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The Routes - Dirty Needles and Pins

Le trio anglo-nippon The Routes, basé à Hita dans le sud japonais, se met au tempo de l'actuelle productivité infernale de la scène garage mondiale et présente, quelques mois à peine après la sortie de l'excellent In This Perfect Hell, sa douzième création, Dirty Needles and Pins.



L'équipe de Chris Jack, ou peut-être devrait-on dire Chris Jack lui-même, au vu de l'autonomie du garçon, choisit de modifier légèrement la récente ligne éditoriale du combo, choisissant d'en tasser un peu les relents psychédéliques pour mieux se focaliser sur le dynamisme du garage sixties pré-LSD. On en saisit l'idée dès l'ouverture, avec "You'll See". Malgré la belle énergie que le titre dégage, on se pose d'emblée quelques questions quant à la nécessité de l'ajout d'une nouvelle pierre à l'édifice revival. L'efficacité du refrain du second titre, "Ego A Go Go", vient toutefois balayer, pour un temps, nos quelques doutes récurrents. C'est toujours comme ça que ça se passe : on est rebutés un temps avant que la qualité des chansons, bien qu'elle s'appuie largement sur des codes sur-mobilisés, nous emporte ; et après tout, ces codes ont déjà prouvé leur suprématie.






Ici, la composition est relativement simple : des structures plutôt classiques, que nourrissent quelques mises en place dépoussiérant correctement le tout. Même s'il est bien loin de révolutionner le genre, l'album parvient tout de même à exercer un certain charme, à la faveur de quelques qualités individuelles accrochant l'oreille, comme la voix chaude, dynamique et discrètement éraillée de Chris Jack, ou la batterie-groovy tantôt sobre, tantôt hyperactive (comme sur "Somebody's Child", où elle ferait danser un cul-de-jatte sur ses moignons) de Jonathan Hillhouse. Celui-ci est, au passage, le seul musicien autorisé à pénétrer le studio d'enregistrement, puisque Chris Jack s'est chargé de la capture de la totalité des autres instruments, laissant sa section rythmique régulière, constituée de Shinichi Yakayama (basse) et Toru Nishimuta (batterie), à l'isolation.


Le son de la guitare fait également beaucoup pour l'attractivité de ces titres, avec sa chaleur réconfortante, son grain daté restitué avec une propreté toute moderne. Elle prend beaucoup de place, quitte à éclipser allègrement la basse (valable pour l'ensemble de l'album, mais particulièrement tangible sur "Dysphoria" où elle nous manque un peu), qui elle, est plus ou moins constamment doublée par une fuzz la suivant partout – elle n'émerge véritablement que lors des solos de guitare. Ainsi, si son effet physique est discrètement présent, ses capacités mélodiques s'en trouvent limitées. Mais ça n'est pas éliminatoire : la production reste globalement d'une cohérence irréprochable.


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On saluera également l'aptitude du groupe à ne pas en faire trop, en prenant à témoin par exemple le solo de guitare de "No Return", d'une simplicité technique audacieuse, permettant à la mélodie ainsi dépouillée de se faire directement touchante, sans esbroufe. Ce titre est d'ailleurs celui dont on se souviendra probablement le mieux, puisqu'il est le seul à s'extirper un minimum de la linéarité de l'album, grâce à l'introduction, enfin, de sonorités un tant soit peu anachroniques (pour le style-référence, non pour notre époque contemporaine) rappelant celles de leur précédent album.


En bref, Dirty Needles and Pins est sans conteste un album très agréable, mais sur lequel il sera difficile de s'extasier tant il se perd dans la masse d'albums bâtis sur un postulat identique. On saluera tout de même la prise de risque du trio qui, après le très réussi In This Perfect Hell et même, son petit succès critique dans la presse spécialisée, a choisi, plutôt que d'enfoncer un clou déjà fiché dans le bois en appliquant l'exacte même recette, de se mettre en danger en déplaçant légèrement le registre exploré ; si le résultat en est légèrement décevant, au moins la démarche est louable.



Sortie le 17 novembre 2017 chez Greenway Records


Note de la rédaction :
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