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Entretien avec Zigo, batteur de Dub Inc
Nous poursuivons en beauté notre série d'interviews consacrée aux musiciens opérant dans la sphère reggae. Après Kubix (voir ici) et Asha D (voir ici), c'est au tour de Zigo, batteur de Dub Inc, de répondre au questions de La Grosse Radio.

C'est dans le cadre de la soirée Jammin' With You (le gros report ici) au Zénith de Dijon, que nous sommes partis à la rencontre de l'un des membres fondateurs du groupe stéphanois.

Avec Zigo, nous parlons bien évidemment batterie et reggae, mais aussi metal, tatouages, football et graf.






Bonjour Zigo, merci de nous recevoir au nom de La Grosse Radio. La batterie est-il l'instrument par lequel tu as commencé dans la musique ?

Oui. J'ai commencé par hasard quand j'avais 12 ans. Un pote avait une batterie, je l'ai essayée et ça m'a plu directement. A la base, j'étais plutôt branché metal. J'ai pris des cours pendant quelques années mais j'ai tout de suite joué en groupe. J'ai toujours réussi à motiver des amis pour monter des groupes.


Avant Dub Inc, tu jouais donc dans des formations metal ?

Tout à fait. A 15 ans, en seconde, j'ai rencontré Jérémie, l'actuel guitariste de Dub Inc et on a créé un premier groupe ensemble. Puis, en terminale, avec le bassiste de l'époque, on a monté Dub Inc ; on était donc trois et on faisait du dub metal à cette période. Et quand les deux chanteurs sont arrivés en 1997/1998, on s'est orientés exclusivement sur le reggae avec des influences world.


Lorsque vous jouiez du dub metal, est-ce que votre son se situait dans la lignée des groupes de dub live (High Tone, Zenzile...) qui émergeaient aussi à ce moment-là ?

Oui, carrément ! On retrouvait cet esprit-là, même si cette scène n'avait pas encore pris la tournure qu'elle avait au début des années 2000. Les High Tone commençaient tout juste, ils n'étaient pas encore connus. Mais après, dans l'histoire de Dub Inc, ce son dub metal ça ne dure que six mois !



zigo, batteur, dub inc




Quels sont les batteurs de reggae qui t'ont influencé ?

Comme tous les batteurs, Sly Dunbar et Carlton Barrett ; ils sont des musiciens très créatifs, on reconnaît immédiatement leur jeu. Mais j'ai aussi écouté beaucoup de disques et j'ai énormément regardé de batteurs dont je serais incapable de citer le nom ; c'étaient des batteurs qui tournaient avec Culture ou Alpha Blondy par exemple. Je les ai observés encore et encore. J'avoue que je n'ai pas été très bon tout de suite concernant le reggae ; il m'a fallu un gros temps d'adaptation pour comprendre et ressentir les choses.
Sinon, j'ai beaucoup été influencé par Steel Pulse ; leur batteur Grizzly a vraiment amené quelque chose de nouveau dans le style et dans la batterie en général.
Puis, petit à petit, j'ai développé mon propre jeu. Mais même encore maintenant, je regarde les batteurs plus jeunes. J'essaye toujours d'être à la page, sachant que ça évolue en permanence. Il y a toujours des petits trucs à observer même chez les batteurs qui peuvent paraître moins à l'aise techniquement parlant.
Finalement, j'ai toujours été beaucoup plus influencé par le côté live que par l'audio. J'ai du mal à m'inspirer de quelque chose juste en l'écoutant. C'est la raison pour laquelle j'ai profité des premières parties qu'on a pu faire avec Dub Inc pour me placer sur le côté de la scène et regarder les batteurs pendant des heures. C'est un truc que je pratique encore aujourd'hui.


Et dans les batteurs metal ou rock, qui a pu te marquer ?

Lars Ulrich, le batteur de Metallica. Je le dis encore régulièrement dans les interviews que je peux donner pour des magazines de batterie. Je me suis vraiment calqué sur sa façon de faire, notamment pour son implication dans le groupe. Ce n'est pas un batteur très technique, mais il met tout dans sa frappe. J'ai toujours essayé de reprendre ses attitudes, de me sentir concerné et important pour le groupe.


Et aujourd'hui, est-ce que ça nourrit encore ton travail au sein de Dub Inc ces influences metal ?

Pour chaque album, je pompe un break de Lars Ulrich et je le place secrètement dans un morceau.


Tu publies régulièrement des vidéos sur Youtube. Sur "Hurricane", ton jeu n'est pas vraiment reggae et plus porté sur le rock, n'est-ce pas ?

De toute façon, avec Dub Inc, on ne s'est jamais mis de limites ou de barrières. On ne s'est jamais dit que notre musique devait impérativement sonner reggae. Notre grande chance est sûrement le fait de ne pas savoir très bien reproduire les choses des autres, on est très mauvais pour copier à la lettre. On ne ferait pas de bonnes reprises.
Pour "Hurricane", en effet, je suis allé chercher des influences dans le rock et même dans le trap avec un charley qui va vite. Je puise dans beaucoup de styles, et même si on se fixe une direction où aller, la finalité n'est pas nécessairement celle qu'on avait imaginée au début.







Ces vidéos sur Youtube sont-elles des "outils pédagogiques" pour d'autres batteurs ou fais-tu cela uniquement pour la vibe ?

Il s'agit de faire partager les choses. Par exemple, je peux m'équiper de ma GoPro sur scène afin de montrer aux gens ce que peut voir un batteur lorsqu'il est en concert. Autrement, je fais beaucoup de live sur mon Instagram destinés aux batteurs ; en effet, je place mon téléphone de façon à ce qu'il n'y ait qu'un plan sur moi. Je fais ça, puisque moi-même je regarde régulièrement les vidéos du fils d'Aston Barrett qui joue avec les Wailers. Mais encore une fois, mon jeu est assez simple, ces vidéos sont diffusées sans prétention aucune et il n'y a rien à récupérer ; je veux juste partager mon travail avec d'autres batteurs, tout simplement. C'est avant tout quelque chose de ludique.







Peux-tu nous parler de ton label Greenyard Records ?

On compose tous des riddims dans le groupe. Il se trouve que je suis un peu moins bon compositeur que les autres, on prend donc plus rarement mes riddims pour les albums. Mais j'ai quand même eu envie de les utiliser, puisque je trouvais quand même qu'ils étaient bien. Du coup, j'ai profité du passage à Saint-Etienne d'un artiste jamaïcain qui s'appelle Putus Roots et qui faisait partie de Mystic Revelation Of Rastafari pour lui proposer d'enregistrer sur un de mes riddims. Il a accepté, ça m'a plu et quelques jours plus tard, c'était Horace Andy qui se posait dessus [le "Jah Light" riddim sorti en 2010, NDLR]. J'ai aimé cette expérience et je me suis dit pourquoi pas essayer de continuer l'aventure. A l'époque, on vendait encore pas mal de vinyles dans le milieu des sound systems.
Puis, de fil en aiguille, je me suis vraiment intéressé à la chose et je suis parti en Jamaïque. J'ai travaillé avec plein d'artistes et c'est là que je me suis rendu compte que ce n'était pas si difficile d'approcher des chanteurs qu'on aime bien, à condition d'avoir un peu d'argent. A l'époque, on commençait à gagner un peu de sous, j'en mettais donc une partie pour mes enfants et une autre pour mon label. Je suis ainsi rentré dans une économie qui m'a permis de sortir cinq ou six riddims et un maxi avec Tony Curtis.
Par la suite, lorsque le vinyle a commencé à moins marcher, ça m'amusait moins de vendre mes morceaux sur Internet. Ce qui me plaisait avant tout avec le label, c'était le contact et le côté relationnel avec les disquaires au Japon ou aux Etats-Unis. Par conséquent, maintenant, je préfère placer mes riddims sur les albums d'autres artistes, J-Boog par exemple. Je propose mes prods aux uns et aux autres, pas nécessairement pour qu'on me les achète, plutôt pour le plaisir. De toute façon, je n'ai jamais cherché à faire d'argent avec Greenyard Records.


Un vrai beatmaker...

Tout à fait, c'est vraiment le principe du beatmaking. Je le fais pour le groupe, je le fais pour d'autres chanteurs. Après, j'aime bien participer à tout ce qui est possible ; dès qu'on me demande d'enregistrer des batteries je le fais, j'essaye de répondre présent au maximum aux différentes sollicitations.


Pourrais-tu sortir un album sous ton propre nom ?

Non. Greenyard était mon projet solo, c'est moi qui composais la musique et qui intervenais dans le processus de production, mais je ne l'ai jamais proposé et vendu sous mon nom Zigo. Je comprends ceux qui le font mais ce n'est pas ma démarche et mon propos.







Tu es également tatoueur. Quels liens peut-on faire entre le tatouage et la batterie ?

Absolument aucun (rires) ! J'ai fait des études d'arts plastiques et après le bac, j'ai hésité entre les Beaux-Arts et la musique ; j'ai choisi la musique. Mais j'ai été graffeur pendant des années. En tournée, après les concerts, j'allais dans les gares péter des trains ! Et petit à petit, il a fallu que j'arrête ce genre de conneries, sachant que j'avais des gamins et qu'il fallait faire attention.
Sinon, j'ai toujours kiffé le tatouage. J'ai un pote qui me tatoue régulièrement. Je l'ai saoûlé pour qu'il me prenne en apprenti entre les tournées. Et finalement, depuis trois ans, je travaille dans un salon à Saint-Etienne, lorsque je ne suis pas sur la route avec le groupe. C'est une passion graphique et artistique, mais qui n'a rien à voir avec la musique. Ça me change totalement de monde, de connaissances, etc.


Une sorte d'évasion ?

Oui, mais ça n'empêche pas que je suis toujours autant motivé par la musique. Je continue à composer mes riddims la nuit dans mon home studio. Et la journée, quand on n'a rien à faire avec le groupe, on peut me trouver au salon de tatouage.


Tu es donc beatmaker et tu as été graffeur, deux notions liées également au hip-hop. Ce genre musical t'inspire t-il aussi ?

On peut voir les choses comme cela. Il est vrai qu'aujourd'hui, les batteurs essayent de reproduire les machines qui elles-mêmes voulaient reproduire les batteurs (rires). J'adore par exemple le batteur de Jay-Z, Tony Royster ou les batteurs de gospel chop aux Etats-Unis. Et puis ces dernières années, on peut voir dans le reggae, que certains batteurs, notamment celui de Sean Paul ou de Morgan Heritage ramènent cet aspect hip-hop dans le new roots. C'est un renouveau très intéressant dans le reggae. Malheureusement, je ne suis pas assez équipé techniquement pour faire tout ce que je voudrais, mais je reconnais que ça m'influence et que ça me donne de nouvelles idées pour ma musique.


On ne peut se quitter sans parler des Verts, forcément ! Vous aviez d'ailleurs donné une interview à So Foot avec Komlan...

Je n'ai jamais été un énorme fan de foot, mais mon fils était au centre de formation de l'ASSE l'année dernière. Il veut devenir footballeur professionnel et je le suis donc dans son parcours. C'est ce qui fait que je m'intéresse au foot maintenant. Il se trouve également que Loïc Perrin et Stéphane Ruffier [respectivement défenseur et gardien de but de Saint-Etienne, NDLR] sont des gens qui écoutent notre musique et qui viennent à nos concerts.
Il faut aussi rajouter que notre public à Saint-Etienne est très proche de celui du Chaudron [surnom donné au stade Geoffroy-Guichard de Saint-Etienne, NDLR]. On est vraiment soutenus comme le public supporte les Verts. On peut faire énormément de rapprochements entre le foot à Saint-Etienne et Dub Inc, c'est clair et net. A chaque fois qu'on joue à Saint-Etienne, on attend ça avec impatience. Ce n'est pas qu'il y a des concerts plus importants que les autres, mais à Saint-Etienne, nos shows ont toujours eu quelque chose de différent, de plus fou qu'ailleurs. Il y a un cran au-dessus dans l'amour que porte le public à notre musique. C'est toujours un point très important dans notre tournée, de la même manière qu'un derby va être très important.


Un dernier mot pour La Grosse Radio ?

Merci à tous ceux qui écoutent Dub Inc, à tous ceux qui viennent nous voir nous et d'autres groupes en concert. Il faut continuer à sortir et ne pas rester derrière Internet, c'est important.



Merci Zigo de nous avoir accordé cet entretien.
Merci également à Cécile et Mateo pour avoir organisé cette rencontre.








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