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Projet #Crackage - Rencontre avec Taj de Join da Tease

"On n’a jamais fait de plus belles rencontres que dans ces instants un peu inhabituels"


On vous parlait la semaine dernière du projet #Crackage du groupe Join da Tease. Un projet expérimental et novateur qui met leur musique à la portée de tous. En effet le groupe a enregistré un live sauvage à Bourges en mai 2015 et nous propose la vidéo du live et la musique de manière gratuite.
Vous pouvez désormais visionner le live chanson par chanson sur la page d'Osmose Records.

Rencontre aujourd'hui avec Taj, un des fondateurs de Join da Tease et Osmose Records pour une interview à distance et illustrée par leur soin, où il nous expose le projet #Crackage, sa vison de la musique et au delà, de la société dans son ensemble.
De quoi prolonger la réfléxion sur ce projet complétement fou dont le postulat de départ ne peut que nous ravir : la musique pour tous et partout.


Salut Taj, merci de nous accorder du temps pour répondre aux questions de La Grosse Radio.
Déjà peux-tu te présenter ainsi que ton groupe Join da Tease et la structure OSMOSE ?

Salut, Taj, j’écris et j’aboie au sein de Join da Tease. Le groupe est né en 2009, en banlieue sud de Paris. Le point commun musical entre les 7 membres d’origine était le reggae et le dub. Peu à peu, on a eu envie de se libérer des petites cases qu’il y avait dans nos têtes, pour faire ce qui venait sans trop réfléchir, y intégrer du hip-hop, du rock… Un côté un peu plus énervé est devenu essentiel, pour faire notre  musique avec sincérité.

OSMOSE, c’est le nom de l’asso que j’ai fondée en 2007, pour trouver des concerts aux groupes dont je m’occupais. Des groupes plutôt rock, garage sixties et autres. J’ai commencé à organiser des soirées concerts pour défendre les artistes indés. Le but était juste de fédérer les copains, les styles de musiques, les artistes et leur public, et de proposer des tarifs accessibles à tous. J’ai continué à créer des outils, pour les artistes qui m’entouraient, et pour tenter d’offrir au public des ambiances et des instants d’ « osmose ».

#Crackage, Join da Tease, Osmose records

Pourquoi avoir voulu créer Osmose Records et quelles sont les actualités ?

Au départ j’ai créé OSMOSE par simple besoin. On voulait juste tourner dans les bars, jouer et boire des bières… On s’en foutait totalement de savoir si ça rapporterait des ronds, ou si c’était un métier.  On répondait  à nos besoins seuls, pour ne pas avoir à cirer de pompes, ou à changer notre démarche.
Et puis j’ai commencé à m’intéresser à ce qui se passait, sur les nouvelles technologies, à « l’industrie de la musique »… etc. J’avais choisi pour sujet de mon mémoire de fin d’étude « Indépendance artistique et Autoproduction : Quels nouveaux outils ? Quelles perspectives ? Quel avenir ? », pour creuser un peu le truc.

Plusieurs constats m’ont amené à penser qu’on vivait une ère de « farwest » général, où tout était potentiellement à construire, à imaginer, et à expérimenter. Cette idée me plaisait, alors j’ai continué à chercher de nouveaux modèles, qui me correspondaient réellement, en opposition à ceux des maisons de disques.
Au fur et à mesure des années, l’équipe du groupe s’est un peu investie, des techniciens ont rejoint les rangs, ainsi que des copains et copines de partout… aux compétences variées.
Les 2 versants sur lesquels OSMOSE travaille sont :
- L’accès à la culture pour tous, et par tous les moyens possible.
- L’accès aux outils de production etc. pour les artistes indépendants.

Aujourd’hui, OSMOSE en chiffres, c’est plus de 400 concerts de Join da Tease,  un gros paquet d’OSMOSE Party à Paris, à 5€ l’entrée et sans promo. On gère un lieu de résidence artistique pour des artistes indépendants, en développement, et l’association a rejoint 1001prods Records, une structure indépendante (label, tournées…).
Le but de tout cela est de créer une coopérative innovante d’artistes et de production.
L’inspiration vient clairement de nos grands-parents mais vient percuter une philosophie « diy » du punk [do it yoursel, ndlr], et les outils et la culture de l’opensource… Pour structurer un peu plus la chose encore, on vient de fusionner notre asso avec l’équipe de l’asso 1001prods, basée à Rouen. Ils sont très proches de nos valeurs, et de notre vision de l’avenir ou de l’artiste, et puis ils défendent des projets qu’on connaît bien depuis longtemps, et qui sont clairement des copains.


Vous avez organisés de nombreux « attentats sonores », en quoi cela consiste ? Quelle était la réaction du public et comment se sont passés ces concerts sauvages, avez-vous rencontré des difficultés ?

Le principe d’un attentat sonore, c’est d’arriver sans prévenir sur un endroit, de s’y installer assez rapidement, et d’offrir un concert sauvage. Tu arrives avec l’équipe, le matos… Sans demander d’autorisation, sans scène la plupart du temps et sans éclairage autre que les lampadaires...  (sauf #crackage de slip).
La réaction du public a toujours été super cool. Chaque fois, on avait l’impression de faire un cadeau. Alors qu’en soit, se « payer une rue »… c’est pour nous que c’était un cadeau, et une super sensation.
C’était souvent drôle, excitant, et puis, on n’a jamais fait de plus belles rencontres que dans ces instants un peu inhabituels.
Même avec une rangée de CRS, qui est censée sécuriser la rue principale d’une station balnéaire… ça finissait avec un petit coup de clin d’œil aux flics à la fin… Et un petit pas de danse de leur part en bonus parfois.
On a déjà rencontré des difficultés, forcément…  Quelques amendes… Un petit procès de rien du tout qui a duré un an et demi pour ma part. Mais bon, c’est le tarif.

#Crackage, Join Da Tease, Osmose records

Vous avez également réalisés plusieurs concerts en milieu carcéral ?

Oui, une quinzaine sur toute la France. On complète depuis 2014 nos tournées « classiques » avec des concerts en maison d’arrêt, centres de détentions et maisons centrales.  L’idée est toujours la même. Aller jouer là où ce n’est pas forcément facile. Là où l’on n’a pas des concerts tous les jours, et ou la musique n’est pas une chose qui se « consomme » banalement.  C’est peut-être égoïste, mais pour nous aussi, c’était important de se confronter à cette réalité personnellement. Pour s’informer, s’y confronter, le mieux reste de s’y rendre.

#Crackage, Join Da Tease, Osmose Records

Peux tu nous parler de votre projet #crackage ?

Non.

Comment vous est venue cette idée ?

Bon d’accord.
L’idée m’est venue sur la tournée dans les Balkans, en janvier dernier. Je réfléchissais à des concepts un peu barrés, qui pouvaient traiter de liberté, d’information, et de musique en même temps. Au fur et à mesure, j’ai pris ce mot « Crackage » comme ligne directrice, car il avait plusieurs sens très forts pour moi.
Le premier, c’est que je voulais exprimer notre « fragilité », car à chaque instant, le groupe pouvait « craquer ».  Après Première Sommation [le premier album de Join da Tease ndlr], nous ne voulions pas retourner en studio du tout… Ce que nous sommes, depuis le début, c’est un groupe de scène, de rue, de vie… Un point de rencontre. N’en déplaise aux pros, et aux gens du milieu…mais le studio, sincèrement,  je n’y prend aucun plaisir pour ma part. En tout cas, pas sur le projet Join da Tease.
L’idée de crackage était d’offrir une « photo » de ce que nous étions vraiment. Qu’elle soit belle ou moche importait peu, mais qu’elle soit représentative de ce que nous avions vécu pendant 6 ans. C’est franchement hyper dur d’être sincère artistiquement de nos jours. Les codes sont installés dans nos têtes, dans nos façons de concevoir nos projets, et en sortir est compliqué, et flippant.
Et pour cela, il fallait aller au bout de notre réflexion de Première Sommation, qui est celle de se débrouiller avec nos outils, nos moyens, nos envies et nos valeurs.
Le projet est né comme ça. Je l’ai écrit, puis proposé au groupe, puis au collectif… et la suite est là.


Vous avez fait le choix de ne faire aucune promotion sur ce projet par les médias classique même sur internet, pourquoi ce choix ?
Et pourquoi avoir accepté cette interview pour La Grosse Radio ?


Depuis que Join da Tease existe, nous avons toujours eu une position très particulière sur la publicité. Le buzz, la communication… tout ça prend une place tellement importante maintenant… Les majors montent même des stratégies pour prétendre que les découvertes viennent d’un « buzz », qui en réalité est monté de toutes pièces. Les grands médias relaient…

Dans cette ère de la surexposition médiatique, l’image a pris une importance capitale sur un projet. L’affichage ou la diffusion à outrance, pour nous l’imprimer dans le crâne qu’on le veuille ou non, je ne me reconnais pas là-dedans. On condamne un graffiti, mais pas les marques ou les publicitaires, simplement parce que l’un paye, l’autre prend le droit. Au fond, un tag est une publicité qui n’a rien à vendre. La visibilité, et donc quelque part le fait d’« exister » dans cette société, est payant.

#Crackage, Join Da Tease, Osmose Records

J’aime bien l’idée d’être un « groupuscule confidentiel » , qui préfère avoir un public peu nombreux, qui comprend réellement sa démarche, plutôt qu’un public gigantesque, qui ne te connait que par une belle affiche dans le métro, ou un clip avec le dernier réal à la mode, qui a coûté 10.000 € (qui plus est, subventionné par les gros organismes professionnels qui prétendent défendre les « jeunes artistes »).

Nous pouvons affirmer haut et fort, que nous avons rencontré notre public, sur scène, dans la rue, ou partout… et non en dépensant des fortunes en régie publicitaire web, presse et médias.
Et rester inconnu n’est pas effrayant, ou frustrant, à partir du moment où ce n’est pas un objectif.

Sincèrement, l’idée de payer pour transmettre une information m’est insupportable.
Je pense qu’il faut remettre en question le fonctionnement de nos systèmes d’information. Surtout à l’heure où une poignée de milliardaires rachètent l’intégralité des organes de presse, télévision (Kikoo Boloré !), des quotidiens que tu lis gratuitement chaque jour, ou des régies publicitaires...
Il y a réel danger pour la démocratie, à mon sens. Donc à notre échelle microscopique, on ne va pas cautionner cela… et on s’en désengage.

Je ne vois pas non plus pourquoi j’offrirai du « contenu » à des médias qui font des erreurs énormes sur leurs articles, car ils ne savent absolument pas de quoi/qui ils parlent… !
Ceux par exemple, qui nous décrivent comme « un trio de reggae dub » (cf : Le Parisien..) avant notre concert aux Solidays, et derrière pendant 2 ans, les collègues reprennent la même connerie dans tous leurs articles, ne sachant même pas qu’on est 7 sur scène… ! Tant qu’à écrire des conneries, je préfère les écrire moi-même !
Puis, le contenu génère de l’argent aussi tu sais, par la publicité qui s’affiche sûrement à côté de mes propos en ce moment même, et qui vous permet de financer ce site. Je n’ai aucune envie de créer du contenu pour des médias qui ne font aucun travail de recherche, aucune analyse profonde, et ne cherche qu’à présenter un concentré simpliste, et parfois totalement erroné, juste pour créer des « visites », et donc de l’argent.

Je préfère accepter d’offrir ce « contenu »  à des médias indépendants, qui par passion, sans même qu’une attachée de presse les contacte,  recherchent… creusent,  découvrent et soutiennent des sujets, des mouvements, des artistes…
La Grosse Radio en fait partie.


Ce projet est autant artistique que philosophique, penses-tu que la musique soit indissociable d’une forme de militantisme ?

Dans mon rapport personnel à la musique, je ne la conçois pas comme un divertissement ou un passe-temps, plus plutôt comme un sac de frappe nécessaire à mon équilibre. Je m’y éclate, m’y défoule, sans me poser la question de si je vais passer pour un mec politisé, militant ou je ne sais quoi...
Si mon côté militant se ressent, c’est simplement que ce monde me fait chier, et que je n’ai pas envie faire semblant, et d’écrire ou jouer des trucs que je ne pense pas.
En revanche, je ne pense pas non plus que le texte soit la seule façon d’être « militant ». Tant qu’on fait quelque chose de sincère, à mon sens c’est militer, qu’importe la forme …

#Crackage, Join da Tease, Osmose records

Quelle est ta conception de la musique en tant qu’artiste et producteur/programmateur ?

Ma conception de la musique est aussi simple que celle d’un enfant de 2 ans. Je ressens quelque chose, j’aime. Je ne ressens rien… je passe mon chemin, sans chier dessus pour autant car mon avis ne vaut pas plus que celui d’un autre. Je ne juge pas la musique aux diplômes des musiciens, j’en ai absolument rien à foutre pour être franc. D’ailleurs, je n’en ai aucun, je n’en mérite pas !
Je préfère un gars qui n’a pas de matos, pas de bagage, mais qui m’envoie un frisson, ou une sensation, en donnant tout ce qu’il a.  Pour moi, ce n’est pas l’outil qui fait le bonhomme, mais bien l’inverse. Après, si t’es blindé de matos et que tu sais le manier comme le prolongement de ta main, parfait… !


Le projet #Crackage est à l’intersection de plusieurs disciplines : musique, vidéo, événementiel, web… et tout cela en auto production. Comment avez-vous réunis autant de compétences dans un même projet ?

C’est une histoire de temps, de patience, de persévérance, de rencontres, et d’ami(e)s, tout simplement.
Yohann Grignou (montage et réalisation), est venu me parler à la fin d’un concert à Paris, l’année dernière. Du haut de ses 17 ans, il m’a expliqué qu’il recherchait à se former, continuer à accumuler de l’expérience, et qu’il cherchait des projets. Il aimait notre projet, car les valeurs, et les textes lui inspiraient des images. Par la suite, on est restés en contact, et nous avons pris le temps de réfléchir ensemble à quelque chose qui ne soit pas simplement : « sortir un clip » pour sortir un clip…
Pour l’équipe technique au son, il s’agit de notre équipe depuis plus de 3 ans, ils font partie du groupe pour nous. Aurélien Queyroi et Paul Montesino, deux ingés son formés et reconnus, qui ont donnés beaucoup au groupe depuis leur arrivée. C’était inconcevable de faire cela sans eux. (Bisou les gars !)
Au cadrage, on a demandé à Amaiway Production, des gars de Massy (ma ville natale) qui avaient déjà fait une vidéo live pour nous, lors de notre sortie d’album en 2014.
Pour ce qui est de « l’événementiel » comme tu dis,  j’avais simplement à coordonner des équipes qui se connaissaient déjà, et à gérer le bordel pour que tout le monde puisse travailler au mieux, dans le contexte de la rue…
Au fond, tout ça n’était que la suite logique des années précédentes, avec simplement une prise de risque un peu plus importante, et le rassemblement de toutes nos énergies sur un même « attentat ».


Comme dans de nombreux domaines, la musique est aujourd’hui dominée par de grosses boites de production, de tourneur etc… Quel est ton sentiment vis-à-vis de cette évolution et comment l’éviter ?

Comment l’éviter ?
Je pense qu’un artiste aujourd’hui n’a concrètement besoin de personne. Il peut produire, communiquer, diffuser, seul s’il a l’envie. Techniquement, tu peux produire et sortir ton album en une semaine…
Oui, il faut une équipe. Oui, on ne peut pas tout faire… et il faut bien s’entourer de gens compétents, évidemment.
Mais le besoin premier n’est pas là. Il faut dans un premier temps plutôt viser l’autonomie, que d’aller quémander, démarcher, etc.
Les tourneurs, producteurs etc. ne misent plus sur des découvertes, mais misent sur des artistes qui ont déjà créés seul leur public (ou « fanbase » comme ils disent…).
Tout simplement parce que ça leur permet de prendre moins de risque, si une communauté suit déjà le projet, elle remplira les salles... !

Du coup, si ton travail déchire, je pense sincèrement que les gens viendront à toi, public comme professionnels, et que si tu connais ces métiers, tu sauras « confier » la partie que tu souhaites aux bonnes personnes.
Le truc, c’est que j’ai l’impression qu’être artiste en 2015 veut dire « avoir des vues », ou « être visible », avoir de clics, des fans, des followers. Du coup, certains dépensent plus d’argent dans la « communication » de leur projet que dans le projet lui-même.
Et le pire, c’est que certains pompent des subventions pour ça… ça me désole.

#Crackage, Join Da Tease, Osmose Records


N’y a t-il pas un paradoxe entre vouloir proposer un accès gratuit à la musique et la professionnalisation à laquelle aspirent bon nombre d’artistes ?

Oui et non…
Le paradoxe, c’est peut-être aussi de vouloir vendre quelque chose d’immatériel au même prix que quelque chose qui avait un coût « physique ». Aujourd’hui, télécharger un album te permet de découvrir une diversité d’artistes internationaux depuis ton canapé, de le partager, et ensuite de remplir une salle de concert lorsqu’il vient en France alors qu’il n’y a jamais mis les pieds.
Je vais te citer un exemple que j’aime beaucoup. L’artiste Gramatik. Ce producteur (hip-hop, et plus..) est Slovéne. Il tourne énormément depuis 4 ou 5 ans, dans le monde entier. Il a sorti son dernier album sur le net gratuitement en streaming et téléchargement.
Il expliquait dans son « post » de sortie d’album, que s’il en est là, c’est grâce au partage libre. Il dit qu’il n’aurait jamais pu découvrir et avoir accès à la musique, ses outils de production (logiciels, etc.), et créer son projet s’il n’avait pas eu l’accès à cette culture par le téléchargement. Il « remercie » donc, cette communauté pour tout ce qu’elle lui a apporté, en « rendant » son album gratuitement. Financièrement, il s’en sort très bien par une économie à 360°, entre le digital (streamings, téléchargements, etc), les concerts, la vente de merchandising.. etc.
La réalité, c’est que l’équilibre se trouve sur l’ensemble pour l’artiste, et qu’elle peut être tout à fait rentable.
L’autre réalité, c’est que le téléchargement gratuit supprime les emplois des maisons de disques… (les armées d’attachées de presses, les services marketings.. etc.)  Et c’est surtout ça, qui met en rage, ou fait peur au secteur.


La philosophie qui se dégage du projet crackage : gratuité, ouverture au public, à la rue, mise à disposition de la musique, open source… me fait penser au domaine de l’économie collaborative qui se développe actuellement (covoiturage, location, échanges et prêts entre particulier…), penses-tu que le projet #Crackage est une première pierre à une sorte de culture collaborative ?

Hmmm.. Non je n’irai pas jusque-là.
Sincèrement, je suis content de vivre cette époque, et d’observer toutes ces choses naître. Mais, j’ai une vision un peu méfiante de ce que tu décris.
« L’économie du partage » comme certains la nomme, pourrait aussi être simplement le symptôme d’un énorme vide béant dans notre société, et d’un appauvrissement général des classes moyennes et populaires.
Quelque part, est-ce que louer sa maison, ou louer sa bagnole, ce n’est pas aussi l’application du capitalisme à une échelle toujours plus individualiste ?
Dans le passé, lorsqu’il y a eu une crise, il y a toujours eu des réactions spontanées d’organisation, de partage, et d’échanges directs et horizontaux entre les gens, non ?
Pas parce que c’est à la mode, mais parce qu’ils sont dans la merde, et qu’ils cherchent à trouver des mécanismes pour l’être un tout petit peu moins…

Si tu vas dans un bled paumé, où tout le monde se connaît, tu n’auras pas besoin de blablacar (racheté par la SNCF) [en fait la SNCF a racheté d'autres sites de covoiturage que blablacar, ndlr] pour aller en ville, tu n’auras pas besoin de Airbnb pour dépanner des copains...
En réalité, tous ces services sont pour moi destinés aux citadins, parce que nos villes sont déshumanisées. On a simplement besoin de cette « sécurité » du service, pour avoir confiance en l’autre. C’est quand même flippant, qu’on ne soit pas en mesure d’offrir, de partager, de rencontrer, sans un appât financier, ou une « vérification » / « notation » de l’identité.

J’ai vraiment envie de croire que ces nouveaux outils et méthodes peuvent influer de nouvelles philosophies dans nos sociétés, mais est-ce qu’un changement profond et durable est en cours ? Je n’en suis pas si sûr.
Pour moi, le capitalisme est un mutant, et en soi, on pourrait voir dans les 2 prochaines années tous ces services appartenir aux puissants.
Ce serait simplement le signe que le capitalisme aura atteint son paroxysme (ou pas d’ailleurs). C’est-à-dire que plus personne ne possède rien (outils, biens, foyers…), sauf les riches qui possèdent tout, et louent leurs biens au reste de la société.

Bref, #CRACKAGE ce n’est pas une pierre à cet édifice-là. C’est plutôt un pavé dans la vitrine de ce capitalisme luisant, qui s’accapare jusqu’à nos moindres envies de solidarité. Et c’est plus un point d’interrogation qu’une affirmation…

#Crackage, Join Da Tease, Osmose Records

Quels sont les prochains projets de OSMOSE et Join da Tease, que pouvons-nous vous souhaiter pour la suite ?

Join da Tease disparaît des écrans radars pour une durée indéterminée. 
OSMOSE continue sur ses activités et ses actions, en rejoignant l’association 1001prods Records.
Du coup, les prochaines OSMOSE Party à Paris, c’est le 21 novembre et le 19 décembre. Toujours à 5€ l’entrée, on ne change rien.
On ne donnera pas plus d’infos, démerdez-vous !


Un dernier mot pour les lecteurs du webzine et les auditeurs de la Grosse Radio ?

Merci à la Grosse Radio, pour votre travail. Longue vie à votre aventure et à vos équipes.
On a besoin de gens comme vous, qui ne lâchent rien. Tant côté artistes que public.

Pour les auditeurs, ce sera une petite question comme ça, en partant…
Et si, le nerf de la guerre de nos sociétés était situé dans l’information ?
Si un petit mec demain, découvre LA solution parfaite pour rendre les peuples égaux, l’accès au savoir impartial et les communications neutres…
Sans copains haut –placés, une armée d’attachée de presse, sans stratégie de buzz, et sans média avec lui,
Est-ce que son message arrivera à tes oreilles ?



Merci encore à Taj pour l'interview et les réponses détaillées !
Longue vie également au projet  #Crackage

#Crackage, Join Da Tease, Osmose Records

Crédits photo et dessins by ZoOma
 

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