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Heidenfest 2012 au Z7 de Pratteln en Suisse (22.10.2012)

Ah le Heidenfest, je vous vois déjà venir, mes braves lecteurs, avec votre brave question : qu'est-ce que c'est ? Pour faire simple et court, c'est un peu comme le Paganfest, mais pas avec les mêmes groupes. Il s'agit d'un festival itinérant, dont le genre majoritaire reste le folk / pagan, mais restant aussi ouvert sur des styles un peu plus extrêmes. Pour savoir où se trouvait cette magnifique tournée, référez-vous au flyer ci-dessous, danke schön !

Malheureusement, ces festivités sont rares dans nos contrées. C'est pour cela que La Grosse Radio, contre vents et marées, a bravé les tempêtes, les précipices et les pâturages peuplés de vaches enragées pour se rendre dans les terres helvètes, afin de prendre part à cette réjouissance musicale.



Heidenfest





KRAMPUS



La soirée démarre avec une jeune petite formation en provenance d'Italie, nommée Krampus, et qui, cette année, a pu permettre à son premier album de voir le jour : vous comprendrez donc que les morceaux joués ce soir-là seront tirés de ce Survival of the Fittest. Mais qui sont-ils ? Et, surtout, ont-il assuré même en tant qu'ouverture d'un festival tel celui-ci avec des formations bien plus importantes derrière ?

La réponse est oui, Krampus se tire bien de sa place d'opener par des morceaux qui mettent tout de suite dans l'ambiance, en grande partie très énergiques et puissants, et, surtout, entraînants. Chez ces italiens, il y a toujours cette recherche de la petite chose qui va réussir à conquérir la foule : que ce soit l'utilisation des instruments traditionnels (le violon est notamment mis en avant pour donner cette touche aux morceaux), ou un côté très direct et catchy, le combo s'entête à vouloir jouer dans des titres très simples et directs, de quoi miser avant tout sur une énergie du tonnerre plutôt que de la complexité.


Krampus




Et ça, ça a des avantages comme des inconvénients. Les avantages, c'est qu'en fermant un peu les yeux sur les défauts qui vont suivre, il est très aisé de rentrer dans leur jeu, et de passer un bon moment. L'attitude du groupe y est aussi pour beaucoup, semblant à l'aise sur scène, heureux de présenter sa musique, avec un chanteur Filippo Gianotti qui, s'il a encore quelques progrès à faire dans le registre de la voix claire, nous délivre un chant extrême convaincant quoiqu'un peu linéaire, et un certain charisme qui semble emballer la foule. La présence d'une ravissante violoniste loin d'être en retrait et d'un multi-instrumentiste sont d'autres facteurs à prendre en compte, et ces deux protagonistes sont utilisés à bon escient. Mais voilà où est le problème : ça ne vous rappelle pas un autre groupe ? Les similitudes avec Eluveitie sont frappantes dans la musique, tant l'influence est présente dans une grande partie des compositions. Ce qui avait déjà pu se vérifier sur l'album est retranscrit sur scène, dans les bons et les mauvais côtés. L'autre aspect un peu dérangeant, ce sont des pistes répétitives, se basant souvent sur des formules très similaires, et si elles sont efficaces, difficile de ne pas remarquer le réchauffé.


Krampus




Mais le bilan est dans l'ensemble positif : les réactions du public sont bonnes, et les musiciens repartent le sourire au lèvre. Krampus a délivré un show tout à fait honnête qui, en dépit de quelques imperfections, nous aura fait passer un bon temps. Et ce n'est pas toujours évident de se placer en ouverture. Qu'importe, les italiens ont pu se sortir de cette situation sans aucun problème, et ça, ce n'est pas donné à tout le monde ! Une formation à surveiller, qui pourrait même, avec un peu plus de maturité, surpasser leurs maîtres.

Setlist

Arise (The Day of Reckoning)
Beast Within
Rebirth
Kronos' Heritage
Redemption
The Bride
The Season of Revenge




TROLLFEST



Après l'Italie, on se dirige bien plus au nord, dans un pays où règne le calme et la tranquillité : la Norvège. Pourtant, en voyant la dégaine des membres de Trollfest déguisés en abeilles, on se dit qu'on a à faire à de joyeux cinglés. Et ce n'est pas la suite de leur set qui nous fera penser le contraire, loin de là.

La formation joue beaucoup sur cette image un peu décalée et fofolle, utilisant donc son second degré et le visuel comme des armes imparables en plus de la musique délivrée. Et il faut dire qu'à force de voir le groupe aussi déluré sur scène dans une attitude incitant le public à en faire de même et toujours très communicatif, on termine par rentrer dedans, et apprécier ce spectacle plutôt inhabituel mais très sympathique. A titre personnel, ayant déjà vu la formation, l'effet de surprise n'y était pas, et, pourtant, c'était toujours fort plaisant de pouvoir se laisser avoir comme ça. Il est donc vrai qu'ils savent comment renouveler leur jeu de scène. Mais ne serait-ce pas pour camoufler des faiblesses, servir de cache-misère ? Là, on aimerait répondre que non, et pourtant, la réponse se situe entre les deux.


Trollfest




Indéniablement, dans la folie, Trollfest sait ce qu'il faut et reste cohérent. Sous les airs de joyeux bordel dans lequel l'accordéoniste, le saxophoniste et le chanteur seront particulièrement mis en avant, on retrouve des titres bien ficelés et bien construits qui gardent tout de même assez de puissance pour ne pas lasser. Le seul souci, c'est qu'à la longue, on a étrangement un sentiment de répétition sur le plan musical, comme si, dans son délire barré, les scandinaves utilisaient une recette qu'ils ne changent pas assez. Ce qui se vérifiera quant aux structures : on retrouve énormément de similitudes. Ce manque de changement est heureusement contré par l'attitude scénique des lurons, et par leur efficacité.


Trollfest




La prestation de Trollfest est donc tout à fait honorable. Quelques défauts subsistent mais le professionnalisme est combiné avec une joie très communicative d'être sur scène. Et comment y résister, après tout ? Les norvégiens sont un spectacle à eux seuls, qui livrent un show rondement mené.




VARG



Ce groupe, lui, nous provient d'Allemagne, et tout comme Trollfest utilise la langue norvégienne dans les morceaux, eux vont délivrer leurs titres dans la langue de Goethe. Musicalement, le style pourrait faire très intrus : après deux formations aux accents folk / pagan, c'est avec du black qu'on se retrouve. Et pourtant, le show de Varg a été une énorme claque.

Ce qui frappe de prime abord, c'est que tout y est réellement précis et carré : pas de débordement, pas de mauvais calcul, la formation d'outre-Rhin a décidément pris ses marques sur la scène, et sait où aller, et comment gérer son concert. Et pourtant, on ne pourra pas déplorer la froideur ou le manque de spontanéité, bien au contraire. La formation a un jeu de scène, n'hésite pas à aller chercher le public (qui semble déjà acquis à la cause du groupe), à communiquer très régulièrement et, si le combo veut parfois montrer un aspect plus froid et renfermé, difficile pour eux de masquer leur satisfaction et leur joie de voir une foule répondant à leurs appels et les nombreux t-shirts à l'effigie de nos allemands ce soir-là. Et en plus d'assurer le show tout à fait convenablement, comme des bêtes (d'ailleurs, pour la petite référence, Varg signifie loup en norvégien / suédois … donc vous savez, des bêtes, des loups … haha), musicalement, on sent une musique bien construite, cohérente, suffisamment diversifiée pour qu'on entre dedans et nullement répétitive.


Varg




On peut le dire sans problème, les compositions du combo sont faites pour la scène, restant très accrocheuses et ce même avec la barrière linguistique. Difficile de rester de marbre et de ne pas se laisser entraîner par leur communication et leur énergie. Et il se trouve que Varg nous réserve une petite surprise : un morceau en anglais, « A Thousand Eyes », sur lequel Jonne Järvelä de Korpiklaani vient rejoindre le frontman Freki, pour un duo assez étonnant mais où le growl de l'un est complémentaire avec le chant clair de l'autre, pas toujours juste mais donnant une certaine touche d'ambiance au morceau. Et ce chanteur, qui, lui, ressemble à une vraie armoire à glace, aime bien jouer ce rôle, faire un peu peur, mais ce dernier assure sans peine sur sa voix, variée comme il faut, et s'adressant au public quand il en a l'occasion.


Varg




Varg a su s'imposer comme un excellent groupe sur scène, qui maîtrise ce qu'il fait et, surtout, sait où il va. Peu d'imperfections, des morceaux qui prennent une toute autre dimension, les promesses sont tenues et les cartes sont dans leurs mains pour s'imposer comme une référence du genre. Il ne reste qu'à peaufiner encore le format CD pour pouvoir prétendre être dans l'élite du style. Mais leur mélange black / pagan aura convaincu plus d'une personne ce soir par un show d'excellente tenue. Assurément le meilleur de cette soirée.



KORPIKLAANI


Co-headliner de ce Heidenfest 2012, Korpiklaani en provenance de Finlande est un nom connu d'à peu près tout le monde dans le metal. Au fil des années et vu que leurs albums se reproduisent aussi vite que des lapereaux (la sortie habituelle par an), il a été facile pour le combo de jouer de son image festive et de présenter de nouveaux titres. Du coup, seront-ils à la hauteur de leur réputation pour le set de ce soir ?

Pour commencer, question traditionnelle dans le pagan / folk : Jonne était-il sobre, ou ses capacités vocales perdent-elles sérieusement en grade au fil du temps ? Car le chanteur n'a pas été au meilleur de sa forme ce soir-là, multipliant les faussetés et autres maladresses, ainsi qu'un jeu de scène pour le moins étrange : se déplaçant un peu sur la scène, parfois en titubant, sa petite forme ne l'aidera pas à faire l'unanimité, preuve en est par la réaction des personnes présentes ce soir-là. Si les fans sont toujours surexcités (comme à chaque fois avec Korpiklaani), le reste du public est bien plus divisé, beaucoup préférant aller dehors pour ''profiter'' du show décevant des finlandais. D'autres, dans la salle, sont beaucoup plus froids et ne répondent pas aux quelques appels lancés par le groupe. On ne peut pas leur en vouloir, vu la qualité de la prestation du soir, un cran en-dessous des précédentes formations, tant dans le professionnalisme que dans la qualité musicale.


Korpiklaani




Bon, on ne passera pas sur la linguistique : ils chantent en finnois, c'est bien connu. Les autres membres du combo, eux, n'ont pas toujours la même attitude : si certains sont beaucoup plus figés, d'autres bougent énormément, preuve en est avec le violoniste, qui, lui, récemment intégré au groupe, semble vraiment content de se présenter devant la foule, ce qui contraste avec les airs presque blasés des autres musiciens. Il nous garnira même d'un instrumental festif, où il nous fait preuve de ses capacités et de son talent. Inutile de dire que c'était de loin le meilleur moment de ce concert. Les titres se suivent et se ressemblent, enchaînant encore une fois sur des structures très identiques, des redondances et des similitudes, tout se suit, se ressemble et, forcément, provoque l'ennui.


Korpiklaani




Un concert très décevant, et pas uniquement en rapport avec les bons concerts qui ont été délivrés précédemment : si l'on reprend la qualité intrinsèque de ce show, beaucoup de choses sont à revoir, tant dans l'attitude scénique que dans le show ou dans les morceaux en eux-mêmes, certes festifs et enjoués mais se ressemblant énormément, révélant le manque d'inspiration dont fait preuve Korpiklaani au fur et à mesure des sorties. Le manque de renouvellement de cette formation est donc son principal adversaire, adversaire assez fort pour ennuyer même sur leur terrain de prédilection. Ressaisissement nécessaire s'ils veulent espérer convaincre à nouveau.

Setlist

Intro
Tuonelan tuvilla
Journey Man
Ruumiinmultaa
Juodaan viinaa     
Kipumylly
Metsälle
Sumussa hämärän aamun
Langetus
Vaarinpolkka
Viima
Metsämies
Lonkkaluut
Ievan polkka
Rauta
Pellonpekko





WINTERSUN



Pour conclure cette excellente soirée, c'est cette dernière tête d'affiche tant attendue, Wintersun, qui se présente sur scène pour environ une heure (ou un peu plus) de concert. A l'aube de la sortie du nouvel album du groupe, Time I, après 8 longues années d'attente, ces-derniers avaient tout intérêt à assurer sur scène.

Et bonne nouvelle : ce fut le cas. Les titres de Time I passent comme une lettre à la poste en live, et les musiciens, eux, étaient en forme, ça ne fait aucun doute. Le chanteur / guitariste / compositeur désormais bien connu et apprécié Jari Mäenpää nous offre une prestation vocale de haute volée : à la fois plein d'assurance, souriant et communicatif, le chanteur a plus d'une corde à son arc, et le quatuor n'a aucune peine à emballer la foule qui attendait avec grande impatience la prestation du groupe. Du coup, tout le nouvel album y passera, mais pas seulement. Quelques classiques de leur premier album Wintersun seront joués également, et, déjà bien connus, ils produiront un effet très fédérateur, emballant les personnes présentes ce soir. A raison, d'ailleurs, car ces titres prennent leur envol une fois sur scène, et les ambiances, point désormais très important pour les finlandais, sont parfaitement retranscrites.


Wintersun




Wintersun livre cependant un show qui possède un côté propre assez ennuyeux par moment, un aspect encore lisse qui ne permet pas de transformer un moment fort agréable en un instant inoubliable. Il manque ce petit quelque chose qui fait toute la différence et nous donne envie de faire des kilomètres, cet élément marquant qui vous fait dire qu'ils sont exceptionnels. Il y a pourtant beaucoup de qualités réunies : les morceaux sont puissants, incisifs et le chant est versatile et maîtrisé, mais quelques longueurs et passages moins prenants viennent se glisser ici et là. Sans doute est-ce le nœud du problème.


Wintersun




Mais après tout, pourquoi bouder son plaisir ? Entendre les nouvelles pistes et voir Wintersun, rarement de passage près de chez nous, sont déjà des facteurs leur donnant un certain capital sympathie, et le contrat est largement rempli. Le show est carré, bien foutu et on passe un très bon moment en compagnie des finlandais. Alors peut-être manque-t-il cette spontanéité qui aurait tout changé, mais la formation a encore tout le temps pour se roder, et leur bonne humeur communicative aura touché le public ce soir. Un très bon concert, qui clôt cette édition 2012 du Heidenfest sur une note positive.


Setlist

When Time Fades Away
Sons of Winter and Stars
Land of Snow and Sorrow
Battle Against Time
Death and the Healing
Darkness and Frost
Time

Beyond the Dark Sun
Starchild





Le mot de la fin ? Presque tous les groupes nous ont donné la preuve qu'ils méritaient leur place sur l'affiche. Des excellents Varg et Wintersun aux prometteurs Trollfest et Krampus, difficile d'entrevoir de la déception avec des shows de cette qualité. On attendra donc avec impatience l'année suivante, qui, si elle livre une aussi bonne affiche, vaudra certainement le détour !


PS : Photos prises au show de Saarbrucken
 
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