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Bison Bisou - Régine
Jeudi 19 Novembre 2015 à 14h00, by Pavéification
Un ranch libertin au Texas, un gang d'Apaches végans, un western romantico-dramatique avec Dany Boon ou une version explicite de ce film où un vieux garçon de vaches tripote Heath Ledger dans une tente quechua : il y a tout un tas de projets qui porteraient ce nom à merveille, Bison Bisou ; autant d'idées qui n'ont pour ainsi dire pas grand chose à voir avec la choucroute.

Parce qu'en vérité, foin des cow-boys, Bison Bisou est un groupe Indie, identité affirmée avec la sortie de leur premier EP, Régine, velu au moins tout autant que le modèle de la pochette. Alors que partout l'on nous vante les mérites de leurs concerts à bride abattue, voyons si leur six-titres tient davantage du gros calibre que du pistolet à eau.

La richesse de cet EP, avant toute autre chose, tient dans son atmosphère bien particulière. Louons la cohérence de la production de manière générale, qui en fait un album compact bien comme il faut. Et puis il y a comme un mystère entretenu par des détails plus matériels : on ne sait pas vraiment ce qu'il faut penser, par exemple, du visuel violacé surprenant, qui gagne son pari en accrochant l'oeil et la curiosité du passant. Il y a encore ces quelques titres francophones pour des paroles en anglais qui créent dès le départ, dans l'esprit de l'auditeur, un a priori positif, prêtent une certaine épaisseur à des textes pas même encore écoutés, plus volontiers en tout cas que dans le cas de la plupart des groupes gaulois et anglicistes (ce phénomène qui, quoi qu'on en dise dans les grands salons où l'on débat de ces choses-là, qu'il soit plutôt positif ou plutôt négatif, restera toujours au moins « étrange »). Ces titres tiennent en un mot, parfois même en trois lettres, cela suffit pour intriguer, et voilà que l'on se prend à se poser des questions ; on s'interroge ! Ainsi, alors même que leur EP porte désuettement le nom de Régine, et qu'on se demande encore si cette pochette est une blague ?, puisqu'on ne sait toujours pas ce qu'il faut en penser, on va jusqu'à se dire que l'on a affaire à un groupe intelligent – un groupe intelligent, cette rareté (ceci dit sans arrière-pensée belliqueuse aucune, ça n'est pas ce qu'on leur demande, à tous ; bon,  "c'est un cadeau bonus", comme dirait l'Âne, dans Shrek – mais ça n'est pas sa réplique la plus fameuse).


Bison Bisou, Régine, Indie Rock


Et puis l'atmosphère, ça n'est pas que la pochette. Le groupe maîtrise à fond les ambiances oppressantes, ce climat de chaleur et d'humidité suffocantes comme quand l'orage gronde et s'abat sur les villes tout autour, sauf, sans que l'on sache pourquoi, exactement sur notre pauvre patelin ; on transpire, on a les mains moites. C'est le sentiment qui nous poursuit tout au long de l'écoute, aussi chaque morceau pourrait faire figure d'exemple, mais le premier d'entre eux reste parfaitement représentatif de ce travail, et puis quand on dit que ça s'appelle "Malaise", on a tout dit : l'intro est un grand crescendo où tous les acteurs apparaissent les uns après les autres, et puis au moment où l'on s'attend à un crachat de watts en bonne et due forme, la rythmique saccadée, à la puissance toute contenue nous prend parfaitement à contre-pied ; le malaise est là, omniprésent jusqu'au re-crescendo final.

La tension atteint son paroxysme avec "Naive" dont les Lillois ont tiré un clip ; les on-arrête...et-puis-on-repart sont une malédiction accrochée comme un sac plastique à la chaussure, on court on court et il est toujours derrière ; entre-temps, ça bourdonne très près de nos oreilles et l'on comprend d'où vient cette pression qui ne nous lâche pas d'une semelle : le batteur, ce grand fou, ne nous laisse aucun répit, balance des breaks de ci de là et permet au brouillard oppressant de ne jamais retomber.

Les guitares ont aussi leur heure de gloire à l'occasion de "Friends" quand, d'une note unique grattée en continu, tantôt clean, tantôt distordue, elles nous glacent le sang mais tout en nous défendant de regarder ailleurs, fascination morbide.





Mais mais mais, en dépit de toutes ces qualités évidentes, il y a un mais. Et c'est, on en conviendra, un mais de taille : la voix, bon sang d'bonsoir. Nous entrons ici dans le royaume du purement subjectif, mais une question me taraude, que je poserai avec plus d'agressivité qu'il n'en faudait peut-être, pour pimenter un peu cet article et faire le buzz, comme chez Ruquier : pourquoi devrait-on constamment se frapper ces mauvaises voix héritées de je ne sais quelle dance-pop flagada passe-partout d'Outre-Manche ? Ici, quelques clichés malheureux nous gâtent l'écoute, et si le chant a le mérite d'être habité, il est dommage que ce soit par le même revenant que dans les petits pavillons à l'anglaise, ceux avec le jardin tout vert et les mômes blonds à lunettes ; le parlé-chuchoté est pénible, et le doublage quasi-constant est fatigant... On croirait même entendre au fond comme une tentative de Robert Smith ; ce pourrait être une intention louable, mais si mes souvenirs sont bons, la grenouille explose avant d'être devenue aussi grosse que le bœuf. Trop typé, pas assez personnel pour enthousiasmer tout à fait – ce qui est fort dommage, car les quelques passages franchement hurlés bottent le cul ; c'est ce qui place d'ailleurs le morceau "Sweat" légèrement au-dessus des autres, le procédé étant plus utilisé qu'ailleurs.

Ainsi, alors que paradoxalement l'on s'attendait à être surpris, c'est lorsqu'il est impardonnable de faire preuve de banalité que le groupe déçoit. Cette sale histoire empêche donc l'album de décoller comme il le devrait ; conjuguée à la suffocation pourtant jouissive qu'infligeaient les instrumentaux, les tics nerveux déforment irrémédiablement nos visages déjà disgracieux. Mais comme ils sont intelligents, ainsi que nous le jugeâmes plus haut dans notre suprématie rédactrice, allez, ils vont corriger ça et la prochaine fois je ne dirai que du bien d'eux.



Crédits photo : Yannick Lagier

Note de la rédaction :
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6 / 10
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