français.
 




Le groupe semble bien être conscient de la différence niveau ambiance entre les nouveaux et anciens titres car le leader s'adresse encore une fois à la fosse pour demander "s'il y a de vieux fans de Papa Roach ?" avant d’enchaîner sur le titre "Between Angels and Insects". C'est alors que les slams à répétition débutent et que les paroles des chansons sont affichées sur l'écran du fond. Force est de reconnaître que même si l'on n'aime pas le combo, les gars assurent le show et ce avec une énorme énergie. Jacoby va même jusqu'à descendre dans la fosse pour chanter de temps à autre et demande au public de se baisser puis de sauter sur "Getting Away With Murder". On a également le droit à un hommage à Chris Cornell, une des inspirations du combo. Son temps de set est quelque peu dépassé et c'est ainsi que l'on se rend encore plus compte du plaisir que les musiciens prennent à se produire sur scène.


 

Sana B
 

Setlist:
Last Resort
Blood Brothers
Help
Feel Like Home
Who Do You Trust?
Between Angels and Insects
Elevate
Not the Only One
Scars
Born for Greatness
Firestarter (The Prodigy cover)
Getting Away With Murder
...To Be Loved

 



 


Powerwolf
 

Difficile de passer à côté du phénomène Powerwolf, véritable relève du heavy allemand kitsch et cliché comme on l'aime. Il n'empêche qu'en live, le groupe possède de sérieux atouts, avec des titres efficaces et une scénographie soignée. Déjà présent sur cette même scène il y a quelques éditions du Hellfest, Powerwolf est un excellent choix pour le Knotfest et c'est une foule chauffée à blanc qui attend le combo.
 


Peu de surprises à noter sur cette nouvelle tournée : nouveau décor représentant une cathédrale en ruine, un déluge de feu sur scène ainsi que deux petits pistolets lance flamme dans les mains d'Attila (Rammstein version Lidl). Les écrans géants alternent les pochettes d'albums (ou un bureau de MacOS durant quelques secondes, oups !) et mettent en valeur les artworks travaillés et colorés du groupe.
 


Sur scène, les cinq musiciens déroulent leur show habituel : les faux jumeaux guitaristes se baladent, headbanguent, synchronisent leurs mouvements et s'échangent les soli sans fausse note. Toujours loin d'être stoïque, le claviériste Falk Maria descend très souvent appuyer ses collègues, empoignant l'habituel drapeau sur ''Blessed and Possessed'', et participe à l'habituel duel droite / gauche avec le public. Le maître de cérémonie Attila Dorn est toujours aussi charismatique dans ces interventions, avec un français toujours un peu approximatif (''très magnifique !'') mais amusant. Seules les montées au chant sont un peu en deçà, rien de grave tout de même.
 


En résumé, tout va bien pour Powerwolf : le son est excellent, l'ambiance est électrique avec une foule complètement conquise, grâce entre autres à une setlist piochant dans chaque album du combo. L'air du pourtant récent ''Demons Are a Girl's Best Friend'' est repris en chœur par la foule sans difficulté, foule toujours en forme à chaque demande d'Attila comme sur ''Amen & Attack'' ou le très efficace ''Armata Strigoi''. Le groupe clôt son concert dans une avalanche d'étincelles sur le classique ''We Drink Your Blood'' et une petite dizaine de minutes de retard. Rien à signaler, le groupe est toujours une bête de scène, pour peu d'adhérer un tant soit peu au concept évidemment.
 

DT
 

Setlist:
Lupus Daemonis (sur bande)
Fire and Forgive
Incense & Iron
Amen & Attack
Demons Are a Girl's Best Friend
Armata Strigoi
Blessed & Possessed
Werewolves of Armenia
We Drink Your Blood



 


Rob Zombie

 

Le Knotfest bat son plein et le soleil commence doucement à se coucher. Il est encore un peu tôt pour un zombie mais Rob est bien décidé à entraîner le public dans une danse infernale.

Après une messe en compagnie de Powerwolf, une soirée en boite avec Rob Zombie, cette programmation du Knotfest est presque logique. La foule est dense lorsque l’Américain débarque avec ses trois musiciens, tous vêtus avec le mauvais goût le plus hétérogène – le guitariste John 5 est entièrement peint en blanc et le bassiste Piggy D arbore un accoutrement violet qui sera rehaussé d’un dentier lumineux du plus bel effet lorsqu’il aura retiré son masque pour le poser sur son manche. De basse, évidemment. Quant au maître de cérémonie, il se balade en guenilles qui ont l’air étrangement bling bling.
 


Le groupe attaque avec "Meet the Creeper", morceau très efficace parfaitement dans le registre indus de l’artiste, pour ensuite enchaîner durant une heure sur ce ton. Difficile de rester statique devant la musique de Rob Zombie, son mélange d’electro hardcore et de metal indus est taillé pour les festivals et destiné à faire bouger les fosses. Et le groupe l’exécute parfaitement, alternant morceaux syncopés, titres carrément bourrins, passages un peu plus calmes et titres extrêmement groovy.
 


Les musiciens sont en forme et jouent en harmonie mais sans que l’un des instruments ne prenne le dessus sur l’autre, à part lors de quelques soli de guitare. Si John 5 et Piggy D écument une partie de la scène, le premier avec un sens du show indéniable, le maître de cérémonie est celui qui s’agite le plus dans tous les sens, effectuant des danses improbables et remuant dangereusement ses dreads : par moment, on dirait vraiment un zombie sous acide. Un zombie qui prendrait le temps de changer de tenue plusieurs fois en moins d’une heure.

Mais à la longue, les titres s’avèrent un peu répétitifs dans la structure, les arrangements et l’ambiance générale, et il est dommage de constater que tous les sons électroniques, pourtant assez importants, sont enregistrés. Les titres sont pourtant issus de plusieurs périodes, aussi bien des albums solo de Rob que ceux de son ancien groupe White Zombie, mais musicalement, cela tourne un peu en rond, et seuls les titres les plus connus, comme "Dragula", joué en conclusion, se démarquent vraiment.
 


Le groupe compense ce risque de monotonie par une scénographie travaillée, avec des écrans à l’avant-scène en plus de ceux du fond sur lesquels sont diffusées des vidéos diverses, qui vont d’extraits de réalisations de Rob Zombie lui-même – il faut bien que son second métier de réalisateur lui serve – à des visuels de femmes dénudées – à l’intérêt artistique limité – en passant par des extraits de très vieux films – ou en tous cas de films qui en reprennent tous les codes : films muets en noir et blanc, vieux dessins animés de science-fiction… Les lumières ajoutent à cette ambiance électrique, mais par moments, l’épilepsie menace.

Les spectateurs ne mettent pas longtemps à rentrer dans l’ambiance : certains dansent de façon désarticulée, d’autres headbanguent sauvagement, les pogos partent dès la deuxième chanson "Superbeast", et essaiment parfois à l’arrière de la fosse.


Rob Zombie harangue régulièrement le public, et se retrouve par deux fois sur les crash barrières, allant même jusqu’à prendre un vrai bain de foule. En milieu de set, le groupe offre une reprise enflammée d’"Helter Skelter" des Beatles, et alors que la fin approche, le chanteur lance « Nous allons faire quelque chose de spécial pour vous » avant d’entamer une reprise dansante et rageuse de "Blitzkrieg Bop" des Ramones. Le pogo s’enflamme, les slams s’empilent par-dessus, c’est l’avènement du chaos. Alors qu’une vidéo horrifique défile, on pense avoir l’intro d’un autre morceau. Raté, Rob fait simplement l’autopromo de son prochain film. Si le zombie aime se déchaîner et faire se déhancher les foules même avant la nuit tombé, il n’en perd pas pour autant le sens des affaires.


Aude D


Setlist
Meet the Creeper
Superbeast
Living Dead Girl
More Human Than Human  (White Zombie)
In the Age of the Consecrated Vampire We All Get High
Dead City Radio and the New Gods of Supertown
Helter Skelter  ( reprise des Beatles )
Get Your Boots On! That's the End of Rock and Roll
Well, Everybody's Fucking in a U.F.O.
House of 1000 Corpses
Thunder Kiss '65  (White Zombie )
Blitzkrieg Bop  (reprise des Ramones )
Dragula


 

Amon Amarth

 

Vikings en approche ! Le groupe suédois confirme son succès en France avec une nouvelle bonne place en festival, et un futur Zénith de Paris annoncé pour cette fin d'année. Même si le dernier album a reçu un accueil plutôt tiède, voyons ce que le combo nous prépare pour son set de 60 minutes.
 


Un grand drapé cache la scène avant le début du show, tenu par des techniciens à cause du vent plutôt costaud, pendant que ''Run to the Hills'' s'achève en guise d'intro. La nuit est toute proche, mettant enfin en valeur le magnifique light show et la pyrotechnie à disposition des groupes du Knotfest, lorsque le rideau tombe enfin. Le casque viking géant support de la batterie est de retour, entouré de plateformes formant un étage en fond de scène. Quelques praticables en avant-scène, le logo du groupe en fond et des t-shirts arborant la rune du dernier album Berzerker pour l'ensemble des membres, et le show peut enfin débuter devant une foule compacte et toujours en forme.
 


Deux tubes pour attaquer d'entrée avec ''The Pursuit of Vikings'' et ''Deceiver of the Gods'', choix plutôt inhabituel en début de set mais très efficace pour accrocher la foule dès les premiers instants. Uniquement trois titres du dernier album dans la setlist, Amon Amarth choisit l'efficacité pour ce set d'une heure. Tout le groupe paraît en forme, mené par le souriant Johan Hegg et sa grosse voix virile et monocorde habituelle, qui a réellement l'air ravi d'être là. Il faut dire que l'accueil est à la hauteur, la foule répondant au doigt et à l’œil : une marée de bras levés pour ''The Way of Vikings'',  pour ''Crack The Sky'' ou les cris ''Skoll !'' pour la bière bue cul sec dans une corne avant ''Raise Your Horns''. Notons également l'intervention de deux comédiens en armure combattant à la hache ou à l'épée au milieu des flammes, parfaitement à leur place et sympathiques à regarder.
 


Côté mix, la balance est très bonne mais plutôt forte, tout à l'avantage du groupe. Pourtant quelque chose cloche au fil des titres : la puissance permanente annihile tout effet de relief, et les titres choisis finissent par se confondre un peu trop. Le même reproche peut être avancé à la discographie récente du groupe, qui tend à rester dans sa zone de confort depuis quelques temps. Heureusement après un passage à vide, la foule se reprend dès ''Raven's Flight'' et jusqu'à la fin du set. Un double motif runique métallique géant fait son apparition sur scène, embrasé de haut en bas au beau milieu du groupe, suivi par l'hydre à deux têtes pour le final ''Twilight of the Thunder God''.
 


Le groupe se retire après de nombreux applaudissements à la foule, et l'habituelle distribution de médiators et de baguette. Il ne manque que de nouveaux titres plus variés à Amon Amarth pour convaincre complètement, et il faudra malheureusement attendre un prochain album pour espérer un peu de renouveau, Berzerkers ne révolutionnant pas grand chose sur scène... Il n'empêche que le statut de prestige du combo n'est pas usurpé, avec une scénographie soignée et un show à la hauteur du futur Zénith sans aucun doute.
 

DT
 

Setlist:
The Pursuit of Vikings
Deceiver of the Gods
First Kill
The Way of Vikings
Crack the Sky
Death in Fire
Shield Wall
Raven's Flight
Guardians of Asgaard
Raise Your Horns
Twilight of the Thunder God





Slipknot

 

Les maîtres de cérémonie de ce prélude au Hellfest ont fort à faire. Rattraper un spectacle en demi-teinte en 2015 déjà, mais surtout justifier la nécessité de cette journée de festival. Les neuf de l'Iowa, malgré les bouleversements récents du groupe, ne sont pas venus pour faire dans la demi-mesure et comptent s'imposer comme un des concerts du week-end.
 


Le décorum est à la hauteur de l'événement. Sorte de hangar aux multiples passerelles, d'énormes ventilateurs prennent place au sol pendant que les musiciens se répartissent sur trois étages pendant que retentit l'intro "(515)" tirée d'Iowa, directement enchainé avec "People=Shit". La fosse se transforme en amas de mouvements bruts, entre circles pits et mosh qui ne cesseront du concert, tandis que Slipknot ne fait pas les choses à moitié. Ce sont eux les patrons de la journée et ils vont bien le montrer. C'est simple, cela faisait des années que la bande des neuf n'avait pas semblé tant en forme.
 


Corey Taylor est impérial, aussi bien en voix claire, que, bien plus surprenant, dans ses hurlements, rageurs et violents. Le reste du groupe est bien présent. Sid et son #0, toujours à se mettre en avant ou à faire du moonwalk sur tapis roulant quand il n'est pas occupé aux platines, fait le show avec son nouveau look de grand brulé. Jim Root et Mick Thompson, et leurs masques pratiquement inchangés, assènent avec fureur et stoïcisme les nombreux riffs fédérateurs de Slipknot. Les autres ne sont pas en reste, que ça soit Shawn, son masque de clown "boule à facettes" et l'inconnu l'accompagnant aux percussions ainsi que Jay Weinberg et Alessandro Venturella, qui forment une section rythmique efficace et nécessaire au milieu de ce maelstrom.

Car Slipknot n'est pas venu pour jouer les chansons les plus calmes de son répertoire. En effet, l'album éponyme fêtant ses 20 ans, c'est une setlist en forme de cure de jouvence qui nous est proposée ce soir, dont le seul défaut sera d'occulter "Wait and Bleed". Mais quelle violence dans l'enchaînement des morceaux ! Voir se suivre "(sic)" et "Get This", suivi du deuxième single tiré d'All Out Life, "Unsainted", puis de "Disasterpiece" est un plaisir, douloureux pour le cou, mais ô combien jouissif.

 


C'est simple, il faudra attendre les deux tiers du concert pour avoir une chanson calme, avec "Vermilion". Et encore, celle-ci suinte le malaise et la décrépitude, donc on a vu mieux pour amadouer la foule. Le son permet de profiter de tout le show dans des conditions excellentes. Que ça soit les mixs de Sid, les percussions, tout est clair, présent, et fait honneur au groupe.
 


La deuxième partie du concert accuse néanmoins une très légère baisse d'intensité, entre "Custer" et "Sulfur" qui s’enchaînent assez mollement. Mais tout repart de plus belle en violence pour clôturer le récital sur "All Out Life", premier single du nouvel album, et "Duality".
 



Une très courte pause et les neuf de l'Iowa reviennent finir le travail avec "Spit it Out" et "Surfacing", comblant les festivaliers encore debout après un tel spectacle. Et c'est au son d'un "'Til We Die" joué en fond sonore que la bande de Des Moines sort des planches sous les applaudissements, après un show exceptionnel. Car malgré les quolibets dont souffre le groupe de certains puristes, Slipknot reste une bête de scène agressive à voir en concert.
 

Foxxx


Setlist:
(515)
People = Shit
(sic)
Get This
Unsainted
Disasterpiece
Before I Forget
The Heretic Anthem
Psychosocial
The Devil in I
Prosthetics
Vermilion
Custer
Sulfur
All Out Life
Duality
---
Spit It Out
Surfacing




Sabaton

 

Avec un album sur le point de sortir, chroniqué en avant-première dans nos colonnes et qui a globalement convaincu notre chroniqueur, Sabaton a des arguments à faire valoir à ce Knotfest. Et le groupe a promis des surprises pour ce concert spécial. Ce n'est pas une mauvaise idée, car passer juste après Slipknot est un défi qui nécessitait un groupe d’une certaine trempe pour le relever. Les Suédois ont accepté, et quand finit le concert du Clown et de ses amis – en retard,  comme quasiment tous les concerts depuis le début du festival – une foule assez conséquente se presse devant la Mainstage 2, même si l’atmosphère est nettement plus respirable que pour le groupe précédent.
 


Le backdrop évoque la Première Guerre mondiale, thème du prochain album de Sabaton, et le reste du décor renforce la thématique, avec notamment des sacs de sable à l’avant-scène pour figurer des tranchées, des casques disséminés et une tourelle de panzer.

Le groupe débarque alors en pantalons kaki et pseudo gilet pare-balles ; pas grand-chose à voir avec les véritables uniformes de 14-18, mais on a saisi l’idée. Le power metal des Suédois est indéniablement efficace et le public s’anime rapidement malgré la fatigue déjà accumulée sur les précédents concerts.

Cependant, sur les premiers morceaux, ce n’est pas forcément la musique la plus remarquable du monde, et le groupe ne se différencie pas énormément de n’importe quel autre groupe de power. Pourtant, c’est bien interprété, et on sent poindre des relents épiques, mais il faut un peu de temps pour qu’ils décollent vraiment.




Sabaton va enfin passer à la vitesse supérieure avec "The Price of a Mile". Le morceau, déjà héroïque sur album, voit ici l’entrée d’un chœur, vêtu d’uniformes de la Grande Guerre. La chanson prend alors une dimension particulièrement puissante et donne littéralement des frissons, magnifiée par le chœur qui a participé à l’enregistrement du dernier album The Great War.  Et comme celui-ci reste ensuite presque jusqu’à la fin, c’est tout le set du groupe qui gagne en puissance et en majesté, déployant tout son potentiel héroïque.

Les musiciens ont vraiment l’air contents d’être là et assurent leurs parties proprement. Le clavier enregistré est assez présent mais ne phagocyte jamais la musique live. Les guitaristes Chris Rörland et Tommy Johansson assurent à tour de rôle les soli tout en donnant un coup de main sur les chœurs.

Le chanteur Joakim Brodén a une certaine puissance, mais si elle est notable quand il pousse sa voix, malheureusement, celle-ci est parfois en retrait et se noie dans les chœurs et les déluges de riffs. L’extinction de voix guette… Mais cela ne l’empêche pas de mener sa troupe avec énergie et de communiquer son dynamisme au public. La complicité entre les musiciens, entre autres les guitaristes et le bassiste Pär Sundström, saute aux yeux, et les échanges de regards et fausses chamailleries sont fréquents.

 


La scénographie est quant à elle assez travaillée, avec plusieurs visuels qui s’animent, des extraits de film, des incrustations diverses qui soulignent le thème de chaque chanson, toujours basée sur des éléments historiques chez Sabaton.

Le concert est donc très prenant, et les spectateurs sont étonnamment nombreux à sauter sur "Primo Victoria", premier titre de ce qui tient lieu de rappel. L’ambiance est telle que ni le public ni le groupe ne veulent terminer le concert, et les Suédois font trainer les derniers morceaux, faisant croire plusieurs fois qu’il s’agit du dernier avant d’enchainer sur un autre.

Après un tiercé d’une efficacité redoutable, "Primo Victoria", "Swedish Pagans" et "To Hell and Back", ils finissent à regret par quitter la scène sous une ovation. Vu les réactions dans le public, ils ont conquis aussi bien les fans qui les attendaient de pied ferme que les curieux pas forcément adeptes de leur musique en studio. Le groupe a montré ce soir  qu’il mériterait une place de tête d’affiche. Un vœu qui se réalisera beaucoup plus tôt qu’imaginé…

 

Aude D


Setist:
Ghost Division
Winged Hussars
Resist and Bite
Fields of Verdun
The Price of a Mile
Shiroyama
Bismarck
The Lion From the North
Carolus Rex
Night Witches
The Lost Battalion
The Last Stand
Primo Victoria
Swedish Pagans
To Hell and Back

Crédit photo: Draksmoon - Julie Warnier /// Lukas Guidet (Slipknot) /// 
Valentin Laurent (Hysteria) (première photo)

Utilisation interdite sans accord des photographes.

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