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Yak - Alas Salvation
Le groupe Yak sort son premier album, Alas Salvation, et disons le d'emblée : nous ne nous soumettrons pas à la l'évocation routinière de la ressemblance de son chanteur à un Mick Jagger juvénile, comme tout le monde s'est déjà plu à le souligner avec légèreté, surtout quand le batteur est lui-même le sosie de Jack White dans l'injuste indifférence générale. En tout cas, qu'ils soient mis à l'honneur dans la grande salle de Paloma pour le This Is Not A Love Song de Nîmes, ou envoyés au casse-pipe face à Muse pour Garorock, des Eurockéennes aux Nuits De Fourvières de Lyon, les festivals français ont cette année largement plébiscité le trio londonnien. Avec un unique EP au compteur, c'est sur scène que Yak s'est fait une (excellente) réputation en défendant un garage-rock aux accents de Seattle. Avant l'été, écoutons ce premier long format et voyons si, à tout hasard, les programmateurs n'auraient pas pris des risques inconsidérés.






Nous sommes prévenus dès le départ par Oli Burslem, leader du groupe : « J'ai essayé de faire un album qui renfermerait tellement d'éléments différent qu'à la fin on se perdrait et qu'on se dirait : 'Mais c'était quoi ça , ?! Je n'en ai aucune idée mais j'ai bien aimé'' ».
En première écoute, on se dit que l'album démarre assez mollement ; il est assez paradoxal d'utiliser ce terme, car ça n'est pas l'investissement qui pèche, l'énergie est là incontestablement, et les titres emballent ; la guitare semble exagérément saturée, mais c'est plutôt charmant ; en fait, les premiers morceaux reposent tout simplement, un peu paresseusement, sur quelques idées trop entendues partout ailleurs. Au fil des auditions, on se rend certes compte que quelques subtilités sont cachées çà et là, difficiles à saisir mais enthousiasmantes ; une partie de guitare, des cuivres... étoffent ces premiers titres. Assez courts, ils se veulent d'une efficacité sans compromis ; ils n'en passent pas loin, mais il leur manquera ce petit truc qui leur forgerait une véritable identité. Non sans surprise, on réalise qu'il est possibe que ce revival grunge auquel on assiste depuis maintenant quelques temps, nous soit un peu fatiguant. Et ce sont finalement les morceaux qui s'éloignent le plus de ce registre grungy dans lequel on les attendait et qu'ils nous balancent en pleine tête dès le départ, qui sont justement les meilleurs.


C'est donc à partir des pistes 4 et 5 que l'album prend de l'ampleur, en opposant aux trois premiers morceaux, ce bloc compact et ultra-dynamique, une ambiance éthérée, et étirée. Une accalmie en forme de trou normand, nécessaire à la digestion de cette entrée en matière bourative, et qui nous permet de repartir au charbon avec "Curtain Twitcher". Yak, dès cet instant, commence à insufler à ses titres de petits morceaux d'idiosyncrasie : quelques couleurs psychédéliques, quelques ombrages post-punk qui vont faire la différence. L'énergie reste intacte, mais les mélodies accrochent mieux l'oreille. Le groupe utilise également, avec brio, quelques mécansimes répétitifs, que ce soit à l'occasion de séquences basse-guitare ("Take It" par exemple), ou de gimmicks vocaux ("Harbour The Feeling").


Yak, Alas Salvation, album, 2016


Il est incontestable que le groupe doit une grande partie de son charme au talent de son chanteur ; Oli a plein de cordes (vocales, hihi) à son arc. Il sonne tantôt comme un Mark E. Smith post-moderne, si l'on peut assembler des termes sans qu'ils ne veuillent rien dire, tantôt comme un Nick Cave adolescent, tantôt comme un Julian Casablancas des années 10 (c'est surtout "Doo-Wah", cet effet sur la voix et cette mélodie, c'est du Strokes, si l'on fait abstraction du son porte-qui-grince de la guitare). Autant de comparaisons bien impuissantes, simplement pour appuyer le fait que nous sommes incontestablement en présence d'un chanteur à forte peronnalité, autant capable de poser tranquillement sa voix (sur un morceau tel que "Smile" par exemple), que de hurler comme un goret bipolaire (souvent, partout). Il joue, varie, interprète ; chaque titre semble exploiter une nouvelle facette de son talent polyvalent.


Quant à la qualité du son, elle est double comme Janus : on peut un temps être étonné par la profondeur abyssale de la basse distordue, et l'instant d'après, se perdre tout à fait dans une mélasse auditive incompréhensible – c'est sévère, disons une eau croupie auditive. Fait significatif, à un moment, en pleine noyade donc, un bruit blanc atttire mon attention, « tiens, ils ont ajouté une guitare ici », me dis-je ; c'était en fait hors casque, un camion qui galérait à manoeuvrer dans la rue d'à côté. J'ai fermé la fenêtre ; en réalité cette saleté est réjouissante, on aime à s'en badigeoner quand le soleil tombe, parce qu'il paraît que ça repousse les fans de Coldplay.





Si, d'après ce qu'on peut voir de leur prestations publiques (genre, sur Canal+), le live tend à uniformiser toutes ces compositions, cet album est en fait extrêmement varié, quantité de registres sont explorés et c'est bien souvent une réussite. Cette qualité éclectique est assurément le signe d'une totale liberté créatrice ; les musiciens se lâchent, sans chercher à créer une quelconque unité de genre artificielle ; la cohérence de l'album n'en souffre pas, tout simplement parce que l'intérêt est sans cesse renouvelé, et que chaque titre est une surprise (à partir, donc, de la piste 4).


Yak conclut son premier album à l'ancienne : un long morceau, aérien, aéré, où l'on prend le temps de construire les mélodies et les ambiances, de crescendos en accalmies, et se paie même le luxe de finir folk, flûte et guitare acoustique, soit le final auquel on s'attendait le moins en appuyant sur play il y a 40 minutes. Le titre achève de nous séduire, et de nous convaincre tout à fait que le pari initial, pourtant risqué, celui de faire fi des frontières stylistiques absurdes, est gagné haut la main ; ces trois types semblent avoir fait exactement ce qu'ils voulaient faire, et l'ont bien fait. Plus qu'à les pécho live : les programmateurs ne s'y sont pas trompés.



Crédits photo : Nick Sayers
Note de la rédaction :
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8 / 10
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