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Le Gros Entretien avec Black Ship au Loup Vert (21.09.18)
L’un des derniers festivals de l’été s’est déroulé en Normandie, à Jumièges. Il était question du Festival le Loup Vert, organisé par l’association La Meute les 21 et 22 septembre. C’était l’occasion pour nous de rencontrer le groupe Black Ship, que nous avions (re)découvert lors de leur Release Party à Paris en avril dernier.
Des interviews, à La Grosse Radio, on en fait. Mais il faut que l’on pose les choses : rire autant n’est pas un quotidien ! Les garçons du Black Ship sont un ensemble d’âmes rayonnantes et toutes plus drôles les unes que les autres. Sans vous dévoiler tous les ressorts d’une interview, nous avions posé un téléphone au milieu de la table afin que cela enregistre nos échanges et ne pas perdre une miette de leurs propos qui, eux, étaient très sérieux.


portraits black ship

Le déroulé des choses : au Loup Vert, Erica, l’attachée de presse nous présente au groupe, six petits bonhommes. On s’installe, un peu comme un jeu de chaise musicale pour que chacun trouve une place dans la loge. Avec l’accord du groupe, nous posons le téléphone enregistrant alors les minutes qui vont suivre, en expliquant que l’idée est d’être dans l’échange, et ne pas se fermer uniquement aux questions-réponses. Et c’est plutôt bien assimilé : pas le temps de poser la première question que...

Groupe : Bonsoir ! Salut ! Coucou ! C’est nous… C’est Black Ship ! C’est nous, on fait le reggae. On est venus pour le reggae ! Nous sommes l’orchestre. C’est nous qu’on est l’orchestre…

LGR : Bon. Voilà ! (rires) Mais vous êtes qui, vraiment, Black Ship ?

A l’unisson : “Nous sommes l’orchestre !” (rires)

Thomas : Sérieusement, et bien, Black Ship, groupe de copains, amis de longue date, voilà… et amateurs de musique jamaïcaine et qui nous a réuni, notamment le reggae, mais aussi le rocksteady, le early-reggae, le ska, tout ça… Et voilà, on est venus pour le reggae ! (rires) C’est nous, c’est nous qu’on est l’orchestre.

Adrien, le manager arrive. Le silence s’installe.

LGR : Ah ! C’est tout de suite plus sage !

Antoine : Le manager vient de rentrer, on pouvait dire des conneries mais maintenant on ne peut plus !

LGR : Dîtes nous, pourquoi ce choix de mélange de musiques ? Aujourd’hui on a tendance à entendre beaucoup de choses, beaucoup plus digitales dirons-nous. Mais vous, vous êtes restés sur quelque chose de plus…

Thomas : Pour lutter !

Manuel : Finalement c’est quelque chose qui nous plaît. Moi j’aime beaucoup plein de trucs “digital”, ça dépend comment c’est fait, mais c’est aussi le fait que ce soit quelque chose auquel on est sacrément attachés et que, finalement, contre tout attente, il y a une originalité là-dedans, sur la scène reggae finalement. Parce que : qu’il y n’y a pas grands groupes qui font vraiment du roots un peu à l’ancienne avec de vrais instruments etc. Donc voilà, on aime bien ça. Je pense qu’on peut dire ça.

Thomas : Complètement. (rires) Je ne sais pas quoi rajouter. Voilà, le reggae c’est la musique qui nous a réunis, autour de laquelle on s’est vraiment retrouvés oui, parmi toutes les musiques qui nous plaisent ; c’est-à-dire celle-là on l’avait tous en commun et on avait envie de s’éclater à la jouer ensemble. Et de jouer cette musique, c’est quelque chose de formidable, c’est une aventure extraordinaire tous les jours. Et voilà, on prend notre pied, quand ça groove on prend notre pied, quand il y a le one-drop, quand il y a tous ces trucs-là qui sont propres à la musique jamaïcaine de l’époque.

Antoine : Quand tu poses la question est-ce que c’est un choix… Vu qu’on a commencé il y a plus de dix ans maintenant, on a… on a un peu subi aussi. Je pense que si on commençait à faire la musique, de la musique, maintenant, et qu’on se réunissait peut-être qu’on aurait plus d’idées de styles qu’on aurait envie de faire. Mais là, ça nous relis depuis tellement longtemps. Et, cette musique-là, voilà, ce projet-là aboutit à ces rencontres-là il y a tellement longtemps et maintenant, maintenant voilà quoi ! Pour moi, ce n’est pas vraiment un choix même si on décide de ne pas les inclure maintenant, on a commencé sans, et puis voilà… Et on a donné ça, et ça existait… C’était moins digital la musique à l’époque !
Voilà, ça, c’est ma réponse ! (rires)

Manu : Et puis je sais pas… Par rapport au mélange, tu disais :  “Est-ce que c’est un choix de mélanger les styles ?” Non, c’est quelque chose, qui, pareil, est venu à nous quoi ! C’est à dire, c’est inhérent de faire de la musique à plusieurs. En plus de faire la musique tous ensemble, on a la chance d’avoir plusieurs compositeurs dans le groupe, notamment Antoine, Raphaël et Thomas ; enfin ces trois-là quoi. Et du coup, ces trois personnages qui écoutent de la musique, je pense, forcément différente, même si il y a plein de trucs en commun, mais du coup voilà… Une patte différente et ça permet aussi, grâce à ça, un panel plus varié. Voilà, c’est une force je pense pour nous d’avoir ce mélange.

Antoine : Tous dans le même bateau, mais pas de leader !

Manu : Je vois souvent… Tu prends les trois cercles des couleurs primaires, et tu sais, elles se mélangent un peu au milieu. Et en fait, toute la zone du milieu, de nos sept cercles…

Thomas : Les anneaux olympiques !

Manu : Non mais, tu vois, ça créé un peu ça, cette image-là : on a tous des espaces qui nous sont propres un peu à nous, que moi, par exemple, je ne partage pas forcément avec d’autres membres du groupe. Par contre, on a un champ en commun qui fait qu’on se retrouve là-dedans.

Adrien : C’est aussi un truc qui se retrouve en ce moment quoi. Nous, en faisant du reggae à l’ancienne, avec tout le côté vintage, enfin rocksteady, années 70’s, tout ça qu’on joue. Et qui se fait aussi de manière générale, ça revient dans plein de choses, dans le rock, dans le hip-hop, et tout. Et du coup, dans les choses actuelles qui viennent de sortir et qu’on écoute, finalement, il y a aussi un espèce de petit rapport de...

Thomas : En fait on est des précurseurs ! C’est ça qu’il veut dire ! Nous on est en train de revenir en arrière, c’est qu’on a compris ça !

Tout le monde rit, assurément.

Black Ship en live au Loup Vert

Manu : C’est marrant parce que c’est déjà un truc qui a déjà caractérisé le premier disque qu’on a sorti On The Sea et qui, je pense est déjà un peu… On n’a pas envie de rester coincés dans une image. C’est aussi pour ça qu’on est attachés à cette image de vaisseau plus que du bateau même, le "SHIP". C’est quelque chose qui a l’opportunité de voyager et pas rester ancré quelque part. Et ça, c’est vraiment je pense, la plus belle liberté qu’on puisse avoir, c’est qu’on a un océan devant nous de possibilités.

Adrien : En tous cas c’est bien, parce que vous posez UNE question et après… (rires)

LGR : (rires) Oui, et en même temps, on se tourne vers la prochaine question, vous anticipez tout ! On va laisser le téléphone, vous parlez, nous on revient dans quinze minutes !

Thomas : Ah ah ah ! On parle entre nous, ouais !

Antoine : C’est ça aussi dans le bateau, ça se passe comme ça !

Thomas, se rapprochant du téléphone : Allô ? Allô ?

Tout le monde rit, à nouveau.

LGR : Alors voilà où je voulais en venir. Comme tu le disais Manu, on a On The Sea qui est sorti. Est-ce que vous allez partir sur autre chose ? Est-ce que justement vous allez continuer à jouer le “Black Ship” qui est en croisière ? Qu’est-ce qu’on va voir maintenant ? On a eu un premier voyage…

Antoine : Bonnes questions, bonnes questions

Manu : Il y a deux choses un peu dissociables. Déjà le fait que sur un disque on puisse, par exemple et c’est bien un exemple, on peut mettre dix guitares si on veut sur le morceau. On peut enregistrer sept fois des choeurs si on veut. Et en fait, on a une liberté différente et un champ de possibilités très différent sur un disque que sur la scène. Donc je pense que déjà, si on prend notre premier disque avec ce qu’on fait sur scène, il y a énormément de choses en commun mais il y a quand même encore une fois, une autre liberté dans l’enregistrement, dans le fait de produire des morceaux et du coup bah… Ouais voilà, je ne sais plus trop ! (rires)

Adrien : En gros, il y va y avoir… on va faire un deuxième EP, qui va changer un peu de, qui ne sera pas exactement pareil que le premier… dans une autre direction ! Et pour ce qu’on joue en live… Ce qu’on joue en live pour l’instant, on joue avec les mêmes instruments et grosso modo la même config’. Voilà. Les lives ne vont pas se transformer de A à Z. Par contre, le nouveau CD, il y aura plus de surprises et peut-être qu’un jour on transformera le live.

Manu : ça serait cool

Tout le monde rit, encore une fois.

Adrien : On en parlera entre nous hein !

Antoine : Quand on dit “il n’y a pas de capitaine” et bien voilà… (rires)

Thomas : On discute, c’est comme ça qu’on prend nos décisions.

Manu : En fait c’est un porte-avion, on peut décoller aussi ! (rires) Mais oui, comme je disais à la question précédente, je pense que l’idée de se sentir “pas enchaînés dans un truc”, je pense que oui, on va aller voir un peu ailleurs. On ne sait pas où ça va être, mais l’idée n’est pas de stagner en tout cas.

LGR : D’accord. On revient sur le live, parce qu’en live, on peut voir un vrai show, une comédie presque : avec les cirés, le jeu des lunettes,... C’est travaillé, tout de même ?

Réactions en chaîne avec leurs grosses voix : “Ooooh, oui… Tu sais !” “Ohh” “Ouiiii” “Ouais” Et à nouveau, tout le monde rit.

Thomas : Non mais je ne saurai pas quoi dire à ça. Il y a… Il y a un univers, voilà, un univers. On a eu envie à un moment d’emmener la musique un petit peu au-delà de la musique, et ça, c’est quelque chose que le spectacle vivant permet. C’est à dire, Manuel, il vous parlait de la différence qu’il pouvait y avoir entre la liberté qu’on a entre faire un CD et être sur scène : voilà. Ces deux choses-là qui sont très distinctes, faire un CD c’est génial, on a de la liberté et tout ; être sur scène, c’est une autre implication. C’est… à un moment, comment ça se passe ? Où est-ce qu’on en est ? Et tout ça… Et du coup, nous, on s’est dits comment est-ce qu’on va réussir à faire que les gens partent avec nous sur la croisière, tu vois ? On est là, au port et tout, il y a le bateau, les gens, ils rentrent dans le bateau et puis, roule ! On va faire une balade et on les ramène au port après. Voilà, on a eu cette envie-là, à un moment, cet élan-là. Ca c’est un peu concrétisé parce qu’Antoine a eu des fortes propositions, il vient du théâtre, c’est pour ça tu disais “Ca ressemble un peu à une comédie et tout ça”. Il y a de ça là-dedans. Voilà, on est plusieurs à venir du théâtre et il y a cette… Il y a eu cette volonté-là. Est-ce que ça va continuer, est-ce que… Voilà, on travaille, on travaille. C’est du travail. On tâte le terrain quoi ! C’est à dire, moi je m’éclate à faire ça et autant je m’éclate à être juste… (silence) “En fait, on fait de la musique. Et on écoute. Et on se pose.” Tu vois, c’est deux choses différentes aussi. Pour le moment, on est là. Est-ce qu’on va continuer dans cette dynamique ? Est-ce qu’on va aller plus loin ? Est-ce qu’au contraire on va se re-concentrer plus sur la musique ? Tout est possible.

Black Ship en ciré - Live à La Clef - Avril 2018
Archive photo : Black Ship à La Clef - St Germain, avril 2018

Manu : En tous cas il ne faut pas abandonner ni le côté musical, ni le côté performance scénique. Et faut trouver une sorte de…

Adrien : Mais à priori, c’est parti quand même sur cette voie-là, malgré…

Encore une fois, les grosses voix sont de sortie “Oooh ! Tu sais…” “Oui..”

Adrien, tente de reprendre et ironise : Tout ça c’est de l’improvisation ! Ce n’est pas préparé !

Thomas : Faut que ça voyage ! L’idée c’est de faire voyager quoi. Le spectacle vivant, il y a ça, et si les gens ils arrivent à rentrer dans ton délire… que t’arrives à les emmener ailleurs, c’est gagné. Et bah c’est notre objectif pour ce qui concerne les scènes en tous cas.

Adrien, taquin : il y a de l’émotion, vous ne pouvez pas le sentir !

LGR : quelle belle impro ! (rires)

Thomas, se rapproche du téléphone : Allô ? Allô ?

LGR : Reprenons, tu parlais Thomas justement, que “ça travaille”, et Manuel tu parlais de faire partie des seuls à faire du reggae à l’ancienne. Est-ce des opportunités pour vous, d’autant plus en étant du bassin parisien, de vous voir sur des belles premières parties ? On avait vu Naâman, Ken Boothe,...

Thomas : The Abyssinians, Black Roots en novembre à Paris, mais aussi Winston Mc Anuff au Sax au mois d’octobre. Et il y en a eu plein d’autres : on a eu la chance de jouer The Congos, de rencontrer des jamaïcains de la première heure, bah justement parce que cette musique-là qu’on aime avant tout et disons, à l’origine de notre projet, et qu’on a eu envie de défendre, donc les programmateurs ont senti ça chez nous.

Antoine : Et on a vu Harrison Stafford aussi, ça c’était un beau moment…

Manu : C’est sûr ! Je pense que d’un point de vue d’un programmateur tu cherches toujours à trouver une première partie qui répondrait un peu au même public que l’artiste qu’il fait jouer. Quand tu fais jouer un vieux jamaïcain, peut-être que tu te dis est-ce qu’il y a un groupe dans le coin qui fait de la musique un peu… qui ressemble à ça ? Et je pense qu’il y en a certains qui ont pensé à nous, on les remercie d’ailleurs d’avoir fait ces belles premières parties.

LGR : Et chaque show se travaille différemment ou vous commencez à prendre vos habitudes ?

Manu : Oh… On a quelques habitudes qu’il faudrait vite changer j’ai l’impression !

Sans surprise : tout le monde rit.

Manu : Dernièrement, on a été concentrés sur un autre aspect du travail et là je pense qu’il faut que…

Adrien : L’heure a sonné de revenir un peu à la scène là.

Et tel un bon manager qui a su mettre tout le monde d’accord, les six musiciens acquiescent d’un “Ouais !” enjoué à l’unisson.

Manuel : De travailler “l’ensemble” vraiment

Antoine : En chantier. On revient, et on va faire un vrai set !

Manuel : Là pour l’instant : studio. Donc c’est différent…

Thomas : C’est un peu omniprésent comme tâche, donc voilà… On attend d’avoir fini ça, après…

Antoine : On est ambitieux. Donc si après vous êtes venus nous voir et que vous avez kiffé, et bien nous, on veut vous emmener plus loin/

LGR : Et bien… Merci pour le voyage ! Un petit mot pour les auditeurs de la Grosse Radio ?

Groupe : Merci à vous ! Saluut ! Au revoir ! C’était nous. Bisous. C’était l’orchestre ! C’était le reggae pour La Grosse Radio.
Black Ship, c’était le reggae pour La Grosse Radio.

Photo de groupe - Black Ship en Loges

Et cette interview prend fin sur un éclat de rire, comme elle avait commencé. Merci à eux pour leur bonne humeur et ce moment mémorable !
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